Problème en France avec la cloque , Pourquoi?

greffer.net >> Pêcher et nectarinier

François du Perche a écrit le 10/03/2016 19:49 (ref msg # 51866 )
En discutant aujourd'hui avec un agriculteur, il m'a dit qu'il avait déjà utilisé du latex liquide à grande échelle comme adjuvant à des insecticides (sur les fleurs de colza) et à des fongicides. Mais il a arrêté parce que c'était trop cher (50€/l aujourd'hui en coopérative agricole).
Le pouvoir collant est exceptionnel, ça rend l'insecticide insoluble une fois qu'il est sec donc les petits scarabés qui détruisent les fleurs de colza ne peuvent pas être sauvés par une pluie qui délaverait le produit et crèvent en masse. Je ne prétends pas que ce soit un modèle de respect de l'environnement mais ça prouve que c'est homologué en usage agricole (sans doute pas disponible pour les particuliers).
Le produit homologué (mais sans doute pas pour les jardins de particuliers), à base de latex synthétique, s'appelle STICMAN et doit être utilisé au dosage de 14 pour mille soit 0,14% soit . Le sikalatex utilisé en bâtiment est également du latex synthétique mais il est beaucoup moins cher sans doute parce qu'il n'a pas eu à faire les essais pour être homologué et qu'il n'est peut-être pas à la même concentration, il faudrait vérifier sur un bidon car je ne trouve rien sur internet.
En tout cas, le sikalatex se mélange très bien à la bouillie bordelaise, pas de réaction ni de précipitation.
floyd a écrit le 10/03/2016 20:07 (ref msg # 51868 )
https://ephy.anses.fr/adjuvant/sticman

Autorisation pour usage pro, depuis la fin 2014.
François du Perche a écrit le 10/03/2016 20:40 (ref msg # 51870 )
merci Floyd
Je me suis mal relu et ai donné de mauvaises indications (oubli d'une virgule), pardon :
dosage 0,14 litre / 100 litres soit 0,14% soit 1,4 pour mille (et pas 14 pour mille).
Soit 14cm3 pour un pulvérisateur de 10 litres ou 1,4 cm3 pour un litre.
floyd a écrit le 10/03/2016 20:51 (ref msg # 51872 )
Merci à toi François, qui a persisté dans ses recherches.
… et qui a trouvé.
François du Perche a écrit le 11/03/2016 09:26 (ref msg # 51881 )
et ce STICMAN fait en + office de super mouillant :
https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j...
et il est maintenant homologué en agriculture biologique :
https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j...
Sachant que l'agriculture biologique utilise beaucoup de bouillie bordelaise, ça a du être déjà pas mal utilisé.
François du Perche a écrit le 11/03/2016 10:15 (ref msg # 51883 )
Au point de vue concentration, Sticman et Sikalatex semblent identiques :
Sticman : 45% de latex synthétique
Sikalatex : environ 50% de matière active
https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j...
et on trouve chez les marchants de matériaux du latex en berlingots (1/2 litre ?) qui n'est pas fabriqué par Sika, probablement à la même concentration.
François du Perche a écrit le 12/03/2016 16:52 (ref msg # 51902 )
Le sulfate de cuivre n'étant pas du tout biodégradable, à terme il finira bien par contaminer le sol. Le latex n'agira que comme retardateur de pollution. Toutefois, n'étant plus délavé par la pluie, il sera peut être emmené par le vent lorsque le latex sera biodégradé et largement disséminé dans la nature, à des dosages insignifiants, donc ce sera quand même un progrès.
klakos a écrit le 12/03/2016 18:09 (ref msg # 51903 )
Je crois que le cuivre est comme généralement les métaux lourds le sont, il ne doit pas très "mobile".
François du Perche a écrit le 12/03/2016 18:29 (ref msg # 51905 )
c'est vrai que le cuivre est un métal lourd (d=9) mais la densité du sulfate de cuivre hydraté n'est que de 2,3.
Comme il est broyé très très finement, il doit pouvoir être emporté par le vent lorsque le latex a été biodégradé.
floyd a écrit le 12/03/2016 19:03 (ref msg # 51909 )
Le cuivre est associé au soufre, puisque la molécule utilisée est le sulfate de cuivre. Cu SO4.
Mais en solution dans l'eau c'est l'ion Cu++ qui lui est assez mobile, et peut se fixer en concurrence comme l'ion Ca++ sur les argiles et les humus.
D'où l'effet cumulatif.

Si le latex retarde le lessivage du sulfate par les pluies, alors on économise utilement tout ou partie des applications.
Je rappelle qu'après une pluie de 20 mm il était nécessaire de pulvériser à nouveau pour rétablir l'efficacité de la protection anti-fongique.
François du Perche a écrit le 22/04/2016 09:47 (ref msg # 52570 )
une étude assez complète sur le traitement de la cloque :
http://www.cochetfrederic.com/traitement...
il faut vraiment avoir du temps à consacrer à cela.
argos31 a écrit le 22/04/2016 10:21 (ref msg # 52573 )
Merci François pour le lien ,On reconnais le praticien . Effectivement ça prend beaucoup de temps .Pour la tordeuse chez-moi beaucoup de dégâts .Même s'il fait beau tous les 10 jours un peu trop espacé...si quelqu'un à remarqué :Mes pêchers résistants à la cloque sauf sanguines ne sont pas trop abimés.sans traitement les autres c'est tous les apicaux qui sont véreux..
belinsecte a écrit le 30/06/2016 05:13 (ref msg # 53316 )
"Foufouche" a écrit :
Tu fais bien de préciser Floyd!!
cela est utopique si nous voulons de bonnes récoltes.

La qualité d'une récolte n'est-elle pas avant tout déterminée par le cultivar lui-même, le porte greffe associé, le terroir, le climat et notamment l'ensoleillement et chaleur de fond, les soins et le respect prodigués aux sols, l'irrigation, la taille etc....plus que par les traitements eux mêmes?.

...

En type pentoo, piattafortwo produit sans aucun traitements de très bons fruits chez moi, une sélection italienne de 1994 très saine pour ce type de pêche, bonne sous tout rapport à priori...si vous avez d'autres variétés de ce type en tête je suis preneur.


Et il semble qu'il y ait davantage de recettes naturelles ici: https://www.greffer.net/discussion//view...
avec en page 3 et 4 (et 8 par Alcedo) des noms de variétés résistantes, et références. (et il y a d'autres noms dans d'autres sujets).
en page 7: quelles méthodes naturelles sont efficaces, le post de Patrice du 20 mars 2008 précise aussi un livre.

Je suis allé hier à un conservatoire, c'est vrai que certains arbres sont moins ou pas sensibles à la cloque, mais j'hésite à en publier les noms, car:
- J'ai remarqué dans ce verger de Manosque, que dans une même variété, certains sujets sont sensibles et d'autres non. Il faudrait que j'y passe plus de temps et note aussi les noms de ceux qui ont la cloque pour faire des statistiques.
- Cela dépend-il aussi de la région et du sol, tant qu'ici ou ailleurs une même variété serait/ne serait pas résistante?

Oui Foufouche j'aimerais bien essayer ta variété italienne, je suis dans les mêmes latitudes. est ce que je peux t'envoyer autre chose?

En greffons et même en noyaux, car fidèles ou pas, les peches de semis sont toujours bonnes, et en meilleure santé si jamais transplantées.

Je conseillais aussi le semis direct des pg de poires par exemple à ce conservatoire, pour régler leurs problèmes de stress hydrique et chutes de cime, le gars a y a semblé réceptif.

ps pour Argos31 (suite ton post en page 2): Dodine +Difenoconazole? Nourrir une tribu, c'est aussi une responsabilité quant aux effets à long terme des pesticides sur la santé, notamment de cette tribu
argos31 a écrit le 30/06/2016 09:15 (ref msg # 53323 )
Belinsecte je vous rassure: Sur la vingtaine de pêchers je n'en ai que 3 qui prennent la cloque..J'ai fait un essai ce printemps avec (Dodine +difenoconazole) . au stades B et C . Conclusion il semblerait que , si le produit était bien "actif" Ca ne soit d'aucune efficacité .. Je "plussoie" à tout ce que vous avez écrit..pour la diversité des paramètres qui semblent avoir une influence sur la cloque. j'ai 5/6 variétés depuis plus de 20 ans qui sauf si les branches se touchent n'ont jamais étés " cloqués" je vous donnerai la liste si cela vous intéresse . Par contre ils attirent les pucerons verts
belinsecte a écrit le 02/07/2016 23:24 (ref msg # 53352 )
j'espère n'avoir pas été dur dans mon propos. Je sais que l'inquiétude vis à vis de la chimie cumulée à d'autres facteurs, est plus présente maintenant que nous en sommes à la 3 ème génération d'enfants post-industriels. Car l'effet de la chimie sur la santé se manifeste à partir de la 3ème génération (selon stats scientifiques sur animaux*, et selon observation réelle des sociétés (amérique, europe, asie), des maladies autrefois réservées à un âge avancé (dont cancer) touchent maintenant les jeunes, avec une chance sur 2 d'avoir un cancer au cours de la vie d'un européen! malgré les progrès médicaux, l'espérance de vie qui progressait au siècle dernier, régresse)

en tous cas votre réponse est un fait intéressant ici si vous avez constaté l'inefficacité du produit.

quant aux pucerons ils seraient plus faciles à traiter, "mécaniquement" à l'huile de colza, mais c'est encore un peu de tracas.
je crois que oui vous pourriez donner les noms cela intéresserait tout le monde dans ce sujet (ou l'autre dont j'ai mis le lien dans mon precedent post? puisqu'il indique déjà des noms).
quant à moi je préfère retourner au conservatoire dans quelques semaines pour faire des statistiques, pour ne donner que les noms des variétés dont TOUS les sujets sont sains. Les arbres y ont tous un même age avancé.

* 3ème génération d'animaux nourris avec un seul de chacun des facteurs suivants:
- nourriture moins naturelle pour l'espèce
- pesticides
- ogm
floyd a écrit le 03/07/2016 01:05 (ref msg # 53353 )
"belinsecte" a écrit :

* 3ème génération d'animaux nourris avec un seul de chacun des facteurs suivants:
- nourriture moins naturelle pour l'espèce
- pesticides
- ogm

Toutes ces affirmations me paraissent très audacieuses.
Même les spécialistes (statisticiens, médecins-épidémiologistes…) ne sont jamais aussi affirmatifs!
Quant aux pesticides violents, le XIXe les a utilisé pour lutter contre le phylloxera, le mildiou, les moustiques, les puces et les poux.

ceci dit on s'éloigne fort de la thématique du forum.
argos31 a écrit le 03/07/2016 10:20 (ref msg # 53355 )
Peut-être c'est hors sujet des thèmes du forum !Mais pour une fois qu'un intervenant nous fait sentir qu'il est de notre intérêt de greffer des pêchers qui ne prennent pas la cloque,je pense que bien des lecteurs vont en faire leur profit...
voici la liste de ce que j'ai depuis 17 ans ceux qui sont bien résistants chez-moi :
Amsden ;Précoce de Hale ;Roussane de Rodez , Madame Guilloux ; grosse mignonne ; Reine des vergers; Sanguine de Touraine
Comme je ne traite pas contre le monilia des fruits : Certaines années (comme 2016) un peu de perte !!
Oui contre les pucerons verts : huile de colza + liquide vaisselle avant que les feuilles s'enroulent (Pas très onéreux vu que je prends de l'huile de table)et disparaissent dès les "chaleurs" d'été
floyd a écrit le 03/07/2016 10:36 (ref msg # 53358 )
Au dessus de la Loire, la culture des pêchers à Versailles ou à Montreuil, a toujours exigé des précautions que le jardinier d'aujourd'hui néglige de prendre en compte. (espalier, palissage, serre, taille, protection, traitements au cuivre… ) On ne cultive pas à Paris comme en Haute-Garonne.
Le seul levier dont le greffeur veut bien se saisir… la génétique! Car il fait le pari audacieux de l'existence méconnue de variétés miraculeuses.
belinsecte a écrit le 03/07/2016 17:33 (ref msg # 53364 )
Je trouve toutes les variétés, et la moindre herbe, miraculeuses...
Certaines sont réputées plus résistantes que d'autres, dans chaque espèce.
En ce qui concerne les traitements, il y en a de plus ou moins naturels, l'effet de levier "3ème génération"* me faisant préférer les plus naturels (dont j'ai vu des recettes sur l'autre sujet sur la cloque). Mais personnellement je ne suis pas certain d'en avoir la patience.
Merci Argos pour ce retour sur l'huile de Colza, je n'étais pas très à l'aise de la mentionner en ayant alors lu un seul témoignage. Pourrais tu détailler ta recette?
Je reconnais dans ton témoignage des noms de pechers qui sont considérés plus résistants par d'autres sources (voir lien dans mon 1er post, page précédente). Quels autres pechers as-tu, pour comparaison?
Merci aux chouettes expériences et conseils.

* merci Floyd pour ta transparente réaction; dommage maintenant je n'ai pas le temps de faire une synthèse de ces recherches scientifiques qui consistent à comparer des lignées d'animaux nourris de différentes manières; et dont la santé et la constitution se dégradait parfois à la 3ème génération

Cela peut amener à favoriser les méthodes naturelles largement abordées sur le forum.

Comment ne pas sortir un peu du sujet? Pour répondre brièvement à ta remarque, contre les poux on peut employer de l'huile (colza, olive ou autre) en abondance une nuit sur les cheveux sous un bonnet de bain... ça bouche le trou de respiration des insectes, efficace et sans accoutumance. Contre les moustiques j'ai trouvé et expérimenté des solutions "miraculeuses" je peux mettre un lien comme c'est hors-sujet. J'ai des vignes dont je ne connais pas la date de plantation, qui se portent à merveille dans les arbres jusqu'à 10M environ, dans un autre pays des agriculteurs les cultivent sur érable champêtre elles préfèreraient la mi-ombre dans les climats très ensoleillés. PFAF indique que le morus en est un hôte salvateur. (etc)
floyd a écrit le 03/07/2016 20:11 (ref msg # 53369 )
Attention à ne pas faire de ce topic un fourre-tout avec tant de ces recettes et observations qui ont leur place sur les sites de jardinage ou de permaculture.

Ceci dit, l'huile de colza à usage d'insecticide, n'est pas un produit sélectif; ne pas l'oublier.
Le liquide vaisselle et autre savon de droguerie n'ont pas d'autorisation de mise sur le marché (AMM) ; ils ne sont donc pas à prescrire au jardin faute de tests et de validations, d'autant que leurs conservateurs, colorants, parfum et autres adjuvants ont certainement des effets non intentionnels que l'on s'empresse d'ignorer. C'est un tort!

Donc on se recentre, s'il vous plait, sur la multiplication végétative des variétés de pêcher peu sensibles à la cloque, Taphrina deformans.


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