Culture arbustra de la vigne

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patrice a écrit le 03/09/2008 10:11 (ref msg # 19218 )
Entendu lors d'une émission radiophonique sur l'agroforesterie, les Romains cultuvaient leur vigne par un mode de conduite appelé "arbustra". Cela consistait à utiliser un arbre comme support de culture à la vigne.

Qui aurait des informations à ce sujet, particulièrement la taille à y apporter?

Merci !
patrice a écrit le 03/09/2008 10:23 (ref msg # 19219 )
Qui dit du temps des Romains m'a fait penser à notre sacré farceur de Palladius...

En effet, le Livre III de son "économie rurale" nous en parle.

De la taille de la vigne unie aux arbres


Quand une vigne est mariée à un arbre, coupez le premier bois jusqu'au second ou au troisième bourgeon. Ensuite, chaque année, laissez croître un peu de bois à travers les branches qui élancent toujours un fouet vers la cime de l'arbre. Ceux qui visent à la quantité du vin, dirigent plusieurs fouets à travers les branches ; ceux qui songent à la qualité, font courir les sarments vers la cime. Couvrez de sarments les grosses branches ; mettez en peu sur les petites.
Voici comment on taille la vigne unie aux arbres. Coupez tous les anciens sarments auxquels a été suspendu le fruit de la première année, et laissez les nouveaux, après avoir élagué les tendrons et les surgeons inutiles. Mais ayez soin de délier et de relier annuellement la vigne pour la rafraîchir. Disposez les branches des arbres tuteurs de manière que l'une ne suive pas la direction de l'autre. Dans un terrain gras, choisissez un ormeau de huit pieds de haut ; dans un terrain maigre, un ormeau sans branche qui ait sept pieds. Dans un sol exposé à la rosée et aux brouillards, les branches de l'arbre tuteur seront dirigées par la taille au levant et au couchant, afin que ses flancs nus étalent toutes les parties de la vigne aux rayons du soleil.
Faites en sorte que les vignes ne soient pas trop fournies sur les arbres. Quand ceux-ci viendront à manquer, remplacez-les par d'autres. Maintenez les branches plus bas dans un terrain en pente., plus haut dans un sol plat et marécageux. N'attachez pas à l'arbre les rameaux fertiles avec un osier dur, de peur que ce lien ne les coupe ou ne les use. Sachez bien que le sarment ne revêt de fruits que la partie qui dépasse la ligature, et qu'il réserve la partie inférieure pour donner du bois l'année suivante.
floyd a écrit le 03/09/2008 11:47 (ref msg # 19222 )
"patrice" a écrit :
…notre sacré farceur de Palladius...


Le discours cité semble très technique et moins "poétique". En matière de vigne les romains ont de la pratique.

Cependant c'est l'utilisation de l'orme qui m'intrigue. Comment conduire des ormeaux et réussir à les maintenir à 2,50 ou 3,00 mètres quand on connait la vigueur de l'espèce?

Peut-être doit-on alors passer son temps à tailler les pousses feuillues de l'orme pour dégager des coins de soleil, même si la vigne qui est une liane est capable de grimper dans l'arbre pour s'épanouir au soleil qu'elle ira chercher tout en haut du houppier.

L'approche paladienne me ferait penser aux suggestions de la "permaculture", qui propose d'associer des cultures étagées pour le bénéfice réciproque des végétaux.

Le concept de l'agroforesterie est très différent, au moins dans sa mise en œuvre.


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