Soustraction végétative, moins connue que la multiplication

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François du Perche a écrit le 03/01/2012 10:10 (ref msg # 32810 )
Floyd, tu es une véritable encyclopédie. Merci pour les conseils.
Pour réaliser cette opération d'écorcage à hauteur d'homme assez vite, il faudrait un outil courbe, un peu comme une "plane" qu'on aurait cintrée à chaud pour la mettre en forme de U avec des rayons de courbure variables qui permettraient de s'adapter à différents diamètres. ça ne doit pas être très compliqué à réaliser à condition de ne pas fusiller tout le biseau tranchant quand on cintre à chaud à la forge. Et on n'aurait besoin que d'un accès sur 180° autour de l'arbre.
Il existe des outils de dessin avec de telles courbes qui permettent de faire différents diamètres.
Si dans un petit coin de ton disque dur, tu as qquechose qui s'en approche, je suis preneur. Mais un écorceur électrique, s'il existait, serait moins fatiguant.
François du Perche a écrit le 03/01/2012 10:21 (ref msg # 32811 )
ces "planes" courbes ou bosselées ont l'air d'avoir existé comme outils pour les réparateurs de chaises ambulants.
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&...
Pas évident à trouver ! Peut-être un métier à relancer pour diminuer le chômage.
floyd a écrit le 03/01/2012 11:30 (ref msg # 32814 )
Ces planes de charron ou de chaisier se trouvent parfois dans les vides greniers ou dans certaines foires à l'outil ancien.
Les brocanteurs ont toujours des caisses d'outils en aciers forgés plus ou moins rouillés où l'on peut fouiller utilement.

Je te suggère d'acquérir et de tester une rainette peu coûteuse et certainement efficace. Outil forestier précisément.
François du Perche a écrit le 03/01/2012 12:29 (ref msg # 32815 )
J'ai mal interprété la photo en croyant que la partie métallique brillante à droite était un long biseau droit et qu'on se servait de cet outil en poussant.
En fait la vue de profil doit montrer une section en U avec l'axe du U vertical et on se sert de l'outil en tirant vers le bas pour éplucher l'écorce, est-ce bien cela ?
Si oui, ça semble impeccable & assez facile à aiguiser. Merci encore.
floyd a écrit le 03/01/2012 12:43 (ref msg # 32816 )
C'est bien ça.
La rainette produit une rainure en tirant.
Bon courage!
François du Perche a écrit le 19/03/2012 12:15 (ref msg # 34385 )
Eric Petiot a récemment publié un livre « soigner les plantes par les Huiles Essentielles », très technique & très pointu, qui ouvre de vastes horizons. Il a surtout expliqué le pouvoir curatif contre champignons, insectes & maladies mais n’a pas développé le côté obscur de la Force des HE, c.à.d leur grand pouvoir destructeur sur la végétation. Il y a une application qui se développe aux Etats-Unis avec l’emploi d’un terpène, le limonène, présent dans les HE d’agrumes, comme désherbant non sélectif à action très rapide et 100% biodégradable. Genre « gramoxone bio ! » révolutionnaire. (sur google faites limonene + herbicide, vous verrez le gd nombre d’articles, tous en anglais)
L’HE de citron (citrus lemon) en contient 70%, l’HE d’orange (citrus sinensis) en contient 95%, ça tombe bien car c’est un produit bon marché fabriqué avec les peaux d’oranges, sous produit abondant et gratuit de l’industrie des jus de fruits (voir aroma-zone.com)
http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&...
Les enjeux sont considérables et cela donnera certainement lieu à des batailles homériques avec les multinationales phytosanitaires à côté desquelles les histoires de purin de prêle et de consoude (toujours pas autorisés !) passeront pour des querelles de jardin d’enfant (je clos ce hors-sujet)

Une application intéressante pourrait être d’utiliser ce limonène (pas pur mais correctement formulé en solution huileuse à mettre au point) pour faire une annellation chimique, c'est-à-dire de remplacer l’opération fastidieuse d’écorçage du tronc avec la rainette de Floyd (merci pour l'info. j'en ai acheté 2) ou de strangulation mécanique, par l’application d’un badigeon destructeur d’écorce sur qques cm de haut qui ferait le même effet, c.à.d bloquer le circuit de sève descendant sans bloquer celui qui monte (pour éradiquer définitivement les jeunes arbres indésirables à la mode bio). Je ferai ces essais comparatifs dès ce printemps et essaierai de faire qques photos.
floyd a écrit le 19/03/2012 13:45 (ref msg # 34390 )
Pas sûr que le D-limonène ait bien une amm…

Pour des essais sous ta responsabilité, peut-être voir du coté des spécialités herbicides à base d'acide perlagonique.
François du Perche a écrit le 19/03/2012 16:12 (ref msg # 34392 )
Le limonène est en vente libre, c'est utilisé pour faire des savons & des détergents. Chez aroma-zone, p.ex, ça vaut 9,90€ les 250ml et sur des sites anglais, on peut le trouver bien moins cher en bidon de 5L.
Comme toutes les HE, il faut savoir qu'à l'état pur, c'est dangereux pour la peau, les yeux, l'estomac des enfants, s'ils croient que c'est de la limonade.....Mais pas + que le destop)
Quant à l'acide pélargonique (déjà utilisé pour accélérer l'action du roundup), le site que j'ai mentionné y consacre un paragraphe, ça agit en 2 à 5 jours alors que le limonène agit en qques heures à 21° et 15 à 30 minutes par temps chaud.
Les militaires américains qui ont aspergé le Vietnam de défoliant n'avaient certainement pas prévu qu'il y aurait un jour un "agent orange bio", fait à partir des fruits du même nom.
floyd a écrit le 19/03/2012 17:06 (ref msg # 34394 )
Je crois que nous nous éloignons de l'objet du forum.
En outre, il n'est pas utile de suggérer l'utilisation de molécule sans amm ni autorisation pour un usage au jardin.
François du Perche a écrit le 03/09/2012 22:41 (ref msg # 36807 )
merci Patrice d'avoir réouvert ce bazar.
Quelques nouvelles de ces essais de soustraction végétale
1) annélation mécanique : sur une centaine d'arbres annelés sur env. 5cm de ht en juin, aucun ne marque le moindre signe de fatigue. Il faudra sans doute attendre l'année prochaine pour tirer une conclusion.
2) cravate percheronne : environ cent essais en juin avec de la sangle polypropylène largeur 15mm nouée avec un double noeud de cabestan. Aucun arbre ne montre le moindre signe de fatigue mais les sangles commencent à comprimer l'écorce (voir photo n°2), même conclusion que 1)
3) procédé PS (Pyrolyse Souche) avec Cloche : marche super bien mais nécessite quelques améliorations (double enveloppe pour réchauffer l'air comburant pour travailler avec de l'air froid quand on est loin d'une prise de courant).
Four cloche réalisé avec les 30cm supérieurs d'un fût d'huile de 200 litres isolé avec 5cm de laine de roche, elle même comprimée/maintenue par un petit grillage de carreleur. Allumage avec qques buchettes + pétrole, mise en route de la soufflerie dès qu'il y a un peu de braise (1 à 2 minutes). Brûlage complet en 6 à 8h en continu sur des souches de châtaigniers de 40 à 45cm de diamètre, pas complètement morts (voir rejets sur photo).
L'intérêt est qu'on brûle les racines si on laisse + longtemps et que ça pourrait aller beaucoup + vite avec une soufflerie + puissante. ça pourrait servir aussi à décontaminer le sol sur des souches de cerisiers malades p.ex, on cuit la terre, le four est porté au rouge pendant la combustion et le feu reste bien circonscrit, sans danger pour les plantes voisines.

















François du Perche a écrit le 11/09/2012 11:37 (ref msg # 36885 )
un exemple intéressant à suivre d'annellation complète de merisiers par des chèvres dans une commune voisine. Depuis début mai, les arbres n'ont plus d'écorce, parfois sur 1m de haut et pourtant 4 mois après, malgré la sécheresse et quelques canicules, ils ne montrent pas de signe de fatigue. Ils mourront sans doute au printemps prochain et ce sera intéressant de voir à quel stade de végétation ils dépérissent et si certains en réchappent. Cela prouve qu'il faut du temps pour tirer des conclusions sur cette technique très peu documentée.




floyd a écrit le 11/09/2012 18:56 (ref msg # 36889 )
Quel dégât! Cher crottin de chèvres!

Pour l'instant la sève brute issue des racines parvient dans le houppier qui reste apte à la photosynthèse. Les sucres produits s'accumulent dans la partie haute, faute de pouvoir descendre dans les racines.

Les racines servent de lieux de stockage pour une part importante de ces nutriments, celle qui serait immédiatement mobilisée au débourrage du printemps et transportée par les tissus cambiaux.

Voilà donc où se situe le problème fatal.
Les racines ne reçoivent plus ce qui leur est nécessaires pour se développer et ne sont plus en mesure de stocker.
On pourrait encore ajouter, que les échanges hormonaux complexes sont interrompus pour ajouter au tableau des dysfonctionnements.

Après un débourrement laborieux, l'arbre va rapidement décliner.
Comme la base de l'arbre reste opérationnelle, des rejets vont probablement surgir… l'arbre dispose de ce moyen remarquable pour assurer son existence et donc pour produire les semences pour des plants à venir.
youcef a écrit le 11/09/2012 21:01 (ref msg # 36891 )
je crois que ce n'est pas le travail des chevres.
c'est plutot le travail des humains.
si l'arbre n'est pas couper à ras du sol, meme les racines vont deperir, la partie aerenne va influer sur les racines et il n'y aura pas de rejets.
François du Perche a écrit le 11/09/2012 22:05 (ref msg # 36892 )
Toute la question est de savoir si l'arbre va faire des rejets ou pas. Si oui, comme tu le penses Floyd, cette technique est sans intérêt, mais le document de 1967, qui semble sérieux, dit l'inverse.
http://documents.irevues.inist.fr/bitstr...
Pour Youcef, ce sont bien les chèvres qui ont fait ce travail, d'ailleurs, la présence d'un bouc est suffisante pour dissuader n'importe quel humain de pénétrer dans cet enclos, et pas uniquement pour l'odeur !
TheChti a écrit le 13/09/2012 08:33 (ref msg # 36909 )
Mon oncle m'avait demandé d'aller couper chez son voisin (avec l'accord de celui-ci, trop âgé pour le faire lui-même) du lierre qui montait sur la toiture de son hangar. Il y avait 4 pieds de 10 cm de diamètre chacun. Il ont été coupés (et non annelés) par mes soins et il a fallu presque 10 mois avant de voir la première feuille se déssécher. Mon oncle me l'avait bien dit mais je ne le croyais pas avant de le voir.

Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ...
floyd a écrit le 13/09/2012 22:18 (ref msg # 36921 )
Jean de la Fontaine, n'aurait pas mieux dit.

Le lierre si ses fleurs n'étaient d'un grand secours pour les butinages d'abeilles, je n'aime ni sur le bâti, ni sur les arbres…
Oui, sacrement coriace et véloce. Résiste aussi durablement au glypho…
alix a écrit le 18/09/2012 17:56 (ref msg # 36994 )
bonjour à tous j'ai lu je ne sais plus ou que l'on pouvait tuer un arbre en lui faisant un trou et en mettant dedans un grain d'avoine ou de blé ,si cela s'avère vrai, cela résoudrait tous les problèmes de strangulation et de combustion assez barbares,
François du Perche a écrit le 18/09/2012 21:36 (ref msg # 36998 )
j'ai lu je ne sais plus où

ça devait être dans un numéro spécial de Pif Gadget
patrice a écrit le 19/09/2012 07:34 (ref msg # 37001 )
Des trucs de "grand mère" pullulent ainsi, répétés sans être vérifiés : "il parait que". Il y a aussi l'histoire de la gousse d'ail dans un trou fait au foret dans la souche et rebouché avec un bouchon.
C'est l'éternel problème de la diffusion d'information : faut il la diffuser sans savoir si cela marche, mais donner l'information à une personne susceptible de la tester ; ou bien ne pas diffuser l'information tant qu'on n'a pas vérifié, et surtout indiquer les résultats de l'expérience et tordre le cou a des mythes.
floyd a écrit le 19/09/2012 11:29 (ref msg # 37011 )
Bien d'accord.
Sur l'astuce en question, cela ressemblait au mélange de deux recettes; celle du bouturage avec grain de blé et effectivement celle de l'ail…


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