Soustraction végétative, moins connue que la multiplication

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François du Perche a écrit le 20/12/2011 18:29 (ref msg # 32636 )
Ce sujet a pour but de recenser des méthodes et des expériences de destruction définitive d'arbres, si possible avec des moyens simples, bon marché & respectueux de l'environnement.
Le but est d'éliminer définitivement, en forêt ou dans un jardin, des espèces indésirables.
Quelques méthodes connues :
- annellation du tronc : on enlève une bande d'écorce de qques cm de large sur toute la périphérie
- traitement chimique, sulfamate d'ammonium, etc
- abattage + feu
Je voudrais développer une nouvelle méthode beaucoup + rapide que l'annellation, mais voisine, qui consisterait à étrangler l'arbre à l'aide d'une bande résistante pour le faire mourir sur pied en douceur en 1 à 2 ans. Cette technique est déjà utilisée pour le marcottage, mais on arrête le supplice avant terme et on peut utiliser du fil de fer alors que pour faire mourir l'arbre, il faut une largeur suffisante pour empêcher les écorces de se rejoindre.
Des essais réalisés cet été avec diverses bandes textiles autocollantes très résistantes (toile de réparation de voiles, feuillard métallique utilisé pour le chauffage) montrent qu'au delà de 6 mois, les UV & les intempéries endommagent ou fragilisent cet ouvrage.
Je compte réessayer au printemps prochain avec de la sangle polypropylène largeur 15 ou 20mm nouée de façon adéquate ou agraphée à l'aide d'agrafes inox.
Avec cette technique, comme avec l'annellation, on laisse l'arbre mourir sur pied. Il protège les arbres voisins des divers broûteurs et on n'a pas besoin de se donner la peine de ramasser les morceaux.
Y a-t-il des expériences, probablement involontaires, et quels sont les phases et les durées de cette mort programmée ?
floyd a écrit le 20/12/2011 20:35 (ref msg # 32638 )

Mais quelle espèce, quels arbres comptes-tu supprimer ainsi?
Ta tronçonneuse est en panne? Tu n'as pas besoin de bois utiles?
Tu acceptes de prendre le risque à terme d'une rupture, d'une chute?

Je ne comprends pas cette démarche ni cette question…
Anonymous a écrit le 20/12/2011 20:51 (ref msg # 32640 )
Moi non plus j'ai pas saisi l'intêret.
Ca ressemble à du sadisme en fait.
François du Perche a écrit le 21/12/2011 10:48 (ref msg # 32645 )
Ma tronçonneuse marche très bien & mes instincts reptiliens sadiques potentiels sont enfouis très profondément dans mon subconscient.
Cette recherche concerne essentiellement le reboisement en forêt mais j'ai pensé qu'accidentellement certaines personnes pouvaient avoir une expérience en ayant oublié sur un arbre, fruitier ou d'ornement, ou sur une greffe, un collier en nylon par exemple ayant fini par étrangler le sujet.
Quand on reboise, on est confronté à la repousse de tout un tas d'arbres indésirables. Traditionnellement, on débroussaillait & tronçonnait tout ce qu'on ne voulait pas garder. On recommençait 2 ans après car ce qu'on avait coupé s'était recépé & avait repoussé. Les coûts de main d'oeuvre & la fainéantise généralisée ne permettent plus cela. Il existe des broyeurs forestiers, certes, mais onéreux et utilisables seulement sur des terrains à peu près carossables. La technique d'annellation est intéressante car bien maîtrisée, elle permet de faire mourir l'arbre sans qu'il repousse du pied. Elle se fait à la tronçonneuse mais elle est longue & incertaine : on n'a pas toujours un large accès sur 360° autour de l'arbre à éliminer et il faut bien maîtriser la largeur & profondeur de coupe. Si ce n'est pas assez large ou profond, l'écorce se reforme, si c'est trop profond & qu'on coupe tout l'aubier, l'arbre crève en qques mois et repart du pied. Il peut en + vous tomber dessus au 1er coup de vent. De plus, c'est assez dangereux de tenir une mini-tronconneuse à bout de bras à hauteur de la tête sans compter les délicieux gaz d'échappement à l'huile brûlée des moteurs 2 temps qu'on respire en direct.
D'où cette idée de strangulation par exemple pour :
-éliminer des bouleaux vigoureux qui repoussent dans des plantations de pins ou de Douglas
- éliminer dans une plantation ou régénération de chênes (ou de chataîgniers ou autres) certains arbres indésirables que je ne nommerai pas car certains pourraient dire qu'il faut les garder, même s'ils concurrencent dangereusement les chênes & autres arbres de valeur qu'on peut être amené à sélectionner & conserver.
Il faut évidemment que la technique soit très rapide car cela peut concerner des milliers voire dizaines de milliers d'arbustes condamnés. Et c'est une démarche qui ne doit pas beaucoup plaire aux adeptes du retour à la forêt originelle.
druere a écrit le 21/12/2011 11:36 (ref msg # 32646 )
Il est vrai que sous l'aspect eclaircie selective...votre idée peut présenter
un réel intérêt
François du Perche a écrit le 21/12/2011 12:04 (ref msg # 32647 )
merci druere pour cette réponse positive.
Pour les âmes sensibles qui n'aiment pas voir mourir des arbres (mais qui passent sans broncher à côté d'un sdf en train d'agoniser sous sa couverture), je précise que le but n'est pas de faire mourir l'arbre mais de stopper sa croissance, ce qui rejoint les procédés de nanification déjà longuement évoqués sur ce site. Si une strangulation particulière ou autre traitement rapide permettait de stopper la croissance en conservant indéfiniment l'arbre vivant "figé", (sans qu'il drageonne ou reparte du pied) un peu comme dans La Belle au Bois Dormant, l'objectif serait également atteint.
Anonymous a écrit le 21/12/2011 12:38 (ref msg # 32648 )
Si on pouvait faire ça avec certains politiciens....
François du Perche a écrit le 21/12/2011 13:24 (ref msg # 32649 )
ça résoudrait aussi définitivement le grave pb. de la retraite des fonctionnaires, mais c'est peut-être un peu hors-sujet.
François du Perche a écrit le 21/12/2011 17:55 (ref msg # 32658 )
druere
éclaircie sélective...réel intérêt

Cette technique ne serait pas limitée à l'élimination des indésirables, mais également à l'éclaircie sélective de plantations comme le formule druere. Par exemple sur des souches de chataîgniers qui repartent dont on veut privilégier qques brins. Ou en éclaircie sur des chênes, merisiers ou autres, tant que le bois d'éclaircie a une valeur négative, c.à.d tant que le prix de sa coupe + son amenée en bord de route est sup. au prix de vente, ce qui est de + en + le cas avec l'augmentation des prix de main d'oeuvre.
Les forestiers sensés n'acceptent pas les propositions des professionnels de la biomasse d'enlever gratuitement ou à un prix dérisoire des bois d' éclaircies amenés en bord de route.
TheChti a écrit le 22/12/2011 19:41 (ref msg # 32681 )
J'avais aussi pensé à un problème de tronçonneuse mais la lecture de la suite des explications me montre qu'il y a un réel intérêt. Je suis confronté sur mon terrain à des débrousaillages réguliers à la suite de recépages permanents. Couper l'arbre ou l'arbuste est une chose, l'empêcher de repartir du pied en est une autre ....

Pour ce qui de l'utilisation de cette méthode en forêt, je ne suis pas certain que les randonneurs s'arrêtent là-dessus, les gens ne savent pas comment vit et se développe un arbre et je pense que 90% d'entre eux penseront simplement à une forme de marquage. Sauf peut-être jusqu'à ce qu'un média en fasse un reportage diffusé à une heure de grande écoute.

Dans tous les cas la suite de ces expérimentations m'intéresse.
floyd a écrit le 22/12/2011 20:23 (ref msg # 32683 )
"François du Perche" a écrit :
Les forestiers sensés n'acceptent pas les propositions des professionnels de la biomasse d'enlever gratuitement ou à un prix dérisoire des bois d'éclaircies amenés en bord de route.

Sur des sols dont la fertilité et la réserve en eau sont un peu justes, il est plus que raisonnable de conserver sans l'exporter ni la brûler, toute la matière organique, celle qui formera un humus appréciable.

Par contre rameaux et bois doivent être au sol, pour que le miracle s'accomplisse. L'ouverture de layons s'avère une manière d'accéder plus facilement aux arbres d'avenir. La technique est appliquée tant en forêts domaniales que privées.

Perso, je ne voudrais pas prendre le risque de voir un "étranglé" se casser et s'encrouer sur un sujet d'avenir.
François du Perche a écrit le 23/12/2011 10:33 (ref msg # 32692 )
Floyd nous dit
1) il est plus que raisonnable de conserver sans l'exporter ni la brûler, toute la matière organique, celle qui formera un humus appréciable. 2) rameaux et bois doivent être au sol, pour que le miracle s'accomplisse.

1) c'est une idée un peu moderniste & à la mode contredite par les faits : depuis des millénaires, l'homme prélève dans les forêts de quoi se chauffer ou faire tourner ses industries (cf la sidérurgie au charbon de bois très courante jusqu'au XIXe siècle). Egalement depuis des siècles, on taille les haies tous les 20 ans pour prélever le bois sans rapporter les sels minéraux qu'on a enlevés. La nature s'en remet très bien.
2) un arbre mort sur pied finit par revenir au sol, ce n'est qu'une question de temps, on n'est pas pressés. Il s'agit dans le cas qui nous intéresse d'arbustes disons jusqu'à 2m50 de haut et 5-6cm de diamètre & le plus souvent nettement au dessous donc pas de danger de se le prendre sur la tête. Le vent se chargera de faire tomber d'abord les branches & le tronc se désagrègera progressivement.
Les layons ou cloisonnements permettent effectivement d'accéder facilement aux arbres d'avenir, c'est une super-idée, mais ils ne résolvent pas le pb. de l'élimination des indésirables.

Pour Le Chti, qui est embêté par ses souches qui repartent sans cesse, j'ai prévu en // à mes essais de strangulation sélective (procédé SS), un autre système pour éliminer les souches sans fatigue. Avec un mini four cloche en fibre céramique qui viendra coiffer la souche à éliminer et une torche à gaz ou à pétrole qui permet de monter à 7 ou 800° sans problème + une petite rampe pour envoyer de l'air comburant à haute température , on doit pouvoir pyrolyser & brûler la souche jusqu'à qques cm sous terre, en un certain temps et avec des séquences de pyrolise/oxidation à déterminer pour limiter la consommation de carburant & utiliser au maximum les calories gratuites. Des 1ers essais cet automne étaient prometteurs mais j'ai utilisé du verre cellulaire pour faire le mini four qui s'est cassé en morceaux sous l'effet de la chaleur.
Cela pourrait s'appeler procédé PS avec cloche (Pyrolise Souche), en adéquation avec l'actualité politique.
hendy a écrit le 23/12/2011 14:46 (ref msg # 32696 )
Ce procédé peut être dangereux car tu vas envoyer trop de chaleur aux racines et la combustion lente des racines peut si maintenir plusieurs jours.. danger en forêt
floyd a écrit le 23/12/2011 17:29 (ref msg # 32698 )
Certes il y a des "modes"… On peut qualifier ainsi les techniques qui sont étudiées et mises en pratique par les forestiers professionnels sous la direction des ingénieurs.

Il y eut aussi des forêts surexploitées dont les peuplements sont à peine remis des choix faits dans l'urgence des guerres. (Sillé le G.)
Il y avait aussi des sols forestiers matraqués par des débardages réalisés à contre-temps.
Il y a encore des peuplements mono-spécifiques de résineux dont on sait aujourd'hui la fragilité au vent, aux ravageurs, aux évolutions climatiques.
Il y a enfin des sols dont le taux de matière organique (humus) doit être relevé autant que possible.

Assez de faits maintenant connus pour avoir envie de comprendre et de mettre en œuvre les "aménagements" élaborés à la lumière des connaissances forestières d'aujourd'hui.
François du Perche a écrit le 23/12/2011 18:18 (ref msg # 32701 )
Ce que tu dis Floyd est parfaitement exact et je suis d'accord avec toi qu'idéalement, il faudrait broyer les indésirables qui retourneraient ainsi en poussière à la vitesse gd V et rendraient à la terre ce qu'ils lui ont pris tout en créant un paillage + humus à terme. Mais ces gros broyeurs forestiers compactent le sol, ils sont très énergivores et très onéreux, il faudrait voir le bilan énergétique global.
Pour Hendy, je suis d'accord qu'il ne faudrait surtout pas appliquer ce système de pyrolyse des souches à des résineux, mais pour des feuillus habituels type chêne, chataîgnier, charme, bouleau, etc, je pense qu'il n'y a vraiment pas ce risque. Bien sûr, comme pour tout feu en forêt ou toute combustion à hte température, il y a des précautions & des mesures de sécurité à prendre, notamment l'été ou par temps sec ou venteux, Mais pour les journées d'hiver humides, ça doit être OK.
Pour le moment, j'en suis au stade expérimental, simplement pour voir la faisabilité, le temps passé & le combustible consommé. Les gaz de pyrolyse ne sont pas non + extra à respirer, mais ceux du périphérique aux heures de pointe sont probablement bien + dangereux. Il faudra peut-être dans le procédé maintenir une hte température pour craquer toutes les molécules et faire une sorte de post-combustion, mais comme c'est exothermique, ça ne pénalisera pas le bilan global.
François du Perche a écrit le 25/12/2011 10:46 (ref msg # 32711 )
a la réflexion, cette appellation SS (strangulation sélective) est sinistre, il vaudrait mieux l'appeler Cravate Percheronne, ça ferait plus terroir.
François du Perche a écrit le 02/01/2012 16:18 (ref msg # 32796 )
L'absence de réponse montre que les membres de ce site sont soigneux et n'oublient pas de collier sur le tronc de leurs arbres.
La question devra donc trouver sa réponse dans l'expérimentation.
Le vrai problème est de savoir si un arbre qui est étranglé à 1m de ht ne va pas drageonner ou émettre des branches au dessous du point d'étranglement dans un ultime réflexe de survie (avec la technique d'annellation, il semble que non, mais il n'a sans doute pas assez de temps pour réagir, car la coupure de sève descendante n'est pas progressive mais brutale ).
Quant à effectuer cette strangulation au ras du sol, ce n'est pas envisageable. Outre le fait que votre voisinage pensera que vous avez des désordres intestinaux chroniques pour rester à 4 pattes toute la journée dans les bois, ce serait beaucoup trop long & pénible à réaliser à gde échelle.
floyd a écrit le 02/01/2012 18:08 (ref msg # 32798 )
et pourquoi ne pas travailler avec l'outil appelé "écorçoir" dont le manche permettra de faire ton office debout…
François du Perche a écrit le 02/01/2012 19:34 (ref msg # 32800 )
merci Floyd pour la suggestion. Mais c'est un outil manuel qui est plat, donc pour écorcer sur 360°, il faut donner pas mal de coups. Dans l'option annellation, il faudrait trouver un petit outil électrique avec p.ex. 3 couteaux style économiseur pour épluchage de légumes qui tournent et qui permettraient en ne faisant pivoter l'outil que de 90° d'éplucher tangantiellement tout le tour sans fatigue. mais il faut que ce soit réglable en diamètre, pas évident....Ou une cloche abrasive intérieurement mais il faut qu'elle soit ouverte pour pouvoir l'enfiler... et réglable en diamètre... Rien qui ressemble à ça n'existe c'est pourquoi je me tourne plutôt sur cette technique de strangulation qui elle serait + facile à mécaniser.
floyd a écrit le 02/01/2012 19:59 (ref msg # 32802 )
Les forestiers connaissent aussi "la rainette"
http://www.zimmersa.com/914-700-thickbox/rainette-de-forestier-lame-fixe.jpg


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