création de nouvelle variétés par greffe.

greffer.net >> Greffage

kiba a écrit le 02/12/2007 20:34 (ref msg # 12148 )
Bonjour,

je suis un lycéen et je dois faire une recherche sur les greffes d'arbre fruitier. J'aimerais savoir si quelqu'un serait capable de m'expliquer comment une greffe peut créer de nouvelles variétés de fruits telle que la clémentine (si je ne me trompe pas ).

Merci d'avance .
rustaghja a écrit le 02/12/2007 21:09 (ref msg # 12149 )
Bonsoir, pour commencer, la clementine n'a pas été crée par greffage , mais elle est le resultat d'un semis "chanceux", et donc de la pollinisation d'une fleur.
Le greffage n'a pas pour objectif de créer de nouvelles variétés, mais au contraire de reproduire une variété à l'identique.

Il arrive parfois que le greffage produise une nouvelle variété : une chimere de greffage, mais c'est extremement rare et quasi-impossible à réaliser volontairement.
Senescence a écrit le 02/12/2007 23:51 (ref msg # 12150 )
Plop,

Un greffage augmente la probabilité d'une mutation non ?

Imaginons ceci :

Cultivar4 - Sur SurGreffage___|
Cultivar3 - SurGreffage______| Greffage par approche sur Niveau 4
Cultivar2 - Greffage_________| Greffage par approche sur Niveau 3
PG


patrice a écrit le 03/12/2007 08:36 (ref msg # 12151 )
Tout à fait.
Le greffage est une méthode de multiplication végétative (tout comme le bouturage, le marcottage, ...) qui permettent d'obtenir un clone d'une plante. Contrairement aux semis où le plant semé, suivant le type de végétal, peut être différent du pied-mère, résultat d'une hybridation.

Les très rares cas de greffage où on peut obtenir un clonage infidèle, sont effectivement les chimères, les mutations de bourgeons.
https://www.greffer.net/?p=89
rustaghja a écrit le 03/12/2007 13:20 (ref msg # 12152 )
Un greffage augmente la probabilité d'une mutation non ?


Je ne sais pas si l'action "mecanique" du greffage traditionnel peut provoquer des mutations et s'il existe des etudes sur le sujet. Il est possible que des techniques comme le microgreffage d'apex (pour les agrumes) provoque plus de mutations spontanées, et les procedures de desinfections propres au microgreffage sont peut-être une piste.

Ce serait sans doute une discussion interessante, mais il vaut mieux en rester à la réponse de Patrice pour ne pas embrouiller Kiba :
Sauf cas extremements rares, le greffage ne produit pas d'hybrides.
Alex a écrit le 03/12/2007 15:49 (ref msg # 12160 )
Bonjour,

Juste une précision : le greffage est censé permettre le "clonage parfait" d'une plante (pas de création de nouvelle variété). Seul cas particulier, outre les chimères de greffage, la mutation de bourgeon (qui peut aussi se produire sur une plante non greffée).

Un « sport » est un rameau issu d’un bourgeon qui présente une mutation (modification génétique) naturelle ou induite. Les mutations peuvent intervenir sur de très nombreuses caractéristiques, incluant la productivité ou le mode de croissance de l’arbre ; la forme, la couleur, le parfum ou l’époque de maturité du fruit ; etc. Nombre de ces changements sont trop subtils pour que l’observateur moyen les remarque. Des accidents naturels (erreurs de division cellulaire ; virus ; etc.), un traumatisme (taille sévère, gel, etc.) ou le rayonnement cosmique (UV ?, …) pourraient être à l’origine des changement génétiques / chromosomiques de ces bourgeons. Le rameau résultant diffère de la plante mère et peut être propagé végétativement pour donner un nouveau cultivar (bouturage, greffage, multiplication in vitro, etc.). C’est par exemple le cas des pommes Red Delicious, sport aux fruits rouges issu d’une mutation de bourgeon de Delicious, à fruits jaunes (il existe près de 150 sports à fruits rouges de Delicious).

Voir https://www.greffer.net/?p=89
Senescence a écrit le 03/12/2007 17:15 (ref msg # 12162 )
Ca a le mérite d'être clair :p
Bon je vais chercher les deux photos de mes cas bizarres.
(Agrumes).
kiba a écrit le 05/12/2007 15:43 (ref msg # 12201 )
Merci à tous de m'avoir répondu.
Je vais tout de suite rediriger mes recherches sur la multicplication à l'identique de variétés par la greffe.
J'aurais eu l'air un peu bête si j'avais rendu un exposé sur quelque chose qui n'avait pas de véritable fondement ou qui était tres hazardeux.
Alex a écrit le 06/12/2007 08:38 (ref msg # 12214 )
Avez-vous lu cet article de Patrice sur le greffage : https://www.greffer.net/?p=28 ? C'est un sujet très vaste que vous allez aborder, mais aussi très riche et passionnant.

NB : dans votre exposé, un apparté sur les chimères de greffage me semblerait intéressant. A mon sens, c'est le cas le plus étonnant du greffage (très rare) : on réussit à mélanger le patrimoine génétique de deux espèces (qui, en général, ne peuvent pas s'hybrider par pollinisation). On ne "multiplie pas à l'identique" par le greffage (donc quelque part on a échoué ) mais on obtient des fantaisies végétales assez incroyables !
rustaghja a écrit le 06/12/2007 12:47 (ref msg # 12216 )
On ne "multiplie pas à l'identique" par le greffage (donc quelque part on a échoué ) mais on obtient des fantaisies végétales assez incroyables !

Et oui, c'est bien pour çà que les livres qui traitent du greffage disent de supprimer de façon systematique toutes les pousses qui se dévellopent juste au niveau du point de greffe. C'est à cet endroit précis que risquent de se créer des hybrides de greffes, et ce n'est pas l'objectif recherché.
Les branches chimeriques qui apparaissent parfois en verger de production sont aussi eliminées, car synonymes de degenerescence
......eh voilà, le sujet a deffinitivement glissé vers les hybrides de greffe
sapindo a écrit le 08/12/2007 07:45 (ref msg # 12243 )
La question de ce jeune lycéen renvoie à celle de l'influence du porte-greffe sur le greffon.

Je me demandais alors si une étude comparative sérieuse avait été réalisée: en d'autres termes toutes choses égales par ailleurs, la probabilité d'avoir une mutation sur un arbre greffé est-elle plus grande que celle de l'obtenir sur un arbre non greffé (je ne parle pas d'hybrides de greffes mais de "déviations sportives").

Les exemples (plus ou moins avérés?) de Mitchourine démontrant l'influence du porte-greffe (mentor, mutation sur des greffons issus de jeunes semis...) abondent...
Alex a écrit le 08/12/2007 09:01 (ref msg # 12245 )
La question est intéressante, en effet... Mais comme les arbres fruitiers classiques sont dans leur très grande majorité gréffés plutôt que bouturés, je ne pense pas que cette étude puisse exister... Peut être une étude comparative avec des PGs différents serait plus envisageable ?
nouvel azertien a écrit le 07/03/2012 00:15 (ref msg # 34237 )
Ce phénomène semble assez fréquent pour les rosiers.

J'ai constaté qu'un rejet du porte greffe, très proche de la greffe, me produisait un genre de fleur qui n'est ni vraiment la réplique du porte greffe, ni vraiment la variété greffée.
J'observerai plus attentivement cette année le développement de cette nouvelle pousse, en la comparant avec la partie greffée qui s'est bien conservée. (Ma greffe était une greffe anglaise sur un rosier grimpant).

Ce qui complique mon analyse est que mes deux variétés sont de couleur rose, alors qu'avec des variétés de couleur différentes, cela serait plus évident.....

en attendant voici un article qui me conforte dans cette idée.....

http://books.google.fr/books?pg=PA23&...
nouvel azertien a écrit le 11/03/2012 00:34 (ref msg # 34303 )
Dans cet article, le Professeur Caspary parle de l'observation de plantes "métisses" (Mischlinge) obtenues en greffant des rosiers et qui présentent les caractéristiques du porte-greffe et de la partie greffée.

http://books.google.fr/books?id=WlU_AAAA...


(texte en allemand)
floyd a écrit le 11/03/2012 09:28 (ref msg # 34312 )
Bonjour nouvel azertien,
C'est toujours sympa de donner des liens vers des pages du web.
Pour encore plus d'efficacité, on pourrait donner quelques infos, outre le nom de l'auteur, la date de publication, un bref CV de l'auteur, un résumé ou une courte citation significative.
Il est possible de faire une brève analyse historique, scientifique, technique, du texte pour justifier ne serait-ce que le choix d'en avoir parlé…
nouvel azertien a écrit le 11/03/2012 13:18 (ref msg # 34314 )
L'auteur relate ce fait qui remonte à l'été 1864. Il était de la région de l'ex Königsberg, aujourd'hui Kaliningrad (enclave russe près de la mer Baltique).

Le mieux pour retrouver un article est de taper les mots clef, dans la feuille recherche avancée de livres de Google books.

Ici par exemple : Caspary et Mischlinge.
floyd a écrit le 11/03/2012 13:49 (ref msg # 34315 )
S'agissant de publications du XIXe, (et que le XXIe est déjà entamé…) on peut penser que l'intérêt scientifique n'en a pas été prouvé.

Reste un intérêt historique, qui concerne plus l'évolution de la connaissance horticole et des méthodes scientifiques.

Par contre, si tu penses que l'on est passé à coté d'une véritable découverte et qu'il est dommage de ne pas en parler, il est indispensable d'argumenter en faveur.
patrice a écrit le 14/03/2012 06:18 (ref msg # 34334 )
"floyd" a écrit :

Pour encore plus d'efficacité, on pourrait donner quelques infos, outre le nom de l'auteur, la date de publication, un bref CV de l'auteur, un résumé ou une courte citation significative.
Il est possible de faire une brève analyse historique, scientifique, technique, du texte pour justifier ne serait-ce que le choix d'en avoir parlé…


C'est peut être un peu trop demander... et risquerait d'entraver des publications de liens intéressants, postés "bruts". Rien n'empêche d'autres usagers de faire ce travail pour compléter l'information.
nouvel azertien a écrit le 21/03/2012 11:14 (ref msg # 34443 )
Dans le texte suivant, en anglais, (et hélas en petits caractères), l'auteur relate l'obtention d'un sport de rosier (mutation),
à partir de la greffe en écusson. Une pousse présente à la fois les caractéristiques du porte greffe et du greffon.

Il s'agit d'un rosier Devoniensis greffé sur un rosier de Banks.

L'auteur précise que ce dernier porte-greffe est connu des rosiéristes
pour être souvent à l'origine de ces mutations (sports).

http://books.google.fr/books?id=UxLnAAAA...
nouvel azertien a écrit le 21/03/2012 12:05 (ref msg # 34444 )
Une courte citation sur le sujet


Ce nom convient surtout à des cas où le mélange des caractères des sujets unis par la greffe est bien plus intime et surtout se manifeste, non sur le greffon lui-même, mais sur des tiges nouvelles poussées sur la cicatrice de la greffe, et dont on ne saurait dire si elles appartiennent au greffon ou au sujet. Des Pommes de terre, des bulbes de Jacinthe de couleurs différentes, coupés en deux, exactement par l'axe du bourgeon, et accolées, ont pu quelquefois se souder et produire une tige unique qui a porté des tubercules ou des fleurs réunissant en combinaisons variées les couleurs des deux variétés. Au nœud de soudure d'un Rosier Devoniensis greffé sur un Rosier
de Banks, poussa une branche qui produisit des roses nettement intermédiaires aux deux variétés précédentes.

Le cas le plus célèbre est celui du Citysus Adami produit, dans des con-
ditions semblables, par un C. laburnum et un C. purpureus greffés l'un
sur l'autre et qui porte une variété extraordinaire de fleurs jaunes comme
celles du laburnum, de fleurs rouges comme celles du purpureus et de
fleurs mixtes présentant tous les mélanges possibles de ces deux nuances.

un lien complémentaire

http://books.google.fr/books?id=M3ECAAAA...


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