Quels PG de pommier résistants au feu bactérien ?

greffer.net >> Pommier

TheChti a écrit le 08/06/2012 08:31
Bonjour à tous,

Quels sont les pommiers qui sont résistants au feu bactérien ? Ce serait pour en faire des porte-greffes.
Francis4344 a écrit le 16/09/2012 13:45
Je suis loin d'être un expert mais comme le feu bactérien infecte d'abord les fleurs avant de se répandre dans l'arbre, je ne vois pas vraiment l'apport du porte-greffe.

Même si votre porte-greffe était blindé, ça ne changera rien à la sensibilité de la variété greffée.

Soit dit en passant, nous avons connu une grave épidémie de feu dans notre région. Les variétés sensibles (Paula Red et Cortland) ont été très touchées tandis que la MacIntosh, la Lobo, la Spartan et l'Empire, quoique touchées, ont infiniment mieux résisté.
floyd a écrit le 16/09/2012 22:01
Bonjour Francis4344, bienvenue sur le forum,
En passant, quelles furent les mesures prophylactiques, et/ou curatives???
Francis4344 a écrit le 17/09/2012 13:17
Malheureusement, aucune mesure curative....

Le feu, c'est comme la gangrène.

Il faut amputer! Environ 30 cm plus loin que l'infection et refaire un passage dans le verger à tous les deux ou trois jours. J'ai près de 2 hectares de Paula Red et près d'un hectare de Cortland. Des heures et des heures de plaisir...

La seule solution préventive est l'application de streptomycine en prévention durant la floraison, si les conditions l'indiquent (chaleur, humidité, floraison étendue). Il existe divers modèles de prédiction.

Voir
http://www.fruit.cornell.edu/tfabp/couga...

Ou

http://pronewengland.org/allmodels/RIMod...

Désolé, en anglais seul.
floyd a écrit le 17/09/2012 14:01
Merci…
Reste que l'utilisation d'antibiotique n'est pas autorisée en Fance… et même franchement déconseillée.

Comment les autorités de ton pays raisonnent-elles la diffusion d'une molécule antibiotique courante et à large spectre au risque de voir apparaitre des bactéries pathogènes résistantes en médecine humaine?

On comprend aussi l'intérêt de Cornell pour les génômes résistants de Malus sierversii.

Bon courage pour cette lutte par tronçonnage et incinération.
Francis4344 a écrit le 17/09/2012 16:02
Ah oui, j'oubliais qu'en Europe la strepto est interdite...

Bon disons que normalement, la strepto est prescrite par un agronome en respectant les normes de la production fruitière intégrée (intervention seulement en cas de nécessité, respect de la dose, suivi, etc.).

Il existe d'autres solutions comme le BlightBan et le Bloomtime, tous deux à base de Pantoea agglomerans.

Quant à l'abus des antibiotiques, j'en suis très inquiet moi-même, pas de contestation sur ce sujet!

Les autorités canadiennes suivent à peu près servilement ce qui ce fait aux États-Unis, c'est tout dire....

De toute façon, 2012 est ma première année de production bio. donc pas de strepto sauf par autorisation spéciale. J'avais fait un arrosage de peroxyde mais il aurait fallu en faire à tous les deux jours durant la floraison, ce que j'ignorais.

Cette année, nous n'avons pas brûlé les branches par faute de temps. Il faisait très chaud et très sec, les agronomes nous ont conseillé de se consacrer d'abord et avant tout à la taille des rameaux infectés, la contagion n'étant pas notre problème le plus urgent. Apparemment, la contagion est surestimée (en particulier, la désinfection des sécateurs serait inutile).
floyd a écrit le 17/09/2012 17:24
Merci pour ces réponses, et l'info sur les bactéries antogonistes.

Un peu de lecture canadienne sur le sujet.
J'en extrait cette toute petite partie, pour ceux que la microbiologie appliquée à l'arboriculture intéresserait.

Lutte intégrée contre la brûlure bactérienne,
partie 3: antagonistes d'Erwinia amylovora
En 2007, la brûlure bactérienne a atteint des proportions épidémiques en Suisse et dans une grande partie de l'Europe (Duffy et al. 2007). L'arrivée précoce du temps chaud a été propice aux infections au cours d'une longue floraison synchrone, de sorte que les fleurs ont été exposées au pathogène en cause, Erwinia amylovora, en beaucoup plus grand nombre que normalement. Dans toute l'Europe, on a enregistré des pertes importantes, sans compter la réglementation sévère visant les pulvérisations d'antibiotiques. L'Union européenne a adopté une position ferme sur l'utilisation des antibiotiques en horticulture, ce qui a eu pour effet d'encourager la recherche d'autres stratégies de lutte. Dans de nombreuses régions du monde, y compris en Amérique du Nord, on a constaté la progression de diverses souches d'E. amylovora résistantes aux antibiotiques, ce qui a également motivé la recherche de nouvelles méthodes de lutte contre la brûlure bactérienne.

Certains de ces travaux ont porté sur la recherche d'organismes antagonistes de la bactérie E. amylovora. Ceux ci permettraient, par effet de compétition, d'éliminer les bactéries en cause là où elles se trouvent dans les fleurs. Comme il existe peu d'endroits où l'infection peut se déclarer, des bactéries ou des champignons non pathogènes qui pourraient se développer rapidement en privant E. amylovora d'éléments nutritifs ou d'espace pourraient être utiles pour la lutte contre la brûlure bactérienne. Mais cela n'est pas aussi simple qu'il paraît. Des recherches récentes ont montré que la présence de certaines souches virulentes d'E. amylovora sur les stigmates riches en nutriments avait pour effet d'accélérer la croissance d'autres bactéries non pathogènes (Johnson et al. 2007). Johnson et al. émettent l'hypothèse selon laquelle E. amylovora modifie son habitat par l'expression de " gènes liés à la pathogenèse ", ce qui accroît les quantités de ressources (éléments nutritifs) dont elle peut disposer elle même ainsi que les bactéries et champignons présents au même endroit. Il est également possible qu'il y ait une inhibition de la résistance de l'hôte, mais quoi qu'il en soit, il ne s'agit pas d'une simple compétition pour l'obtention des ressources. Le fait qu'E. amylovora crée un biofilm (Koczan et al. 2007), qui est un ensemble complexe de bactéries, de sucres et d'autres molécules, rend encore plus difficile le mécanisme de compétition par les antagonistes. E. amylovora prolifère dans le biofilm qu'elle crée elle même, mais celui ci constitue également une niche pour un grand nombre d'autres bactéries et microorganismes.

Un antagoniste bactérien d'E. amylovora est déjà homologué pour l'Ontario, Pantoea agglomerans. Deux souches différentes de P. agglomerans sont homologuées sous le nom de " Bloomtime " et de " BlightBan "
http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/hort/news/hortmatt/2007/24hrt07a2.htm
klakos a écrit le 17/09/2012 17:44
Bizarremment (et là il y a qqchose qui est incompréhensible), ce sont ceux qui s'en soucient le plus qui en sont le plus atteint.
Je sais qu'ici à l'INRA, ils ont de gros problèmes avec.
Et ce n'est pas le manque de précautions qu'ils prennent !
Francis4344 a écrit le 17/09/2012 20:05
Je vois le lien vers OMAFRA; le ministère de l'Agriculture de l'Ontario a un excellent site que je consulte souvent. (Bien meilleur que celui du Québec!)

Petite question, en Europe, l'emploi du peroxyde est-il autorisé? Aux U.S., il est homologué sous le nom de Oxydate.

Soulignons au passage une distinction IMPORTANTE : Aux États-Unis, un produit peut être homologué s'il n'est pas nocif pour la santé ou l'environnement sans que le producteur ne soit obligé d'en démontrer l'efficacité, contrairement au Canada.

La prudence demeure de mise.

Pour répondre à Klakos, je dirais tout simplement que certaines régions sont plus souvent touchées en raison des conditions météo durant la floraison. Au Québec, il fait relativement frais durant la floraison et le risque est donc beaucoup moindre (2012 étant l'exception!).
floyd a écrit le 17/09/2012 20:54
Alors il semble que l'eau oxygénée (peroxyde d'hydrogène) ne soit pas homologué en France pour des usages en arboriculture.

http://e-phy.agriculture.gouv.fr/mata/67...
Ferréol a écrit le 17/09/2012 20:54
Le peroxyde n'est autorisé en agriculture en France que pour des usages de désinfection de locaux et de matériel, pas en tant que traitement phyto.
Dans le cas du feu bactérien, son utilisation se base sur le fait qu'un stress oxydatif, du au peroxyde induit des défenses naturelles efficaces contre le feu bactérien, nous avons d'autres stimulateurs de défenses naturelles homologués et probablement moins perturbants pour l'environnement.

La règlementation en France et dans le reste de l'union européenne est stricte et va l'être de plus en plus.
D'une manière générale, tous les biocides à large spectre sont interdits sauf pour la désinfection de locaux et de matériel. Les antibiotiques sont aussi interdits pour les plantes...

A l'heure actuelle les seuls produits autorisés contre le feu bactérien sont des stimulateurs de défenses naturelles, le fosetyl-Aluminium, le prohexadione et la laminarine ainsi qu'un champignon antagoniste qui s'appelle Aureobasidium pullulans.

Bizarremment (et là il y a qqchose qui est incompréhensible), ce sont ceux qui s'en soucient le plus qui en sont le plus atteint.


Personnellement, ce que je trouve étrange c'est que l'année dernière alors que l'INRA à été touchée et que les conditions météo étaient particulièrement favorables, aucun gros producteur du coin n'ait signalé de foyer...

Je veux pas leur jeter la pierre mais il est possible que certains détruisent les foyers sans en parler aux administrations compétentes. Plusieurs raisons expliqueraient ce comportement:
- il est possible que ce soit comme pour la grippe espagnole, on en parle pas pour pas que le concurrent sache qu'on est en mauvaise santé.
- lourdeur de la procédure administrative et crainte du verdict des autorités qui peuvent dans de rares cas ordonner la destruction du verger.
- pas de prise de tête à savoir si c'est bien du feu ou pas, on coupe et on brûle ce qui peut ressembler au feu.

Il faut amputer! Environ 30 cm plus loin que l'infection et refaire un passage dans le verger à tous les deux ou trois jours.


Malheureusement, 30 cm ça peut même être trop court, les records vus sur certains poiriers particulièrement sensibles peuvent être de l'ordre de 80 cm en dessous des premiers symptômes, je crois. Il faudrait que je demande confirmations au collègue qui m'avait dit ça.
François du Perche a écrit le 18/09/2012 10:39
pourtant l'eau oxygénée (H2O2) est un produit totalement biodégradable et on voit mal pourquoi il serait interdit à part pour des pb de sécurité (concentré, ça attaque la peau et très dangereux pour les yeux).
C'est utilisé pour décolorer le bois, ça marche assez bien, je l'ai souvent utilisé.
C'est assez cher et on imagine mal le pulvériser, mais peut-être pour faire des badigeons au pinceau, en mettant des gants & des lunettes.
klakos a écrit le 18/09/2012 17:28
Peut-être pour son pouvoir oxydant ? Et donc son pouvoir bactéricide...( enfin plutôt "toutCIDE"), un peu comme l'eau de Javel ?
Je suppose
Francis4344 a écrit le 18/09/2012 19:51
En effet, pour les poiriers, 30 cm est trop peu compte tenu de leur hypersensibilité.

Par ailleurs, nous avons d'autres variétés peu sensibles comme la bonne vielle MacIntosh et la Lobo http://fr.wikipedia.org/wiki/Lobo_(pomme.... Dans les deux cas, le contrôle est facile, les pommiers réussissant à ralentir considérablement la propagation de la bactérie. Les Spartan http://fr.wikipedia.org/wiki/Spartan_(po... et les Empire http://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_(pom... ont aussi bien résisté.

Quant au peroxyde, je me demande aussi pourquoi diable l'interdire. Le coût est raisonnable (acheté en grade technique à 30% de concentration). Toutefois, ce n'est pas la meilleure arme contre le feu bactérien. Il ne fait que tuer les bactéries présentes au moment de l'arrosage et n'apporte aucune protection persistante.
Ferréol a écrit le 18/09/2012 20:05
Quant au peroxyde, je me demande aussi pourquoi diable l'interdire.


En fait, c'est plutôt que ça n'a pas été autorisé. Pour avoir le droit d'utiliser un produit, il faut qu'il ait une AMM, autorisation de mise sur le marché. Pour obtenir cette AMM, il faut prouver l'innocuité sur l'homme et sur l'environnement du produit ainsi que son efficacité et sa sélectivité sur la culture en question.

Je n'imagine pas vraiment une firme phytosanitaire faire des démarches lourdes et chères pour homologuer un produit sur lequel elle ne pourra pas se faire le moindre centime.
floyd a écrit le 18/09/2012 23:51
Quoique le peroxyde dispose d'un amm pour les usages zootechniques.
A voir la longue liste des spécialités commerciales autorisées, on peut penser que le marché est lucratif.

Mais il est vrai que les quantités achetées et utilisées journellement par les ateliers laitiers, fromagers, les salles de traite et les abattoirs en tout genre, sont autrement importantes que les besoins des arbos.

Un gentil jardinier m'indiquait qu'il luttait contre le ver du poireau par des applications répétées d'eau javelisée.
Pas cher mais avec des risques pour l'utilisateur et l'environnement.
Ceci dit je veux bien comprendre qu'il est tentant d'essayer d'abord, les moyens les moins coûteux… comme au début de la chimie triomphante du XIXe.

Ce qui nous éloigne des avancées de la lutte biologique comme elle peut se développer au XXIe.
François du Perche a écrit le 19/09/2012 09:15
100% d'accord avec toi Floyd, la lutte biologique doit être privilégiée, c'est la solution la + intelligente. Je viens de l'expérimenter avec une invasion de galéruques du nénuphar, des dizaines de milliers de petites larves au ventre jaune qui dévorent les feuilles. Deux pulvérisations de bacille de Thuringe, terminé. Aucun dégât sur la faune aquatique, si fragile. Quand on pourra traiter nos arbres fruitiers de la sorte, ça changera la donne.
floyd a écrit le 19/09/2012 11:21
HS:
le BT efficace sur chenille de l'hydrocampe du nénuphar (petit papillon)?
François du Perche a écrit le 19/09/2012 12:45
ce n'est pas un papillon mais un petit scarabé ressemblant à un hanneton de 8mm de long. La larve a un ventre jaune très typique et ressemble à un mini ver luisant.
Pardon pour le HS qui vient parasiter un message de Patrice sur malus sieversii.

Original Message -----
From: SARL Latour-Marliac
Sent: Friday, August 03, 2012 12:29 PM
Subject: Re: attaque nénuphars
Bonjour,
Lorsque nous avons des attaques de galéruque, nous pulvérisons du BT à raison de 5g/2 litres.
C'est un traitement naturel (bactérie), efficace et inoffensif pour la faune environnante (chez nous: limnées, gambusies, têtards, grenouilles...).
Vous pouvez peut être trouver du BT en jardinerie, ou alors nous vendons des sachets de 12g pour 7,95€.
Si vous avez d'autres questions n'hésitez pas à nous recontacter.
Cordialement,
Marc
SARL Latour-Marliac
Le Bourg
47110 Le Temple sur Lot
Tél: 05 53 01 08 05
www.latour-marliac.com
Bruno a écrit le 27/09/2012 22:03
Peut-être pour son pouvoir oxydant ? Et donc son pouvoir bactéricide...( enfin plutôt "toutCIDE"), un peu comme l'eau de Javel ?
Je suppose

C'est exactement ça. l'eau oxygénée H-O-O-H a un atome d'oxygène en trop qui se détache pour faire de l'oxygène naissant (c'est a dire des atomes oxygène non lié à un autre atome) donc après oxydation il reste de l'eau H-0-H
Le principe actif de l'eau de javel est l'hypochlorite de sodium. Na-0-Cl qui a aussi un atome d'oxygène en trop. Après oxydation il reste du sel (chlorure de sodium) Na-Cl.


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