L'auto-greffe accélère la mise à fruit ?

greffer.net >> Greffage

sutefan a écrit le 21/01/2008 21:09 (ref msg # 12868 )
Bonjour,

J'avais lu sur un pdf du net (une thèse je crois) que parfois une autogreffe pouvait accèlerer la mise à fruits.
Certains d'entre vous ont ils déjà essayés ?
autrevie a écrit le 22/01/2008 18:02 (ref msg # 12889 )
auto greffe?haaa greffer la meme variété que le PG ,je m'explique:
semer une pomme et greffer la meme variété dessus....
si c'est bien la question,oui ca accélère la mise a fruit.
André a écrit le 22/01/2008 18:07 (ref msg # 12890 )
Non, je crois que ce que Sutefan voulait dire est le fait de greffer un rameau d'un jeune arbre sur ce même arbre.

Le principe étant que plus un arbre "souffre" plus il met vite à fruit.

J'imagine que comme un rempotage fréquent avec taille des racines, cela peut accélérer les choses.

A vérifier...
patrice a écrit le 22/01/2008 18:11 (ref msg # 12891 )
On avait un peu abordé la question au sujet du quercus ilex ballota. Ce sont des plants francs de semis, et une personne se demandait si, en le greffant sur un chene vert adulte, ca accelererait sa date de premiere mise à fruits, ou bien si ca ne changerait strictement rien concernant ce critère :

http://greffer.net/forum/viewtopic.php?p...
sutefan a écrit le 22/01/2008 19:18 (ref msg # 12898 )
Oui André c'est tout à fait ça que je voulais dire.

Bon j'ai relu le document et je me suis un peu emballé, certainement en lisant ce paragraphe :

"Il a travaillé sur des autogreffes de jeunes plants
de Gossypium hirsutum et les a analysés 5 semaines après le greffage.
Il a constaté une accumulation de cations dans le sujet et par rapport
aux parties comparables des témoins et surtout une modification de
la répartition des éléments entre le sujet et le greffon. Le sujet est plus
riche en Ca et plus pauvre en K que le témoin. L’inverse est vrai pour
le greffon. Ces résultats sont intéressants non seulement pour donner
une idée de ce qui se passe dans les premiers temps de l’union des plantes greffées, mais aussi pour éclairer le problème des voies de transport possibles des éléments."

Le texte entier (66 pages) qui parle de la théorie des greffes et des résultats pratiques se trouve ici :

http://horizon.documentation.ird.fr/exl-...


Pour l'autogreffe en gros il dit que cela n'est pas neutre et qu'il faudrait faire plus d'expériences d'autogreffage pour mieux comprendre les greffes "normales"
azertien a écrit le 28/02/2008 00:19 (ref msg # 14618 )
il me semble avoir lu à peu près la même chose mais de façon moins scientifique. je vous la résume ainsi.....

Un pommier A issu d'un semis de pépin peut mettre 15 ans avant de fournir le moindre fruit....... il n'est pas greffé et on l'appelle ainsi FRANC.


Imaginez un deuxième pommier B issu du même semi de pépin et sur lequel vous allez greffer un rameau de notre pommier A

la mise à fruit du pommier B greffé ne durera pas quinze ans mais durera
quatre ou cinq ans......... (trois fois plus rapide)

cela me semble répondre à peu près à votre question.

On peut sans doute se débarrasser des maladies sur certains arbres par la greffe, car un rameau jeune contient moins de virus..... et est donc un peu plus productif.

C'est le principe de la culture in vitro. Ainsi on a pu régénérer des palmiers en Algérie en cultivant des méristèmes qui ne comportaient aucun virus....
floyd a écrit le 28/02/2008 00:38 (ref msg # 14620 )
Bonjour,
et des réactions un peu en vrac,
"azertien" a écrit :
…la culture in vitro pour régénérer des palmiers en Algérie en cultivant des méristèmes sans virus....

De mémoire, travaux menés en France il y a 30 ans, pour sauver les datiers.

Seul le méristème est sans virus, car ses cellules se multiplient plus vite que le virus ne se réplique.
Un greffon c'est déjà bien plus qu'un méristème…

Taille des racines?: un bon cernage va favoriser l'apparition de nouvelles radicelles et nuire aux racines traçantes qui assurent la bonne stabilité de l'arbre.
La mise à fruit c'est un équilibre entre auxine et gibberéline… mais ou ai-je mis ce couplet?
André a écrit le 28/02/2008 00:44 (ref msg # 14622 )
"floyd" a écrit :
La mise à fruit c'est un équilibre entre auxine et gibberéline…

Tu peux détailler ?
floyd a écrit le 28/02/2008 01:20 (ref msg # 14626 )
Bonjour,
Déjà cité l'excellent ouvrage de Pascal Prieur, la taille raisonnée des arbustes d'ornement, chez Ulmer, indique à la page 27, dans un schéma explicite, le rôle des principales hormones végétales étroitement liés à la taille:
1/ les gibberélines, synthèse dans les jeunes feuilles et racines; induisent l'allongement céllulaire, l'allongement des entre-nœuds et surtout l'inhibition de l'induction florale.
2/ les auxines, synthèse dans les apex en croissance, induction florale, inhibition du développement des bourgeons axilaires.
3/ citokinines, synthèse dans les apex racinaires, induisent la division cellulaire, la juvénilité des rameaux, l'inhibition de l'induction forale, la levée de l'inhibition des bourgeons axilaires, le retard de la sénécences des feuilles, le développement vertical.
Toutes ces indications issues des travaux de Raimbault et Chartier de 1990. (nb: Pierre Raimbault a enseigné à l'INH- merci Pierre)
Alex a écrit le 28/02/2008 08:38 (ref msg # 14637 )
"azertien" a écrit :
Un pommier A issu d'un semis de pépin peut mettre 15 ans avant de fournir le moindre fruit....... il n'est pas greffé et on l'appelle ainsi FRANC.

Imaginez un deuxième pommier B issu du même semis de pépin et sur lequel vous allez greffer un rameau de notre pommier A

la mise à fruit du pommier B greffé ne durera pas quinze ans mais durera
quatre ou cinq ans......... (trois fois plus rapide)

cela me semble répondre à peu près à votre question.


Bonjour,

Etes-vous certains de cette affirmation !? C'est une question qui traîne depuis quelques temps sur le forum déjà (mon premier post concernait le noyer Juglans regia , dont la mise à fruit est très longue)... Dans votre exemple le pommier B, issu de semis, est non florifère. Le fait de le greffer sur A anticiperait l'induction florale de B !? Patrice citait dernièrement un lien sur les agrumes où celà se vérifiait, mais je reste dubitatif...

J'ai une dizaine de semis de pommiers fleurs d'un an à la maison, amplement assez gros pour être greffés (8 mm diamètre environ)... J'en aurait le coeur net... Je vous tiens informé...

Alex
azertien a écrit le 29/02/2008 22:11 (ref msg # 14751 )
il ne reste plus qu'à tenter l'expérience...
d'une manière générale toute plante tire un avantage à être greffée.
J'ai lu un passage où il ne s'agissait pas d'agrumes mais de rosiers mais je ne retrouve plus le lien. Ainsi imaginons deux pommiers A et B issus d'un même semis, il est utile de greffer la tête de A sur le corps de B et vice versa.
floyd a écrit le 29/02/2008 23:45 (ref msg # 14759 )
Bonsoir,
"azertien" a écrit :
… toute plante tire un avantage à être greffée… greffer la tête de A sur le corps de B et vice versa.

1/toute plante; azertien généralise un peu vite.
2/ a/b et vice-versa; une assertion qui me surprend.

Produire un PG composé de deux parties dont un système racinaire et un tronc, c'est classique. Chacune des parties est sélectionnée pour des qualités propres telles que l'adaptation au sol, la rectitude du tronc, la compatibilité des tissus.
Chaque greffe freine le parcours de la sève et donc tend à réduire la vigueur. Les "auto-greffe" en font autant. La soudure entre bois peu différents est juste plus facile.
azertien a écrit le 01/03/2008 00:11 (ref msg # 14761 )
Je n'ai pas le temps de procéder à ces expériences. La greffe est réputée pour accélérer la mise à fruits..... mais effectivement il est impossible de tout généraliser. Plusieurs paramètres sont à prendre en compte effectivement. Je ne faisais que reprendre de mémoire une phrase trouvée dans un manuel de greffage...
azertien a écrit le 01/03/2008 00:34 (ref msg # 14762 )
Par ailleurs, il arrive souvent qu’une greffe produise bien plus
rapidement des fleurs et des fruits qu’un semis de la même espèce, et
les arbres greffés peuvent avoir une fructification plus abondante ou
plus précoce que les arbres francs de pied (par suite de l’action du
bourrelet de greffe sur la circulation de la sève).

.......

En règle générale, les végétaux sont plus vigoureux et atteignent
de plus grandes dimensions une fois greffés sur un porte-greffe convenable.
Un ouvrage de pratique horticole, comme celui de BALTET[ 5 , I 9481
en fournit de nombreux exemples : Sorbier, certains Pins et Sapins,
beaucoup d‘arbres fruitiers. VIVIAN[ I ~ I1, 9 j I] a montrê clairement que
les arbres fruitiers tiennent‘ principalement de la greffe leur vigueur
végétative accrue.
azertien a écrit le 01/03/2008 00:36 (ref msg # 14763 )
deux extraits du livre de 66 pages cité ci-dessus.
azertien a écrit le 01/03/2008 00:41 (ref msg # 14764 )
Toutefois, dans certains cas particuliers les porte-greffe ont pour
effet de réduire le taux de croissance du greffon, phénomène bien connu
et couramment utilisé en arboriculture (a Dwarfing rootstocks ))) et
même en horticulture (jardins japonais).
Le greffage n’a donc pas toujours une même action. Les résultats
peuvent être différents, pour une même plante, suivant le porte-greffe
adopté.
azertien a écrit le 01/03/2008 00:48 (ref msg # 14765 )
BALTET dit : un arbre greffé sera plus disposé à fleurir et à fructifier
qu’un sujet de la même espèce franc de pied. On pourrait multiplier
les exemples. Ainsi admet-on comme une règle générale que les Vignes
greffées sont plus productives que les autres. Sur plantes annuelles,
M. PICHENOT signale aussi une augmentation de la taille des fleurs et des fruits. En U. R. S. S., on pratique en certains endroits la greffe du Melon sur la Courge ; la production ‘de melons s’en trouve accrue.
azertien a écrit le 01/03/2008 01:01 (ref msg # 14767 )
I1 est d’observation courante qu’un rameau greffé provenant d’un
jeune semis porte des fruits plus vite que les plants témoins restés francs
de pied. Tous les jardiniers le savent. Le Pommier greffé fructifie plus
vite que franc de pied, etc

extrait du texte de 66 pages lien cité ci-dessus.
floyd a écrit le 01/03/2008 07:51 (ref msg # 14769 )
Bonjour,
"azertien" a écrit :
deux extraits du livre de 66 pages cité ci-dessus.

Voilà, dit comme ça je préfère de beaucoup.
Baltet et Michard sont deux des pilliers du forum. Tout le monde connait le troisième.
Morale de cet échange: une citation précise et une source publiée c'est bien.
nb: une photo et une decription détaillée c'est pas mal non plus!
azertien a écrit le 10/03/2008 21:38 (ref msg # 15163 )
La greffe en fente faite à l' automne facilite beaucoup la reprise des fruits à noyau particulièrement les pruniers. C'est encore au moyen de la greffe en fente et en écusson faite avec les boutons à fruits vers le mois d'août septembre et posée sur le côté des branches latérales des arbres fruitiers improductifs que l 'on fait fructifier l' année suivante des arbres qui seraient restés stériles.
(extrait d'un ouvrage)


greffer.net >> Greffage