Pyrus amygdaliformis

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  3. Poirier


LAGRIC a écrit le 21/05/2017 15:38 (ref msg # 58239 )
Bonjour, quel sujet intéressant pour moi et merci à ce forum, les gens qui l'animent et à la contribution de Querçus.
J'apporte ma petite pierre à propos de PA sur lequel je fais mon apprentissage de la greffe depuis l'automne dernier (avec beaucoup d'insuccès) :
j'en ai de toutes générations, dans les parcours à vache de la ferme (de la plantule à l'arbre de 7-8m de haut). Ils poussent sur de la marne, du sol superficiel sur roche calcaire (causse), adret ou ubac, crête ou lieu protégé du vent, il est présent. Ils résistent très bien au gel intense et prolongé de notre coin (~700m massif central méridional). Le température ici est à forte amplitude (climat méditerranéen et continental). La rouille grillagée parfois présente sur les nombreux genévriers ne lui fait quasiment pas d'effet. Absent des cuvettes froides à terre lourde d'en bas dans la vallée.

J'ajoute que les PA dont je parle sont bien évidemment issus de semis; ils sont "entiers" si on peut dire ça.
François du Perche a écrit le 22/05/2017 10:31 (ref msg # 58247 )
Ils résistent très bien au gel intense et prolongé de notre coin (~700m massif central méridional).

L'hiver 2011-2012 a été très rude, à quelle température est-ce descendu chez vous et avez-vous des exemples de vieux P.A qui ont résisté à des températures extrêmes (en 1961 par exemple ?)
Car nous avons des informations contradictoires sur la résistance au gel de cet arbre et ce serait intéressant de pouvoir en savoir plus.
LAGRIC a écrit le 22/05/2017 11:36 (ref msg # 58248 )
François du Perche, pour fiabiliser ma réponse, je vais regarder mieux cette semaine car il y a en fait 2 pyrus autochtones qui se côtoient sur nos parcelles. L'un est pyrus amygdaliformis et l'autre je ne sais pas.

L'épisode de froid hiver 11-12, pour nous, l'amplitude a été de -10 à -19°C pendant + de 15 jours. Quel que soit ce second pyrus, du plus petit au plus gros (même isolé plein champ), sur 40ha, je n'est pas observé le moindre dégât dû au gel.

Pour 61, je ne connais pas l'âge de ces arbres car je n'en ai encore greffé aucun gros en couronne.

Bientôt plus d'info, peut-être des photos.
LAGRIC a écrit le 26/05/2017 11:24 (ref msg # 58278 )
Un compte-rendu de mes observations (je laisse à votre appréciation si les arbres chez nous sont des pyrus spinosa/amygdaliformis) :
- le plus imposant : diam.~30cm / haut.~8m / substrat marne bleue / situation ubac / épineux / feuilles velourées et relativement étroites / fruits absents en ce moment
- ces pyrus présentent tous des épines et des feuilles peu épaisses mais ce feuillage varie de la feuille étroite, velourée, de couleur pâle à la feuille ronde, lisse, de couleur vert franc. Ils semblent s’accommoder de n'importe quel sol.

Pour rappel :
- situation Massif central méridional ouest, 600 à 800m
- amplitude de température ~15 à +30

J'ai fait des photos.
Ici, il ne se nomme pas autrement que peroussié en rouergat (arbre à petite poire en français)
LAGRIC a écrit le 26/05/2017 14:22 (ref msg # 58279 )
Comme les autres, ce PA présent chez nous (diam. 30, haut. 8m) a passé l'hiver 2011 sans dommage; pour celui de 1961, je ne sais pas.









LAGRIC a écrit le 26/05/2017 14:33 (ref msg # 58280 )
Les feuillages décrits à un de mes posts précédents (#44 Message par LAGRIC » 26 mai 2017 09:24)









LAGRIC a écrit le 26/05/2017 14:35 (ref msg # 58281 )
Les feuillages décrits à un de mes posts précédents (#44 Message par LAGRIC » 26 mai 2017 09:24)






LAGRIC a écrit le 26/05/2017 14:38 (ref msg # 58282 )
Cognassier sur PA (j'ai courbé ce grand scion pour la photo car greffe réalisée toujours en hauteur cause tracteur et vaches)


Bruno a écrit le 27/05/2017 08:09 (ref msg # 58283 )
Le problème est que le pyrus spinosa-amygdaliformis peut facilement se croiser avec des pyrus pyraster ou des poiriers domestiques. Cela ne m'étonnerait pas qu'il en soit ainsi au moins pour une partie de ces photos. Je me demande même s'il ne s'agit pas en réalité de pyrus pyraster, vu leur grande taille et leur feuilles larges. Les pyrus pyraster ont facilement des épines aussi.
Bruno a écrit le 27/05/2017 08:28 (ref msg # 58284 )
"François du Perche" post_id=58226 time=1495181710 user_id=11884 a écrit :

et sur ce site, ils disent que le P.A peut convenir en zone 6 (-23°), donc peut-être que ce problème de rusticité est un faux problème. Mais ils disent aussi qu'il pousse sur des sols frais, alors que les exemples donnés ici concernent plutôt des sols arides.
https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j...


A mon avis c'est faux, peut-être qu'il ne meurt pas si le sol est frais mais là où j'en ai vu le sol est sec pendant l'été. Les régions citées dans cet article sont méditerranéennes. Pour la France c'est dans les régions proche de la méditerranée qu'on le rencontre : http://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-54.... Le climat méditerranéen est très sec l'été, il peut ne pas pleuvoir pendant 3 et même 4 mois.
Je pense qu'il se trouve à des endroits où les autres poiriers meurent de sécheresse. Comme il peut se croiser avec d'autres poiriers la variété pure se retrouve en zone sèche.
Bruno a écrit le 27/05/2017 09:09 (ref msg # 58286 )
J'ai fait dans il y a quelques années un semi de graines d'un pyrus spinosa entouré de poiriers domestiques (il s'agit d'un pyrus spinosa qui existe certainement depuis très longtemps et se trouve en bordure d'un morceau de colline (colline du Thouar à 83130 La Garde) qui a été interdite à la construction, mais qui est entouré de villas qui se sont construites et où les propriétaires ont planté des poiriers. On peut voir la variation des formes des feuilles. Il y a aussi une variation de la tailles des arbres, de leur vigueurs, de leur couleurs. Je donne cet exemple pour montrer que le pyrus spinosa se croise spontanément avec d'autres poiriers.




LAGRIC a écrit le 27/05/2017 09:38 (ref msg # 58287 )
Il se croise oui.
Un pyrus amygdaliformis dont le gène (je ne sais pas si c'est le bon terme), au fil des siècle, est plus ou moins dominant mais toujours présent malgré ces croisements incessants. Une force en somme.
Bruno a écrit le 27/05/2017 18:14 (ref msg # 58288 )
hé bien c'est les lois de Mendel. Il y a des gènes dominants et récessifs. Mais quand le poirier pousse sur une colline où pendant plusieurs mois, il n'y a pas une goutte de pluie, il a intérêt à avoir des gènes de pyrus amygdaliformis/spinosa plutôt que pyraster pour survivre. En Provence où j'habite il y a des pyrus pyraster mais on les trouve dans les endroits plus humides en particulier le long des ruisseaux comme pour les figuiers. Le pyrus amygdaliformis/spinosa se voit en pleine garrigue dans des endroits particulièrement secs. Lorsque c'est un peu plus humide le pyraster est favorisé parce que plus grand. Dans les endroits humides le spinosa étant petit aura tendance à être privé de soleil par les autres arbres.
Il y a une différence entre les poires de pyraster et spinosa. La poire de pyraster est âpre mais il y tout de même de la chair, il y des gens qui font de la confiture avec. La poire de spinosa est vraiment immangeable, elle est dure comme du bois. Lorsque j'avais fait un semi de spinosa j'avais du mal à extraire les pépins même en laissant pourrir les poires, la chair étant particulièrement fibreuse.
LAGRIC a écrit le 27/05/2017 22:05 (ref msg # 58290 )
Bruno, j'adopte votre pensée. Je pense que j'ai donc chez moi du pyraster et du amygdaliformis plus ou moins pur. Pour le coup, mon environnement quotidien perd encore un peu plus de ses secrets. Je continuerai à les observer au long de la belle saison pour regarder quel arbre pour quel fruit et ferai un retour ici de ce petit travail.
François du Perche a écrit le 29/05/2017 10:42 (ref msg # 58293 )
De ce qui précède, il semble bien que ce P.A ne tienne que jusqu'à -15°, donc à éviter au Nord de la Loire. D'ailleurs, on ne le trouve qu'en climat méditerranéen. C'est donc l'azérolier qui serait favori pour des arbres mixtes pommes-poires.
bbxulti a écrit le 31/05/2017 19:51 (ref msg # 58319 )
Quelques beaux poiriers greffés sur P.A. sauvages dans la région de Manosque.








bbxulti a écrit le 13/06/2017 22:15 (ref msg # 58414 )
Ces arbres ont été greffés il y a environ 10 ans sur des arbres sauvages déjà assez grands (juqu'à 15cm de diamètre je crois, je ne me rappelle plus exactement ce que le propriétaire m'a dit sur ce point) à environ 1m50 du sol. Dans ce verger ils produisent, sans arrosage, en climat sec. Mais apparemment la partie greffée dépérit entre 10 et 15 ans. Quercus est-ce que chez toi les arbres greffés sur Pyrus amygdaliformis vivent longtemps?
Bruno a écrit le 13/06/2017 23:20 (ref msg # 58417 )
Mais là il y a juste un rameau qui est greffé. Il risque d'être marginalisé. J'ai greffé en 1987 un poirier St Jean sur un pyrus amygdaliformis , il est toujours vivant. Mais je n'ai pas laissé de branche non greffée.
claudeduvar a écrit le 14/06/2017 08:56 (ref msg # 58422 )
j'ai des greffes qui doivent avoir plus de 60 ans d'âge mais comme souvent c'est la variété greffée qui conditionne la longévité, ce porte greffe à l'état naturel porte des petits fruits qui arrivent à maturité assez tardivement si on lui greffe des fruits plus volumineux et précoces on va modifier ses cycles ce qui va le perturber, il se peut qu'il y ait aussi un problème de compatibilité et que celle-ci soit meilleure avec des variétés comme St jean ou curé.
bbxulti a écrit le 14/06/2017 17:19 (ref msg # 58430 )
C'est peut-être quelque chose comme une incompatibilité à long terme...le propriétaire ne savait pas. Il y avait plusieurs variétés dans ce verger, sur porte-greffe P.A.

On aurait alors intérêt à greffer des variétés tardives sur ce porte-greffe pour se rapprocher de son cycle naturel et avoir une meilleure longévité?

Sinon la dernière photo où cohabitent les deux feuillages est trompeuse, je l'ai incluse parce qu'on y voit des rejets du porte-greffe. A part ces rejets la couronne entière des arbres sur les deux photos est de la variété greffée.


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