Pourquoi s'embetter à greffer et cultiver soi même ses fruits ?

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patrice a écrit le 14/02/2021 18:18 (ref msg # 68779 )
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"François du Perche" a écrit :

Merci Patrice pour toutes ces photos...... mais ça ne donne pas envie de se lancer dans les agrumes
Ceci dit, pour les pommiers et autres fruits aussi, les photos de plantes malades et fruits tavelés, habités, etc ne donnent pas envie de se fatiguer à faire des greffes.


Comme toute culture, il est plus simple d'acheter le fruit prêt à consommer chez le professionnel que de cultiver soi-même.
L'avantage de la culture personnelle est d'avoir les variétés qu'on ne trouve pas en fruit prêt à acheter dans le commerce. Sinon il n'y a guère d'intérêt (et de rentabilité) à cultiver soi-même : apprentissage de la culture, essuyer les aléas, devenir esclave de sa terre à tout le temps surveiller et entretenir les plants... sauf à avoir une passion de loisirs pour cela.
L'avantage de savoir greffer soi-même est d'avoir les variétés dont les plants ou fruits prêts à consommer ne sont pas vendus dans le commerce. En toute logique, le nombre de variétés mises sur le marché au regard des existantes est très limité. Donc dès qu'on veut sortir des sentiers battus, tenter une rareté, cela vous donne le luxe d'avoir ce que le consommateur des circuits conventionnels n'a pas.

Quant aux agrumes, de plus, pour la plupart des jardiniers de la France métropolitaine, cela relève de culture hors zone adaptée, et donc conduit à avoir des plantes dans des conditions de culture artificielles (pots, tunnels avec chauffage d'appoint ...) ou avoir une sélection limitée de sous-espèces plus rustiques et souvent moins exaltantes.


Message modifié 2 fois ; la dernière fois le 14/02/2021 18:51 par patrice
François du Perche a écrit le 15/02/2021 09:59 (ref msg # 68782 )
on peut dire aussi que la plupart des fruits du commerce reçoivent un grand nombre de traitements de différentes natures dont les effets combinés à long terme sont mal connus . La plupart des producteurs ont le souci d'accroître la longévité de la vie de leurs fruits, pas de la nôtre
Même les fruits bio peuvent recevoir pas mal de bouillie bordelaise.
En produisant soi-même ses fruits, on n'a pas le souci du rendement ni de la rentabilité mais seulement de produire des fruits sains.
Et le greffage est un merveilleux passe temps très instructif.
Message modifié 2 fois ; la dernière fois le 15/02/2021 11:19 par François du Perche
floyd a écrit le 15/02/2021 11:21 (ref msg # 68784 )
L'amateur routinier peut se contenter de greffer sur des PG incertains des variétés fragiles, gélives, sensibles… inévitablement il sera déçu et conservera longtemps le sentiments d'avoir gâcher ses heures de loisirs et quelques euros.
Par contre s'il met en pratique ce que l'arboriculture actuelle a de meilleur, alors non seulement il contribuera à vulgariser de meilleures pratiques, mais il sera ravi de ses succès.
Curieusement la remarque vaut pour toutes les pratiques: on ne peut se passer de raisonner sur la base d'informations sérieuses.
Même les bios savent que le cuivre n'est pas sans danger; la question est de savoir s'ils mesurent avec précision les doses apportées en conformité avec le guide des bonnes pratiques. (dose annuelle, dose sur 5 ans)
patrice a écrit le 16/02/2021 05:38 (ref msg # 68785 )
Et chaque espèce n'a pas la même exigence. Certaines une fois plantées vivent d'elle même sans grand soin, là où d'autres déclinent rapidement ou déprécient gravement leur productivité.
Mais l'apprentissage du greffage - tout aussi aisé soit-il - à mon sens n'a son utilité que dans l'objetif d'avoir ce qu'on ne trouve pas dans le circuit commercial ou la passion des végétaux. Or cela, c'est une perte de temps.
Pour le jardin classique familial, les variétés standard de jardinerie classiques du coin suffisent amplement. Le particulier se limite pour son autoproduction à quelques arbres car ces derniers produiront à terme abondamment plus que ce qu'il ne pourra consommer même ayant recours à la conserverie. Greffer des centaines de variétés dans ce but n'est que pure lubie.
Ferréol a écrit le 16/02/2021 20:31 (ref msg # 68791 )
Il y a en plus de cela un avantage pécuniaire certain. Un scion de l’année d’une espèce fruitière classique, chez un pépiniériste se monnaie souvent de l’ordre de 15€, alors qu’un porte-greffe, dans le cas où on l’achète ne coûte que quelques euros et le greffon peut souvent ne rien coûter du tout...

Personnellement, j’ai reconstitué un verger d’une quinzaine d’arbres chez mon père dans le Jura, en montagne, à l’époque où j’étais étudiant. Je me suis mis à la greffe pour ça, car d’abord, il était impossible de trouver dans le commerce des variétés adaptées à ces conditions climatiques extrêmes, et ensuite, j’aurais pas eu le budget.

Savoir greffer, c’est avoir accès à un panel de variétés incomparables à ce qu’on peut trouver en prêt à planter dans le commerce.
patrice a écrit le 17/02/2021 08:57 (ref msg # 68793 )
"Ferréol" a écrit :

Il y a en plus de cela un avantage pécuniaire certain. Un scion de l’année d’une espèce fruitière classique, chez un pépiniériste se monnaie souvent de l’ordre de 15€, alors qu’un porte-greffe, dans le cas où on l’achète ne coûte que quelques euros et le greffon peut souvent ne rien coûter du tout...


L'addition peut suivant le cas être incomplète.
Frais de déplacement pour aller chercher le porte-greffe à l'unité (aux indemnités kilométriques barème fiscal, le compteur tourne vite) à son association pomologique locale ou frais d'envoi pour commande par correspondance. Seule alternative, l'autoproduction de porte-greffe mais sanitairement douteuse.
Cumulé ensuite aux frais d'envoi du greffon (la poste, mondial relay qui souvent coûte moins cher pour les colis mais on oublie de calculer le coût pour aller au relais du destinataire lorsqu'on est dans les campagnes ce qui est souvent le cas des greffeurs alors que la poste livre à domicile) ou déplacement vers pied-mère pour récupérer du greffon. Amortissement de l'achat du greffoir, fournitures du greffeur (parafilm, mastic, bandelettes) avec les déplacements ou frais d'envoi associés, amortissement du coût d'apprentissage de la technique (temps passé, matériel pédagogique), coût de perte de productivité en attente de production (on perd aisément deux ans de culture par rapport à un scion car souvent le porte-greffe acheté a un stress de transplantation et est peu poussant à la greffe si on ne lui a pas laissé une année d'adaptation avant greffe en terrain) ou en cas d'échec de greffe alors que l'achat du scion sauf défaut de soins à la plantation la greffe est acquise.

Certes pour aller à la jardinerie acheter son scion il y a aussi des frais de déplacement uniques à prendre en compte, qu'on peut cumuler avec d'autres achats car il est plus aisé de trouver une jardinerie localement qu'un détaillant avec tout les accessoires nécessaires au greffeur, mais il y a tout intérêt en terme de rentabilité à acheter un scion plutôt que de faire soi-même en raisonnant en petite quantité ce qui est le besoin du verger d'autoproduction familial. C'est d'ailleurs pourquoi même ceux qui savent greffer achètent souvent des scions ou des fruits en raisonnant en terme de rentabilité.

Celui qui planifie des centaines de plants aura un raisonnement autre. Tout comme celui qui cultive une passion tel déjà indiqué.


Savoir greffer, c’est avoir accès à un panel de variétés incomparables à ce qu’on peut trouver en prêt à planter dans le commerce.

Surtout que, tel pour les semences, même avant les récentes dispositions, nous bénéficions, sauf mesures spécifiques temporaires liées à une situation sanitaire végétale, encore, d'une situation très permissive quant à la transmission de matériel végétal non monnayé. Il eût été dommage alors de ne pas en profiter autant que possible. Le circuit commercial de vente de plants forcément se régule de lui-même, car il ne peut se permettre de faire du stock de produits qui ne se vendront pas (le consommateur final aura forcément une limite, des goûts, des références quand à ses goûts, la variété un territoire d'adaptation limité, etc.).

floyd a écrit le 17/02/2021 10:46 (ref msg # 68794 )
Je salue volontiers toute l'énergie que Patrice déploie pour décourager les apprentis greffeurs!
Bon, pousser le bouchon un peu loin permet aussi de se poser les bonnes questions et je m'en réjouis.

Le greffage, l'arboriculture, sont comme tous les loisirs créatifs, l'occasion de quelques instants de bonheur, et en aucun cas une spéculation lucrative.
Je voudrais y ajouter le bonheur de transmettre, outre le patrimoine végétal (Ferréol a raison) , divers savoir-faire qui sinon auraient tendance à disparaitre ou à se corrompre.

Dans une époque où l'on ne compte plus les chaines Youtube qui se piquent de jardinage, de permaculture, etc… je crois que je préfère encore les essais et tentatives que l'on peut faire à son compte, dans son verger, pour son propre plaisir.

Quelques photos, de temps en temps, sur greffer.net, permettent quelques échanges/discussions; elles suffiront à justifier que l'on s'embête à greffer!
Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 17/02/2021 10:47 par floyd
patrice a écrit le 17/02/2021 12:03 (ref msg # 68795 )
"floyd" a écrit :

Je salue volontiers toute l'énergie que Patrice déploie pour décourager les apprentis greffeurs!


Tout au contraire, c'est rendre service aux apprentis greffeurs de les amener dans une réflexion préalable sur les avantages et contraintes.
L'avantage est que s'ils sont dans la passion, cela va leur permettre d'accéder avant tout à des variétés souvent introuvables dans le circuit commercial.
Cela peut aussi, dans la passion, les amener à rencontrer d'autres passionnés par leur pratique.
Mais si c'est pour faire les traditionnels trois ou quatre fruitiers du jardin d'autoproduction...

Quant à greffet.net, il faut remettre greffer.net dans le contexte de son époque de création. Alors, il n'y avait sur internet que forum de jardinage généralistes où ces questions n'étaient pas développées, et surtout pas tous ces ouvrages numérisés des bibliothèques en ligne, ce qui a été une motivation à créer ce nouvel espace. Mis à part quelques uns qui trouvent encore de la matière à rédiger des articles (certains demandant aide à rédaction et hébergement de la ressource, d'autre préférant publier sur leur propre site et proposant un lien vers cette ressource), le site forcément maintenant se concentre sur l'entraide entre usagers, et signalement de ressources externes. Le contexte a changé.
La bourse fruitiers.net reste par contre très motrice pour aisément obtenir une variété qu'on n'a ni dans son entourage personnel, ni associatif, a son rôle dans l'activité pomologique, aussi bien la conservation que l'histoire rurale, et mettant en avant des variétés qui n'ont pas été repérées lors des inventaires.

floyd a écrit le 17/02/2021 13:29 (ref msg # 68796 )
Qu'il ne reste aucun doute, je suis à 100% d'accord avec l'analyse faite par Patrice.
La remarque soulignée par lui était , disons, à prendre au second degrés.


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