Pontage sur tulipier

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bourru a écrit le 05/08/2009 18:58 (ref msg # 24004 )
Bonjour
J'ai un assez beau tulipier de 20ans,
Malgré un coup de vent qui lui a cassé 3m de pointe, il fait encore 9m de haut.
Un coup de ridelle de camion lui a enlevé un gros morceau d'écorce (l:15cm, h:45cm), il y a trois ans.
La blessure, découverte le lendemain avait trop séché (ainsi que l'écorce) pour tenter une "greffe de peau"
La plaie est maintenant bien cicatrisée, avec un joli bourrelet tout autour.
En vue de le ponter j'ai suscité des départs de rameaux à la base de la plaie.
A quel moment un pontage a le plus de chance de réussir?
Vu les échecs de greffe évoqués sur un autre post, vaut-il mieux ne rien faire et supprimer les rameaux?
floyd a écrit le 06/08/2009 18:09 (ref msg # 24011 )
Un greffage souvent évoqué, que j'aimerais voir un jour "en vrai".

De beaux bourrelets suffiront à combler le manque… mais si de jeunes rameaux assez souples et donc pas trop vieux semblent se prêter au jeu, alors il faut tenter cette greffe.

L'échec sera sans conséquence.

Quand? La question est: maintenant ou au printemps?
Puisque les pseudo-greffons sont alimentés rien n'oblige, à mon sens, à attendre le printemps.

J'imagine qu'il sera bon d'éborgner les yeux sur toute la longueur du rameau.
patrice a écrit le 06/08/2009 20:08 (ref msg # 24012 )
La question est: maintenant ou au printemps?

Comme toute greffe à rameau, le pontage requiert des greffons dormants.
Ensuite, tout dépend de la technique utilisée : si nécessité de soulever l'écorce (ce qui est généralement le cas), on pratique au moment des greffes en couronne.
patrice a écrit le 06/08/2009 20:19 (ref msg # 24013 )
.. et pour les sauvetages à l'aide d'une branche dont la base est racinée (soit un deuxième plant à côté, soit un rejet de la base de l'arbre), c'est généralement en mars-avril qu'on procède.
bourru a écrit le 06/08/2009 21:23 (ref msg # 24014 )
S'il s'agissait de pommiers, mutilés par du lapin ou du chevreuil, je ne vous importunerais pas, ça se voit très bien quand il va accepter.
Je l'aurais fait à la fleur, et ça aurait marché.
Mais cet exotique, comment présumer la façon dont il va réagir?
J'ai sélectionné trois rameaux, je vais faire un essai maintenant avec le plus fin (8mm au niveau où je je dois le réinoculer). Enfin, dans trois jours après un bon arrosage. Et a dieu vat.
Et je garde les deux autres pour la fin de l'hiver prochain.
Mais c'est de l'improvisation, dont
L'échec sera sans conséquence.

Comme dit Floyd
Pas si sûr, c'est repartir pour charcuter dans une belle cicatrisation, naturelle.
patrice a écrit le 07/08/2009 06:27 (ref msg # 24015 )
"bourru" a écrit :

Mais cet exotique, comment présumer la façon dont il va réagir?


A ma connaissance, la seule contrainte avec le tulipier est la nécessité d'une protection anti-déshydratation pour les greffes à rameau sur porte-greffe déjà bien démarré (hors les cas de pontage à partir d'un plant raciné ou rejet où là il n'y a pas risque de dessèchement du greffon).
floyd a écrit le 07/08/2009 10:26 (ref msg # 24017 )
"charcuter" le mot est fort!
Une incision en "L" de l'écorce, un biseau long sur le rameau… peut-être un cloutage avec une petite pointe inox ou cuivre.
Voilà mon intuition.
Bon greffage, Bourru.
youcef a écrit le 07/08/2009 12:35 (ref msg # 24018 )
mon avis personnel c'est de laisser la nature faire.
juste badigeonner le bois nu de temps en temps avec de la chaux et un fongicide.
bourru a écrit le 07/08/2009 12:42 (ref msg # 24019 )
"charcuter" le mot est fort!

Certes, et je ne l'employais que comme antiphrase.
Il n'en reste pas moins qu'il s'agit pour le moins de chirurgie invasive pour laquelle, je vais devoir utiliser des outils plus impressionnants que le greffoir.
Si je réussis à faire un autre genre d'opération risquée (insérer une photo dans le message) vous verrez la taille des différents constituants.
Que personne ne s'offusque de la pub pour une marque de cigarettes, c'est pour donner les proportions, et si j'ai des choses comme ça dans mes poches, vous pensez bien que ce n'est pour rien d'autre que traiter le puceron
floyd a écrit le 07/08/2009 13:13 (ref msg # 24020 )
Essaie encore pour la photo; en utilisant la touche "télécharge une image…"

Surpris qu'un greffoir ne soit pas l'outil nécéssaire et suffisant pour une opération efficace.

Une question à tous: faut-il prévoir de refendre le rameau pour mieux l'appliquer sur le bois. Je ne le pense pas, mais…
bourru a écrit le 07/08/2009 13:24 (ref msg # 24021 )



A mon avis, pas question de tenter de s'introduire sous le bourrelet. Si je veux faire qqchose de propre il faut que j'attaque à coté ou nettement au dessus de la cicatrisation



car j'imagine que, là-dessous, le cambium doit présenter un point de rebroussement.
Qu'en pensez-vous?


NB les raisons de mon échec de transmission précédent: trop grandes dimensions
patrice a écrit le 07/08/2009 13:48 (ref msg # 24022 )
"floyd" a écrit :
faut-il prévoir de refendre le rameau pour mieux l'appliquer sur le bois. Je ne le pense pas, mais…


les pontages se font généralement avec des rameaux dont les extrémités sont coupées en biseau, insérées sous l'écorce, avec une légère flexion du rameau (exagérée sur le croquis ci dessous)



floyd a écrit le 07/08/2009 17:32 (ref msg # 24024 )
L'ombre est dense sous un liriodendron.

Les rameaux qu'on devine ont déjà plusieurs années, non?
Le croquis pour l'insertion sera donc délicat à appliquer.

… voilà pourquoi mon imagination, parfois trop libre, m'aurait incité à refendre en long et par la moitié ces gros rameaux.
Un peu comme l'on refend le saule pour obtenir des brins plus souples.
bourru a écrit le 07/08/2009 19:38 (ref msg # 24025 )
Tu as raison Floyd, on a déjà vu des photos plus claires!
Une autre donc, où en gros plan, on voit le haut de plaie, complètement refermée sur les 20cm supérieurs, les très gros et beaux bourrelets et à gauche le rameau (troisième saison)
A la hauteur où j'envisage la greffe, le rameau fait 11mm de diam.
Comme pour nimporte quel type de pont, le rameau doit être assoupli à la main, ce qui ne pose pas de problème avec le tulipier.
Ce qui en pose, c'est le bien fondé de l'opération:
en aucun cas, on ne peut dire qu'il s'agit de restituer le volume de sève "volé" par la blessure,
l'esthétique, masquer la plaie?
ou le vain plaisir d'&tonner le touriste en face d'un arbre à poignées?
Vraiment, j'hésite


floyd a écrit le 07/08/2009 21:07 (ref msg # 24026 )
Un arbre à poignée… c'est une possibilité.
Les bourrelets sont impressionnants par contre la facette de bois à nu présente des taches: attaque de moisissure?

Auquel cas il faut assainir comme le suggère Youcef.

Après et avec un brin d'audace, se lancer dans un greffage avec insertion dans l'écorce du bourrelet. L'opération me paraitrait plus "saine" que de tenter dans le triangle supérieur de l'entaille.

Je poursuis dans mon idée de refendre un rameau; je suggère de "coller" le demi-rameau avec le mastic, avant de colmater les dernières lacunes.

Sinon, les incisions répétées depuis deux ans, au greffoir et au printemps dans la longueur des bourrelets de mes pommiers, ont donné des résultats qui me satisfont.
voir topic crans et incisions.
bourru a écrit le 08/08/2009 08:41 (ref msg # 24034 )
merci Floyd,
Décidément, ce forum est fantastique.
J'avais au milieu d' une solide certitude, un toute petite question : quand?

Vous m'avez intellectuellement beaucoup fait avancer, émerveillé du vaste champ des possibles, même si, au niveau action, ceci risque de conforter ma fâcheuse propension naturelle à la procrastination.

QQues réponses à tes remarques précises

1- les taches grises sur le bois nu: à ce jour rien de grave, mais youssef et toi avez raison, je vais préparer un peu de badigeon maison.

2- Les fentes dans le bourrelet: je doute que ce soit suffisant pour résorber l'écart de 8-10cm restant.
D'autant que les effets spectaculaires de l'incision sur des écorces coriaces risque d'être bcp moins efficace sur l'écorce plutôt tendre du tulipier.

3- ta suggestion d'enlever la moitié du rameau pour mieux l'appliquer sur le bois nu de la plaie est très séduisant. c'est sans doute la technique
qui donnerait la meilleure réparation esthétique. Surtout avec trois rameaux disponibles.
Si le 1er marche bien, rien n'empêcherait de placer les autres, à coté, pour un remplacement complèt du tissu manquant.
Mais avant de la mettre en oeuvre, il me faut trouver des solutions "mécaniques" : la force adhésive du mastic est illusoire eu égard à la force
de mes rameaux, les clous et/ou vis sont quand même assez barbares; reste à envisager une forme de garrot-pansement compressif,
à surveiller ça de très près.

Je me donne huit jours avant de décider, c'est d'ailleurs le temps nécessaire pour qu'un bon arrosage au pied fasse son effet
vomito a écrit le 08/08/2009 10:03 (ref msg # 24038 )
"bourru" a écrit :

Je me donne huit jours avant de décider, c'est d'ailleurs le temps nécessaire pour qu'un bon arrosage au pied fasse son effet


Comme l'a souligné Patrice, ce genre de greffe s'effectuera bien mieux avec des greffons dormants, profitant de la pluviométrie hivernale et de conditions idéales pour cette opération délicate. Mieux vaut attendre.
bourru a écrit le 08/08/2009 10:19 (ref msg # 24040 )
avec des greffons dormants, profitant de la pluviométrie hivernale et de conditions idéales pour cette opération délicate.

Salut Vomito,

Sujet et rameaux font partie du même arbre et seront donc toujours dans le même état de dormance ou d'éveil, à la toute petite différence (négligeable, je pense) que ces rameaux, implantés plus bas et bien verticaux, risquent d'être un peu plus "en sève" que l'arbre lui même.
Mieux vaut attendre.

Dis pas ça, déjà que j'ai un peu tendance à remettre au lendemain
André a écrit le 08/02/2011 21:47 (ref msg # 29494 )
"bourru" a écrit :
en aucun cas, on ne peut dire qu'il s'agit de restituer le volume de sève "volé" par la blessure

Pourquoi ?
floyd a écrit le 08/02/2011 23:26 (ref msg # 29496 )
Les explications de Francis Hallé dans son 'plaidoyer pour l'arbre' renforcent l'idée que l'arbre est fait de bois racinaire. (page 36)
Un peu technique mais à lire pour être au fait des théories les plus récentes.

Bref, chaque racine alimenterait un rameau par la continuité d'un cambium.

Une plaie sera donc l'interruption d'une circulation. On peut imaginer toutefois que la sève va trouver difficilement à contourner la zone de la coupure durant la reconstitution du cambium.

Ce n'est pas le pontage qui apporte la solution, mais plutôt un collage par les bords placés à joint vif des cambium du bourrelet et du greffon. Un peu comme si on pratiquait un chip-budding géant.

La particularité pour le liriodendron de Bourru, reste que le "greffon" est un rameau issu et non séparé du tronc. Seule la pointe supérieure devra être "coulée" sous l'écorce comme le suggérait Patrice.


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