Greffe de poirier sur pommier

greffer.net >> Poirier

michel29 a écrit le 19/01/2006 11:38
bonjour à tous
Quelqu'un a t il essayé de greffer des poiriers sur des pommiers ? jusqu'à présent il ne semble pas qu'il y a eu de réussite.
J'aimerai savoir si quelqu'un a tenté l'expérience.
patrice a écrit le 19/01/2006 12:26
Cette discussion a recemment eu lieu sur aujardin.org

Palladius fait etat de cette possibilité (voir http://www.fruitiers.net/articles/0001_p...) mais on suppose que soit à terme ca produit un rejet ou bien une mauvaise productivité vu que ca n'est plus fait courament de nos jours...

Si tu tentes une des expériences de Palladius, ne manque pas de mettre tes résultats ainsi que photos sur le sujet de discussion dédié : http://greffer.net/forum/viewtopic.php?t...
hendy a écrit le 19/01/2006 22:37
J' ai présentement des pommiers, aubépines, sorbiers, poiriers de greffer sur d' autres pommiers et poiriers.. mais cela est toujours à cours terme( 4-5 ans ) à moins de reprendre une partie de ses tiges et de les regreffer sur d' autres branches.. si on procède de cette facon on atténue le facteur de rejet. Mais ce qui importe surtout c' est de diminuer en potentiel et quantité les section terminals de l' arbre d' origine( ref. sève élaborée)
sapindo a écrit le 24/12/2006 09:07
Cette année j'ai greffé accidentellement un poirier sur pommier sauvage (je pensais que les greffons étaient du pommier).
Sur 3 greffes, 1 a prise avec une pousse assez vigoureuse de 40 cm environ, vu la petitesse du porte-greffe.
Cette greffe est parfois possible. Il semble que la variété de pommier Winter Banana vienne assez bien sur poirier...
André a écrit le 10/03/2007 01:58
Extrait du Tome 1 de "Le jardin fruitier du Museum" de Jacques Decaisne - 1872 - Disponible sur Gallica.fr

Le Poirier a l'avantage de pouvoir se greffer avee succès sur la plupart des genres appartenant au groupe des Pomacées tels que l'Aubépine, le Cormier, le Cotoneaster, le Néfier et le Cognassier. Il diffère en cela du Pommier, dont la greffe ne peut réussir, dit-on, que sur ses congénères.
Tous les Poiriers reprennent sur le franc ou sauvageon.

...

On aura remarqué qu'en citant les Genres de Pomacées sur lesquels le Poirier peut se greffer avec succès, je me suis abstenu de nommer le Pommier. En effet, tous les essais de greffes tentés entre ces deux arbres n'ont jamais eu qu'une réussite très faible et d'une très courte durée. La greffe, imparfaitement adhérente au sujet, y a toujours langui et a toujours péri avant d'être en état de fleurir et de fructifier. On a cité cependant un exemple de cette greffe qui datait de six ans, et qui, sans être vigoureuse, produisait des fruits ; elle appartenait au Doyenné, et se trouvait à quelques centimètres au-dessous du sol, sur un Pommier, doucin, dont quelques drageons attestaient la nature. Cet exemple extraordinaire se voyait à Saint-Denis, dans les pépinières de M. Cordonnier. Malgré l'exception que je viens de mentionner, l'antipathie réciproque du Poirier et du Pommier n'en est pas moins manifeste, et démontre nettement encore les différences organiques qui séparent les deux genres.
ké20 a écrit le 13/01/2015 10:35
Bonjour
J'avais justement l'intention de faire toute mes greffes de Poiriers sur des PG de pomme à cidre ....
Je constate par les différentes lectures, articles et avis , que l'idée est certes envisageable mais peu viable à long terme , ce qui me freine du coup.

Mon autre solution de rabat est l'Alisier Torminal qui se comporte très bien par chez moi , mais celui-ci n'offre pas forcément à long termes de bons rendements, j'ai l'impression ...

Eventuellement tenter ces greffes , et si elles réussissent , je peux peut-être planté le plant plus profond l'année suivante en espérant un enracinement de celui-ci , mais la première réflexion qui vient , cela n'entrainerait pas trop de rejet au pied de ce plant ? (dans le cas où l'enracinement se ferait? )

En 3ième choix , j'ai la possibilité de me rabattre sur du néflier du japon et du cotonéaster , mais le fait que ces 2 arbres poussent très lentement ne serait pas un frein pour la vigueur du poirier greffé ?
Mais surtout , est-ce que ces 2 variétés ne changent pas trop le goût qu'auront les fruits ?

Merci à tous pour vos réponses , que me conseillez donc au final , sachant que mon but est certes d'expérimenter mais surtout consommer les fruits de mes différentes greffes.
Kévin
François du Perche a écrit le 13/01/2015 15:12
Ce serait intéressant de tenter de greffer poirier sur alisier blanc (sorbus aria) qui supporte des terrains très médiocres. Voir p.2 de :
https://www.greffer.net/discussion/viewt...
Si ça marche bien, c'est une solution pour créer des vergers sur des terrains sableux ou pauvres.
floyd a écrit le 13/01/2015 18:02
… l'intention de faire toute mes greffes de Poiriers sur des PG de pomme à cidre ....

La disponibilité des semis de pommiers est une bonne raison d'essayer… si l'on a renoncé à utiliser les nombreux poiriers botaniques dont certains sont sans doute adaptés aux sols maigres.

"Le jardin fruitier du Museum" de Jacques Decaisne - 1872 - Disponible sur Gallica.fr, montre l'énorme diversité des Pyrus.
André a écrit le 13/01/2015 18:28
Ce serait intéressant de tenter de greffer poirier sur alisier blanc (sorbus aria) qui supporte des terrains très médiocres. Voir p.2 de :
https://www.greffer.net/discussion/viewt...
Si ça marche bien, c'est une solution pour créer des vergers sur des terrains sableux ou pauvres.

Je crains que ce ne soit pas suffisant hélas...

Avoir un arbre qui pousse à peu près (enfin qu'il végète comme on a coutume de dire) est une chose mais qu'il fructifie correctement en est une autre. Dans des terrains très pauvres comme ceux de mon coin de Gironde, j'ai par exemple des tas de châtaigniers de plus de 10 m de haut qui ne fructifient pas (ou très peu et avec de très petits fruits). Simplement parce que le sol fournit juste assez de nutriments pour une petite pousse annuelle mais pas assez pour faire des fruits.

La seule solution dans les sols très pauvres, c'est l'apport répété régulièrement de matières organiques (compost, brf, etc...) ou d'engrais minéral si on n'est pas adepte du bio.
François du Perche a écrit le 14/01/2015 10:37
d'accord avec toi André, mais il faut peut-être dissocier le PG et la fructification.
Si le terrain ne convient pas au PG, il faut un apport considérable de terre différente et on peut penser qu'à terme, les racines finiront par se retrouver dans un terrain qui ne leur convient pas et que le PG périclitera.
Alors que pour la fructification, si le terrain (pauvre) est adapté au PG, une petite quantité d'engrais / matières organiques doit suffire pour avoir de beaux fruits.
floyd a écrit le 14/01/2015 11:44
Les sols pauvres et peu profonds doivent inciter à installer des PG disposant d'un système racinaire traçant et à planter à grands écartements.
Mettre les petits plants dans les grands espaces.

Parmi les Pyrus, certains sont effectivement traçants.

Amendements et fertilisants, apports de terres, exigent de toute façon d'avoir été réalisés avant toutes plantations.
Reste la micro-irrigation fertilisante, mais on change de domaine technique.
André a écrit le 14/01/2015 12:18
En apportant du fumier en surface en automne et en début de saison puis un peu d'engrais minéral ensuite dans mon sable quasi à 100%, j'arrive à obtenir des fruits via le lessivage des nutriments de surface à chaque arrosage.
ké20 a écrit le 14/01/2015 18:45
merci pour les infos complémentaires sur les sols pauvres.
Le sol n'est pas aussi très pauvre chez nous comme ça peut l'être effectivement sur de nombreux endroits de la pleine de la garonne.

Il me restera donc à trouver des francs de poiriers alors si je veux réussir de jolis arbres , et je tenterai quand même différents tests sur mes PG disponibles actuellement
floyd a écrit le 14/01/2015 20:45
En apportant du fumier en surface en automne et en début de saison puis un peu d'engrais minéral ensuite dans mon sable quasi à 100%, j'arrive à obtenir des fruits via le lessivage des nutriments de surface à chaque arrosage.

Oui André c'est en définitive la solution pratique qui présente le plus d'intérêt.
Mais elle n'est pas dénuée d'inconvénient, dont l'établissement très superficiel des racines qui détermine une grande sensibilité aux coups de sécheresse.
On pense aussi à placer sur couronne qui va s'élargissant, les fumiers et engrais minéraux.
Foufouche a écrit le 15/01/2015 02:55
On a surement le même sol André si j'ai bien compris, celui des Landes sableux et acide.

Je pratique comme toi pour le fumier, j'y ajoute le plus possible si j'ai le temps de la matière organique sèche ou fraîche qui me sert de paillage en même temps
A la plantation j'essaye aussi d'y mettre quelques kilos d'argile pur, c'est très efficace je trouve, même très peu on sent la différence. J'essaye d'en ajouter en surface de temps en temps.
Par la suite en complément du fumier j'utilise principalement de la fiente et des cendres en quantité raisonnable directement sur le tas de matière organique autour des arbres.
Je ne sais pas ce que ça donnera dans le temps mais pour l'instant ça fonctionne pas trop mal, l'objectif étant surtout de recréer un sol "cultivable" sous chaque arbre au fil du temps. J'ai planté pour beaucoup sur buttes légères ou plus prononcés, ça augmente la surface d'échange sol/air et en paillant bien, pas de souci de sécheresse exagéré.
En ce sens je pense que l'apport de minéral pour des arbres n'est vraiment pas idéal, encore plus en sol pauvre. Je comprends le côté pratique et que charier 300kg de compost ne soit pas forcément envisageable mais d'un point de vue résistance général de l'arbre, derrière l'apparente luxuriance se cache surement bien des fragilités.
Les fientes, fumier etc apportent une part d'élément sous forme minérale certes, mais sont aussi des supports de vie, des activateurs biologiques, etc, les engrais industriel nuisent à la vie du sol, ce n'est pas moi qui l'invente.
Le fumier en parallèle ne compense certainement pas d'un point de vue vie du sol, enfin il me semble.

Sinon c'est passionnant ce genre de sol, car on ne peut que les améliorer
Bruno a écrit le 15/01/2015 08:05
C'est certain que dans du sable le mieux et d'apporter de l'argile, de même dans de l'argile pure, le mieux est d'apporter du sable qui va alléger le sol. Tout le reste, matière organique, engrais apportent les éléments nutritifs, mais joue moins au long cours sur la qualité du sol. Du compost allégera un sol argileux, mais se dégradera dans le temps, le sable non.
floyd a écrit le 15/01/2015 12:01
…les engrais industriel nuisent à la vie du sol, ce n'est pas moi qui l'invente.
Le fumier en parallèle ne compense certainement pas d'un point de vue vie du sol, enfin il me semble.
Sinon c'est passionnant ce genre de sol, car on ne peut que les améliorer

Tu sembles reprocher le coté industriel des engrais… Je connais tes sources d'informations, je n'y reviendrais pas.

Nous sommes ici en train d'évoquer les bases de l'agro-foresterie, et la nécessité qu'il y a de bien comprendre l'usage des amendements, des engrais et de l'eau en fonction de la plante et du climat dans un sol donné.
Dose, fréquence, composition, date d'application, etc… tout cela doit être compris et maîtrisé dans un but raisonnable et raisonné.

Les échecs et les erreurs n'ont souvent comme explication que l'inculture agronomique de paysans auto-proclamés experts ou d'experts auto-proclamés spécialistes.

Heureusement et je m'en réjouis, l'agronomie et le jardinage sont des activités physiques et intellectuelles passionnantes.
Et d'autant qu'on peut les partager.

Désolé de prolonger le hors sujet; peut-être scinder le fil.
Foufouche a écrit le 15/01/2015 15:27
de même dans de l'argile pure, le mieux est d'apporter du sable qui va alléger le sol

Le sable n'allège pas forcément de part le risque d'effet mortier dans ces conditions, la matière organique est largement préférable en ce qui concerne l'argile de ce que j'ai souvent lu.

joue moins au long cours

La matière organique, à travers le processus de création d'humus est quand même à la base de la vie dans le sol avec l'eau. C'est aussi le constituant du CAH lorsqu'il est possible, gage de qualité d'un sol. C'est avec l'argile la seule chose capable de jouer le rôle d'éponge pour les éléments, nutriments etc avec plus ou moins d'efficacité.
Enfin ce que je veux dire surtout, c'est que par simples apports de Mo variés et régulier en surface on favorise les chaînes trophiques du sol et par là même la qualité du sol à terme car c'est un cercle vertueux: plus il y a de vie, plus le sol est travaillé, aéré, structuré par la myriade d'organismes vivants , plus il y a formation potentielle d'humus qui s'incorporera lentement dans les différentes couches et finira par se minéraliser par ce même travail des organismes en augmentant de fait la fertilité, la rétention en eau et en limitant très fortement le lessivage. Techniquement cela implique également de travailler le sol le moins possible. On pourrait aussi utiliser un biomax 2 ans avant plantation pour le préparer, car il n'y a rien de plus efficace que le travail des racines pour restructurer un sol.
En ajoutant le mineral =au mieux on perturbe, mais ça tue aussi (les vers n'apprécient pas du tout par exemple). Bref dans tous les cas on court-circuite le processus d'amélioration du sol, c'est contre-productif dans cet objectif mais je comprends qu'on puisse vouloir en utiliser.

Tout ça est complexe, je n'ai pas la prétention de savoir, ni pouvoir l'expliquer clairement, ni d'avoir raison d'ailleurs. On est surement encore au prémices de techniques agricoles qui tentent de penser les choses dans leur globalité, mais c'est vrai qu' entre les effets de mode, les idées préconçues, les pseudo gourous qui surfent sur la vague, les habitudes, pratiques et croyances bien ancrées dans les esprits, .....pas évident de démêler une forme de vérité.
Foufouche a écrit le 15/01/2015 16:11
C'est intéressant cette discussion Floyd, mais je ne suis pas spécialiste comme tu me le fait remarqué, je n'ai donc aucune vérité, juste un avis et ma manière de faire.

Pour les sources tu fais allusion aux Bourguignon j'imagine. D'autres cultivent et diffusent également des expériences sur le net, on trouve de tout, avec des discours plus ou moins dirigé évidemment. A chacun de faire son tri.

Tu sembles reprocher le coté industriel des engrais

Non pas spécialement, la production de masse nécessite l’industrialisation, enfin je ne vois pas trop de quoi tu parles. Non je ne suis pas un anti engrais chimique primaire si c'est ce que tu insinues.

Dose, fréquence, composition, date d'application, etc… tout cela doit être compris et maîtrisé dans un but raisonnable et raisonné.

Voilà à la limite ce que je pourrais reprocher : la vision traditionnelle de la manière de cultiver héritée de nos aïeux. Ca se résume à ça pour caricaturer: à un besoin on répond par un apport. J'ai du mal à adhérer pleinement à ce genre de discours qui me paraît tronqué car il ne cherche pas à comprendre la globalité, y compris celle mal décrypté par manque de connaissance humaine, mais je ne dis pas que tout est à jeter, bien au contraire.

Je cultive sur sol forestier donc je ne cherche qu'à imiter en toute humilité ce que je vois autour de moi en tentant de l'amplifier et le condensant localement, ça m'interroge toujours de voir un honorable chêne de 250 ans en très mauvais état mais encore vivant chez mon voisin dans 30 cm d'humus, puis du sable!...90% de la matière produite par l'arbre est issu de l'atmosphère, 10% seulement du sol et pourtant il est essentiel...
floyd a écrit le 15/01/2015 17:07
A propos du biomax:
http://asso-base.fr/Plateforme-couvert-v...

Quant à nos aïeux, il a fallu attendre la fin du XIXe pour que très progressivement se diffusent les connaissances suffisantes pour une bonne utilisation des engrais et des amendements.
Entre les agronomes, les chimistes, le commerce et les paysans le progrès agricole eut tour à tour de chauds partisans et des détracteurs.
L'École d'agriculture de Grignon est la plus ancienne des écoles d'agriculture et d'agronomie françaises. Elle fut fondée en 1826.
Les écoles pratiques d'agriculture destinées aux agriculteurs et éleveurs seront fondées bien après, à la fin du siècle.

N'oublions pas que la science était nouvelle et en train de se forger. Le passage des savoirs d'une élite, celle des Sociétés d'Agriculture, vers les fermiers de ses riches propriétaires s'est fait lentement très souvent (la routine) ou trop rapidement parfois. La pratique irraisonnée du chaulage est de ces dernières.

La lecture des ouvrages savants de l'époque, un de mes loisirs, permet de vérifier que les bons principes de l'agroforesterie y sont largement présentés dès cette époque.
Pourtant pointe déjà la vulgarisation simplifiée sinon simpliste qui vise à répondre point par point aux demandes successives des cultivateurs.
Comment pourrait-il en être autrement, nos braves paysans maitrisent l'écriture et la lecture, le calcul évidemment. Mais la botanique, la chimie, la sélection et l'hybridation des semences qui commencent, ne sont pas au cœur de leurs préoccupations.

Combien j'en mets, combien ça coute, combien ça rapporte… Les questions n'ont guère changé, pourtant l'élaboration d'une réponse raisonnée supposerait à minima les connaissances données dans l'enseignement supérieur, entre BTS et diplôme d'ingénieur. La science continue de se forger, elle se diffuse et l'exemple donné par le site asso-base le montre.

Mon propos n'est pas de critiquer ni les amateurs et encore moins les paysans qu'ils soient bio ou non… mais de leur montrer que les sciences et techniques agricoles existent depuis longtemps, qu'elles sont publiées, enseignées, vulgarisées.
Mais peut-on se contenter de critiquer ce que l'on perçoit d'une pratique si l'on ignore son historique et la réalité des connaissances disponibles.


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