Visite chez un arboriculteur

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klakos a écrit le 25/11/2012 17:46 (ref msg # 37664 )
Ce samedi, RDV était donné pour visiter l'exploitation d'un producteur.

En bio, parce que le conventionnel n'est plus guère compatible avec un fruit un tant soit peu cultivé normalement. D'autant plus en France.

Pour en rester dans le thême du site, les arbres sont assez systématiquement surgreffés en couronne.
À 1 m du sol (hauteur requise pour l'emploi de tondeuses naturelles (moutons shropshire, réputés pour ne pas toucher aux écorces))
En couronne avec 2 brins, dont l'un sera systématiquement supprimé après 1 ou 2 ans, lorsque la cicatrisation se sera bien faite. À priori, cette opération de surgreffage peut être effectuée à 2 reprises. À 15 ans d'intervalle. On arriverait à garder ainsi les pajams (1, 2 ou NK?)) 3X15 soit 45 ans.

Un seul regret (qui se résoudra), admise par le propriétaire : une faiblesse marquée quant aux poires. Conference et Angélys, c'est "just".
Pour se démarquer de la concurrence, l'arboriculteur cherche des variétés très tardives. S'il n'y a que cela, on va lui en trouver !

Personnellement, j'ai été satisfait de constater que son exploitation de 18 ha arrivait à faire vivre 4 personnes.

Variétés bio traditionnelles (Choupette, Ariane, Topaz, etc) + qqes vieilles (Patte de Loup, Court-pendu gris, Racine rouge, etc)
floyd a écrit le 25/11/2012 21:07 (ref msg # 37669 )
Oui vaste programme que de passer en bio, un verger conventionnel ancien.
Outre les variétés à surgreffer, les haies entomophiles à planter… comment peut-on gérer un sol longuement aspergé?
Quel type de conduite pense-t-il adopter? Taille ou pas?
klakos a écrit le 26/11/2012 05:49 (ref msg # 37675 )
J'imagine que c'est comme pour les autres (maraichers par ex), qu'il faille attendre 3-4 ans avant d'avoir l'obtention AB.

Il ne parle pas de haie ; il faut dire qu'il est en campagne et entouré de petits bois.

Pour l'instant, ses vergers sont des lignes classiques d'arbres plantés sur fil de fer. Il parle d'implanter des genres de prés-vergers, il faudra voir...

La taille : vaste sujet...
Je dirai qu'il s'agit à proprement parler d'élagage, et lorsqu'il faut tout de même supprimer une branche => elle est soit sciée assez ras lorsqu'elle est trop grosse ou tout simplement arrachée (pommier seulement). Il parle de "fini la bricole" lorsqu'il désigne les coups de sécateur répartis le long d'une branche, et pas plus de 2 par arbre.
+ arcure assez systématique

Maintenant que les arbres sont formés, nous allons adopter cette méthode (nous avons la chance d'avoir des soutiens qui savent de quoi ils parlent). On va voir cela samedi. Voir seulement, car cette taille étonnnante ne se fait qu'à la belle saison. Elle demande énormément moins de temps qu'une taille classique qu'il faut sans cesse répéter.
Le verger étant grand, le personnel peu nombreux, même si on n'a pas du tout les mêmes impératifs de production : il faut voir comment font les pros :
1 permanent pour 5-6 ha en "haute-densité" <-> nous, 4 ha en "aéré" + "la production, on s'en fout" : il nous faut l'équivalent d'un quart de permanent.
floyd a écrit le 26/11/2012 09:40 (ref msg # 37677 )
Oui l'autre question ce serait de savoir comment on devient arbo bio?
… et quelle formation, métier, envie permettent ce pari, disons audacieux?

J'aimerai être rassuré sur le suivi biologique et les auxiliaires du verger, les couverts végétaux du sol, la pollinisation par ruche…
nicollas a écrit le 26/11/2012 10:40 (ref msg # 37678 )
Et au niveau des traitements comment ça se passe ?

Ont ils prévu d'utiliser des espèces naturellement compatible avec une culture bio comme les plaqueminiers ?
klakos a écrit le 26/11/2012 11:36 (ref msg # 37680 )
"floyd" a écrit :
Oui l'autre question ce serait de savoir comment on devient arbo bio?
… et quelle formation, métier, envie permettent ce pari, disons audacieux?

J'aimerai être rassuré sur le suivi biologique et les auxiliaires du verger, les couverts végétaux du sol, la pollinisation par ruche…


On y vient par une sensibilité naturelle... mais aussi économique.
Se tuer au travail pour s'apercevoir qu'on ne plus arriver à joindre les deux bouts motive. Travailler ici pour Les Vergers d'Anjou par exemple (pour ne pas les citer ) revient +/- à de l'esclavage.

Les auxiliaires : lorsqu'on est en campagne avec des bois autour et qu'il n'y a pas de céréaliers, des producteurs de tournesol & co, ils finissent par s'installer avec le temps.
Le sol reste enherbé, n'est pas paillé (mulots).
Je sais qu'il a des ruches mais sans plus.

Il habite à une quinzaine de km d'Angers et "bénéficie" de l'exode rural. En tous cas, il ne semble pas très confronté "aux exploitants qui sont finalement +/- manipulés par les géants de la chimie".


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