Affranchissement

greffer.net >> Greffage

patrice a écrit le 25/03/2012 18:48
L'affranchissement est une méthode de multiplication, visant dans un premier temps à greffer un végétal qui se bouturerait/marcotterait difficilement, puis, une fois la greffe poussée, enterrer le point de greffe.
https://www.greffer.net/?p=514
La partie greffée enterrée à sa base doit s'autobouturer, en restant alimentée le temps que cela se réalise, et le porte-greffe à terme doit mourir.

Deux personnes m'ont déjà fait état de morts d'arbres lors de tentatives d'affranchissement.

Qui a de l'expérience à ce sujet?

Est-ce du uniquement à une incompatibilité partie greffée/nature du sol?
youcef a écrit le 25/03/2012 19:26


Qui a de l'expérience à ce sujet?

j'ai affranchie des poiriers greffés sur cogniassier. ça fait plus de 10 ans,
ils se portent tres bien.
youcef a écrit le 25/03/2012 19:28
j'ai aussi affranchie des lilas, greffés sur troene.
floyd a écrit le 25/03/2012 22:12
Deux causes probables pour une mort prématurée du PG;
- le point de greffe reste une zone complexe, qui n'a pas les caractéristiques ni de la racine ni même du collet de la plante en termes d'aptitude à supporter le contact permanent de la terre. C'est aussi une "porte d'entrée" pour les maladies et autres champignons du sol.

- la longueur du tronc entre le système racinaire du PG et le point de greffe peut être forte. Pour autant on peut être tenté d'amonceler une butte de terre importante en vue de l'affranchissement. Le système racinaire se retrouve alors profondément enterré… ce qu'il apprécie rarement.

On tentera de préférence l'affranchissement sur des scions greffés bas en écusson, avec une butte réduite.
Si le greffon produit alors ses propres racines, il sera temps d'effectuer une transplantation dans les règles.
François du Perche a écrit le 26/03/2012 11:36
nouvel azertien à la rubrique "greffe de tilleul" a donné un lien :
http://books.google.fr/books?id=_hwOAAAA...

Sur ce lien, quelques pages plus loin (p.94 & 95 notes en bas de page), l'auteur parle des greffes affranchies et de constatations qu'il a faites en arrachant un poirier greffé sur cognassier : les 2 systèmes racinaires coexistent, mais ce n'est sans doute pas une règle générale.
La remarque de Floyd est logique : le point de greffe enterré & maintenu humide est une porte d'entrée pour toutes sortes de maladies.
TheChti a écrit le 26/03/2012 13:32
j'ai affranchie des poiriers greffés sur cogniassier. ça fait plus de 10 ans,
ils se portent tres bien.


Dans quel but ?
François du Perche a écrit le 26/03/2012 14:10
la question est intéressante car les poiriers que l'on achète sont généralement greffés sur cognassier (au départ pour améliorer le goût des poires, cela semble bien établi).
A-t-on intérêt à systématiquement les enterrer profond pour qu'ils s'affranchissent pour gagner de la vigueur mais il faudrait avoir un test comparatif sur la qualité des poires sur le même terrain , et être sur que trop de vigueur n'est pas néfaste à la conduite de l'arbre, que ça n'oblige pas à passer son temps à le tailler. Par ailleurs toutes les variétés de poires n'acceptent peut être pas cette opération, celles qui sont récalcitrantes à émettre des racines causent peut-être la mort du sujet.
patrice a écrit le 26/03/2012 14:45
Pierre Passy, dans "plantation et greffage", donnait un exemple de doyenné d'hiver, greffé sur cognassier et sur franc

sur cognassier : masse moyenne 435g 10,54 g de sucre pour 100g de pulpe
sur franc : masse moyenne 230 g, 8,22 g de sucre pour 100g de pulpe.
(il n'y a pas l'étude de l'arbre sur ses propres racines, seulement greffe sur franc)

Dans ce cas l'affranchissement pourrait être positif néanmoins sur d'autres aspects (le cognassier vis à vis des sols calcaires par exemple).

Ce que je ne trouve pas comme information, ca serait un éventuel impact positif de l'affranchissement, sur la résistance de l'arbre. Je ne trouve des mentions que dans des ouvrages assez "marginaux", laissant entendre que la greffe aurait un effet d'augmentation de la vulnérabilité de l'arbre. Par exemple résistance aux prédateurs (pucerons...).
François du Perche a écrit le 26/03/2012 15:52
la question de départ de Patrice était
Deux personnes m'ont déjà fait état de morts d'arbres lors de tentatives d'affranchissement, qui a de l'expérience à ce sujet ?

Il serait intéressant que ces personnes disent s'il y avait des racines au dessus la greffe lorsqu'elles ont déterré l'arbre mort. Peut-être est ce dû simplement à certaines variétés qui refusent d'émettre des racines, dans ce cas les racines du cognassier, trop profondes et pas soulagées par de nouvelles racines au ras du sol, s'épuisent à remonter. Il y a un cas analogue avec les noyers, si on les plante trop profond, ils stagnent pendant des années avant de redémarrer et cela les affaiblit à vie car le tronc s'est sclérosé pendant cette période.
Concernant tes chiffres comparatifs sur les poires, Patrice, la démonstration est claire. C'est dommage que l'auteur n'ait pas fait le test aussi avec poirier greffé sur cognassier + affranchissement pour voir l'incidence éventuelle sur la taille & qualité des poires.
François du Perche a écrit le 28/03/2012 12:43
D'après un spécialiste de Delbard, on ne doit pas systématiquement affranchir les poiriers greffés sur BA29 car cela présente des inconvénients. ça se saurait d'ailleurs et tous les pépiniéristes le conseilleraient à la plantation. Il faut le réserver à 2 cas particuliers
1) démarrage difficile, pour aider provisoirement le plant à bien se développer. Par buttage (provisoire) de terre rapportée au pied.
2) s'il s'avère que le cognassier ne se plait manifestement pas, pour sauvegarder l'arbre, mais ce sera au détriment de la taille & qualité des fruits. Ci-dessous commentaires de ce spécialiste de chez Delbard :

L’affranchissement permet effectivement de gagner de la vigueur mais cela retarde la mise à fruits et à terme, les fruits sont plus petits et les vergers plus alternants.
L’affranchissement peut être intéressant les deux premières années mais ne doit pas être poursuivi. Il est toujours possible d’affranchir des plants un peu plus tard quand le manque de vigueur pénalise fortement la pérennité de la plantation.
Effectivement il est possible de butter les plants durant quelques années puis les débutter (en deux années si les racines sont trop importantes). Le but étant dans ce cas d’obtenir des plants très développés mais cela pénalisera la rapidité de mise à fruits.
J’ai depuis trouvé une étude réalisée avec le porte-greffe BA29 sur des variétés n’ayant pas une très bonne affinité, les premières années, l’affranchissement n’entrainait pas un excès de vigueur très important. Dans l’essai, l’affranchissement était maintenu durant une dizaine d’années.
André a écrit le 28/03/2012 12:52
Pierre Passy, dans "plantation et greffage", donnait un exemple de doyenné d'hiver, greffé sur cognassier et sur franc

sur cognassier : masse moyenne 435g 10,54 g de sucre pour 100g de pulpe
sur franc : masse moyenne 230 g, 8,22 g de sucre pour 100g de pulpe.
(il n'y a pas l'étude de l'arbre sur ses propres racines, seulement greffe sur franc)

Dans ce cas l'affranchissement pourrait être positif

Tu veux dire "négatif" non ?
patrice a écrit le 28/03/2012 14:37

Tu veux dire "négatif" non ?



Dans ce cas l'affranchissement pourrait être positif néanmoins sur d'autres aspects (le cognassier vis à vis des sols calcaires par exemple).

Positif au sens où le cognassier et le sol calcaire ne sont pas les meilleurs amis, donc l'affranchissement libèrerait du porte-greffe sensible au calcaire (pour peu que la variété greffée dessus le tolère bien).
François du Perche a écrit le 28/01/2015 19:38
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&...
Cette étude met en évidence que les deux variétés testées Williams et Guyot donnent des fruits de calibre + gros quand elles sont affranchies, donc sur leurs propres racines, que greffées sur cognassier. J'ai cherché en vain une étude qui corrobore les constatations de Pierre Passy (voir message de Patrice du 26-3-2012) qui semble dire l'inverse, càd que greffées sur cognassier les poires sont + grosses et + sucrées que greffées sur franc, constatation que j'ai faite l'an dernier avec les mêmes conférences greffées sur cognassier et sur franc. Ce n'est donc pas si simple...
floyd a écrit le 28/01/2015 21:50
Si tout était simple, on s'embêterait.
L'étude citée fut longue et sérieuse… et menée par des gens compétents.
Pas facile de détecter un biais expérimental.
Ceci dit on ne sait pas tout sur le fonctionnement physiologique d'un sujet affranchi.
Bruno a écrit le 29/01/2015 19:11
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=3&ved=0CDAQFjAC&url=http%3A%2F%2Fwww.lapugere.com%2Flapugere_public%2Fpubli%2Fpresse_nat%2Fpdf%2FARB597-19%2520a%252020-Pyriam%2520et%2520Farold.pdf&ei=iBnJVIaOEsnUas3agWg&usg=AFQjCNHJDrDe3zIiVswm8tttQJLAl6NXMg&sig2=Vw3C2lSaWAiZ2FtBN02t7g&bvm=bv.84607526,d.d2s&cad=rja
Cette étude met en évidence que les deux variétés testées Williams et Guyot donnent des fruits de calibre + gros quand elles sont affranchies, donc sur leurs propres racines, que greffées sur cognassier. J'ai cherché en vain une étude qui corrobore les constatations de Pierre Passy (voir message de Patrice du 26-3-2012) qui semble dire l'inverse, càd que greffées sur cognassier les poires sont + grosses et + sucrées que greffées sur franc, constatation que j'ai faite l'an dernier avec les mêmes conférences greffées sur cognassier et sur franc. Ce n'est donc pas si simple...

Mais d'après de que je sais le variétés Guyot et Williams ( et surtout la William rouge) présentent une certaine incompatibilité avec le cognassier. Donc le fait qu'il s'affranchissent améliore l'arbre. L'affranchissement a aussi cet avantage : créer un arbre nouveau qui ne se bouture pas en le greffant sur un arbre qui se bouture même si ce n'est pas un bon PG.


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