Pollinisation assistée asiminier

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gavot a écrit le 07/06/2016 15:14 (ref msg # 53120 )
Je possède deux asiminiers achetés il y a 9 ans pour « Taylor » et « Taytwo », auto-stériles mais présumés pollinisateurs chacun pour l’autre variété. Ces arbres mesurent maintenant environ 4 m de haut.
Ces asiminiers fleurissent depuis 2011 environ. Les premières années, voyant le grand nombre de mouches d’espèces diverses qui fréquentaient les fleurs, je ne tentais pas de pollinisation assistée. Mais je n’observais aucune nouaison.
Ensuite, sur les conseils de membres du réseau, j’ai pratiqué la pollinisation assistée, en prélevant du pollen mûr sur des fleurs de l’un des arbres et en le déposant sur les stigmates de fleurs de l’autre arbre, ceci pendant les 3 semaines que dure la floraison. Aucun résultat.
Un membre du réseau m’a fait remarquer que les deux clones Taylor et Taytwo étaient très proches génétiquement, et que ceci pouvait expliquer leur interstérilité. Par la même occasion il me suggérait de rechercher du pollen d’autres asiminiers.
Entre temps, j’avais greffé sur des rejets de PG de mes deux asiminiers, ainsi que sur des semis, d’autres variétés , Sunflower et Prima(grâce au réseau !!). Mais je n’obtenais pas encore de fleurs de ceux là.
Par un autre membre, j’ai pu obtenir cette année d’ un heureux propriétaire d’asiminiers adultes, des rameaux florifères, de Sunflower et de franc de semis.
De plus l’un de mes petits Sunflower portait pour la première fois cette année une dizaine de fleurs , un peu plus tardives que les Taylor- Taytwo et les rameaux
Voici un résumé de l’expérience :
J’ai récupéré le 10 avril les rameaux, dont la base était plongée pour leur conservation dans une bouteille plastique remplie d’eau. Ces rameaux étaient récoltés depuis 3 jours. Près de la moitié des fleurs portait déjà du pollen mûr. J’ai transporté le tout avec précaution, en récoltant le pollen mûr avant de partir pour éviter de le perdre par les chocs pendant le transport long d’une centaine de kilomètres. J’ai placé ce pollen recueilli au départ dans un récipient, dans le bac à légumes du frigo dès mon arrivée.
Dès le lendemain j’ai commencé à polliniser au pinceau (à aquarelle, de 5mm de diamètre) les fleurs des Taylor Taytwo. Le pollen était placé dans un récipient en verre profond pour éviter la dispersion par le vent, et l’effet électrostatique des plastiques..
J’ai poursuivi la pollinisation assistée pendant une semaine, avec le pollen conservé au frigo auquel s’ajoutait celui des fleurs des rameaux toujours plongés dans la bouteille, venant à maturité(une fleur par jour environ). Les rameaux étaient maintenus à température ambiante (15-20°C alors)
Devant m’absenter pour une semaine, j’ai ensuite accroché la bouteille dans le Taylor.
A mon retour, soit 15 jours après la récolte des rameaux, des fleurs des rameaux coupés continuaient à fleurir. J’ai repris la pollinisation assistée avec ce pollen, ainsi qu’avec celui du petit Sunflower (10 fleurs) venant progressivement à maturité. J’ai mis aussi une bouteille de rameaux de Taylor dans le Sunflower.
Au 15 mai, les dernières fleurs des rameaux coupés donnaient leur pollen, soit plus de un mois après leur prélèvement !.
Au 25 mai, j’observe un début de nouaison de certaines inflorescences des Taylor et Taytwo, ainsi que d’inflorescences du petit Sunflower , ainsi que des rameaux de Taylor trempant dans une bouteille d’eau placés dans le Sunflower !
Au 5 juin sont visibles dans les Taylor-Taytwo une cinquantaine de nouaisons, de taille diverse indiquant des fécondations échelonnées dans le temps. Certains de ces départs se situent en cime des arbres où je n’ai pas fait de pollinisation assistée.
Cela m’incite à penser que plusieurs des procédés pratiqués ont fonctionné :
La pollinisation assistée avec du pollen conservé quelques jours au frigo, ou prélevé sur les fleurs des rameaux coupés trempant dans l’eau (au début)
La pollinisation spontanée par les insectes pendant mon absence à partir des fleurs placées dans les arbres (certaine pour les fleurs en cime).
Le pollen semble s’être convenablement conservé au frigo durant quelques jours ; le pollen arrivant à maturité sur les fleurs des rameaux coupés depuis plusieurs semaines est lui resté fécondant (certaines de ces fleurs coupées ont elles -mêmes été fécondées, le début de nouaison avortant au bout de 2 semaines environ en raison du manque de nutriments)
Rien de scientifique à tirer de cette expérience sans protocole. Mais on peut donc, semble-t-il : conserver plusieurs jours du pollen d’asiminier au frigo (c’est courant mais pas systématique, certains pollens ne se conservent absolument pas) et surtout conserver pendant plusieurs semaines comme des fleurs coupées dans un vase les rameaux florifères . Les fleurs se développent normalement et donnent du pollen fécondant.
Je ne devrais pas reconduire cette expérience l’an prochain, ayant des Sunflower, Prima et peut être Prolific qui produiront certainement du pollen …
Cette année les petites asimines devront encore affronter le mistral et éventuellement des orages de grêle d’ici à l’automne.
Merci aux membres du réseau qui m’ont suggéré l’expérience, et à ceux qui l’ont rendu possible !





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