Comment chauler un sol trop acide ?

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André a écrit le 01/11/2008 20:06 (ref msg # 20129 )
Je suis en train de créer un jardin sur un terrain situé sur une lande silicole au Nord de la Gironde.

On m'a suggéré de chauler ce terrain a priori très acide (présence naturelle importante de fougères, ajoncs, genêts et bruyères).

Qu'en pensez-vous ?

J'ai lu ici http://perso.normandnet.fr/bodillard/jar...
qu'il fallait prévoir environ 10 kg de chaux par are.

Ou achète-t-on ce type de chaux et à quel prix ?

Mon souci : le terrain à chauler fait presque un hectare et je n'ai aucune idée du mode opératoire pour répandre la tonne de chaux nécessaire dessus.

Vos conseils sont donc les bienvenus.

Merci !
Ferréol a écrit le 01/11/2008 20:34 (ref msg # 20130 )
Bonjour,

ça dépend aussi de la quantité d'argile de ton sol, si ton sol est acide et pauvre en argile (terres de brandes) comme peut l'indiquer la présence de bruyères, tu as intérêt à effectuer un marnage qui apportera a la fois calcium et argiles. il y a des carrières de marnes dans le sud de la Vienne qui produisent ce type d'amendements.

Si tu as juste besoin de calcium et pas d'argile, il y a les coquilles d'huitre broyées qui doivent pouvoir être trouvées dans les bassins ostréicoles pas très éloignés du nord de la Gironde.

Il faut savoir qu'il y a deux types de chaulages, les chaulages de redressement, pour les sols qui n'ont pas été chaulés depuis longtemps (3 a 10 t/ha chaque année pendent quelques années) et les chaulages d'entretien pour préserver le capital de calcium de 2 à 3 t/ha tous les 2/3 ans.

Pour ce qui est de l'épandage, je te conseille de trouver un agriculteur qui veut bien te le faire avec une épandeuse a engrais ou un matériel équivalent car tu peux le faire a la main pour quelques ares mais pour un hectare, tu n'es pas arrivé au bout...
André a écrit le 02/11/2008 00:00 (ref msg # 20131 )
Merci à toi Ferréol et aussi à Floyd qui m'a répondu en MP.
"Ferréol" a écrit :
si ton sol est acide et pauvre en argile (terres de brandes) comme peut l'indiquer la présence de bruyères, tu as intérêt à effectuer un marnage

Effectivement, mon sol est plutôt pauvre en argile. Le marnage est une bonne idée mais pour marner 1 hectare, il doit falloir des camions et des camions de marne non + le problème de l'épandage, cela me semble assez coûteux non ?

Si tu as juste besoin de calcium et pas d'argile, il y a les coquilles d'huitre broyées qui doivent pouvoir être trouvées dans les bassins ostréicoles pas très éloignés du nord de la Gironde.

Bonne idée mais les ostréiculteurs ont des huitres pleines qu'ils vendent. Peut-être devrais je plutôt me tourner vers des restaurant vendant des huitres pour récupérer simplement les coquilles vides.

Pour ce qui est de l'épandage, je te conseille de trouver un agriculteur qui veut bien te le faire avec une épandeuse a engrais

OK.
Pour trouver une telle personne, peut-être puis-je consulter la coopérative agricole du coin ?
druere a écrit le 02/11/2008 09:00 (ref msg # 20132 )
André, vous devriez faire effectuer une analyse de sols complête, certes
c'est peut-être un peu cher, mais c'est fait que 5 à 7 ans et vous connaitriez de manière précise la teneur de votre sol.
Pour ma part on m'avait conseillé la dolomie de préférence à la chaux

*attention andré, un chaulage implique obligatoirement un épandage de
fumier l'année suivante

Pour l'épandage, demandez à un vos proches voisins qui doivent bien connaître un agriculteur car la coppérative risque de vous orienter vers
une entreprise de travaux agricoles
floyd a écrit le 02/11/2008 15:31 (ref msg # 20137 )
Plein de bonnes choses condensées dans ce document pdf suisse.
Une lecture recommandée à tous.

http://www.db-acw.admin.ch/pubs/wa_arb_0...
druere a écrit le 02/11/2008 16:26 (ref msg # 20138 )
Encore une petite précision qui a son importance : si vous manipulez de
la chaux vive, noubliez pas le masque et les lunettes de protection
Cela peut paraître évident, mais lorsque j'ai épandu ma chaux vive
le vendeur m'avait expliqué qu'il fallait choisir un jour de pluie pour
éviter qu'elle ne s'envole - C'était amusant (-même le récipient
chauffait et aussi mes sinus par la suite!)
klakos a écrit le 02/11/2008 18:13 (ref msg # 20141 )
il y a t'il un intérêt à utiliser de le chaux vive par rapport à de l'éteinte ? Est-ce une question de facilité d'usage, de prix... ?
Parce que risquer la brulûre chimique pour faire plaisir au gars de la coop...
druere a écrit le 02/11/2008 18:48 (ref msg # 20143 )
Bonsoir,

Le labo. auteur de l'analyse de sol m'avait simplement conseillé de répandre de la chaux vive et non de la chaux éteinte et je ne sais pas
pourquoi
floyd a écrit le 02/11/2008 20:51 (ref msg # 20145 )
Comparez la formule développée des deux molécules:
chaux vive = CaO
chaux éteinte = Ca (OH)2
A poids égal on peut dire que la chaux vive est plus "concentrée" .
Sa causticité incite à la plus grande prudence mais n'implique pas "en soi" une plus grande efficacité.
André a écrit le 03/11/2008 02:07 (ref msg # 20148 )
"druere" a écrit :
André, vous devriez faire effectuer une analyse de sols complète, certes c'est peut-être un peu cher

Comment procéder pour une telle analyse et quel en est le coût ?

un chaulage implique obligatoirement un épandage de fumier l'année suivante

Pourquoi ?
klakos a écrit le 03/11/2008 03:44 (ref msg # 20149 )
"André" a écrit :
[quote="druere"]
un chaulage implique obligatoirement un épandage de fumier l'année suivante

Pourquoi ?

[/quote]
Deux dictons : "La chaux enrichit le père et ruine le fils" et "chauler sans fumer, c'est se ruiner sans s'en douter.".
Une des explications est que l'apport de chaux provoque une sorte de flambée de la consommation de l'humus (des engrais en général). Le sol en ressort déséquilibré. La chaux a tendance à interrompre le processus de régénération des sols.
druere a écrit le 03/11/2008 08:14 (ref msg # 20150 )
Bonjour :

Flyod juste une remarque : si la concentration d'un produit est plus forte
l'efficacité doit être aussi améliorée si c'est
épandu correctement afin d'éviter le
phénomêne de rejet

Le coût de mon analyse de sol complête 7O€ en 2OO5 qui comprenait
une rubrique ambiance chimique...une conditions de développement des
racines....une rubrique teneurs en éléments nutritifs une rubrique amendements une rubrique conseils de fertilisation

La vous pouvez demandez dans les jardineries qui ont toutes ou presque des correspondants en labo.
J'avais noté de fortes disparités de prix pour le même service ou presque
Pour ma part je m'tais adressé à EUROPE SOLS TOULOUSE TEL 05 61 16 15 15 et je vois qu'ils ont un service VPC 27 Rue MOussorgski à paris
dans le 18ème - Ils vous adressent un KIt de collecte de terre dans 1O
endroits de votre terre puis vous leur retournez - J'avais même rappelé afin d'avoir des explications et ils m'avaient répondu parfaitement
floyd a écrit le 03/11/2008 09:31 (ref msg # 20152 )
D'abord vous dire à tous que je me réjouis que ce débat soit aussi animé…

1/ Un amendement calcique vise à apporter l'ion calcium Ca++ pour aider le complexe argilo humique à se structurer. Qu'importe la forme pourvu qu'on ait la dose.

2/ EUROPE SOLS TOULOUSE, anciennement LARA, est le labo de référence. Hormis quelques labo dans quelques chambres d'agriculture, il a un quasi monopole. Coop ou privés tous vont envoyer votre échantillon là-bas! Mais le rapport qualité/prix est correct.

3/ Les fameux dictons enoncent une part de vérité. cependant:
- fumure: entendre fertilisation ET amendement humique
- ruine: se souvenir que lors de la mise sur le marché des chaux agricoles les premieres années très bénéfiques avaient incité les agriculteurs un peu radins à ne mettre plus que de la chaux, produit peu couteux et utilisé en petite quantité 1T/Ha… quand il faut apporter 20 tonnes de fumier.

André se souviendra que je lui ai indiqué le recours préalable à l'analyse en labo et "à priori" l'usage de scories potassiques.

4/ "phénomène de rejet" je ne connais pas l'expression employée par Druere qui évoque sans doute le redressement trop brutal du pH par un apport excessif de chaux, les phosphates passant alors sous une forme non assimilable par la plante, d'où problème.

5/ Le chaulage est donc une opération à mener progressivement, par doses annuelles mesurées. On peut suivre chaque année ses effets par un mesure du pH (dans le même labo/avec le même protocole).

Il est recommandé de réaliser au moins tout les 3 ans une analyse complète pour une bonne "gouvernance" de la fertilisation.

6/ Qu'on l'appelle durable ou raisonnée, l'agriculture en général et notre arboriculture d'amateurs en particulier, ont tout à gagner en s'appuyant sur le savoir agronomique.
J'ai lu également les prescriptions de la biodynamie et autres alternatives dites bio, elles ont toutes conservé les grands principes d'apports équilibrés, de diversification des sources d'amendements et de fertilisants.
Observer, raisonner, agir.

Désolé d'être long et passablement pontifiant
Thierrylot a écrit le 08/11/2008 00:41 (ref msg # 20228 )
Salut André,
Je salut aussi ton projet qui a l'air intéressant. Avant de faire quoi que ce soit avec ton terrain, il s'agit de décider de ce que tu veux y planter, ensuite de découvrir de ce que tu peux y planter "en l'état" : avec la qualité et les spécificités de la terre dont tu dispose. Il serait intéressant de voir autour de ton terrain les parcelles agricoles pour découvrir qu'elle étaient les principales cultures jusque dans les années 50, quels arbres fruitiers y étaient plantés et aussi quel variétés. Les Landes ont plusieurs variétés indigènes résistantes aux maladies et parfois sont tardifs pour que la floraison ne souffre pas des gels du printemps, le conservatoire végétal d'aquitaine est très bien instruit en la matière :
http://www.conservatoirevegetal.com/
. Il y a un phénomène restrictif dans la terre des landes, c'est l'alios et le garluche. Certaines personnes parlent d'un certain argile mais le phénomène est un peu plus complexe :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Alios
C'est en tout cas un phénomène perturbant pour les arbres (et les vivaces) aux racines pivotantes. Et on en trouve généralement jusqu'à 1,20 mètre et donc un petit sondage serait instructif. l'idée d'une analyse de sol aussi.
Bonne chance (sans second degré) pour les plantations,
Thierry
André a écrit le 08/11/2008 00:55 (ref msg # 20229 )
"Thierrylot" a écrit :
Avant de faire quoi que ce soit avec ton terrain, il s'agit de décider de ce que tu veux y planter, ensuite de découvrir de ce que tu peux y planter "en l'état" : avec la qualité et les spécificités de la terre dont tu dispose. Il serait intéressant de voir autour de ton terrain les parcelles agricoles pour découvrir qu'elle étaient les principales cultures jusque dans les années 50, quels arbres fruitiers y étaient plantés et aussi quel variétés.


Merci Thierry.

Mon terrain est en fait constitué d'une zone de 1 hectare autour d'une vieille maison, le tout au milieu d'un bois de châtaigniers, chênes et pins.

Une photo pour se faire une idée :




J'y ai trouvé (derrière la maison) un pommier, un cerisier et un pêcher qui avait l'air en forme correcte malgré une absence totale d'entretien pendant au moins deux ans.

C'est vrai que du coup on peut se demander si le chaulage est indispensable mais j'avais l'impression que cela ne pouvait être que positif de toutes façons.

Pour l'alios, a priori, je n'en ai pas vu. J'ai en revanche, de-ci de là, des zones d'argile très collante en surface, alors que toute la zone est plutôt très sablonneuse et sèche.
Thierrylot a écrit le 08/11/2008 01:30 (ref msg # 20230 )
salut André,
Cet endroit est plein de charme, et le mélange des plantes au premier plan est déjà un jardin.Une simple analyse de terre et quelques conseils du conservatoire d'Aquitaine pour les variétés et ton travail se limitera à pailler éventuellement en BRF (les breufes!)
Salut
Thierry
druere a écrit le 08/11/2008 10:50 (ref msg # 20231 )
andré ce lieu est magique et je me vois bien y habiter malheureusement ce n'est pas moi l'heureux propriètaire - Je ne connais pas suffisament la
terre des landes afin d'être aussi précis que thierry mais la bruyère et les fougères sont des plantes qui se plaisent dans les sols acides
Bravo pour cette acquisition
André a écrit le 15/02/2009 21:11 (ref msg # 21607 )
Je suis sur le point de rénover la maison et j'ai pas mal de murs en plâtre à démolir.

Le plâtre étant constitué de gypse (donc calcaire), je me demandais s'il ne serait pas plus intéressant de broyer les cloisons et de les répandre au sol plutôt que de transporter les gravats en décharge.
alias a écrit le 16/02/2009 08:30 (ref msg # 21612 )
Tu devrais faire un test de Ph, pour savoir exactement la nature de ton sol. C'est pas parce qu'il y a des fougeres que c'est acide.
floyd a écrit le 16/02/2009 09:51 (ref msg # 21613 )
Le plâtre, et surtout le gypse, a été utilisé en agriculture comme amendement.
Il permet d'apporter du calcium (comme la chaux) mais sans remonter le pH. De plus, la solubilité du plâtre étant bien meilleure que celle du calcaire, la disponibilité est bien meilleure.
Il est utilisé pour :
* certaines légumineuses, comme la luzerne
* la culture de la vigne (en particulier dans la Vallée du Rhône ou dans le Languedoc) où les tonnages ont été très importants, même si cette technique s'est un peu perdue. A noter que cet amendement n'a rien à voir avec l'utilisation du plâtre pour "coller " les vins lors de la vinification
* les kiwis,
* la culture des oliviers, des noyers, et de façon générale tous les oléagineux : en effet, outre l'effet toujours bénéfique d'un calcium facilement assimilable, le soufre (présent dans la partie sulfate du gypse) est un des éléments essentiels des corps gras
* les pommiers
* les composts des champignonnières, ....
Actuellement, on utilise principalement du gypse et les plâtres connaissant un défaut de fabrication : un bel exemple de recyclage optimum.
Par ailleurs, on ne peut pas ne pas citer l'usage traditionnel du plâtre pour enduire les murs de mûrissement, les plus connus étant les murs à pêches de Montreuil.

http://www.platre.com/platre/encyclopedi...

On lira utilement les autres pages de ce site. Le gypse est du sulfate de calcium. L'ion sulfate empeche une remontée du Ph. (j'ai corrigé dans la citation ci-dessus, car il était écrit l'inverse… de manière erronée)

Le recyclage de cloison en platre est possible, mais cela ne suffit pas à faire évoluer durablement le sol vers un état chimique satisfaisant.

Une analyse en labo N P K, CaO, MgO, pH eau et KCl, Mo, de base peut être obtenue au laboratoire spécialisé à Toulouse. (ex LARA)

Tu auras ainsi connaissance, André, d'un "état initial" qui seul permet d'en suivre l'évolution et de valider l'efficacité des apports décidés.


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