Amélioration d'une prune sauvage, comment faire ?

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nicollas a écrit le 16/08/2013 11:29 (ref msg # 41335 )
Bonjour,

J'ai plein de questions à vous poser concernant l'amélioration d'un prunier sauvage trouvé près de chez moi. D'abord voilà une photo des prunes :

http://farm4.staticflickr.com/3763/9523180572_66810540e5.jpg

Je m'intéresse à ces prunes car elles ont un parfum de mangue indéniable, et la belle couleur jaune de la chair ne gâche rien. Par contre elles restent quand même un poil trop acide (même en enlevant la peau). Je vais essayer d'enlever l'acidité par des transformations (si qqun a une méthode pertinente je suis preneur de toute info), mais j'ai envie d'essayer d'améliorer la prune sauvage. Les objectifs sont, produire une variété de prune avec :

* Goût de mangue toujours présent
* Plus gros fruits (les prunes font la taille d'un grain de raisin Italia
* Plus sucré

Là je pars à peu près de rien, je n'ai même pas de pruniers de variété chez moi. Donc voici mes questions

* Déjà je ne m'y connais pas du tout en prunes, n'aimant pas le fruit. Est-ce qu'il y a souvent un petit goût de mangue ou alors je suis tombé sur quelque chose de spécial ?

* Je vais aussi semer des noyaux pour voir ce que ça donnera. Je suppose qu'il ne sert à rien de privilégier les noyaux de prunes pour lesquelles je ressens un goût de mangue plus fort ? J'imagine que les fruits d'un même arbre ont exactement le même patrimoine génétique, et que même si les fruits sont issus de fécondations n'impliquant pas forcément le même "père", ce père ne se retrouve pas dans les caractéristiques du fruit de l'arbre sur lequel je cueille les fruits.

* Est-ce qu'une fois les semis assez gros, j'ai intérêt à greffer sur quelque chose ? Greffer un rameau fruitier sur un scion avance la mise à fruits par rapport à ce "scion" non greffé, mais est-ce que décapiter un semi pour le greffer sur un PG ayant fructifié / vigoureux / à mise a fruit précoce avance t'il le moment de mise à fruit par rapport à une mise a fruit naturelle de ce semi ?

* Dans le cas d'un croisement dirigé, est-ce que vous avez des variétés (ou mêmes des espèces de prunus) qui seraient intéressantes à utiliser comme "père" ? Est-ce qu'un spécialiste dans le coin à lu des choses sur des croisements qui conserveraient la saveur de la mère pour rajouter la grosseur et le taux de sucre du père ? Il me faut un père avec des prunes grosses, sucrées, à chair jaune tant qu'à faire, et au goût ... fade pour ne pas interférer avec le goût mangue ?

* Est- il pertinent que je cherche à savoir de qu'elle espèce est le semi ?

Merci à ceux qui ont lu jusque là
Je ne sais pas à quel point je progresserais dans le processus, mais ça sera peut être plus facile de créer une nouvelle variété de prunes que de faire fructifier des asiminiers pour avoir un goût mangue local
nicollas a écrit le 16/08/2013 14:48 (ref msg # 41339 )
Un peu plus de précisions,

Je pense que c'est un prunier myrobolan (P. cerasifera), sauf indications contraires

Environ 2cm de diamètre, environ ~6 gr, et le noyau adhère ce qui ne simplifie pas la transfo ...

Pour le goût, c'est un goût de mangue sucré d'abord, puis de prune acide. Dommage, c'est l'acidité qui reste en bouche.

Pelées, découpées en morceaux, et plongées dans du sucre, c'est un vrai goût de mangue, très très bon (mais voilà le boulot).

Mises quelques heures au soleil, elles deviennent plus juteuses et c'est un "horrible" goût de prunes acides qui en résulte.

Je vais peut être acheter un denoyauteur et passer les prunes au dénoyauteur + presse purée pour séparer la peau, et ensuite soit consommer nature, soit crues au sucre, soit en compote (en espérant que la cuisson ne fasse pas ressortir l'acidité)

La peau fait un bon substitut au citron ...

*******

Concernant les hybridations, et s'il s'agit bien d'un myrobolan

Crossing of varieties P. cerasifera with the varieties P. salicina and others diploid plum varieties made it possible to have large-fruited varieties with good taste of fruit, early ripening, high winter-hardiness and disease resistance. *

Although P. cerasifera is likely an ancestor of European plums, it is a diploid
species cross-fertile with Asian and American plum species. These “cherry
plums” have not been used much in modern breeding outside Eastern Europe
and the former USSR, although chance hybrids with P. cerasifera produced
‘Methley’ in South Africa and ‘Wilson’ in Australia. This species provides earliness,
cold-hardiness and probably self-fertilitbut fruit size is small. *
nicollas a écrit le 16/08/2013 15:59 (ref msg # 41340 )
Je continue,

si ce prunier est bien un myrobolan, il a de fortes chances d'être auto-stérile. Donc il suffirait d'associer la variété sauvage a un prunus compatible (prunes asiatiques, autres prunes compatibles, voir abricotier etc), en isolant l'arbre sauvage et le pollinisateur de pollinisateurs compatibles (autres myrobolans, prunelliers ?). Je peux envisager de greffer plusieurs pollinisateurs sur le même arbre, voir la variété sauvages et les pollinisateurs sur un même arbre.

Je peux aussi associer au myrobolan sauvage un pollinisateur autostérile, et du coup récolter une hybridation "myrobolan sauvage" x pollinisateur sur le myrobolan, et pollinisateur x "myrobolan sauvage" sur le pollinisateur. Est-ce qu'il y aurait un avantage à prendre la variété sauvage comme père plutôt que comme mère ? Ou il y aura moins de chance de passer le goût mangue en tant que père qu'en tant que mère ?
floyd a écrit le 17/08/2013 13:19 (ref msg # 41345 )
Bonjour nicollas,
J'ai lu rapidement, mais avec plaisir ton résumé de la culture et de l'amélioration d'un myrobolan.
Comme il s'agit bien d'un loterie, la seule chance de gagner c'est de multiplier les "tirages".

Le travail de sélection doit commencer sur les fruits de 2013, qu'il faudra goûter et noter individuellement.
Ceci afin de ne conserver que quelques dizaines de noyaux portant la génétique du parent femelle (ton arbre récolté) et celle d'un parent mâle inconnu. A priori tous les cas sont possibles: ces noyaux pourront donner naissance à des arbres dont les fruits seront aussi bons, meilleurs ou pires… dans quelques années.

On conservera donc les meilleurs… et à partir de là commence les hybridations contrôlées… et l'attente de la mise à fruit.

Je me doute que de l'eau aura passé sous les ponts, et que la lenteur de l'amélioration gustative pourra voir eu raison de ton enthousiasme.

Dans le cas contraire, tu dois conserver dans un cahier toute la mémoire de tes travaux, notations, essais.
Mieux il faut conserver des doublons de chaque sujet; car il serait rageant de perdre un sujet prometteur un jour de malchance.

Je suppose enfin que tu disposes de surfaces de pépinières conséquentes…
Je crois que cela s'appelle "travailler pour des prunes…" ops:
yeti8360 a écrit le 17/08/2013 19:56 (ref msg # 41349 )
J'apprécie la conclusion malheureusement pleine de bon sens
nicollas a écrit le 26/08/2013 09:18 (ref msg # 41386 )
Eheh,

je ne vais pas y passer ma vie, mais je tenterai au moins le minimum, pour tenter ma chance. Que mamie Smith soit avec moi !
floyd a écrit le 26/08/2013 20:33 (ref msg # 41388 )
A la loterie, tous ceux qui ont gagné on tenté leur chance…


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