variante de la greffe anglaise au galop

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tom a écrit le 22/03/2014 21:16 (ref msg # 43434 )
Bonjour,

avez-vous vu cette vidéo :

http://www.youtube.com/watch?v=4LWxwToys...

dans laquelle la personne change légèrement la greffe anglaise au galop, sans traumatiser le PG; ce qui me semble meilleur ? Cette greffe me semble plus facile à ligaturer qu'une greffe anglaise normale, tout en ayant l'avantage d'être sans traumatisme pour le PG !

Ai-je tort ?


A la fin de la vidéo, il indique aussi une astuce; je ne sais pas ce que vous en pensez; n'ayant pas fait assez de greffes, je ne peux préjuger.
floyd a écrit le 23/03/2014 19:23 (ref msg # 43446 )
L'anglaise est couramment adoptée pour les PG difficiles à fendre car trop fin.

Le démonstrateur de la vidéo, croqueur de pomme émérite, préfère ne pas fendre un PG dont la section fait 2 cm de diamètre et qui convient habituellement à la fente la plus classique.
Il conseille de désaxer le greffon pour garantir aux débutants deux points de contact des cambium.
Le gain en rapidité et le taux de réussite très élevé militent pour adopter cette technique.

La greffe en couronne présentée sur un PG de petite section et au repos est particulièrement difficile à exécuter correctement.
Sur des sujets à complet développement, bien en sève, avec une écorce épaisse et souple, tout est plus facile.

Quand à peler l'écorce sur la face externe du greffon, le geste technique est facile et rapide. On peut l'adopter.
Je précise "peler", pour mettre à nu le cambium; on se garde de produire un second biseau en faisant apparaitre le bois.
tom a écrit le 23/03/2014 19:28 (ref msg # 43447 )
donc, on peut conclure que cette variante est appréciable pour les débutants !

Quel intérêt, exactement, de mettre à nu la face externe du biseau ?
floyd a écrit le 23/03/2014 19:58 (ref msg # 43449 )
Comme le dit le démonstrateur, pour que le cambium du greffon dans sa partie externe soit également au contact du cambium du PG.
Soudure possible sur toutes les faces du greffon et non dépérissement du volet d'écorce du PG.
tom a écrit le 23/03/2014 21:01 (ref msg # 43452 )
D'accord, je viens de comprendre avec ce schéma :

http://www.google.fr/imgres?imgurl=http:...

Il y a deux cambiums ( ce qui explique ma potentielle réussite de ma greffe du cerisier ); donc ce qu'on conseille sur les greffes en écusson, c'est de soulever assez d'épaisseur pour atteindre le second cambium, c'est ça ?
floyd a écrit le 23/03/2014 21:28 (ref msg # 43455 )
Sur une coupe anatomique d'une tige, effectivement les botanistes distinguent sous l'objectif du microscope, le cambium subéreux et le cambium vasculaire.
Lors d'un greffage, des tissus provisoires assurent la soudure, ce sont des parenchymes.

De mémoire sur le forum la question a été effleurée… mais les visuels publiés sur la toile, sont rares.
En fait on sait peu de choses précises, heureusement ça marche.

Ce que l'on distingue au microscope n'est pas accessible à l'œil nu.
Dans l'absolu, tu as raison tom, atteindre le cambium vasculaire permet de mettre en contact les tissus qui ont besoins d'être ravitaillés en sève élaborée.
tom a écrit le 24/03/2014 13:27 (ref msg # 43459 )
le cambium vasculaire est celui qui est le plus proche du centre ?

pour revenir à cette greffe anglaise désaxée, est-ce la meilleure greffe ( pas de traumatisme...) lorsque le PG dépasse le centimètre de diamètre ?
klakos a écrit le 24/03/2014 16:16 (ref msg # 43462 )
Ici, à cette période, une variante de cette dernière est majoritairement utilisée mais surtout parce que ce sont les greffons qui n'ont pas la taille et/ou la forme "standard". Ce ne sont souvent que de petits bouts de bois parfois informes. Le porte-greffe fait bien 1 cm de diamètre alors que le greffon ne mesure que 3 mm.

C'est cette méthode qui est utilisée en laissant toutefois comme toute une partie (~10 cm) du porte-greffe au-dessus de l'entaille (qui est moins profonde) pour faire comme un tire-sève, qui servira aussi de maintien pour le futur, et qui rendra le porte-greffe réutilisable et cas de ratage.

Baltet avait décrit au XIXè cette façon de faire pour le greffage des conifères. Comme quoi on n'invente plus rien et que chacun adapte sa façon de faire en fonction de ses besoins...
tom a écrit le 24/03/2014 19:19 (ref msg # 43467 )
j'ai un cerisier de deux cm de diamètre qui peut être greffé... en découvrant cette greffe, ça m'évite de trouver un greffon qui fasse, lui aussi, deux cm de diamètre !

Et j'ai l'impression que c'est la moins traumatisante de toutes les greffes à rameaux !

Mais, pour en revenir à l'autre question, lorsque j'ai greffé mon cerisier, je n'ai retiré que la fine écorce; ça veut dire que l'on n'est pas obligé de retirer un peu de "matière" pour atteindre la seconde zone de cambium !

Quelle zone de cambium est la plus efficace pour le greffage ?
François du Perche a écrit le 24/03/2014 19:58 (ref msg # 43468 )
la greffe "pendule" est pareille mais elle a plusieurs avantages
1) avec "pendule" la languette sur le PG est conservée, elle sert de pince pour tenir le greffon, alors que là elle est jetée
2) pour former la languette, avec "Pendule" on va de haut en bas avec le cutter + marteau, on est sur d'aller bien droit et il n'y a pas de risque de déraper. Avec la méthode décrite, on va de bas en haut, en tirant le cutter vers soi, si on ne s'arrête pas à temps, direction l'hôpital. Et c'est certainement moins droit.
tom a écrit le 24/03/2014 20:06 (ref msg # 43469 )
Entailler le PG lors de la "Pendule" cause les mêmes désagréments pour celui-ci que le rabotage de la vidéo ?
floyd a écrit le 24/03/2014 20:41 (ref msg # 43470 )
Attention on est en train de mélanges remarques et suggestions pour deux types de greffage.
Celle à "l'anglaise modifiée au galop" et la greffe en couronne à la façon du croqueur émérite.
tom a écrit le 25/03/2014 20:11 (ref msg # 43483 )
Nous ne parlions pas de la greffe en couronne, on faisait le comparatif entre la Pendule et cette anglaise modifiée !

Je voudrais bien savoir laquelle est la moins traumatisante, entre elles et toutes les autres greffes, pour greffer mon cerisier ?!



sinon, j'ai trouvé ce schéma :
https://www.greffer.net/wp-content/uploa...

la partie verte, étant le cambium, il ne faut pas le soulever lors d'une greffe à oeil, pour mettre en contact les deux cambiums, c'est ça ?
floyd a écrit le 25/03/2014 22:04 (ref msg # 43484 )
C'est l'inconvénient des schémas, on finit par raisonner comme s'il s'agissait d'une gaine électrique.
Les coupes anatomiques, examinées au microscope, sont autrement complexes.

Comme toi Tom, j'aimerai savoir avec précision comment se comporte le cambium lorsqu'on soulève l'écorce.
Voilà bien un détail qui n'est pas enseigné!
Bruno a écrit le 30/03/2014 09:28 (ref msg # 43531 )
Je me trompe peu être, mais j'ai remarqué que lorsqu'on arrache un morceau d'écorce d'arbre, il se forme un bourrelet le long de l'écorce encore en place. Ne serait-ce pas les cellules du méristème secondaire qui se multiplient ? J'ai le sentiment que la nature a horreur du vide et que dans ce cas elle a tendance à combler l'espace créé entre le bois et le liber par des cellules de ce méristème. Évidemment si cet espace devient trop grand et qu'il a assèchement l'arbre n'y arrive pas. C'est pour cela qu'une greffe doit être bien serrée par la ligature et protégée de la déshydratation. Qu'en pense-tu Floyd ?
floyd a écrit le 30/03/2014 11:32 (ref msg # 43533 )
L'oxydation et le dessèchement sont effectivement les ennemis des tissus mis à l'air libre.
Heureusement pour lui (et pour nous) le végétal est doté de mécanismes de protection.

Plus que d'un mérisme, concernant le cambium il s'agit "d'assises génératrices" aptes à la division; elles rétablissent la solidité mécanique, coté bois, et l'intégrité de l'écorce, coté écorce, en constituant les bourrelets cicatriciels.

Rappelons les travaux de Shigo dans les années 70, et les croquis de la page 65 publiés par l'IDF, ici;
http://books.google.fr/books?id=YLEu8wZA...


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