Les associations (dé)favorables de végétaux

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floyd a écrit le 31/05/2008 08:47 (ref msg # 17477 )
Je ne suis pas sûr d'être tout à fait d'accord sur la réalité du retard de l'arboriculture en France:
•  Au plan scientifique, quelques informations et des liens apportés sur ce forum ont tenté de montrer que les connaissances actuelles sont également le fait de chercheurs français.
"200 ans de retard" une formule, pas une réalité.

• Au plan pratique, la diffusion des nouvelles techniques est parfois ralentie par le facteur financier (l'arboriculture ne paie plus comme avant) et par la complexité accrue des savoirs et des savoirs-faire nécessaires, tant scientifiques que pratiques.
L'absence de relève est plus à craindre, tant la concurrence des productions importées à contre saison des pays à faible coût de main d'œuvre est devenue forte.

• Au plan médiatique, la vulgarisation vers le grand public se heurte me semble-t-il à la phobie ambiante qui pousse nos contemporains à refuser d'entendre et de comprendre les mots comme, génétique, hormones, synthèse, raisonné, investir sur le long terme…

Sur ce point, la mentalité rétrograde de nos sociétés, est un fait dénoncé régulièrement et depuis longtemps par les hommes et femmes de progrès.
Liogood34 a écrit le 31/05/2008 11:06 (ref msg # 17486 )
Bonjour à tous,

Je suis tout à fait sûr de ne pas être d'accord...
Floyd, je trouve que tu écris beaucoup de choses très intéressantes et sensées, mais là, le raccourci est trop rapide, et réducteur.
Agriculture ou arboriculture raisonnée ? Des termes destinés à rassurer le grand public. On continue à empoisonner, mais après avoir "raisonné"...
C'est du bizness, un petit coup de peinture verte sur des pratiques qui, si elles permettent de réduire la consommation de cochonneries pour maintenir en vie des plantes complètement assistées, permettent de continuer à balancer dans la nature des produits qui n'ont rien à y faire en donnant l'impression aux acheteurs qu'ils font un geste pour la planète.
Mentalité rétrograde de nos sociétés ? Hommes et femmes de progrès ?
Continuons à fabriquer de nouveaux fruits, alors que tant d'autres disparaissent. Mais ceux qui s'en vont avaient mis des centaines d'années pour s'adapter au terroir. A leur place, on va planter des choses standardisées, mais qui auront certainement besoin de toute une batterie de chimie pour compenser leur "artificialité". Le progrès c'est de stériliser les sols, d'enlever toute mauvaise herbe ? De nourrir sous perfusion les plantes, sans leur laisser le soin d'aller chercher leur "casse croûte" et de n'assimiler que ce dont elles ont besoin ? On le sait mieux qu'elles ? Tant de ceci, tant de celà, on saupoudre d'oligo-éléments, et on décide de l'endroit où la plante doit aller le chercher. Zut, l'engrais azoté qui favorise la pousse favorise indirectement la venue des pucerons. On traite ? De l'oïdium ? On traite, et tant pis pour les précieuses micorhyzes qui sont aussi des champignons...
Si ça pousse trop, un petit coup d’hormone « nanifiante » chimique pour calmer la plante, un peu de je ne sais quoi pour faire tomber les fruits en surnombre…

Tout ce qui listé au dessus est au menu de l’agriculture « raisonnée ». Et ce serait rétrograde de s’en méfier, et de souhaiter une autre agriculture ?

C’est grâce aux personnes de progrès que le taux de fertilité des agriculteurs baisse de façon alarmante, et grâce aussi à ces gens qu’on trouve des métabolites dont on ignore complètement le devenir dans la ressource eau.

Les personnes de progrès brandissent souvent le spectre de l’obscurantisme pour justifier de la méfiance légitime des gens. Ils ne font que défendre leur fond de commerce…

Il faut arrêter de se dire et de dire que si l’homme n’est pas là, c’est le bazar et que rien ne fonctionne comme il faut. C’est une vision anthropocentrique très révélatrice de la trouille qu’on a de la nature.
Pendant très longtemps, on a fait avec la nature, maintenant, on fait contre. L’addition commence à être entrevue…

Le discours qui veut nous faire croire que les scientifiques savent me fout les jetons, vous l’avez compris…

Bonne journée à tous, je vais un tour dans le jardin.

Lionel
patrice a écrit le 31/05/2008 11:35 (ref msg # 17487 )
Je vous remémore le sujet initial : les conseils d'associations de plantes.

Merci
autrevie a écrit le 31/05/2008 21:34 (ref msg # 17501 )
haaa je me doutais que ca partirais en banane,j'aurais pas du commencer...
André a écrit le 29/09/2008 10:27 (ref msg # 19545 )
"hendy" a écrit :
La juglone présente dans le feuillage du noyer(pluie) ralentirait la croissance et provoquerait à la longue la désertification de sa base..

J'ai lu je ne sais plus ou que l'effet de la juglone est souvent très exagéré.

En effet, la majeure partie de la juglone est dégagée par les racines alors pour que l'effet allélopathique soit significatif, il faut que le noyer en question soit déjà bien installé (au moins 50 ans). D'ou la cohabitation très facile entre blé et noyer en agroforesterie.
Ferréol a écrit le 29/09/2008 20:36 (ref msg # 19569 )
Pour ce qui est des associations censées prémunir des pucerons, certaines fonctionnent d'autre non.
Les plantes répulsives comme la rue, les tagetes (encore que ça fonctionne surtout pour les nématodes) ainsi que les autres citées, d'ailleurs j'ai aussi entendu parler de la coriandre, ont probablement une efficacité qui est difficile à prouver, au moins à quantifier.
Pour ce qui est des plantes censées attirer vers elles les pucerons, je suis beaucoup plus sceptique, j'avais un voisin qui plantait toujours des fèves près de ses rosiers car on lui avait dit que les fèves attiraient les pucerons des rosiers dessus. Il est presque impossible que ça fonctionne vu que le puceron du rosier, Macrosiphum rosae de son petit nom ne vit pas sur les fèves qui elles, hébergent un autre puceron, Aphis fabae qui de toute façon n'irait pas sur le rosier.
Pour ce qui est des pucerons des pommiers, il y a malheureusement plusieurs espèces qui s'y attaquent, Dysaphis plantaginea qui déforme très fortement les feuilles vit aussi secondairement sur le plantain, on pourrait donc de manière prophylactique supprimer les plantains (surtout le plantain lancéolé) des vergers (facile non?), ça devient plus compliqué pour le puceron vert migrant Rhopalosiphum insertum dont les hôtes secondaires sont toutes les graminées, mais il y a d'autres pucerons qui s'attaquent au pommier. Les pucerons lanigères(Eriosoma lanigerum) (originaire d'Amérique et qui n'a quasiment pas de prédateur naturel en Europe), le puceron vert du pommier, (Aphis pomi), le puceron vert du pécher (Myzus persicae) et j'en oublie certainement.

Sinon, pour ce qui est de se débarrasser des fourmis, c'est un des vecteurs de dissémination de certains pucerons mais les pucerons sont aussi capables de voler de leurs propres ailes ce n'est donc pas forcément un bonne solution d'autant plus que se débarrasser des fourmis n'est pas facile, et avec uniquement des moyens bio, ça devient une gageure.

Comme vous l'aurez compris après la lecture de cet exposé, lutter contre les pucerons sur pommier, ça se fait pas forcément d'un coup de baguette magique et on comprend dès lors les partisans du désherbage dans les vergers industriels (il y a beaucoup d'herbes qui sont hôtes secondaires des pucerons du pommier mais aussi d'autres ravageurs).

Après ça, j'aurais aussi beaucoup de choses a dire sur ce qui a été dit. Ne serait-il pas possible de créer une discussion à part pour causer de tout ça (a condition bien-sûr que tout le monde reste calme)?


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