âge d'un arbre greffé

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benoit30 a écrit le 20/08/2016 10:50 (ref msg # 53720 )
Bonjour,
Dans cette conférence de Maurice Chaudière, on parle de l'âge d'un arbre greffé. (Minute 36).
http://www.lagraineindocile.fr/2016/03/l...

L'assemblage prendrait l'âge du greffon. Mais est-ce que cela signifie qu'un avocatier Hass aurait environ 70 ans et un Reine Claude 500 ans ? Cela expliquerait que les plantes greffées ont une durée de vie courte ?
Merci pour votre éclairage
floyd a écrit le 20/08/2016 13:59 (ref msg # 53722 )
Je pense qu'il ne faut pas interpréter les propos de Maurice Chaudière au delà de ce qu'il dit.
… et se souvenir qu'il est un peu poète.

Par contre il faut se rappeler qu'un arbre croit à partir de son méristème qui produit des cellules neuves et conformes.
Si ce que l'on appelle aujourd'hui "l'épigénétique" met en évidence la transmission de caractéristiques non chromosomiques, on n'en est pas à démontrer que les facteurs de la sénescence se transmettent ou perdurent de greffon en greffon.

Donc aucun greffon de prune Peine Claude n'a les 500 ans que l'on compte depuis l'identification de cette bonne variété.

Si l'on cherche des raisons pour expliquer le peu de durée d'un arbre greffé (et pourtant on connait des arbres greffés très âgés…) il suffit de noter que l'arbre a été perturbé par des transplantations, des tailles, des fertilisations et des irrigations, des ravageurs et des maladies.
… Et bien évidemment par le greffage en lui-même et par les différences subsidiaires et physiologiques entre PG et greffon.
jdsjds a écrit le 22/08/2016 11:45 (ref msg # 53734 )
Bonjour,
Greffés ou non, certains arbres fruitiers ne vivent pas longtemps.
Sème un pêcher ou un abricotier et tu verras. Ces arbres ont une durée de vie courte.
Quelqu'un a déjà vu des pêchers ou abricotiers de plus de 50 ans ?
Quelqu'un a une idée de l'âge des plus vieux fruitiers recensés ? Quel est le record si cela est noté quelque part ? Pour le pommier? poirier ? pêcher ? abricotier ? Prunier ?

Après le greffon est toujours une branche jeune, donc à priori pas de raison de lui donner 500 ans d'âge.
Je ne pense pas qu'un fruitier de semis puisse vivre 500 ans. Donc pour moi, ça tranche le sujet défaveur des 500 ans.
Si le greffon prenait l'âge de sa première source, les variétés greffées se seraient déjà éteintes vers au max 200 ans selon moi.
A+, José.
Bruno a écrit le 22/08/2016 14:30 (ref msg # 53736 )
Il semblerait que le vieillissement des hommes et des animaux soit lié au raccourcissement des télomères sur les chromosomes. Ceux sont des petits fragments d'ADN sur l’extrémité des chromosomes avec de longues séquences répétitives, mais qui n'ont aucunes incidence sur la fabrication des protéines et qui raccourcissent à chaque division cellulaire ( à 2 exceptions près : les cellules reproductrices qui forment les spermatozoïdes ou les ovules, et les cellules cancéreuses). Or les végétaux n'ont pas ce raccourcissement. Ce qui fait que leur chromosomes ne vieillissent pas. Donc normalement un greffon est toujours jeune. Peut-être trouvera-t-on une autre explication au vieillissement et qui démontrera le contraire de ce je viens de dire, mais pour l'instant je n'est pas eu connaissance d'une information de ce genre. Si j'avais assisté à la conférence de Maurice Chaudière, je lui aurais posé la question.
François du Perche a écrit le 23/08/2016 09:43 (ref msg # 53742 )
Pour revenir à ce qui précède, le + vieux poirier de France serait celui de l'abbaye de Valloires et serait âgé de 250 ans, il est probablement greffé sur franc. Il y en a peut-être de + vieux non recensés.
https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j...
Ferréol a écrit le 24/08/2016 08:03 (ref msg # 53765 )
Il n'y a pas que le sacro-saint ADN et son intégrité qui influent sur l'age physiologique d'un individu. La régulation de sa lecture joue aussi beaucoup.

Un des mécanismes du vieillissement chez les végétaux est lié à l'augmentation de la charge virale des méristèmes. Des techniques de culture in vitro permettent d'ailleurs de 'rajeunir' les végétaux en réduisant justement cette charge virale.

De plus, si, comme le dit Bruno, la longueur des chromosomes varie en effet assez peu chez les végétaux, ou l'usure des télomères est réduite, d'autres mécanismes affectent l'ADN. Les rétrovirus insérant aléatoirement leur génome dans les chromosomes peuvent les endommager. Les transposons (petits éléments mobiles et à la réplication indépendante) aussi peuvent abimer les chromosomes et induire un vieillissement du code génétique.
floyd a écrit le 24/08/2016 22:35 (ref msg # 53772 )
Merci pour ces éclairements, qui pour le moins confirment la grande nécessité de choisir ses greffons sur des arbres dont la vigueur ne laisse aucun doute sur leur bon état de santé.
L'écussonage limite en outre le volume des tissus végétaux insérés; et donc les risques de contamination.


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