Cerisier: axe central concurrencé par de fortes branches

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Filopat a écrit le 15/06/2008 15:02 (ref msg # 17788 )
Bonjour à tous,

je soumets à vos avis, commentaires, conseils, suggestions le cas suivant.

J'ai planté un cerisier ( scion d'un an, taillé à 60 cm, donc bourgeon terminal amputé) il y a 4 ans. Le pépiniériste m'avait expliqué comment reconstituer l'axe central en tuteurant la jeune pousse du haut sur le chicot situé au-dessus du dernier bourgeon. Il m'avait par ailleurs dit de laisser se développer deux ou trois branches complémentaires: enfin c'est ce que j'avais cru comprendre. En fait, dès la première année, se sont développées outre le bourgeon sommital, deux branches qui s'avèrent faire concurrence à l'axe central: ces branches se développent presqu'autant que l'axe central, aboutissant à une allure un peu dégingandée, en outre, je pense que ces deux branches sont trop proches l'une de l'autre ce qui à terme peut entraîner un risque accru de rupture (neige, forte fructification).

Avec le recul, je pense qu'il faut lors de la première année dans le cas de scion d'un an, laisser le plant se développer et, en hiver raccourcir tous les rameaux qui se seront développés en-dessous du rameau le plus haut, ce dernier formant, moyennant un tuteurage adéquat, le futur axe central. Ce raccourcissement permet de donner de l'avance au bourgeon terminal et de le conforter dans son rôle de leader. Le maintien de ces rameaux permet en outre le grossissement du tronc. La deuxième année, l'axe central prendra de la force, on pourra alors laisser se développer 2 ou trois rameaux partant du tronc à moins de 45° par rapport à l'horizontale et attachés à l'axe central à au moins 40 cm les uns des autres. Si lors de la deuxième année l'axe est encore trop faible ou trop bas, procéder comme à la fin de la première année.

Suis-je dans les clous?

Bon, tout ça c'est ce que je pense que j'aurai dû faire... , c'est de la prospective pour les futures plantations.

Passons donc à la phase curative. Voici l'arbre en question:





Voici un gros plan montrant l'attache des branches sur le pseudo axe central:





A partir de là, que faire et quand le faire?...
Moi, je me verrai bien couper les deux branches de part et d'autre de l'axe central, cet hiver, au ras du tronc. Ce que j'aimerai bien c'est que se développent à disons, 60 cm, 100cm et 150 cm ( facilité de cueillette) des branches plutôt horizontales et que l'axe central poursuive sa route.

Pour finir, ce problème de concurrence des branches, je l'ai expérimenté sur d'autres espèces: abricotier, amandier, prunier... les mêmes erreurs produisant les même effets... Pourrais-je également adopter pour ces espèces le traitement que vous recommanderez pour ce cerisier.

N'y a-t-il pas quelques risques sanitaires, genre gomme ou autre? Comment les prévenir?

Merci d'avance pour vos commentaires!

Philippe.
André a écrit le 15/06/2008 17:10 (ref msg # 17792 )
"Filopat" a écrit :
Moi, je me verrai bien couper les deux branches de part et d'autre de l'axe central, cet hiver, au ras du tronc. Ce que j'aimerai bien c'est que se développent à disons, 60 cm, 100cm et 150 cm ( facilité de cueillette) des branches plutôt horizontales et que l'axe central poursuive sa route.

Je ne vois pas bien la hauteur de ton "éventail" de branches.

Si c'est assez haut, tu pourrais garder les petits départs de branches à la base (sous les traits rouges ci-dessous)




Sinon tailler à ras et garder des rameaux plus haut sur l'axe central.

Pour ce qui est de la meilleure période pour la coupe, on dit que le cerisier se taille un peu après la fructification (vers fin aout).
Filopat a écrit le 15/06/2008 21:45 (ref msg # 17813 )
OK André! Je n'avais même pas pensé à laisser ces bourgeons... Mais bon, peut-être qu'au pied du mur, le sécateur à la main, cela me serait venu à l'esprit...

Bon, donc a priori pas trop de problèmes pour couper des branches de cette dimension sur un cerisier.

Sinon, dans mon idée, l'objectif était d'obtenir quelque chose du genre suivant:





C'est pas que ce soit un pur caprice mais il m'a semblé comprendre que cette forme était idéale pour l'arbre ( longévité, mise à fruit précoce, capacité de l'arbre à se débrouiller seul sans taille): il s'agit en fait de restaurer la forme naturelle d'un arbre qui aurait poussé sans être taillé ( ou rabattu par les chevreuils, les lièvres, les lapins!). Partagez-vous ce point de vue?

Mon inquiétude provenait de la taille des branches à couper ( 2 ou 3 cm de diamètre, voire 4...), sur un cerisier, un abricotier ou un prunier, cela me paraissait risqué, mais je me faisais peut-être des idées. J'ai laissé ces arbres sans taille pendant 4 ans et j'avais peur qu'il ne soit trop tard.

Les deux branches sont en gros à 60 cm du sol. Je peux ne garder qu'un bourgeon côté droit par exemple, puis sélectionner 40 cm plus haut ( en gros bien sûr, il faudra faire avec ce que l'arbre proposera) un autre rameau partant à 120° (vu du dessus) par rapport au premier bourgeon conservé, puis dans les 40 cm plus haut un autre rameau avec 120° de plus... ( Je crois avoir lu ou entendu qu'il valait mieux éviter d'avoir deux charpentières attachées au même point).

Philippe.
floyd a écrit le 15/06/2008 22:53 (ref msg # 17815 )
Les deux grosses branches (des charpentières) sont implantées à seulement 0,60m du sol. C'est trop bas pour former un arbre en 1/2 tige qui me semble correspondre à ce que tu souhaites pour le coté pratique que tu as décrit.

La vigueur des cerisiers (et encore pire des merisiers) produit assez régulièrement ce type de rameaux et de ramification.
Ces prunus forment des couronnes de branches (des étages) un peu comme un sapin de noël et pas du tout comme le schéma idéal de filopat.

Il faut donc sélectionner les branches et conserver les mieux placées et les mieux formées. La face Nord est souvent moins bien garnie, ce qui complique la création d'une silhouette équilibrée. Voir si un léger haubanage permet de donner une certaine arcure aux branches trop érigées.

La règle 2/3, 1/3 sera valablement appliquée ensuite.

L'élagage des branches basses de 3 ans doit être réalisé avant le printemps prochain. (respect des règles d'hygiène, du col de branche et de la ride d'écorce, mastiquage) Contrairement à lui, je ne garderais pas les pousses courtes indiquées par André.

La taille estivale permet éventuellement de combiner cueillette et conduite de l'arbre, mais ne concerne à mon sens que peu de branches de petits diamètres.

Pour une conduite de l'arbre un peu moins interventioniste, relire l'ouvrage de Lespinasse et Letherme.
autrevie a écrit le 16/06/2008 18:04 (ref msg # 17842 )
pour tailler s'en risque de faire pourrir la plaie il suffit de cerner....enlever une bande d'écorce de 3cm bien en profondeur....
et laisser la branche se désècher qq années puis la casser...
je sais pas ce que cela donne sur les cerisier...peut etre qu'ils se mettent à sécretter comme des limaces sur de la cendre
cerisier,noyer...c'est délicat....
floyd a écrit le 16/06/2008 21:42 (ref msg # 17847 )
"Inciser pour enlever une bande d'écorce de 3cm.... laisser la branche se désècher quelques années puis la casser... "
La pratique suggérée par autrevie est surprenante mais elle repose sur ce qu'on sait de la réaction normale de l'arbre attaqué; il bouche les vaisseaux pour ne pas perdre de sève et surtout pour limiter la pénétration des spores de champignons.
Le rameau sec peut être cassé sans risque sanitaire.

Quant à dire que l'esthétique de l'arbre ainsi traité sera appréciée…

Pour du bois d'œuvre, on peut considérer que le nœud sera sain et adhérent, ce qui est mieux.


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