Méthode MIYAWAKI

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patrice a écrit le 05/08/2020 13:46 (ref msg # 67731 )

Bonjour.

Peut-être une information susceptible d’intéresser ce qui font leur forêts fruitières, par transplantation ou semis de PG in-situ.

Silence, ça pousse ! Émission du vendredi 17 janvier 2020 (à 25 min 40 sec).
https://www.france.tv/france-5/silence-c...

Le reportage présente une parcelle en reforestation, dans la campagne Albigeoise (Valdériès - Tarn 81), utilisant une méthode venue du Japon, élaborée par Dr MIYAWAKI.

Le reportage annonce : "Croissance dix fois plus rapide" entraînant une biodiversité x100 par rapport à une reforestation en monoculture.
Plantation dense (2 arbres par m2) et diversité mélangée accentuée (dans le cadre de la parcelle présentée, 35 espèces différentes) et surtout indigène, une fois planté, sans rien faire encore moins arroser "tous les arbres qui ont pris".

L'impact de la monoculture par rapport à la diversité est souvent source de publications, par contre une croissance "fois dix", tout en prenant en compte au bout d'un certain temps la concurrence pour atteindre la lumière avec élimination de certains espèces - mais n'est-ce pas là le principe même d'une forêt dans sa naissance naturelle - interpelle. Un facteur dix ne paraît pas concevable en matière de croissance végétale.

En cherchant un peu plus sur cette méthode dite "senzai shizen shokysei", qui signifie "végétation potentielle naturelle", le principe consiste en
- semis de variétés de plantes indigènes d'une région en pépinière (donc sélection locale de la semence)
- Fertilisé (ce que n'indique pas le reportage) et sorte de BRF (écorces, broyats) ce qui peut expliquer l'absence d'arrosage complémentaire, mais là rien de nouveau,

La méthode est les résultats sont résumés ici.

Transposé à nos activités, cela reviendrait à récolter du matériel génétique en vue de faire nos PG sur des sauvages anciens locaux, pour espèces fruitières supportant l'ombre, bien sûr, au regard des densités annoncées.



gavot a écrit le 08/08/2020 15:05 (ref msg # 67751 )
Bonjour,
A la lecture du document joint, il me vient quelques observations:

La forêt ou végétation naturelle potentielle "que les phytosociologues français du XXe siècle appelaient forêt "climacique" aboutissement ultime et stable d'une évolution sans intervention humaine à partir d'un état dégradé,dans un contexte stationnel (climat) stable, est un concept mis en difficulté actuellement par les changements climatiques : pendant les 200 ou 300 années nécessaires à l'atteinte de cet état, le climat, selon les données actuelles aura largement évolué, et donc la végétation potentielle aussi...

Cette végétation naturelle potentielle dépend du stock génétique présent sur place ou susceptible de migrer spontanément: ainsi le climat islandais permet de plus en plus à la forêt résineuse boréale de s' installer dans l'île, mais en l'absence d'intervention humaine, cette forêt ne s'installerait pas.

Concernant notre sujet, les fruitiers "naturels potentiels" en France métropolitaine sont principalement les rosacées à pépins ou à noyau , secondairement le cornouiller mâle , le pistachier térébinthe et quelques autres. Il s'agit d'espèces exigeantes en nutriments. Leur présence pérenne en forêt nécessite une association avec des essences sociales très majoritaires (chênes, hêtre, ormes...), et probablement aussi une récurrence suffisante d'événements climatiques créant des trouées et des lisières . Un ancien terrain agricole enrichi et homogénéisé par des siècles d'agriculture pourra porter transitoirement un peuplement quasi pur de porte greffes polyvalents (aubépines) ou diversifiés (poiriers, pommiers, alisiers, merisiers..) mais l'avenir à long terme "forêt naturelle potentielle" est une forêt d'espèces sociales (chênes ou/et hêtres selon le climat et le sol) avec nos fruitiers à l'état très subordonné....
floyd a écrit le 08/08/2020 17:27 (ref msg # 67753 )
Je partage largement les propos de Gavot.
Notre flore spontanée naturelle a vu disparaitre de nombreuses espèces, tant par choix et volonté que par atteintes pathologiques.
Dans nos belles forêts les espèces comme le cornouiller, les fruitiers, ont été éradiqués. Dans le bocage le cormier a cessé d'être planté il y a plus d'un siècle, l'épine-vinette a été chassée à des bordures des champs de blé. Nos ormes subsistent difficilement après la graphiose. Nos frênes semblent très menacés. La liste est longue et bien connue des émergences de maladies et de ravageurs!

Dans le même temps les introductions exotiques et les plantations issues d'hybridation ont promis et donné des ressources bienvenues.
Les clones d'ormes hybridés par exemple, permettent de donner rapidement de l'épaisseur au nouveau bocage. Mais ils n'ont rien à voir avec l'orme champêtre. On se souvient de nos débats lors de la "mode" du Malus sieversii, qui aurait à court terme achevé de polluer la génétique de nos rares malus botaniques…
La "flore spontanée naturelle" fait face aux exotiques invasives (robinier, aillante…)

Cette liste non exhaustive de graves problèmes justifie les projets de plantation de ces petites forêts de quelques milliers de mètres carrés à la mode japonaise. Les prochaines décennies jugeront ces efforts d'après les critères d'efficacité, d'authenticité et de durabilité.


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