Taille d'un jeune noyer: en vert ou attendre octobre?

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Filopat a écrit le 12/06/2008 17:20 (ref msg # 17737 )
Bonjour,

les noyers n'apprécient pas la taille. En principe celle-ci s'exécute en octobre et sur des branches pas trop grosses.

On dit par ailleurs que les arbres en général supportent mieux la taille en vert. Ceci vaut-il aussi pour le noyer?

Voici un jeune noyer qui fait de beaux drageons au-dessus du point de greffe. Je souhaite conduire ce noyer en haute tige. Vaut-il mieux tailler les drageons dès maintenant ou bien dois-je attendre octobre?

En vous remerciant par avance pour vos commentaires et vos avis,

Philippe.



klakos a écrit le 12/06/2008 18:47 (ref msg # 17741 )
La conduite à tenir décrite par ce lien me parait sage :
http://www.jardin.ch/info/noyer.html
En plus, comme l'arbre semble jeune.
Mastiquer tout de même les plaies me semblerait indiqué.
JM a écrit le 12/06/2008 22:44 (ref msg # 17757 )
Je vais jouer l'em... de service : ce sont des "gourmands", pas des "drageons" qui eux poussent sur des racines à une distance plus ou moins grande du pied mère.

Réflexion faite au vu de la photo, ce ne sont même pas des gourmands qui eux sont verticaux, ce sont des repercements en réaction d'une taille un peu trop vigoureuse.

Ce que je ferais personnellement : je réduirais la longueur des branches du bas pour les calmer un peu sans les enlever complètement pour l'instant. L'arbre n'aurait plus assez de feuilles et repercerait à nouveau pour reconstituer son capital.
Alex a écrit le 14/06/2008 08:18 (ref msg # 17772 )
Bonjour,

Tout à fait d'accord avec JM.

Pincez les pousses non désirées à 3-5 feuilles de la base. Cet automne, vous taillerez au ras du tronc. Selon la taille de la plaie, vous déciderez de mastiquer.

Si vous aviez remarqué plus tôt ces futurs rameaux "mals placés", vous auriez pu directement éborgner les bourgeons (avant leur départ en végétation). Maintenant il est un peu tard et il est plus intéressant de laisser une partie des feuilles (qui apportent de l'énergie à la plante) tout en limitant la croissance du rameau (en coupant l'extrémité) et, en retour, en favorisant la croissance du rameau apical (auquel vous ne touchez pas !)

Alex
floyd a écrit le 14/06/2008 09:20 (ref msg # 17774 )
Les noyers n'apprécient pas la taille qui devrait s'exécuter en octobre sur des branches pas trop grosses;
La vigueur des jeunes noyers produit des pousses de forts diamètres, qui conduisent à des plaies de taille conséquentes.
Plus que jamais il faut respecter la "ride d'écorce et le col de branche" pour une cicatrisation annulaire parfaite.
La montée de sève est précoce au printemps, il faut anticiper si possible. J'ai élagué ce printemps des noyers de 10 ans/5m en rencontrant ce phénomène. Aucune conséquence néfaste.


Les arbres en général supportent mieux la taille en vert;
Vous lirez dans le livre de Prieur (taille raisonnée) que l'on distingue deux période dans la belle saison.
La première, qui voit les pincements provoquer une ramification anticipée des rameaux de l'année.
La seconde, après juin/juillet, qui laisse les rameaux tels quels car la dormance est installée.
Le pincement, simple ablation du bourgeon terminal, n'est pas une taille à proprement parler, mais il supprime également la dominance apicale.

La vigueur du noyer de filopat est admirable. La tige me parait grêle, il serait risqué de provoquer une nouvelle poussée de croissance sur la "tête".

Mon conseil: laisser comme ça et coursonner à l'automne. Cette taille provoquera la ramification de ces branches basses qui peuvent être conservées en place encore un an. Elles contribuent majoritairement à la photosynthèse du jeune arbre. Elles sont donc indispensables.

Le tuteurage, simple bambou ?, est-il encore utile? Je ne le crois pas.
claudeduvar a écrit le 14/06/2008 13:09 (ref msg # 17775 )
dommage ( pour la taille de formation) que ce soit un noyer, regardez comment les branches du bas sont inclinées, super pour former un gobelet ( un peu plus hautes et espacées) mais l'angle // au tronc est nickel. c'est de cette façon qu'il faut procéder pour les formes basses. pour un noyer que neni à mon avis il ne faut pas attendre. On peut laisser des rameaux assez bas et les pincer, ça permet à l'automne au tronc de prendre en diametre plus rapidement mais ne pas les laisser partir en charpentières.
Une remarque concernantles tailles en vert dont parle Floyd, le climat, la zone géographique, les façons culturales jouent un rôle important et selon la conjugaison de ces parametres le résultat de cette taille peut être très different.
floyd a écrit le 14/06/2008 19:09 (ref msg # 17776 )
"Ne pas laisser les branches basses partir en charpentières" nous sommes bien d'accord Claudeduvar.
Les coursonner, les maintenir un an, puis les supprimer avant que leur diamètre ne devienne trop fort.
Pendant ce temps le tronc devrait avoir formé une flèche puissante dont la dominance sera affirmée.

Le noyer retrouvera alors un développement régulier dit "monopodial".
La règle des 2/3, 1/3 pourra servir de guide: le tronc pour un tiers de la hauteur totale, le houppier pour les deux tiers. Jamais l'inverse comme on le voit trop souvent à l'issue d'une taille inadéquate.
La suppression très progressive des couronnes basses doit respecter cette règle, pour former un tronc sans entraver la croissance par une suppression trop drastique des rameaux feuillus.

Concernant l'effet du pincement, divers facteurs peuvent reculer l'apparition de la dormance, mais le principe général est bien celui-là.
Le cas inverse, c'est à l'extrême, le développement des rameaux "anticipés" sur les scions particulièrement vigoureux de pêchers, en particulier…
Filopat a écrit le 14/06/2008 21:59 (ref msg # 17779 )
Merci à tous pour vos contributions!

Floyd, si je te suis, tu crains qu'en pinçant les gourmands à ce stade, cela n'entraine un développement du haut... mais c'est exactement ce qui me paraît souhaitable!

Ou alors, tu penses que le risque c'est que le haut se développe sans que le tronc ne se développe également? Est-ce vraiment possible si malgré tout on laisse les gourmands mais amputés de leur bourgeon terminal?

Pour JM: tu as raison d'être précis, merci pour ton rappel sur les drageons issus des racines et les gourmands issus du tronc.

Bon, je m'aperçois que j'ai un peu (euphémisme) loupé la taille de mes scions de cerisier ( l'axe central n'a pas réussi à prendre le dessus): demain je ferai un post là-dessus avec photos pour suggestions de conduite à tenir: avis aux spécialistes!
floyd a écrit le 14/06/2008 22:49 (ref msg # 17780 )
Pour obtenir le développement du haut qui nous paraît souhaitable, il faut effectivement réunir trois conditions:
- une flèche, qu'il ne faudra jamais tailler, j'insiste! Elle va se développer c'est certain, c'est "programmé pour".
- un tronc qui soit assez développé pour "tenir" alors qu'il m'apparait encore grêle. Le tuteur est un pis-aller pas une solution. Un "paquet" de branches perché en haut d'un tronc maigre c'est la casse assurée à tout les coups… de vent.
- des rameaux vigoureux, ceux que tu nommes "les gourmands" qui contribuent par leur photosynthèse à nourrir/construire l'arbre de bas en haut, racine/tronc/flèche.


Ces rameaux ne doivent pas être ni taillés ni pincés pour l'été 2008, parce que:
- cela n'apporte rien de le faire.
- l'arbre en perd le bénéfice si on les supprime ou les réduit.

Ces rameaux doivent être coursonnés durant l'hiver 2008/2009, pour:
- produire des ramifications en nombres utiles à la photosynthèse de 2009,
- limiter cependant leur grossissement en vue de la cicatrisation facile de la plaie lors de l'ablation.

Ces rameaux ramifiés pourront, selon l'évolution générale du noyer, être maintenus encore en 2010, ou supprimés si l'arbre à trouvé un équilibre satisfaisant 2/3, 1/3 avec une flèche unique.
Filopat a écrit le 15/06/2008 13:56 (ref msg # 17785 )
Merci Floyd pour toutes ces explications.

Ok, je ne touche à rien, j'attends octobre. Un éclaircissement toutefois: coursonner?? ...Tailler le bourgeon terminal de chaque gourmand, y compris les rameaux qui auraient pu apparaître?

Je vais m'atteler à la description d'un de mes cerisiers en souffrance... J'espère que ces échanges seront profitables à tous!

Merci encore.

Philippe.
floyd a écrit le 15/06/2008 16:53 (ref msg # 17790 )
En taille fruitière une coursonne est une pousse fortement racourcie qui portera des bourgeons à fleurs.

En taille de formation, une coupe est réalisée durant l'hiver pour raccourcir une pousse jugée trop longue et induire le développement de plusieurs ramifications.
Le nombre d'œil à conserver, 3 ou 4, détermine la longueur du rameau conservée .
Filopat a écrit le 15/06/2008 21:08 (ref msg # 17812 )
OK! Message reçu 5 sur 5. Merci Floyd pour toutes ces précisions!

Philippe.
Alex a écrit le 10/01/2010 12:44 (ref msg # 25613 )
Bonjour,

Je remonte ce sujet pour poster un lien assez intéressant et bien illustré sur le sujet : http://lafeuillee.iquebec.com/informatio...

Alex


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