Greffe d'automne de la vigne

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patrice a écrit le 17/12/2006 07:18
D'après : Annales de la société d'agriculture de la Dordogne, 1863

GREFFE D'AUTOMNE DE LA VIGNE
DANS L'AISSELLE DES BRANCHES.

On prend la première bifurcation qui se présente et on la fend ou on l'éclate, après avoir coupé chaque branche au-dessus du premier œil ou du premier courson. Dans cette fente on insère un greffon ayant deux yeux, laissant beaucoup de bois après le deuxième œil. On ligature et on mastique amplement.
Pendant tout le cours de la végétation, il faut pincer strictement les brindilles qui se développent sur les yeux des deux chicots conservés, et, chose pour le moins aussi importante, veiller à supprimer, à mesure de leur apparition, tous les drageons du collet de la souche; il n'est pas rare qu'on soit dans l'obligation de faire trois ou quatre fois dans l'année ces deux opérations. C'est probablement à l'oubli de cette dernière qu'on doit attri­buer les mécomptes éprouvés si souvent dans le greffage de la vigne.
L'avantage de ce mode de greffe, c'est de forcer la sève, invinciblement en quelque sorte, à souder le greffon par l'œil d'appel que nous laissons au sommet de chaque chicot. Ces chicots, bien entendu, sont rabattus l'année suivante.
Cette greffe se pratique de préférence à l'automne, dès que les feuilles commencent à jaunir. A cette époque, la vigne a peu de pleurs, ce qui nous semble un grand avantage.
Quoi qu'il en soit, nous pouvons affirmer, après trois ans d'essais, que cette façon de greffer réussit merveilleusement, et que, lorsque le sujet est jeune el le greffon un peu fort, on s'aperçoit à peine de la soudure, dès l'année suivante, tant elle est complète.
Quelques auteurs prétendent qu'une vigne greffée n'a pas de durée; nous pensons que cela tient à ce qu'on n'a pas la pré­caution de laisser assez de bois à la taille de l'hiver suivant. En l'abattant trop court, les racines sont trop longtemps sans fonc­tion; de là une perturbation profonde, souvent mortelle.


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