L' "érosion" génétique influe-t-elle l'affinité au greffage ?

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patrice a écrit le 11/04/2017 17:58 (ref msg # 57764 )
Bonjour.

N'ayant pas de Malus sylvestris chez moi, et ayant été embaumé par les fragances d'un rencontré (peut-être est-ce le parfum habituel du Malus sylvestris ou un parfum remarquable spécifique à ce sujet, n'étant pas habitué à cette espèce, je n'en sais rien, mais là n'est pas la question), j'en avais prélevé l'an dernier des greffons, greffes printanières, échec total.
Je remets çà l'été, oeil dormant, échec total.
Pourtant y'a pas moins capricieux au greffage que les Malus.

J'avais greffé sur du porte-greffe MM.

Alors ce printemps, j'ai regreffé sur du MM, du franc (de variétés de pommes domestiques), du franc de Malus sylvestris, et du Malus floribunda.

Ca prend bien sur les deux derniers porte-greffe. Et effet vase d'eau sur les deux premiers.

Certes, ce ne sont que quelques essais qui ne permettent pas de tirer des conclusions.

Mais peut être que quelqu'un a déjà fait ces essais ou des références d'expériences similaires ?
floyd a écrit le 11/04/2017 19:08 (ref msg # 57767 )
Deux réflexions suite à ta question Patrice:
- On peut supposer la réalité d'une érosion génétique… encore faudrait-il en être certain et à quel degré d'érosion.
- une mauvaise affinité, pourquoi pas… et rien dans la bibliographie, c'est surprenant.

Ensuite je ne me permettrais pas de mettre en doute le talent du greffeur.
ké20 a écrit le 12/04/2017 09:31 (ref msg # 57781 )
Peut être que l'évolution génétique justement des PG "nouveaux" , entrainerait certaines incompatibilités avec un arbre comme celui-ci plus ancien .
Mais trop novice pour t'éclairer ....

Pourtant , on voit que certains abricotiers sont incompatibles avec certains pruniers pourtant proche aussi génétiquement. J'ai donc trouvé une incompatibilité avec Abricotier Pêche de Nancy qui est pourtant un abricotier ancien , rustique ... Après 5 tentatives et bien une 50aines de greffes au total ( greffes en septembre 2016 , greffes en chip/écusson en 2015-2016 et des greffes de printemps en 2016-2017) 100% d'échec.
Dans l'intérêt de chacun , il est vrai qu'il serait intéressant de bien cibler la variété du PG que je ne connais pas...
Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 12/04/2017 17:31 par ké20
patrice a écrit le 12/04/2017 17:28 (ref msg # 57792 )
floyd post_id=57767 time=1491930488 user_id=535 a écrit :

Ensuite je ne me permettrais pas de mettre en doute le talent du greffeur.


Les essais sont trop peu nombreux en quantité pour exclure le paramètre mauvaise greffe. Mais je posais néanmoins déjà la question au cas où des personnes auraient déjà pratiqué des greffes de M. Sylvestris sur du MM ou autre et voir s'il ont pu rencontrer des succès ou échecs.
ké20 a écrit le 12/04/2017 17:30 (ref msg # 57793 )
floyd a écrit le 12/04/2017 19:04 (ref msg # 57797 )
Pas de soucis Patrice, j'ai bien compris la question.

Mais c'est tout de même curieux que ces greffages n'aient pas laissé de traces dans les ouvrages d'arboriculture du XIXe ou du XXe.
Sans doute les pépiniéristes et horticulteurs de jadis n'ont pas jugé utile de greffer juste "pour voir" , M. sylvestris sur des PG améliorés.

Que le PG MM soit issu de sélections et puisse être qualifié "d'amélioration" suppose habituellement une forte et large compatibilité pour les greffages.
C'est ce point qui me fait douter qu'une "érosion génétique" soit en cause.
A plus forte raison pour un sujet franc dont le patrimoine issu d'une fécondation croisée, ne pourrait à priori, être trop érodé.
Bruno a écrit le 22/04/2017 09:36 (ref msg # 57894 )
Mais qu’est-ce que ça voudrait dire une érosion génétique ? Qu’il y ait des gènes qui disparaissent du patrimoine génétique du pommier ? Qu’il y ait des mutations ? J’aimerais comprendre. Je ne pense pas qu’il puisse y avoir des phénomènes de ce genre de façon habituelle. Cela pourrait peut-être se faire de façon exceptionnelle.
floyd a écrit le 22/04/2017 15:33 (ref msg # 57896 )
Tout travail de sélection conduit à isoler quelques individus au sein d'une population, pour en faire des sujets "d'élite".

Bien évidemment on rejette des caractéristiques défavorables au profit d'autres plus recherchées; on éliminait logiquement les plantes sensibles au froid et à la sécheresse… Cette année, ce fut un calcul gagnant !

Certes le patrimoine génétique de la population d'origine existe toujours quelque part, mais il n'est plus présent dans les cultivars issus de plusieurs cycles de sélection et d'hybridation contrôlée.

L'élimination de gênes inutiles pourrait avoir induit (à l'insu du sélectionneur) une déperdition de gênes utiles. Cette utilité qui pouvait n'être que potentielle, fut négligée. C'est peut-être le cas des sujets dont parle Patrice, qui se sont trouvés privés d'une aptitude nécessaire pour ses greffages.
patrice a écrit le 04/05/2017 14:05 (ref msg # 58055 )
J'ai une greffe sur M7 qui semble prendre, et donc exclurait une incompatibilité totale. Je comparerais les vigueurs de pousse, mais n'irais pas au delà dans l'expérimentation, l'intérêt étant limité. Le sujet sera toujours là pour ceux qui auront des observations à rapporter s'ils pratiquent ce genre de greffe.


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