Des aberrations agricoles - le pommies nains

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ddev a écrit le 25/08/2012 10:17 (ref msg # 36629 )
A voir absolument si pas déja fait, l'avis d'un fameux micro-biologiste des sols ancien INRA maintenant indépendant M Bourguignon
http://www.dailymotion.com/video/xt188l_...
patrice a écrit le 25/08/2012 14:38 (ref msg # 36632 )
Merci.
Il est dommage qu'ils ne restent que sur un état des lieux critiques ; et ne développement pas ce qu'ils préconisent dans le cas de la culture du pommier.
floyd a écrit le 25/08/2012 15:52 (ref msg # 36633 )
Oui dommage… difficile d'être spécialiste de tout.

Mes collègues "arbo" ont comme moi suivi les cours de pédologie de monsieur L-M Rivière bien connu à Angers et à l'INRA.
patrice a écrit le 25/08/2012 16:28 (ref msg # 36635 )
De façon générale, j'ai cru comprendre qu'il préconisait
- la non fertilisation par chimie de synthese
- le non labour
- les conditions favorables a la vie du sol (on peut donc penser à un sol avec de la vegetation, ou des rajouts de matière organique dessus...)

cela ferait plus penser aux prés-verger d'antan.
floyd a écrit le 25/08/2012 18:20 (ref msg # 36636 )
Quantité d'amateurs et parfois de soi-disant professionnels, utilisent sans discernement des recettes toutes faites sans s'être donné la peine de comprendre et de gérer leur sol et leurs cultures comme on sait le faire aujourd'hui.

Au nom d'un principe de précaution frileux on en vient à une condamnation sans appel qui se résume en trois lignes, celles que tu viens de rappeler Patrice.


Je vais tenter de décrypter ces non sens;
- "la non fertilisation par chimie de synthèse":
L'abus de fertilisants solubles, associé à des irrigations mal mesurées, sur des sols filtrants conduits à la pollution des nappes phréatiques et à la multiplication des problèmes sanitaires sur les cultures et dans le sol. Nous en sommes d'accord c'est un problème.

Des fertilisants moins solubles, utilisés après analyse de terre en laboratoire et prescription détaillée des doses et des fréquences, demandent un peu plus de compétence et de travail pour un résultat satisfaisant et à condition de ne pas les utiliser indépendamment des autres techniques.

- "le non labour"
La charrue et le lourd tracteur sont responsables de la formation de la "semelle de labour", cette couche dure et compacte qui sépare le sol de la terre arable. Un labour est donc source de problèmes et ils sont nombreux.
D'autres outils, à disques ou à dents permettent un décompactage des sols tassés favorable à la pénétration de l'eau et au développement des racines.

- "les conditions favorables à la vie du sol"
En abusant des "engrais chimiques" certains exploitants ont comme oublié les apports d'amendements, matière organique, carbonates de calcium et de magnésium. Un terme résume cette situation, "l'agriculture minière" qui prélève, exporte sans rétablir ni en quantité ni en qualité ce qui est sorti du sol de la parcelle. Pour d'autres éléments le sol se trouve surchargé, ce qui n'est pas sans nuire.

Les tonnes de carbonates et les mètres cube de matière organique par hectare se raisonnent, se gèrent comme des investissements, pas comme des dépenses facultatives.

Les semis de plantes couvre-sol et autres engrais verts, sont maintenant largement connus et leur bon usage demande réflexion et maîtrise des protocoles.

En fait, on est déjà loin du prés-vergers d'antan…
ddev a écrit le 26/08/2012 21:51 (ref msg # 36646 )
"patrice" a écrit :
De façon générale, j'ai cru comprendre qu'il préconisait
- la non fertilisation par chimie de synthese
- le non labour
- les conditions favorables a la vie du sol (on peut donc penser à un sol avec de la vegetation, ou des rajouts de matière organique dessus...)

cela ferait plus penser aux prés-verger d'antan.


J'ai écouté une de ces très bonne conf de 2 3 h et comme il est micro bio, il analyse la structure du sol et sa richesse en vie.

La non fertilisation, ... pas aussi catégorique, mais quelque chose de pas abusif, car un sol vivant ou en passe de résuciter a parfois des faims d'azote.

Pas de labour, oui, mais un gestion de la couverture du sol, jamais vraiment nu, puis tassement ou très fin sillon.

Conditions favorables à la vie du sol oui évidement, que ce soit en champi ou en insectes et tout ce qui fait un sol fertile.


Pour le semis, je l'ai vu parlé d'un tico tico, une espèce de canne de semis ...
floyd a écrit le 26/08/2012 22:16 (ref msg # 36649 )
Canne à planter ou à semer sous couvert végétal, une technique développée dans les pays avancés.
Voir ce document Fao:
http://www.fao.org/ag/ca/fr/3g.html
ddev a écrit le 29/08/2012 17:13 (ref msg # 36732 )
"patrice" a écrit :
Merci.
Il est dommage qu'ils ne restent que sur un état des lieux critiques ; et ne développement pas ce qu'ils préconisent dans le cas de la culture du pommier.


Il a écrit un bouquin :
"Le Sol, La Terre Et Les Champs - Pour Retrouver Une Agriculture Saine"
mais souvent épuisé*, on peut penser à du bon contenu.

* je veux pas trop en faire la pub, car il est dans ma liste de souhaits ...
patrice a écrit le 30/08/2012 07:43 (ref msg # 36739 )
Le bouquin est actuellement indiqué disponible "neuf" sur amazon. http://www.amazon.fr/sol-terre-champs-re...
ddev a écrit le 31/08/2012 15:27 (ref msg # 36761 )
[quote="patrice"]Le bouquin est actuellement indiqué disponible "neuf" sur amazon. http://www.amazon.fr/sol-terre-champs-re...]

Je sais, mais j'ai pas mal de bouquins et crise oblige, je n'achète que de l'occasion...
André a écrit le 01/09/2012 15:07 (ref msg # 36772 )
Un petit aperçu du bouquin ici : http://books.google.fr/books?id=h2KsiSUy...

Avis mitigés sur le bouquin ici : http://www.info-brf.com/forum/viewtopic....
patrice a écrit le 02/09/2012 08:04 (ref msg # 36786 )
Je l'avais emprunté il y a quelques années à la bibliothèque.
J'ai effectivement souvenir d'un livre très théorique et parfois difficile d'approche.
Cela n'a rien à voir avec le bouquin du Brf cité dans le lien ci-dessus, qui lui était totalement orienté pratique.
(mais bon Brf sous nos climats, comme Terra preta dans les climats tropicaux, etc, va-t-il rester des forêts si tout le monde s'y met ? .. Couvert vegetal permanent (semis engrais vert..) ok, mais toutes ces techniques qui consistent à prélever du bois, n'est-ce pas déroutant, même si c'est efficace? )
André a écrit le 02/09/2012 10:45 (ref msg # 36787 )
"patrice" a écrit :
mais toutes ces techniques qui consistent à prélever du bois, n'est-ce pas déroutant, même si c'est efficace? )

Le BRF est normalement fait de rémanents souvent brûlés actuellement.

l y a aussi la possibilité de réimplanter des haies entomofaunes utiles aussi bien aux auxiliaires qu'à la production de BRF via les tailles annuelles.
floyd a écrit le 02/09/2012 20:16 (ref msg # 36792 )
Effectivement trois solutions au moins:
- Mieux valoriser les broyats issus des têtes des arbres abattus des forêts gérées Pefc…
- Constituer des taillis courtes révolutions de bois blanc sur les zones en déprise car jugées trop humides, en complément des peupliers…
- Gérer un nouveau bocage comme on sait le faire, à la fois pour la plaquette combustible avec la partie ligneuse et avec les rameaux pour le brf.

Ces trois solutions, semblent des innovations récentes. Raison de plus pour s'y mettre, les moyens mécanisés existent. Il n'est bien entendu pas imaginable de faire ces travaux à la main, au croissant et à la hachette… même avec 3 millions de demandeurs d'emplois.

L'avenir de nos sols en dépend. Celui de nos territoires aussi, emplois, énergie, biomasse, agronomie…

Bien des territoires ont pour seul avenir dans l'immédiat de retrouver une couverture forestière. Pensons à la forêt du Mont Aigoual dans les Cevennes, la forêt retrouvée mise en images par Marc Khanne
ddev a écrit le 02/09/2012 21:02 (ref msg # 36795 )
Sympa ce débat ...

Mais voila, la foret va accuser une pression de plus importante au vue de la pénurie énergétique actuelle en carburant pétrolier ...

La France va-t-elle se déforester massivement ?
floyd a écrit le 02/09/2012 22:35 (ref msg # 36796 )
Les forestiers sont à dire que le volume hectare de bois annuel dépasse assez largement les prélèvements actuels.
Ils se réclament en grande majorité de la notion de Développement Durable.
… et tous nous savons que nous avons tout à perdre à créer un désert.
Je parie sur l'intelligence. Pas vous?
André a écrit le 03/09/2012 10:44 (ref msg # 36801 )
"ddev" a écrit :
La France va-t-elle se déforester massivement ?

A priori pas trop d'inquiétude à avoir...

Quelques chiffres-clés. La forêt française comptait :

- 9 millions d'hectares au milieu du xixe siècle : cela correspond à l'expansion maximale des terres agricoles et de la population rurale, avant le début de l'exode rural ;
- 11 millions d'hectares en 1950 : la forêt a gagné un peu, mais l'absence de mécanisation et le maintien de fortes densités agricoles limite le mouvement de déprise agricole et d'abandon ;
- 16,3 millions d'hectares en moyenne 2009 : la mécanisation a entraîné une rétractation de l'agriculture sur les portions potentiellement les plus productives ou facilement mécanisables. Certaines régions anciennement peu boisées ont vu une forte augmentation des superficies : Bretagne. D'autres correspondent à de grands massifs traditionnels qui continuent à croître : Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/For%C3%AAt_...
patrice a écrit le 20/09/2012 16:37 (ref msg # 37020 )
"patrice" a écrit :
De façon générale, j'ai cru comprendre qu'il préconisait
- la non fertilisation par chimie de synthese
- le non labour
- les conditions favorables a la vie du sol (on peut donc penser à un sol avec de la vegetation, ou des rajouts de matière organique dessus...)

cela ferait plus penser aux prés-verger d'antan.


http://www.bourgogne-live.com/2012/01/le...

"Il prône le retour aux haies et à une agriculture agro-sylvo-pastorale et considère que le moyen le plus rapide et efficace de faire renaître un sol mort est l’utilisation massive du bois raméal fragmenté."
Ferréol a écrit le 20/09/2012 17:15 (ref msg # 37021 )
Pour abonder dans le sens d'André, je me promenais dans les environs d'un village du Haut-Doubs qui se nomme Chapelle des Bois où un panneau explicatif nous montre que rien que sur cette commune, depuis le milieu du XIXè siècle, la forêt à gagné en moyenne 14 hectares par an!

Un ami qui a grandi dans cette commune se chauffait à la tourbe jusque dans les années 1950, le bois y était trop cher car rare. Désormais, là-bas, ce qui fait le prix du bois de chauffage, c'est le prix de la main d'œuvre du bûcheron, pas la rareté du produit, et je pense que nombreuses sont les régions où la déprise agricole à la même conséquence.

Par ailleurs, quand le pétrole sera vraiment trop cher (et on y est encore pas) l'humanité reviendra au charbon avant de s'intéresser au bois...
ddev a écrit le 20/09/2012 22:12 (ref msg # 37023 )
"Ferréol" a écrit :
c'est le prix de la main d'œuvre du bûcheron, pas la rareté du produit, et je pense que nombreuses sont les régions où la déprise agricole à la même conséquence.

Par ailleurs, quand le pétrole sera vraiment trop cher (et on y est encore pas) l'humanité reviendra au charbon avant de s'intéresser au bois...


La nature est puissante même sous nos climats tempérés ou il y a une période de repos.

J'ai récemment vu un reportage ou des polonais font du charbon de bois en pleine foret sous d'immense cloche.

Ce qu'apprend l'économie c'est :
* la capacité technologique (très dépendance du pétrole pour le moment)
* le cout d'opportunité, est-ce rentable d'extraire ci ça ? (ou de ce donner la peine d'aller chercher la poire à la cime de l'arbre)

A priori le vent a un rendement plus élevé que le charbon, cf le retour d'énergie par rapport à celui investi :

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en...


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