Hormone de greffage ?

greffer.net >> Greffage

Bibifox a écrit le 11/05/2011 22:28
Bonsoir,
Je compare souvent le taux de réussite des amateurs, dont je fais partie, avec les entreprises spécialisées dans la multiplication végétative des fruitiers... et c'est sans appel !
D'où ma question, utilisent-ils un produit du genre "hormone" qui active le greffage comme les hormones de bouturage?
Quelqu'un a-t-il déjà essayé des hormones de bouturage pour une greffe?
Je ferai un essai l'année prochaine en diluant ces hormones dans l'eau de trempage...
Eric a écrit le 11/05/2011 23:58
Ton intuition ne semble pas si mauvaise que cela .Apres avoir fait quelques
recherches sur Google voici 2 liens qui pourraient confirmer l usage
d hormones dans le greffage .

http://www.boutique-massonnet.com/cire-d...
http://www.plantdevigne.com/savoirfaire....
http://www.mercier-groupe.com/produits/p...
http://www.cfcl.fr/viticulture/cires.htm
patrice a écrit le 12/05/2011 06:40
Rien que le paraffinage du greffon, sans l'hormone, augmente considérablement les taux de réussite.
Bibifox a écrit le 12/05/2011 12:59
Merci, j'ai consulté les sites ci-dessus : je m'en doutais...

voici quelques extraits :

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La stratification doit être rapide pour préserver les réserves des bois. Elle doit être régulière tout autour de la greffe. C'est pourquoi la cire REBWACHS PRO provoque et accélère la stratification et la rend homogène.
Elle est produite par un Laboratoire de renommée mondiale: la firme STAHLER.

Fiche technique : Cire de greffage de la vigne avec substance de croissance.
0.035 g/kg Acide 2,5-dichlorobenzoique
Mélange de cires et paraffines t°c d'utilisation 70 à
72 °C


Chaque année, les pépiniéristes constatent des augmentations significatives de réussite et confirment eux-mêmes la supériorité des résultats obtenus grâce à la REBWACHS PRO.
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il faudra que je compare avec la composition des hormones de bouturage pour voir si je peux obtenir un mélange équivalent avec de la cire...

Autre remarque : la greffe OMEGA avec un outil spécial qui découpe le porte greffe et le greffon (de même diamètre) et qui s'emboitent comme un puzzle de manière parfaite. Cette forme de greffe est moins traumatisante que la fente (surtout pour les fruitiers à noyaux). Où peut-on commander cet outil?
patrice a écrit le 12/05/2011 13:37
pince omega -> http://greffer.net/forum/viewtopic.php?t...
Bruno a écrit le 08/05/2013 19:43
C'est apparemment une auxine comme les hormones de bouturage mais ce n'est pas une de celles qu'il y a dans mon paquet d' hormone de bouturage.
Je me demande si on ne pourrait pas améliorer cette cire de greffage en y ajoutant une cytokinine. En effet l'auxine si elle était absolument seule (mais bien sur il y a un peu de cytokinine dans les tissus du végétal) n'arriverait pas à augmenter le nombre de mitoses, elle ferait simplement augmenter le volume des cellules. Le mélange auxine cytokinine crée une multiplication cellulaire très importante. Le méristème du cambium verrait ses cellules se multiplier de façon très importante ce qui favoriserait probablement la soudure entre les cambiums du porte greffe et du greffon.
Mais peut-être que mon hypothèse est fausse ?
floyd a écrit le 08/05/2013 22:06
Nos greffages de printemps sont handicapés par les températures basses, par l'arrivée tardive de la sève, par l'imprécision des contacts des tissus du cambium.

La soudure est avant tout formation d'un parenchyme. Puis les assises génératrices reprennent leurs multiplications; le xylem coté cœur, le liber coté écorce.
Car il faut bien que la sève brut monte et que la sève élaborée descende. Et peut-être même que le greffon a besoin de sève élaborée pour vivre avant d'être déjà un peu autonome.

Ces hormones qui commandent la formation du parenchyme, proviennent logiquement du PG, et donc de ses racines; les cytokinines synthétisées dans les apex racinaires semblent de bonnes candidates à tester plus avant.

Un ajout bien dosé, pourra-t-il compenser les handicaps annoncés plus haut?
alainhecl a écrit le 23/05/2013 18:16
Reponse à ma question posée à phytolabtech;
"A titre indicatif ,pour le greffage ,un certain nonbre de nos clients pépiniéristes utilisent de l'acide indore acétique."
L'acide indore acétique est proche des auxines naturelles ,ce n'est pas une auxine de synthése.
Phytolabtech semble dire que l'I A A est suffisante??,
Question mode opératoire.?????
floyd a écrit le 23/05/2013 21:22
Sur l'acide indolacétique:
L'acide béta indolacétique (AIA) (C10H9NO2) fait partie de la famille des auxines; il s'agit d'une auxine relativement faible, tout comme l'AIB (acide béta indolbutyrique). C'est un régulateur de croissance souvent utilisé en culture in vitro, et plus particulièrement dans certaines recherches à caractère physiologique car il présente l'avantage d'être une substance naturelle. C'est pour cette même raison qu'il est sensible aux systèmes enzymatiques de dégradation de l'auxine; de plus, ses solutions manquent de stabilité et s'oxydent à la lumière.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Acide_indol...
alainhecl a écrit le 23/05/2013 23:54
Sur mon message lire Acide INDOLE acétique au lieu de indore.
Suis désolé.
Ferréol a écrit le 29/05/2013 21:22
M'étant déjà posé la question, j'avais cherché et j'avais exploré la piste des bonsaïstes japonais qui utilisent une pâte de cicatrisation quand ils greffent des branches pour regarnir le bas de leurs arbres (en auto-greffe).
Cette pâte que j'avais vu sur ebay contenait il me semble des hormones.
nouvel azertien a écrit le 15/01/2015 21:27
Certaines hormones peuvent sans doute faciliter la greffe mais on doit également se préoccuper de l'innocuité des produits utilisés pour les arbres fruitiers et donc le consommateur. Dans le doute, il vaut mieux s'abstenir.
floyd a écrit le 15/01/2015 21:51
Certaines hormones peuvent sans doute faciliter la greffe mais on doit également se préoccuper de l'innocuité des produits utilisés pour les arbres fruitiers et donc le consommateur. Dans le doute, il vaut mieux s'abstenir.

Plusieurs arguments peuvent être avancés pour modérer l'application trop rapide du principe de précaution.
- la dose, reste éminemment faible
- l'application est unique, non répétée
- les molécules, végétales ou paravégétales n'ont pas à ma connaissance de toxicité aiguë ni d'effet sur des tissus animaux.
- la biodégradabilité, les hormones se métabolisent ou se dégradent rapidement. (c'est souvent un de nos soucis)
Bruno a écrit le 16/01/2015 08:56
Si ces hormones végétales étaient toxiques on s’empoisonnerait en mangeant des fruits et légumes puisque les plantes en contiennent.

Je pense que ce qui doit bien fonctionner est l'association d'une auxine et d'une cytokinine. En effet cette association induit une multiplication cellulaire très importante. Elle est probablement intéressante pour réussir des greffes difficiles comme par exemple châtaignier sur chêne.

Pour cela je propose de faire l'essaie suivant :

- prendre un sachet d'hormone de bouturage qui contient de auxines. Les auxines n'étant pas soluble dans l'eau, mais soluble dans de l'alcool, le dissoudre dans l'alcool. Ne pas garder la poudre insoluble.
- mélanger de ce liquide avec du lait de coco. Celui-ci est en effet riche en cytokinine.
on obtient donc un mélange auxine-cytokinine. Mettre un peu de ce liquide (peut-être un peu dilué ? ) au niveau du point de contact greffon - porte greffe. Peut-être qu'on peut faire tremper un certain temps le greffon dans ce mélange.

Je n'ai pas essayé cela, mais je pense que cet essai serait intéressant à faire.
François du Perche a écrit le 16/01/2015 12:18
Est-ce que la "crème de coco", qui est de la pulpe broyée très finement, qui se vend dans les épiceries asiatiques sous forme de savons à râper contient aussi beaucoup de cytokinine ?
Ce serait alors assez simple d'en râper un peu (50% ?) dans des hormones liquides type Clonex et de faire une pâte crémeuse facile à appliquer sur les greffes.
floyd a écrit le 16/01/2015 19:10
Drôle de recette… je redouterais un apport de nutriments dont raffolent moisissures et bactéries.

Riche, mais quelle teneur… et quelle dose (mini/maxi) pour obtenir un effet?
L'efficacité des hormones végétales, c'est de l'ordre de quelques parties par million. (ppm)
Alors les dosages au pifomètre…
Bruno a écrit le 16/01/2015 19:49
Je ne sais pas si la pulpe de coco en contient. Ce que je sais, c'est que le lait de coco est utilisé par le professionnels pour ajouter de la cytokinine. Ce n'est pas moi non plus qui ai inventé la méthode pour dissoudre l'auxine. S'il y a un peu d'alcool qui dissout l'auxine, ça ne doit pas favoriser les développement de bactéries et champignons. La pulpe de coco contient probablement plus de matière organique qui peut être dégradée par les microorganismes. Pour les dosages, je n'en ai aucune idée, mais c'est peut-être en faisant des essais que l'on peut le déterminer. Ce que je dis est un idée qui m'est venue en tête, mais qu'il faut expérimenter. C'est le principe même des sciences expérimentales.
floyd a écrit le 16/01/2015 22:19
Certes, mais les moyens nécessaires dépassent de beaucoup la paillasse de l'amateur.
On ne peut que le regretter.
Bruno a écrit le 16/01/2015 22:39
Non pas tellement, cette expérience ne demande pas de gros matériel, ce n'est pas couteux, ça demande seulement du travail. Il serait intéressant de comparer par statistique une série de greffes difficiles sans hormone et une autre avec hormones et s'il y a plusieurs membres du forum qui le font ça peut faire faire des progrès dans la science de la greffe. Justement sur les dosages, la façon de procéder... Il y a beaucoup de progrès dans la science qui sont du à des chercheurs qui n'avaient pas tellement de moyens. C'est vrai qu'actuellement il y a beaucoup de domaines où il faut du matériel sophistiqué, mais là ce n'est pas le cas. On peut avoir des surprises par exemple si sur simplement 20 greffes de châtaignier sur chêne. 10 avec hormones et 10 sans, on obtient 5 réussites sur les 10 hormonées et 0 sur les 10 non hormonées, on pourra se dire que le bilan est positif. Peut-être après on pourra améliorer les choses avec de meilleurs dosages par exemple.
François du Perche a écrit le 17/01/2015 16:02
Les moisissures et bactéries dont parle Floyd, j'ai déjà expérimenté en juin 2012, voir messages p.2 de juin 2012 dans greffe par approche lilas-frêne https://www.greffer.net/discussion/viewt... .
Du "Root it" (équivalent du clonex, qui doit contenir aussi un anti-fongique) mis à mijoter sur la greffe sous du parafilm, au bout de quelques jours, a failli faire crever l'ensemble, heureusement, je m'en suis aperçu à temps, ai tout soigneusement nettoyé et c'est reparti (c'est toujours vivant mais chacun a l'air de mener sa vie malgré la soudure).
Donc, je pense qu'il faudrait mettre du rafia et éviter le parafilm pour ne pas favoriser les moisissures et peut-être que les produits devraient être dilués, ils semblent trop puissants utilisés purs.


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