Irrigation d'un verger

  1. greffer.net
  2. >>
  3. Hors-sujet


André a écrit le 23/03/2010 11:59 (ref msg # 26616 )
Après la plantation d'une petite centaine d'arbres répartis sur un hectare, je dois maintenant régler le problème de l'irrigation. Pour l'instant je procède à un arrosage manuel mais c'est long et fastidieux.

J'ai trouvé ce système de goutteurs en ligne ici : http://www.osezleseaux.com/glossaire/det...

Mes arbres étant espacés au maximum de 10 m, je pensais mettre en place un réseau d'irrigation composé de tuyaux classiques de 15 mm de diamètre auxquels je raccorderai (avec de petits connecteurs appelés "répare-tuyaux") ce système de goutteurs au niveau de chaque arbre. Le tout étant connecté à un programmateur de ce genre : http://www.pixmania.com/fr/fr/1284497/ar...

Qu'en pensez-vous ?
floyd a écrit le 23/03/2010 20:55 (ref msg # 26621 )
Pensons d'abord à:
- connaitre la RFU de ce sol sableux.
- quantifier les besoins, la fréquence, la dose et la disponibilité de la ressource.
- optimiser des lignes d'irrigation après un calcul des pertes de charges et la prise en compte du relief.
- mulcher abondamment et largement le pied de chaque arbre.

Bref choisir le goûteur me parait prématuré.
André a écrit le 23/03/2010 21:10 (ref msg # 26623 )
Merci pour tes commentaires Floyd.

Alors, pour la réserve d'eau facilement utilisable (RFU), elle ne doit pas dépasser 60 mm puisque mon terrain est hyper sablonneux.

Pour les besoins, je ne sais pas trop les calculer. Ils sont variables selon la saison. En ce moment, il pleut souvent donc les besoins d'irrigation sont très limités. En été, il faudra en revanche prévoir un arrosage quotidien. Au pifomètre, je partira bien sur 5 litres/jour/arbre soit environ 500 l/jour. Pour les ressources, je dispose d'un point d'eau d'environ 120 m3 dans lequel je pourrai pomper + un puits à débit inconnu pour l'instant.

Le relief est plat sur une moitié du terrain et en légère pente sur la deuxième moitié. Je prévois donc de placer mes robinets en haut de la pente.

Pour le mulchage des arbres, c'est en cours.

PS: un petit lien pratique pour le calcul de RFU : http://www.agri02.com/pages/Outil/outil_...
floyd a écrit le 23/03/2010 22:33 (ref msg # 26626 )
Mettons donc la RFU à 50 mm et le déficit mensuel à 150 mm durant 5 mois d'été. Trois apports par mois s'imposent; soit un par décade.

Arbres jeunes, arrosons 1 m2 donc 100 m2 pour 100 arbres.

3 apports x 50 litres/m2 x 100 m2 x 5 mois = 75000 litres soit 75 m3 pour tout le verger tout l'été.
Donc le point d'eau de 120 m3 suffit, pour autant que la sécheresse n'aide pas à le vider.

Les mêmes calculs sont plus inquiétant pour les années suivantes s'il faut envisager de doubler la surface arrosée par arbre, ce qui porte le besoin en eau à 150 m3. Il faudra tirer sur le puits…

500 litres par jour x 30 jours x 5 mois = 75 m3 tout pareillement.
André a écrit le 23/03/2010 22:55 (ref msg # 26627 )
Sans compter qu'il faudra aussi des asperseurs pour le gazon...

Si le puits ne donne pas suffisamment, j(envisagerai un forage ou la création d'un deuxième étang de rétention (à la pelleteuse + argile)
floyd a écrit le 24/03/2010 07:57 (ref msg # 26628 )
En ce qui concerne le nombre de lignes d'irrigation, sachant que le retour d'eau intervient tout les 10 jours, on peut concevoir un réseau en parallèle à 10 lignes desservant 10 arbres.

Le programmateur commandera chaque jour l'ouverture l'electrovanne d'une seule ligne. La pompe n'a pas un gros débit à fournir, seulement 500 litres par 24 heures. Une citerne surélevée sera remplie d'eau filtrée en 10 minutes si (3m3/h)

Ensuite un écoulement gravitaire peut faire l'affaire.
André a écrit le 24/03/2010 08:55 (ref msg # 26629 )
"floyd" a écrit :
sachant que le retour d'eau intervient tout les 10 jours,.

qu'appelles tu le retour d'eau ?
vomito a écrit le 24/03/2010 10:16 (ref msg # 26630 )
Malheureusement tu prends le problème complètement à l'envers, mais je vais suivre l'évolution de ton projet avec intérêt, surtout vue l'ampleur des moyens mis en œuvre.

Je n'y connais rien en arrosage automatique mais je me permets d'attirer l'attention sur un détail : ces goutteurs, matériels et petites canalisations sont-ils compatibles avec une eau aussi chargée de particules que celle de ta mare ? (J'imagine que c'est là que sont stockés les 75 m3, attention à ne pas compter le volume de la marre comme volume utilisable...)

Sinon, il faut prévoir un second lagunage + filtration...autant utiliser l'eau du robinet. Et pour la pelouse, je ne sais pas si c'est bien raisonnable !

S'il y a une suite à ton projet, je ne peux que te conseiller de faire dès à présent des essais rationnels de plantation de porte-greffes en place. Ca autorise des pertes à moindre coût et c'est très économique sur le plus long terme.

A priori ton choix du M7 pour bon nombre de pommiers est sensé. Il y a peut-être mieux, en tout cas la création d'un tel verger dans ces conditions demande une certaine conception au préalable.

Courage, c'est un sujet passionnant !

Mise à jour : je vois que Floyd avait soulevé le même problème dans l'un des multiples sujets de ton jardin/marre/terrain/verger , voir ici :
https://www.greffer.net/forum/viewtopic....
André a écrit le 24/03/2010 10:29 (ref msg # 26631 )
"vomito" a écrit :
Malheureusement tu prends le problème complètement à l'envers!

pourquoi dis-tu ça ?
vomito a écrit le 24/03/2010 10:40 (ref msg # 26632 )
Surtout parce que l'étape la plus mineure, c'est la plantation.

Elle intervient en dernier, une fois que tout est étudié, les volontés définies, les solutions trouvées et la mise en œuvre terminée.

Et comme c'est ce par quoi tu as commencé, tu cours après les solutions. J'espère qu'elles existent même si tu sembles prêt à repousser beaucoup de limites.
André a écrit le 24/03/2010 10:50 (ref msg # 26633 )
Effectivement l'idéal aurait été de planter une fois tous les préparatifs terminés mais je ne voulais pas décaler ma plantation au printemps 2011, raison pour laquelle j'ai mis la charrue avant les bœufs en espérant avoir un minimum de pertes.
vomito a écrit le 24/03/2010 11:05 (ref msg # 26634 )
Et automne 2010, avec des plants déjà greffés dans une partie "pépinière" de ton terrain si sableux ?

Là ta plantation est tardive, en tout cas c'est loin d'être le cas idéal. Ca aurait été plus contrôlable en pépinière, avec comme résultat des plants un en peu mieux adaptés et en excellente condition. Puis transfert rapide et sans dommage vers le verger à quelques mètres et aux caractéristiques semblables, ce qui autoriserait peut-être une infrastructure moins lourde, voire même de "gagner du temps" sur l'implantation du verger.

Enfin bon, on ne va pas refaire le verger. Pour l'eau boueuse et la possibilité de l'utiliser avec le matériel que tu envisages...faut vraiment trouver une réponse.

De même, je suis dubitatif quant à l'arrosage, il est prévu sur le mulch (qui offre une grande surface d'évaporation et immobilise une grosse réserve d'eau) ? Ou semi-enterré au pied de chaque arbre (mais alors difficile de regarder les goutteurs !) ?
vomito a écrit le 24/03/2010 11:25 (ref msg # 26635 )
"André" a écrit :
[quote="floyd"]sachant que le retour d'eau intervient tout les 10 jours,.

qu'appelles tu le retour d'eau ?[/quote]

Si tu as 10 lignes, avec la solution de Floyd (assez ingénieuse et économique) le système n'arrose qu'une seule ligne par jour. Donc une fois une ligne arrosée, celle-ci ne voit le "retour d'eau" = le prochain arrosage qu'une fois 10 jours écoulés.

Mais ça suppose d'avoir planté 100 arbres dans un système proche du 10x10. C'est à peu près ton cas ?
André a écrit le 24/03/2010 22:04 (ref msg # 26637 )
"vomito" a écrit :
Et automne 2010, avec des plants déjà greffés dans une partie "pépinière" de ton terrain si sableux ?

C'est mon plan B au cas ou mes plantations de ce printemps échoueraient.

Je pense mettre les goutteurs semi-enterré au pied de chaque arbre. En fait, je vais mettre 5 cm de fumier mur sur un diamètre de 1 m autour de l'arbre puis par dessus les goutteurs puis par dessus la paille.

Pour le type de plantation, les arbres sont planté en 10 x 10 en quinconce.
floyd a écrit le 24/03/2010 22:52 (ref msg # 26638 )
Une fois la RFU "rechargée" par un apport de 50 litres d'eau sur un mètre carré, on peut attendre 10 jours (une décade) avant de devoir arroser à nouveau.
Autant pour moi, l'expression est "tour d'eau"… un mot du jargon des irrigants.

Une autre donnée à prendre en compte c'est la vitesse de percolation du sol. Pour un sable elle est très élevée, on peut donc arroser assez vite, 10 fois plus vite que pour un sol argilo-limoneux.

Pas besoin de gouteurs à débit limité, une suite de petits perçages dans une boucle circulaire d'un tuyau d'arrosage suffira après quelques tests de validation. Sous le mulch, of course…
André a écrit le 25/03/2010 12:19 (ref msg # 26644 )
En arrosant rapidement, on augmente pas la vitesse de percolation ?

Je me dis que le goutte à goutte permettrait que l'eau ne file pas directement vers le sous-sol profond mais stagne en surface plus longtemps pour un meilleur usage par les racines. Je me trompe ?

J'ai essayé de comprendre la loi de Darcy http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Darc... mais ça me dépasse un peu

Pour les petits trous dans le tuyau, j'y avais pensé mais je me disais que cela allait faire des jets très fin à haute pression au lieu de goutter doucement.
floyd a écrit le 25/03/2010 19:20 (ref msg # 26652 )
Ce rappel de la loi de Darcy est tout à fait justifié, mais ce n'est pas en hydraulique que j'ai eu les meilleures notes…

Cependant… l'eau file vers le sous-sol profond dès que la RFU est complètement rechargée. Le sol n'étant plus en mesure de stocker et de retenir une goutte de plus.

Nul besoin de mettre sous forte pression l'eau dans les canalisations d'irrigation. L'objectif est un débit sans pression. "baver plutot que cracher" comme disait le prof de génie rural.

Le principe du goutte à goutte c'est de remplacer chaque goutte d'eau utilisée par une goutte apportée. La RFU est alors en permanence à 100%. S'il pleut, le sol ne peut stocker cet apport d'eau excédentaire… un comble.

Comme le soulignait vomito, la maintenance d'une telle installation plus complexe suppose une grande vigilance.


greffer.net >> Hors-sujet