greffeur amateur/greffeur pro

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Sarcé a écrit le 19/06/2011 23:56 (ref msg # 30847 )
Je m'interroge sur ce que sont les différences entre un greffeur professionnel et un greffeur amateur .
Je m'explique .
Que fait un greffeur pro en plus pour se prémunir des maladies ?
Quelles sont les qualités issues des démarches de certification ?


merci,


Sarcé
floyd a écrit le 20/06/2011 12:52 (ref msg # 30849 )
Les pouvoirs publics et la clientèle attendent du professionnel, la mise sur le marché d'un "produit" présentant toutes garanties sur l'état sanitaire, la dénomination conforme au catalogue officiel, la bonne reprise après plantation et l'usage attendu.
Une plante sera certifiée si l'on a démontré après un protocole (lui-même validé) que la plante est indemne de virose, bactériose et autres pestes.
Pour la traçabilité elle doit porter une étiquette avec les mentions obligatoires.
Des organismes spécialisés peuvent également certifier un mode de production particulier (bio), un type de multiplication (in vitro) ou une origine géographique.
… et j'en oublie.
klakos a écrit le 20/06/2011 16:47 (ref msg # 30850 )
J'ignore si on peut en faire son métier.

Les seuls que j'ai vu faire sont des pépiniéristes (qui tiennent souvent leur technique de gens qui travaillent chez de gros arboriculteurs (ils ne font d'ailleurs plus que du chip-budding (en août/septembre cad avant la récolte, il y a un "creux")).
Ils assurent la commercialisation de A à Z ; vont acheter les PG (certifiés ; un autre métier), greffent, assurent que l'arbre se porte bien (font ce qui faut pour) et finissent par vendre le produit final au bout de x années.

Si, il y en a bien un... mais il a bien 75-80 ans : il travaillait à l'INRA et faisait ça pour eux. Il y a donc 15 ans....

À mon avis, la profession ne doit plus trop exister en tant qu'indépendant.
floyd a écrit le 20/06/2011 18:19 (ref msg # 30851 )
Installé à leur compte, pour un travail "à façon", il y a aussi les équipes qui procèdent aux surgreffages en vergers.

Un greffeur "multi-techniques" et "multi-espèces" pourrait rendre des services précieux, mais il lui faudrait des "volumes" assez importants chez chacun de ses clients.

En pépinières, la polyvalence est de rigueur; un maitre greffeur peut encadrer après avoir initié toute une équipe pour le greffage d'une grande série. Michard montrait déjà le partage des tâches dans une pépinières de tiges ou de scions.

Question subsidiaire; existe-t-il en lycée horticole des formations pointues dans le domaine? Sans doute très confidentielles, non?
klakos a écrit le 20/06/2011 18:33 (ref msg # 30853 )
"floyd" a écrit :
Question subsidiaire; existe-t-il en lycée horticole des formations pointues dans le domaine? Sans doute très confidentielles, non?


Les jeunes étudiants en hort, arbo, etc ne sont vraiment effectivement pas des pros de l'affaire. Tout juste s'il ont reçus des cours théoriques...
Mais comme cette activité est assez manuelle et demande finalement une certaine dextérité, il faut mieux effectivement qu'ils apprennent "sur le tas".
floyd a écrit le 20/06/2011 18:51 (ref msg # 30854 )
Un jeune en BTS pépinières aura assez de connaissance en botanique, en anatomie, en physiologie pour raisonner sa pratique. Il lui sera plus facile à lui d'acquérir de la vitesse et de la précision dans son exécution.
Sur le tas… oui s'il s'agit d'un maitre capable. Là encore la denrée est rare.

Pour rejoindre la question initiale sur les risques sanitaires lors de la pratique du greffage, on luttera efficacement contre les viroses, les bactérioses, à condition de savoir ce qu'elles sont, comment les détecter, comment indexer une culture de PM et quelles sont les conditions de l'éradication d'une pathologie et les pratiques limitant les contaminations.

A partir de là, s'impose à nouveau une étroite collaboration entre le praticien et le labo.
Sarcé a écrit le 20/06/2011 20:01 (ref msg # 30855 )
Quel est donc ce protocole afin que la plante soit indemne de virose, bactériose et autres pestes ?
floyd a écrit le 20/06/2011 20:30 (ref msg # 30856 )
Sans rentrer dans le détail de la "cuisine" qui est du ressort des techniques de labo, avant de multiplier à grande échelle un pied-mère (PM) dont on tirera des greffons ou de futurs PG, il faut s'assurer de son parfait état sanitaire.

On teste donc un échantillon sur différentes préparations spécifiques; si le résultat sort "positif" l'échantillon est donc porteur du virus ou de la bactérie, le sujet testé sera éliminé.


Ces manipulations restent coûteuses même si devenues courantes.
Il y a encore quelques années, on testait un pied-mère dont on tirait plusieurs pieds-mère "à priori" indemnes. On avait donc le choix entre des greffons ou boutures issus d'un sujet testé, ou d'autres moins coûteux quand ils étaient issus des PM de la seconde génération.

En outre on teste en labo pour rechercher des maladies connues… et uniquement elles.
Même parfaitement indéxés pour une virose, un greffon ou une bouture peuvent être porteurs des maladies qu'on n'a pas recherché… C'est donc une batterie de test qui doit être engagée. On comprend que cela soit réservé aux structures disposant des moyens techniques et financiers nécessaires.


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