Le pommier de la gare de Libourne

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André a écrit le 06/09/2010 15:31
J'ai trouvé ce week end au parking de la gare de Libourne un pommier probablement issu de semis qui donne de belles et bonnes pommes rouges et sucrées. Ces fruits à peau épaisse sont plutôt précoces puisque consommables dés début septembre.

Malgré des points noirs sur ses feuilles (maladie à identifier, voir photo), il a l'air de bien pousser sans aucun entretien.

Pensez-vous qu'il s'agit d'une variété connue et sinon, serait-il intéressant de l'ajouter à la bourse de greffer.net ?









lescrets a écrit le 10/09/2010 12:11
Bonjour,
Les semis de pommes peuvent donner des choses parfois bien au-delà
des idées reçues, à savoir une pomme mineure et inférieure juste valable pour le cidre.
J'ai moi-même fait des semis depuis presque 20 ans et j'ai obtenu de nouvelles variétés qui sont souvent différentes et intéressantes et pour
certaines même d'une valeur comparable à des variétés commerciales.

Sans doute peut-être un pépin qui a germé d'une pomme jetée par terre et qui a donné une nouvelle variété.
André a écrit le 10/09/2010 12:41
Je suis tout à fait d'accord.

D'ailleurs les pommes les plus répandues aujourd'hui (Golden, Granny smith, etc..) sont issus de semis chanceux.

La seule différence est qu'à l'époque de leur "découverte" (milieu du 19e siècle), il existait beaucoup de foires et de comices agricoles ou les obtenteurs de ces variétés pouvaient diffuser des greffons de leur trouvaille. Aujourd'hui la recherche de nouvelles variétés n'est plus faite que par de grosses entreprises qui verrouillent la variété pendant des années pour en tirer le plus de profits possibles.

C'est pour cette raison qu'il faudrait que ceux (comme vous ou moi à Libourne) qui détectent des variétés aux caractéristiques intéressantes (bon goût, précocité particulière, résistance aux maladies courantes, facilité d'entretien, etc) les déclare sur des sites comme celui-ci en leur donnant un nom et en en créant une fiche descriptive dans la bourse (en précisant bien que c'est une création de variété).

D'autres pourront alors récupérer des greffons et développer l'implantation de variétés intéressantes et libres de droits commerciaux.
floyd a écrit le 10/09/2010 19:56
D'autres pourront alors récupérer des greffons et développer l'implantation de variétés intéressantes et libres de droits commerciaux.

L'idée est généreuse, mais rien n'empêche vraiment que la dite variété ne soit récupérée et valorisée commercialement, non?
André a écrit le 10/09/2010 20:03
Oui mais ce serait du vol et il me semble que les obtenteurs pro doivent fournir des analyses génétiques de leurs découvertes avec historique des parents, etc au moment du dépôt officiel de la variété . Et là il ne pourrait pas le faire.
floyd a écrit le 10/09/2010 20:14
Je ne connais pas le détail de leurs obligations. Pourquoi n'auraient-ils pas droit eux aussi, à quelque bonne fortune issu d'un semis chanceux dont ils ignoreraient tout?

Nous creusons un cas d'école, je ne suis pas vraiment sûr qu'un obtenteur pro soit en manque de nouveaux hybrides finement raisonnés au point de vouloir s'approprier une variété "sans papier".
lescrets a écrit le 11/09/2010 07:22
Il semble en effet que l'obtention d'une nouvelle variété soit bien ceinturée juridiquement.
Mais rien n'empêche la nature de se faire et l'espèce d'évoluer.
d'autant que si on regarde bien les parents de ce que l'on croise, on retrouve toujours les mêmes géniteurs :
Le malus floribunda (porteur du gene vf de résistance à la tavelure) Obligatoire maintenant.
La golden, la cox, la mc intosh, la jonathan etc (que des variétés américaines).
Qui a fait des descendants d'une reinette du canada bien de chez nous ?
Vu la diversité génétique de la pomme, il peut donc naitre encore beaucoup de nouvelles variétés qui pourraient enrichir le patrimoine.

J'attends aussi toutes vos idées....
André a écrit le 11/09/2010 10:40
L'avantage que nous avons dans nos vergers amateurs et que souvent les pollinisateurs sont des arbres d'une variété reconnue et non des pommiers à fleur comme dans les vergers pro.

En ayant des géniteurs de meilleure qualité, on augmente la probabilité d'obtenir une meilleure descendance. Il vaut mieux donc semer les pépins de nos fruits plutôt que ceux des fruits du commerce.
floyd a écrit le 11/09/2010 19:33
Un exemple parmi d'autres, la pomme 'charden' obtention de l'INRA est un hybride de golden et de reinette clochard comme son nom le laisse supposer.
http://gardenbreizh.org/photos/AberBenni...

Comme quoi André a de bonnes idées…
André a écrit le 11/09/2010 19:42
Merci !

Maintenant il ne reste qu'à créer une variété 'Stone' et on aura reformé le duo Stone et Charden...

lescrets a écrit le 12/09/2010 07:54
Il est certain que les pommes semées peuvent donner des résultats bien différents.

J'ai ramené des fruits pour exposer en 1998 du verger de GAP charance,
à la fin des expos, j'ai semé les plus beaux pépins de chaque variété, j'ai mis tout cela dans des pots.
j'ai ensuite repiqué deux fois les petits arbres et je les ai greffés sur des M9 et PAJAM.
Chaque année, des nouvelles variétés sortent et certaines sont stupéfiantes.
l'idéal est donc de prélever des fruits d'un verger de sauvegarde où se côtoient des variétés du monde entier et de toutes les époques.
Là où se trouve le plus grand réservoir génétique.
floyd a écrit le 12/09/2010 09:27
C'est du pragmatisme! Il est clair que le taux de semis chanceux sera accru.
… rien à voir avec le coté rationnel et raisonné des hybridations contrôlées auxquelles s'astreignent les pro pour concentrer les qualités des deux parents dans quelques pépins.
Leur but est de tester des hybrides améliorés plutôt que de remplir les terrines de semis sans papier.
lescrets a écrit le 13/09/2010 09:17
Le but est surtout de faire des variétés que le consommateur moyen achètera.
Par exemple, la pruine sur une pomme la condamne aux oubliettes :
le consommateur croit qu'il s'agit d'un produit de traitement.
floyd a écrit le 13/09/2010 09:30
Exactement, et la liste des conditions du succès d'une nouvelle variété va encore se rallonger. Il y a déjà des années que l'on sélectionne la forme du fruit pour en limiter la profondeur des cavités, en vue de la réduction des besoins en traitements.

Tout cela laisse craindre qu'une pomme "sans papier" issue d'un semis chanceux mais jugée exceptionnelle au point de faire une longue carrière commerciale, soit de plus un plus un doux rêve.
… mais on peut rêver.
André a écrit le 13/09/2010 10:02
Les conditions de sélection professionnelles et purement commerciales sont nombreuses :
- Aptitude à la conservation
- Résistance au choc pour faciliter les manipulations et le transport
- Homogénéité et aspect du fruit (par exemple, la patte de Loup serait jeté à la poubelle par un sélectionneur en raison de sa balafre systématique)
- Goût standard (une pomme ayant un goût un peu particulier ne sera pas acheté par le plus grand nombre)

J'en oublie certainement...
floyd a écrit le 13/09/2010 10:34
Disons que tu ne les cites pas toutes, mais que tu les connais bien en tant que propriétaire d'un verger.
Aller, on dresse la liste?
- date de floraison, précocité ou non, pollen, pollinisateur,
- résistances… au gel, au froid, au sec, à l'humide, aux insectes, aux maladies, aux nuisibles, état sanitaire,
- exigences agronomiques (liées au PG)
- vigueur, port, solidité des rameaux, dureté du bois, feuillage,
- régularité de la production, volume, précocité, calibre, homogénéité,
- aptitude au greffage, au bouturage,
- comportement à la taille ou à la non-taille
- date de récolte, date de maturité, rapidité d'évolution vers la sur-maturité.

Car avant le fruit, il y a l'arbre.
Ferréol a écrit le 13/09/2010 16:47
Un des principaux axes suivant lequel se fait la recherche de nouvelles variétés à l'heure actuelle est la résistance aux différents ravageurs qui chez le pommier sont particulièrement nombreux (tavelure, feu bactérien, puceron cendré du pommier j'en passe et des meilleures).

Cela va dans le sens de la réduction des pesticides qui pour la tavelure (maladie d'ailleurs essentiellement "cosmétique") peut représenter une vingtaine de traitements par an entre le débourrement et la cueillette.
floyd a écrit le 13/09/2010 17:09
… peut représenter une vingtaine de traitements par an entre le débourrement et la cueillette.

Je n'ai pas trainé mes bottes depuis longtemps dans le verger de l'école, mais de mémoire, les traitements n'étaient pas si nombreux grâce à la lutte intégrée à la fin des années 70.

Tu as raison cependant le client-consommateur exige des fruits non seulement en bonne santé, mais aussi d'un aspect parfait.
Les traces de bouillies sont exclues, mais aussi le liège, les colorations trop dissymétriques, l'excès de pruine (cité par lescrets, merci).

Le progrès en matière de génétique est encore assez lent, hélas le hasard l'est encore plus! Même si la plante parfaite existait, il y aurait encore de la place pour le greffage et la multiplication végétative.
André a écrit le 13/09/2010 17:18
le client-consommateur exige des fruits non seulement en bonne santé, mais aussi d'un aspect parfait.

Le comble est que bien souvent l'aspect est plus important que le goût.

On voit de plus en plus des étals remplis de fruits et légumes superbes mais sans aucun goût !
floyd a écrit le 13/09/2010 17:28
D'autres considérations entrent en jeu qui ne sont pas du ressort de la pomologie et des techniques de x-veg comme on disait jadis.


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