Greffer en sec tout l'hiver... chouette !

greffer.net >> Greffage

kawa a écrit le 22/09/2014 20:58
Bonjour

Alors que je ne greffe plus mes cerisiers qu'en septembre, à la "descente de sève" pensais-je, afin de ne plus me faire avoir en mars avec des greffons trop tôt débourrés ;

Alors que je sais que pommes et poires peuvent se greffer en octobre, à la "chute des feuilles", mais que je ne pratique pas parce que cela marche très bien en mars ;

Voilà qu'un copain Croqueur me rappelle (sans précautions oratoires !) que l'on peut greffer TOUT l'hiver, tant qu'il ne gèle point.......

Serait-ce possible ? Cela voudrait dire
- que la notion de "descente de sève" n'a pas (peu) de sens
- et que le peu de sève brute qui circule pendant le repos végétatif, suffit à coller la greffe

Concernant le gel : il est à éviter
- pendant, sans doute
- avant ? longtemps avant ?
- après ? longtemps après ?

Merci pour vos lumières
floyd a écrit le 22/09/2014 23:20
Commençons par distinguer sève brute, provenant des racines et la sève élaborée enrichie des sucres issues de la photosynthèse.
Tant que les feuilles sont actives et exposées au soleil la synthèse est active.
Cette sève va pour une partie alimenter les organes en croissances et pour l'autre part descendre vers le système racinaire où une part des sucres va être stockée durant l'hiver.
C'est donc à partir de ces réserves que le printemps voit de nouveaux organes croitre, bien avant le développement des premières feuilles.

Je ne vois guère d'explication pour l'expression "descente de sève". D'autant que la plante reste vivante, sans pourrir ni sécher. Elle conserve une turgescence et l'oxygène reste à un taux suffisant pour la pérennité des tissus et des cellules. On constate aussi que les racines neuves apparaissent dans le sable de la jauge au pied des arbres en attente. Le repos végétatif est donc tout relatif.

Si la biologie est une science et le greffage un art, un bon ouvrier peut affirmer réussir 9 greffes sur 10. Un taux raisonnable.
La météorologie est aussi une science, mais au delà de 5 jours, chacun sait que les prédictions sont parfois démenties…

Donc, j'en viens à la question du gel et des intempéries hivernales. Qui peut annoncer avec audace et certitude que le gel va arriver ou qu'il va cesser définitivement?
visakoivu a écrit le 23/09/2014 16:35

Voilà qu'un copain Croqueur me rappelle (sans précautions oratoires !) que l'on peut greffer TOUT l'hiver, tant qu'il ne gèle point.......


J'ai deja greffe en decembre (poirier et cerisier) et reussit (4/5 et 2/3) des greffons sans protection autre que la mastique habituelle.
En greffe hivernale, les greffons (et le pg) probablement restent dormant et la soudure ne se fait qu' en printemps.
Aussi, j'aime greffer tot dans la saison, souvent 2 a 4 semaines plus tot qu'indique sur https://www.greffer.net/?cat=6.
Par example, j' ai greffe des pommiers en couronne fin mars, et ca a bien marche (taux >95%, l'ecorce se decolle bien beaucoup avant la floraison en mai).
klakos a écrit le 23/09/2014 17:32
Je pense que les greffages de printemps restent prisés des "gens de la terre" car ils correspondent à une période de l'année relativement plus calme. Reste qu'il ne faut pas rater les premiers mois de printemps si on veut avoir un "beau plant" en fin d'année.
kawa a écrit le 02/10/2014 23:15
Il semblerait que le gel ait une action plus ou moins heureuse sur de toutes jeunes greffes :
- pas (trop) d'impact pour les fruits à noyaux (cerisiers en tout cas)
- mais décollerait celles des fruits à pépins

Conclusion : gardons les greffes pommes/poires pour après les gelées, et tentons les cerisiers tout l'hiver ?
floyd a écrit le 03/10/2014 08:10
Le gel, la pluie, les intempéries… tout cela fait partie de l'hiver, et il peut être long.
Honnêtement je ne vois pas comment distinguer au plan théorique ces redoutables effets selon le pépin ou le noyau.

Rien n'empêche de tenter des greffages d'hiver sur les deux sortes d'arbres et d'en rendre compte.
Mais on recommandera la prudence d'une protection étanche du point de greffe.
kawa a écrit le 03/10/2014 13:31
OUI, l'étanchéité à l'eau doit être surveillée. L'eau en gelant pourrait écarter les tissus et décoller une greffe fragile.

Le budy tape pourrait alors être supérieur au mastic, tout en apportant l'effet "micro serre".

Variante pratiquée par un copain : envelopper le tout dans un petit sac plastique (à congélation...), tant que les feuilles ne sont pas démarrées.
floyd a écrit le 03/10/2014 20:51
Même au cœur de l'hiver se méfier d'un effet de serre qui peut chauffer l'air humide et accélérer le multiplication de moisissures.
mathieu a écrit le 03/11/2015 21:10
Bonsoir"
En fait autre point sensible;comment proteger au mieux"" pour passer l'hiver" les greffes diverses ainsi que greffons sur rameau.la meilleure protection....et faut-il abriter voire encapuchoner au moyen d'une demie bouteille plastique par le dessus tout en laissant l'air pénétrer par dessous .?
Merci de vos avis
M.M.
floyd a écrit le 03/11/2015 22:50
Mettre un parapluie, en quelque sorte!

On sera d'accord pour dire que le greffage doit rester une technique simple avec un minimum d'opérations annexes.
La qualité du masticage et de la ligature, on l'a dit souvent, reste la meilleure des assurances.

Oui on peut greffer durant l'hiver, mais doit-on chercher des complications en greffant à contre-temps?
Ferréol a écrit le 04/11/2015 09:07
Bonjour,

je ne ferai que reprendre le constat de Floyd disant qu'en hiver le repos végétatif est très relatif. En effet si nos arbres n'ont plus de feuilles, les cambiums et l'appareil racinaire, eux restent actifs, bien sur d'autant moins que le froid est important comme chez tout organisme vivant ne régulant pas sa température mais la cicatrisation peut très bien se faire ou se poursuivre pendant l'hiver, à son rythme mais pas totalement à l'arrêt. (les cernes sombres et durs du bois correspondent à la croissance automnale/hivernale, ils n'existeraient pas si la plante ne continuait pas sa croissance secondaire en hiver)

Ne pas greffer pendant les gelées est aussi une question de bon sens pratique. Le bois gelé est beaucoup plus dur, il est donc difficile de faire avec de belle découpes propres nécessaires à un greffage de qualité.

Pour moi les protections type bouteille, parapluie et autres sont compliquées à mettre en place et de surcroit peu voire inutiles. Elles peuvent même être néfastes en créant un effet de serre local. Il n'y a rien de pire que les alternances gel-dégel trop rapides pour les plantes favorisées par de tels dispositifs pendent les belles journées glaciales mais ensoleillées d'hiver.

J'abonde dans le sens de Floyd, un bon masticage et une bonne ligature (ou les deux par la même opération avec du buddy tape ou du parafilm) sont les points les plus importants pour réussir ce genre de greffes.
François du Perche a écrit le 04/11/2015 14:27
et ne pas oublier que le vent souffle parfois très fort, tout "parapluie" peut être arraché et/ou causer des dégâts sur les branches environnantes. Ici, le mieux est l'ennemi du bien ou pour le formuler différemment pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?
mathieu a écrit le 04/11/2015 15:32
Bonjour Messieurs:
Je crois que grossissez le trait en parlant de "parapluie".....pour ce qui me conserne il s'agit de protéger mes greffes en ecusson , les yeux de greffe en fente de Septembre pour m'assurer de passer le froid de l'hiver du mieux possible.Bien sur j'ai suivi tous vos conseils ; protestion avec mastic a greffer +ligaturage ....Je pensais recouvrir les bourgeons avec un voile ( genre de forcage) pour aténuer les effet du froid et vent.
Merci de vos reponses
M.M.
floyd a écrit le 04/11/2015 15:40
Le voile de forçage, va faire comme une voile de bateau, prendre le vent et risquer d'appuyer sur les greffons, au risque de les rompre ou de les déplacer.
Non décidément il n'y a pas beaucoup de solution qui n'apportent que du positif!

On ne t'empêchera pas d'essayer…
Bruno a écrit le 05/11/2015 17:45
Pour les greffes à œil dormant (écusson), l’expérience que j’en ai est qu’elles réussissent encore pour le mois de septembre pour l’ensemble des prunus, et encore pour le mois d’octobre pour les poiriers, cognassiers et pommiers. Mais celles que j’ai pratiquées trop tardivement n’ont pas réussi. Cela en climat méditerranéen.
gavot a écrit le 05/11/2015 19:02
j'ai greffé aussi en octobre (en chip budding et en écusson) le cornouiller mâle, avec une bonne réussite. en climat méditerranéen atténué (Luberon). Je n'ai d'ailleurs jamais réussi un greffe à œil poussant de cette espèce.
ké20 a écrit le 06/11/2015 19:44
je me posais la question justement des greffes en novembre, il y a quelques jours.
Effectivement , ce post est intéressant pour partager , proposer des solutions , contredire , etc .

J'ai envie de tenter quelques anglaises ou pendule à la fin du mois pour les pommiers et poiriers.
A part échouer et perdre un peu de temps, on ne risque pas grand chose. :

Mais en dordogne, il peut y avoir de fortes gelées , certes rares , mais , elles se sont déjà manifestées ...
Avec encore 20-22° certains jours en ce moment, on a du mal à se dire qu'un jour le froid va arriver.....

Il est probable que les gelées détruiraient les greffons , puisqu'on enterre ou met les greffons dans le réfrigérateur pour les conserver pendant, et non dans le congélateur ....
floyd a écrit le 06/11/2015 22:01
C'est vrai mais ces fruitiers résistent à des températures de forte gelée.
Mais le cas particulier du point de greffage avant soudure et cicatrisation, pose le problème différemment.
D'une part le froid bloque l'activité cellulaire durablement, et d'autre part l'humidité de condensation (voire le peu de sève) vont geler, et en gelant se dilater, de quoi sans doute démantibuler les premières cellules du parenchyme naissant.
Voilà en tout cas ce que je suppose!
papyrazzi a écrit le 11/12/2015 23:19
Bonjour,

Je suis nouveau et n'y connaît (encore) rien en greffe. Mais je me soigne... j'étudie et lis (finalement de trop car tout s'embrouille) !

Au fil de mes lectures, je suis arrivé sur ce fil qui m'interpelle.
En effet : profitant de quelques chutes de tailles effectuées lundi sur deux de mes pommiers (que j'essaye aussi d'apprendre à tailler pour le printemps prochain), j'ai tenté de lever quelques yeux pour "me faire la main". Résultat : scrongneugneu... aucune réussite ! Malgré que ce soit du bois de l'année, n'avoir que la partie extérieure + oeil sans partie de bois n'est pas possible : l'écorce ne se détache pas (ou plus) ! Tout est bien soudé .

Je me demande donc comment il est possible d'envisager de greffer en toute fin de saison (novembre/décembre) alors que l'on ne sait apparemment plus "détacher" l'oeil du bois.
kawa a écrit le 12/12/2015 08:53
Il est impossible de lever un œil si la sève ne circule pas ; en conséquence, les greffes peuvent se classer en deux catégories :
- greffes en vert, réalisables en pleine végétation (condition minimale) : greffe en écusson
- greffes en sec, réalisables en début et fin d'hiver (et peut-être au milieu : c'est l'objet de cette discussion) : greffe à l'anglaise, en fente, etc

Cordialement


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