où est le cambium ?

greffer.net >> Greffage

patrice a écrit le 07/06/2010 16:21
Bonjour,

Petite colle, à laquelle je n'ai pas la réponse car les diverses sources que je trouve sont assez contradictoires.

Lorsqu'on décolle tel pour une greffe en couronne :





Où est le cambium?

Sur la face interne de la partie décollée ? (la majorité de ce que j'ai trouvé abonde en ce sens)

Divisé, à la fois sur la face interne décollée et en surface du bois (rarement trouvé sur quelques schémas).

Sur la surface non décollée?

Ayant réalisé des greffes sans traitement (raper) latéral ou postérieur du biseau du greffon, elles ont prit, ce qui laisse penser qu'il y a des parties génératrices au moins sur la face externe de la partie non décollée, mais la majorité des docs que j'ai pu trouver indiquer qu'en otant ainsi, le cambium vient totalement dans la partie décollée.

N'ayant pas de microscope, c'est difficile à vérifier...

Merci.
klakos a écrit le 07/06/2010 17:14
À la limite des deux ?
http://www.botany.hawaii.edu/faculty/Web...
floyd a écrit le 07/06/2010 23:33
La question avait été illustrée ici: https://www.greffer.net/forum/viewtopic....
à partir de cette page: http://www.botanique.org/botanique/anato...

Couche mince de quelques assises de cellules c'est certain et ça ne rend pas facile l'observation en cas de décollement.
Bref aucune idée et aucun souvenir d'une séance de microscope pour observer la chose.

Peut-être se rapprocher d'un prof de bio dans un établissement agricole ou horticole. (du coté d'Angers par exemple…)

Dans la pratique on cale le greffon dans l'angle encore collé. Là la structure est en place et indemne. Sans doute les chances y sont meilleures.
winston s. a écrit le 26/06/2010 15:42
Bonjour,

Je suis débutant en greffe et je me posais la question concernant le cambium et la greffe par écussonnage.

Dans toutes les autres techniques, il est toujours précisé de mettre les cambiums du greffon et du porte-greffe en contact. Sauf que pour l'écussonnage, il n'y a aucune précision sur ce point.

Alors comment se réalise le processus de cicatrisation/greffage?
La partie non décollée, contient des cellules de cambium qui se trouvent en contact avec celles de l'écusson, ce qui permet la greffe.
Est-ce correct? ou le processus est différent?
klakos a écrit le 26/06/2010 17:42

La partie non décollée, contient des cellules de cambium qui se trouvent en contact avec celles de l'écusson, ce qui permet la greffe.
Est-ce correct? ou le processus est différent?


Sans doute que oui, du moins en partie.
Je suis d'avis (attention, ce qu'est que le mien) qu'au cours du décollement , la couche de cambium se déchirerait. Elle se partagerait entre la partie "bois" et la partie "écorce".
La logique des greffes "en écusson" et "en couronne" par ex l'indiquerait.
Maintenant ce qu'est qu'une logique de méconnaisseur !
arashi07 a écrit le 28/06/2010 10:08
J'aime bien ta vision klakos,
je trouve qu'elle permet de comprendre comment les
tissus se soudent.
argos31 a écrit le 28/06/2010 20:59
Bonsoir - je pense que les compétences de la source sont "certaines" voir http://www,snv.jussieu.fr/bmedia boisl.formation.htm
patrice a écrit le 29/06/2010 19:02
Probleme de lien...
argos31 a écrit le 29/06/2010 19:33
Excusez-moi http://www.snv.jussieu.fr/bmedia/bois/01... -Là ça marche c'est l'ensemble de l'universitè -le mieux est de taper cambium dans google
André a écrit le 29/06/2010 20:51
Le technicien de la chambre d'agriculture d'Ardèche qui m'a formé à la greffe du châtaignier récemment m'a indiqué que pour la greffe en couronne, il écorçait légèrement la partie externe du greffon (en plus du côté) afin que la soudure puisse se faire aussi par là.
floyd a écrit le 29/06/2010 21:58
Merci argos31. Effectivement de l'info scientifique à souhait.

Dans la pratique j'ai l'impression qu'il faut de bons yeux et une main sûre pour réaliser l'écorçage décrit par André.
Moins d'écorce incluse sous le volet mieux c'est; pas de doute.
André a écrit le 29/06/2010 22:10
Non ce petit écorçage est très facile. Dés que le greffon est formé et prêt à être inséré, on donne 2 ou 3 coups de greffoir au dos de celui ci, juste pour faire apparaitre un peu de vert puis on insert.


arashi07 a écrit le 30/06/2010 10:19
et si on greffe en couronne en décollant
complètement la partie externe du greffon qui sera
sous l'écorce, (j'entends par là enlever la partie qui vient
en laissant le bois blanc)
ça a une chance de marcher?

Un écusson se soude bien sur ce "bois" blanc n'est-ce pas?
patrice a écrit le 30/06/2010 17:35
L'écusson étant conservé dormant pour la réalisation de la greffe en couronne, je ne vois pas comment on pourrait décoller aisément l'écorce...

(je parle des espèces caduques, pas des persistantes...).

Sinon du point de vue théorique :

On décolle de façon classique l'écorce 'B' du bois 'A'.
A l'opposé du biseau, on ote totalement l'écorce de la même façon que précédement en C.





A et C étant de même nature (vu qu'on a décollé de la même façon), il est évident que ca marche.
floyd a écrit le 30/06/2010 20:42
Salut Patrice,
Ton approche théorique est intéressante; elle me laisse perplexe et avec une grande envie de faire un essai selon le croquis.

Je suis ravi de suivre ce topic. La question était simple "où est le cambium?". Les échanges révèlent une pratique du greffage en couronne selon des "routines en aveugle".

Comment être sûr que des cellules de cambium puissent subsister entre la face interne du greffon et le bois du PG?
• Soit elles existent et elles poursuivraient leurs divisions en créant:
- des couches de phloème et des couches de xylème,
- un tissu particulier appelé parenchyme qui sert de bourrage et contribue à la soudure.
• Soit elles n'existent pas et c'est le cambium du PG qui assure la soudure puis la mise en continuité des tissus.

Ce dernier cas convient assez bien à ton croquis explicatif.
patrice a écrit le 30/06/2010 21:24

Ton approche théorique est intéressante; elle me laisse perplexe et avec une grande envie de faire un essai selon le croquis.

et après comment savoir si c'est la face biseautée interne ou la face écorcée externe du greffon qui aura permit la reprise de la greffe?...

Comment être sûr que des cellules de cambium puissent subsister entre la face interne du greffon et le bois du PG?

On sait déjà par la pratique que la greffe prend. (par exemple avec la greffe en placage en tête, ou les greffes en couronne sans rabotage latéral ou dorsal du greffon, tel évoqué ci dessus)





Donc il y a forcement une soudure au niveau de la face interne du greffon.
arashi07 a écrit le 30/06/2010 21:33
C'est très intéressant
merci pour ton schéma Patrice,
c'est ce ce à quoi je pensais

mais dans le dernier exemple, sans rabotage,
Est-ce que la soudure se fait par la continuité des cambium?
ou par soudure de la partie "verte" du cambium du greffon sur le "bois" blanc
du PG? Exemple: écusson "boisé" avec esquille
winston s. a écrit le 30/06/2010 21:40
Si il y a répartition du cambium entre le bois et la face interne de la partie décollée,
comment la proportion se fait-elle ? change-t-elle en fonction des différents stades phénologiques du PG? quels sont les facteurs?
floyd a écrit le 30/06/2010 22:15
Exact Patrice, la question est bien de savoir si c'est la face biseautée interne ou la face écorcée externe du greffon qui aura permis la reprise de la greffe. Pour apporter une preuve, peut-être suffirait-il de procéder à des greffages en neutralisant par une application de paraffine l'une ou l'autre des faces.

Le succès d'une pratique traditionnelle n'empêche pas l'envie de savoir comment ça marche.
Il est clair et les textes et les gravures l'indiquent fortement que les anciens tablent sur la soudure par les cambium pour les greffes à rameaux. Pour les écussons arashi07 souligne une différence dans le principe, "soudure de la partie "verte" du cambium du greffon sur le "bois" blanc"

Je pense qu'il n'y a pas "soudure" au niveau de la face interne du greffon;
- Pour rétablir la continuité des tissus assurant le transport des sèves, la présence de cellules capables de se diviser est indispensable. Le cambium peut générer ces cellules dans un premier temps en constituant un parenchyme.
- La solidité mécanique est acquise plus tard dès que la connection des cellules du cambium rétablit une assise continue qui génère couche après couche le bois/xylème solide.

Le moment choisi pour le greffage n'en a que plus d'importance. Pour tenter de répondre à winston s. on peut dire que la montée de sève précède la reprise des divisions cellulaires du cambium. Les perturbations engendrées par les coupes et les décollements suffiraient à expliquer la constitution, en réaction, du tissu parenchymateux.
matiokidor a écrit le 09/07/2010 10:04
Tout à fait d'accord, je pense aussi qu'il n'y a pas soudure sur la face interne du greffon, il y a collage.

Quand on greffe en couronne ou en écusson, on soulève intégralement la partie génératrice. D'ailleurs si le végétal n'est pas bien en sève et qu'il reste des paquets de cellules adhérentes, on voit bien que le collage ne peut pas se réaliser avec la face interne du greffon.

N'étant pas scientifique, j'aime bien expérimenter sur le frêne excelsior et la coupe d'une belle greffe anglaise confirme l'hypothèse : soudure des cambiums et collage en dessous.

Voici un texte que je viens de scanner :

Multiplication des plantes horticoles
par Dominique BOUTHERIN et Gilbert BRON
Professeurs au lycée agricole et horticole d'Angers

3 Physiologie
3.1 Rappels de biologie

Le greffage est une soudure entre le sujet et le greffon ; celle-ci se réalise au niveau des assises génératrices des plantes concernées (méristèmes secondaires). Il est donc indispensable de les faire coïncider. L'union définitive est assurée par la prolifération des cambiums et le raccordement des tissus libériens (assurant la conduction) et ligneux (tissus de soutien).

Dans le bourrelet de greffe (c'est-à-dire au point de soudure), les parenchymes (tissus primaires de nutrition) et les tissus conducteurs (bois primaire, liber primaire et secondaire) s'unissent de façon compliquée, différente de la normale : les vaisseaux y sont moins nombreux, plus longs et dirigés dans tous les sens.

La greffe doit permettre la continuité de la circulation de la sève. La sève ascendante éprouve des difficultés à franchir le bourrelet de greffe qui agit comme un véritable filtre et maintient le greffon dans un milieu sensiblement plus sec que s'il était alimenté par son propre système racinaire.


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