Chance de fidélité par semi pour une espèce autofertile

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nicollas a écrit le 12/11/2011 17:16
Bonjour,

question bête, mais j'assume,

disons que je plante une variété autofertile d'une espèce rare, et faisons l'hypothèse que ce plant est assez isolé pour ne pas être pollinisé par un autre arbre (par exemple un asiminier dans le lot )

Les plants issus de semis de ces graines ont ils des chances de reproduire fidèlement la variété ? Y a t-il des chances que non, et pourquoi ?

Merci d'avance
floyd a écrit le 12/11/2011 18:34
Peu de chances en vérité… c'est la faute aux allèles portés par les chromosomes.
Pour une reproduction sexuée à l'identique il faudrait que le sujet autofertile soit également de race pure; au sens où chaque paire de ses chromosomes porterait les mêmes allèles pour tous les gènes.
… oui peu de chances!

C'est aussi pour cela qu'on décrit la reproduction sexuée comme une vaste loterie.
Les variétés dites fixées, ont un grand nombre d'allèles doubles, en tout cas assez pour que l'aspect de la descendance ressemble à celle des parents. Mais là, on décrit le phénotype (l'aspect) plutôt que le génotype (le patrimoine des chromosomes).

Donc, les graines que tu peux espérer donneraient naissance à des sujets meilleurs, identiques ou pires sans que tu n'y sois pour rien Nicollas.
hendy a écrit le 15/11/2011 18:22
question bête, mais j'assume,

Mais surtout intéressante..
Bombo a écrit le 14/03/2014 21:37
J'espère que ma question (et l'exhumation subséquente du sujet) est appropriée. Ca fait partie de mon apprentissage théorique.


Pour une reproduction sexuée à l'identique il faudrait que le sujet autofertile soit également de race pure; au sens où chaque paire de ses chromosomes porterait les mêmes allèles pour tous les gènes.
… oui peu de chances!

Comment cela a pu se stabiliser pour les variétés que l'on connaît ? Comment expliquer la fidélité étonnante de certains cultivars, de pommiers par exemple ? Par leur multiplication sur plusieurs générations qui conduit à leur installation durable dans le paysage ?

Les cas de variétés aux semis fidèles m'ont donc l'air de relever :
- d'anciennes variétés (donc) stables au niveau du phénotype
- de polyembrionie nucellaire ou simple

Ai-je bien compris ?

Bonne soirée
floyd a écrit le 14/03/2014 22:50

Comment cela a pu se stabiliser pour les variétés que l'on connaît ? Comment expliquer la fidélité étonnante de certains cultivars, de pommiers par exemple ? Par leur multiplication sur plusieurs générations qui conduit à leur installation durable dans le paysage

Si nous parlons des pommiers mis en culture, ils sont reproduits par greffage.
Pour certaines variétés connues depuis le XVIIe et peut-être avant, la valeur de leurs fruits a justifié la diffusion et la multiplication par le moyen de la greffe de ces arbres de qualité.

Nous connaissons tous des pommiers sauvageons, au hasard d'une balade, d'une pomme croquée maturité, nous avons pu goûter une bonne pomme "sauvage" une "sans nom"… Mais cela ne permet pas d'affirmer la "fidélité étonnante".

Accessoirement, quel sens donnes-tu au terme "paysage"?
Bombo a écrit le 14/03/2014 23:07
Par exemple, le pommier 'Antonovka', de ce que je lis, aurait un semis fidèle.

La notion de "fidélité" m'intéresse ici, j'essaie de comprendre ce qui la détermine

"paysage"... Bonne question. Je pense à un hybride qu'on aurait beaucoup reproduit pendant une certaine période de temps, et qui (pourrait ?) devient ainsi plus stable. Mais est-ce vrai ?
floyd a écrit le 15/03/2014 13:29
André nous avait déjà indiqué le lien suivant;
http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonovka

Hélas la sensibilité au feu bactérien et les rendements peu élevés seront difficilement compensé par une résistance partielle à l'une des tavelures. Où serait l'intérêt de reproduire "fidèlement" une pomme aussi peu dotée?

Depuis 1900, la recherche pomologique a produit des cultivars autrement intéressant.
Quant à la génétique, science moderne, elle aussi a réalisé des progrès énormes.

D'une manière plus générale, promouvoir une variété aussi méritante qu'elle soit, la clôner, la faire entrer dans le top 10, c'est encore et toujours nuire à la conservation de la diversité des patrimoines génétiques des Malus.

Enfin, l'article évoque "Antonovka-kaménitchka et Antonovka six-cents grammes. Ces deux variétés se reproduisent assez fidèlement par semis, ce qui n'est pas le cas de la variété commune."
Voilà qui clos provisoirement le débat sur ce pommier.
Bombo a écrit le 15/03/2014 17:16
Bonjour

Ce pommier n'était qu'un exemple pour mieux comprendre les questions plus théoriques qui avaient traversé mon esprit ! Rien de plus. Je l'ai pris, non pour sa qualité gustative, mais parce que son semis serait (comme tu le précises justement) "assez" fidèle : je me demandais pour quelle raison. En raison de sa dispersion ?

D'une manière plus générale, promouvoir une variété aussi méritante qu'elle soit, la clôner, la faire entrer dans le top 10, c'est encore et toujours nuire à la conservation de la diversité des patrimoines génétiques des Malus.

En détruisant au fur et à mesure des informations contenues dans le génome de "Malus", c'est bien ça ?
floyd a écrit le 15/03/2014 17:43
Le caractère auto-fertile permet effectivement au fil des auto-hybridations d'évoluer vers la "lignée pure" celle dont les deux brins de chaque chromosome portent la même séquence génétique.

C'est très profitable quand les gênes apportent du bon, c'est très handicapant quand des gênes défaillants et récessifs se trouvent à pouvoir s'exprimer. On ne va pas faire ici un cours de génétique, car il y a des ouvrages spécialisés pour ça et que la thématique du forum est la multiplication végétative.

L'avenir de l'arboriculture passe nécessairement par la conservation la plus large possible de tout le patrimoine génétique de tout le genre malus.
C'est en particulier l'intérêt du travail entrepris sur les pommiers du Kazakhstan.
C'est aussi la mission de tous les vergers conservatoires, de toutes les campagnes de collectages des variétés anciennes. Il en reste à dénicher et à étudier y compris au fond de chaque jardin, de chaque verger, au bout du champ ou dans la haie.

Ces nouvelles trouvailles seront alors reproduites par greffage.
Bombo a écrit le 15/03/2014 18:20
Le caractère auto-fertile permet effectivement au fil des auto-hybridations d'évoluer vers la "lignée pure" celle dont les deux brins de chaque chromosome portent la même séquence génétique.

Si tant est qu'il n'y ait pas, dans les 15m, un pommier d'une autre variété, j'imagine ?

C'est très profitable quand les gênes apportent du bon, c'est très handicapant quand des gênes défaillants et récessifs se trouvent à pouvoir s'exprimer. On ne va pas faire ici un cours de génétique, car il y a des ouvrages spécialisés pour ça et que la thématique du forum est la multiplication végétative.

C'était pour une première approche "vulgarisée", n'étant à la base pas de formation "scientifique".

Merci pour toutes ces précisions !


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