surgreffage très vieux poirier (+ de 100 ans)

greffer.net >> Poirier

François du Perche a écrit le 04/04/2011 14:50 (ref msg # 30043 )
bonjour,
Après taille sévère il y a 2 ans d'un très vieux poirier en espalier orienté S.O, tentative de surgreffage avec "Conférence" , une quinzaine de greffes en fente (les poires existantes étaient de qualité inconnue, goût médiocre bien que très sucré, attirant beaucoup guêpes & frelons, et devenaient blettes de suite). Pour ne pas risquer de faire crever cet ancêtre, des branches d'origine ont été conservées non greffées, petit travail pour les prochaines années si ça marche. Quelques photos :










floyd a écrit le 04/04/2011 22:16 (ref msg # 30048 )
Pour redonner un peu de tonus à ce vénérable centenaire, après ces élagages drastiques et ces greffages aléatoires, je crois qu'un peu d'amendement et de fertilisant pourrait faire du bien.

L'espalier est vraiment adossé au mur, qui semble maçonnerie de pierre calcaire hourdée à la chaux. Etonnant là encore, qu'un poirier supporte depuis si longtemps un tel voisinage. (chlorose?)

Qui sait si la variété greffée et cultivée en meilleure condition ne pourrait se révéler supérieure. Un greffage de sauvegarde peut-être?
François du Perche a écrit le 05/04/2011 14:33 (ref msg # 30058 )
merci Floyd pour ces conseils judicieux.
La taille drastique a consisté à enlever le sommet couvert de gourmands verticaux qui défonçaient la gouttière et d'enlever les branches perpendiculaires au mur qui faisaient levier pour l'écarter du mur.
Après renseignement auprès des anciens occupants, il s'agirait de la variété "Louise-Bonne" et ce poirier était déjà là, déjà vieux, avant guerre, il serait sans doute plus que centenaire, bien que le tronc ne se soit pas beaucoup développé en diamètre (on voit par ici d'énormes poiriers champêtres faisant des très grosses poires dites "à béton", dures comme du caillou, utilisées pour le poiré ou pour donner aux bêtes d'où le mot béton peut-être).
Il est installé en pleine argile compacte, un bon amendement sur qques m2 au pied lui serait profitable, il n'en a pas eu depuis des lustres. La chaux sur les murs ? Je ne crois pas que ces mortiers à la chaux grasse, totalement carbonatés et insolubles après qques années, puissent faire bouger le PH du sol, sauf s'ils tombaient en masse. De plus, remonter un peu le PH ne ferait pas de mal.
Il y a semble-t-il une greffe au collet car on voit en dégageant le pied la limite circulaire très nette avec une grosse racine très lisse & très noire.
Ce n'est finalement sans doute pas une bonne idée de vouloir lui imposer une cohabitation forcée et un changement aussi radical.
C'est peut-être + avisé de le conserver tel que, en le reformant dans un plan et en limitant à 1 ou 2 branches l'introduction d'une nouvelle variété, juste par curiosité (qui n'est pas un vilain défaut).
patrice a écrit le 05/04/2011 15:07 (ref msg # 30059 )
d'autant plus qu'avec l'age que vous lui indiquez, on est en "fin de vie"...
floyd a écrit le 05/04/2011 19:58 (ref msg # 30066 )
Une période qui peut aussi être longue pour les poiriers.
De fait la présence de rameaux vigoureux en tête, montre que la descente de cime n'est pas encore entamée.

Autre détail pratique, comment les charpentière horizontales ont-elles pu être maintenues jadis: petits supports scellés, ou fils de fer tendus, ou autre
François du Perche a écrit le 06/04/2011 11:00 (ref msg # 30072 )
fin de vie :
je ne voudrais pas être accusé d'acharnement thérapeutique. Si les poiriers vivent ausi vieux que les pommiers, il peut tenir encore longtemps. A l'abbaye de Valloire dans la vallée de l'Authie, ils ont des pommiers en espalier du XVIIe contre la facade si mes souvenirs sont bons. Cette variété Louise Bonne n'est pas rare, donc ce n'est pas utile de la sauvegarder mais ce poirier a le droit de reposer en paix et de recevoir quelques soins palliatifs.
descente d'organes :
la tête que j'ai coupée était hérissée de gourmands verticaux très vigoureux, il a dû être régulièrement décapité par les couvreurs pour préserver la gouttière. Cette notion de "descente de cime" est intéressante, est-elle documentée ?
palissage :
le mur est truffé de clous qui ont dû servir à maintenir & guider les branches. Curieusement, il y en a beaucoup sur une grande longueur 30cm sous la gouttière, il a dû être palissé très haut, sans doute parcequ'il produisait beaucoup et que ses fruits étaient appréciés (et il n'y avait sans doute pas de gouttière avant guerre).
floyd a écrit le 06/04/2011 12:16 (ref msg # 30073 )
Puisque l'on parle d'arbres en sénescence (vieillissement) la décente de cime est une caractéristique facile à voir sur les vieux arbres dont la sève ne parvient plus à monter jusque dans les branches hautes.
Elles dépérissent. Il n'est pas rare de voir apparaitre des rejets (réitération dans le jargon des scientifiques ou des élagueurs diplômés), mais un peu plus bas.

Les forestiers sont très attentifs également à ce phénomène de descente de cime qui annoncent une période où le volume de bois cesse de s'accroitre et peut perdre de sa valeur.

Je ne connais pas de titre d'ouvrage sur le sujet.

Concernant la ligne de clous supérieure, on pourrait penser à la trace d'une "casquette" (ce n'est pas le terme) sorte de petit toit pour abriter précisément le poirier des eaux de l'égout du toit.
François du Perche a écrit le 06/04/2011 12:52 (ref msg # 30074 )
merci pour la réponse, c'est vrai que c'est du bon sens et qu'il n'y a pas besoin d'une théorie documentée.
En regardant attentivement la photo agrandie, il n'y a aucune trace dans le mur de "casquette" comme on en voit qquefois (en zinc) au dessus des portes de bâtiments agricoles. Les grands clous ne sont pas du tout en ligne et ne pouvaient servir qu'à palisser ce poirier qui était + haut qu'actuellement. S'il y avait une telle "casquette", elle était peut-être accrochée sur les chevrons qui supportent les dernières rangées de tuiles (et la gouttière actuelle).
François du Perche a écrit le 26/04/2011 12:26 (ref msg # 30330 )
trois semaines après greffage, les 1ères feuilles sortent en extrémité de rameau (alors que sur mes pommiers, c'est souvent le bourgeon le + près du point de greffe qui démarre).







François du Perche a écrit le 09/05/2011 11:19 (ref msg # 30504 )
Cinq semaines après greffe, environ 80% de réussite avec qques pb. d'attaque de pucerons qui viennent tenir compagnie aux phytoptes.











François du Perche a écrit le 24/11/2014 18:47 (ref msg # 46046 )
Trois ans et 1/2 après : les branches greffées ont abondamment fructifié cet été et produit des Conférence, mais plutôt moins bonnes que les Louise-Bonne. Rien à voir avec les Conférence de l'arbre sur lequel ont été prélevés les greffons qui produit de grosses poires juteuses, sucrées et fondantes. C'est la mise en évidence que le PG cognassier améliore de façon spectaculaire la qualité des fruits, donc c'était une fausse bonne idée de surgreffer ce vieux poirier.
sellam a écrit le 24/11/2014 20:02 (ref msg # 46047 )
Peut on avoir les photos du poirier avec les nouvelles branches greffées?


Amitiés,

Sellam.A
vgtx a écrit le 24/11/2014 21:25 (ref msg # 46048 )
En tant que producteur, je n'ai pas la même philosophie.
Dans ce cas précis, je n'hésite pas, je taille sévère afin que le vieux poirier rejette des rameaux pour autant de greffons qui me serviront à multiplier la variété.
J'achète les PG en vue d'élever des plants de ports différents.
Je me débrouille pour que les PG aient au moins 18 mois de pleine terre avant l'opération.

Bien entendu, comme cité ci-dessus, une fertilisation sous forme d'amendement est indispensable avant d'envisager quoique ce soit.
François du Perche a écrit le 24/11/2014 22:59 (ref msg # 46049 )
photos : maintenant on ne voit + rien, je posterai des photos l'an prochain avec les fruits sur les branches, les Conférence (vertes) sont très différentes des Louise-Bonne (un côté rouge)
Pour vgtx, je ne souhaite pas multiplier les Louise-Bonne, elles sont correctes mais sans plus, peut-être en effet qu'elles seraient meilleures sur PG cognassier, mais bien moins bonnes que les variétés + récentes.
klakos a écrit le 25/11/2014 05:12 (ref msg # 46050 )
La variété d'origine réussit mieux sur franc, est très bonne et a gardé son nom d'origine (et pas celui emprunté à une poire "à compote").
Propos des gens d'Avranches. Ils nous ont choisi un greffon, un vrai (qui n'est d'ailleurs pas un cadeau à multiplier...).

"Louise-Bonne" ayant été très largement cultivée, il y a tout un tas de clones en circulation.
Je t'encourage donc à ne pas diffuser "ta chose" (ne la réserver qu'à des essais)
François du Perche a écrit le 25/11/2014 10:13 (ref msg # 46051 )
Je me suis souvenu que j'avais photographié ces branches mais que ce n'était pas très explicite. Voici une des photos (14 septembre ) où l'on voit les Conférence en haut et une Louise Bonne en bas. A noter que les guêpes & frelons préfèrent les Conférence mais ne dédaignent pas non plus les Louise Bonne (plus précoces) qui sont très attaquées.

François du Perche a écrit le 25/11/2014 10:28 (ref msg # 46052 )
et deux photos avec le point de greffe (scotch bleu). La branche greffée se dédouble en Y qques cm après la greffe donc on voit deux branches avec des Conférence



vgtx a écrit le 25/11/2014 10:44 (ref msg # 46053 )
"François du Perche" a écrit :
je ne souhaite pas multiplier les Louise-Bonne, elles sont correctes mais sans plus, peut-être en effet qu'elles seraient meilleures sur PG cognassier, mais bien moins bonnes que les variétés + récentes.

Je n'ai pas bien saisi ce qui est écrit, mais peut-être aussi que je n'interprète pas bien ?!
Un fruit changerait de goût selon le PG utilisé ???

"klakos" a écrit :
La variété d'origine réussit mieux sur franc

Je croyais que ça dépendait avant tout de la nature du sol ?!
floyd a écrit le 25/11/2014 11:42 (ref msg # 46054 )
Je plussoie après Klakos, la diversité des clones sinon une identification imparfaite, peut amener à déjuger une variété sur la base d'une quasi erreur.
François du Perche a écrit le 25/11/2014 15:43 (ref msg # 46055 )
Je n'ai pas bien saisi ce qui est écrit, mais peut-être aussi que je n'interprète pas bien ?!
Un fruit changerait de goût selon le PG utilisé ???

Oui, et je ne retrouve pas sur ce site, et pourtant il y est, un tableau comparatif très intéressant donnant les teneurs en sucre, etc, suivant que l'espèce est greffée sur franc de poirier ou sur cognassier. C'est très net que le cognassier améliore très sensiblement la variété.
Quant à ce qui est de la qualité du fruit, c'est assez subjectif, mais c'était assez évident cet été que les Louise Bonne étaient plutôt meilleures que les Conférences sur ce même vieux PG. Je les ai redécouvertes et elles ne sont pas si mauvaises que ça finalement. Elles sont assez précoces et ne se gardent pas du tout. Seul un test ADN permettrait de savoir si ce sont de vraies Louise Bonne.


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