Le retour de l'orme

greffer.net >> Plantes ornementales

JM a écrit le 19/04/2007 11:27
Beau travail de sélection de l'INRA qui a sélectionné des variétés d'orme résistantes à la graphiose à partir des espèces européennes essentiellement et non pas totalement asiatique comme "Sapporo gold" fréquemment vendu.
http://perso.orange.fr/pepinieres-lemonn...
patrice a écrit le 19/04/2007 11:39
Les ormes européens ont pratiquement tous disparus, victimes d’une grave
maladie, la graphiose de l’orme.


Ici nous avons soit été un secteur qui n'a pas été touché par la graphiose, soit qui a des cultivars naturellement résistants, car nos bosquets sont remplis d'ormes champêtres, certains très âgés (genre 80 cm de diamètre).
Alex a écrit le 19/04/2007 12:04
Bonjour,

L'orme sauvage n'est pas mort (c'est le titre d'un publication de PONEMA autrefois gratuite en ligne, désormais payante, que j'ai copié à l'époque)...

J'ai plusieurs ormes sauvages à la maison. Ils poussent très bien, jusqu'à atteindre un diamètre de 15-20 cm et là ils se font dévorer et meurrent... Mais des rejets repartent de la souche et le cycle recommence. ll y a 4 ans, j'ai tenté de receper volontairement un pied d'orme devenu assez gros, et je n'ai pas eu d'attaque... La conclusion que j'en tire est que les scolytes doivent avoir besoin d'un diamètre de tronc minimal pour se reproduire.

Bref, tout ça pour dire que dans le cas où ce n'est pas le bois d'oeuvre qui est recherché (et encore), il est peut être préférable de planter des ormes sauvages et les receper tous les 15-20 ans plutôt que de planter une population génétiquement affaiblie / érodée sur tout le territoire * ! De plus, je crois qu'une nouvelle souche de graphiose, beaucoup plus virulente, est en expansion depuis l'Asie... alors quelle preuve que ces cultivars seront résistants ?

Quoi qu'il en soit, j'ai des graines tous les ans, que les amateurs se manifestent

* "le cultivar 'LUTECE® Nanguen' est le plus prometteur. Il devrait être commercialisé en 2006. Un chercheur de l'INRA de Nancy a obtenu cet hybride par fécondations croisées de 6 variétés dont Orme de montagne (Est de la France), Orme champêtre et Orme de l'Himalaya" http://fr.wikipedia.org/wiki/Orme

Voir par ailleurs :

http://camille.lepoittevin.free.fr/telec... (43 pages: disparition de l'orme en France : causes et solutions)

http://www.recherche.gouv.fr/biodiv2005p... (CEMAGREF : conserver la diversité biologique des ormes)

http://www.mrnfp.gouv.qc.ca/forets/fimaq... (site Québecois : la maladie hollandaise de l'orme)
Alex a écrit le 19/04/2007 12:08
Ici nous avons soit été un secteur qui n'a pas été touché par la graphiose, soit qui a des cultivars naturellement résistants, car nos bosquets sont remplis d'ormes champêtres, certains très âgés (genre 80 cm de diamètre).

Voilà typiquement le genre de sujets sauvages qu'il faut impérativement préserver, signaler et chouchouter !!
autrevie a écrit le 19/04/2007 12:08
les ormes tuées ont aussi drageonné,
j'ai recu une bouture suite a un échange,il n'y avais meme pas de racines...c'étais un rejet de souche...et la il a pousser de 1.30M en deux ans...incoryable.

l'orme fais partis des arbres hégergeant les plus d'hote,et sa feuille a un carbon azote équilibré et a ph neutre.
patrice a écrit le 19/04/2007 12:45
l'orme fais partis des arbres hégergeant les plus d'hote,et sa feuille a un carbon azote équilibré et a ph neutre.


Et le régal du printemps des écureuils.

Pour ceux qui voudraient des graines fraiches d'orme (ca se sème frais pour avoir de tres bons résultats), je dois encore en trouver quelques unes, meme si on est sur la fin...

Me contacter en privé si interressé.
patrice a écrit le 19/04/2007 14:48
Je retire ma proposition, les graines sont deja trop seches sur le peu qu'il reste sur les arbres. L'an prochain, fin mars !
JM a écrit le 20/04/2007 00:10
Les ormes survivant dans les zones à graphiose ne dépassent pas longtemps le stade buissonnant. Chez moi, en Midi-Pyrénées, les haies entre les champs étaient souvent peuplées d'ormes : il n'y en a plus. Si on veut avoir un arbre comme on en a connu il y a 25 ans (au moins en Midi-Pyrénées), des clones sélectionnés pour leur résistance sont intéressants.
Quelques arbres remarquables sont maintenus vivants par des traitements et d'autres, ça et là résistent d'eux même (j'en connais quelques uns mais très peu).
Certains de ces ormes ont été réunis en collection (le CEMAGREF en a).
Pour ce qui est de la base génétique, il y a tout un programme de préservation des ressources génétiques in situ (méthodes différentes selon que l'on a affaire à de l'orme champêtre, de l'orme lisse ou de l'orme de montagne qui ne réagissent pas de la même façon à la maladie), il faudra que je retrouve l'article, je l'ai lu il y a quelques années déjà. Il y a également un programme de préservation ex situ : des apex de bourgeons d'ormes remarquables sont cryoconservés dans de l'azote liquide.
Il y a en fait plusieurs voies suivies pour la survie de l'orme avec des moyens et des objectifs différents.
patrice a écrit le 20/04/2007 07:04
J'ai essayé de greffer des ormes, pour récupérer exactement le plant très agé qu'il y a par ici (au cas où il ait une résistance particulière à la maladie), anglaise simple lorsque le PG commencait à débourrer, je n'ai pas eu de reprise.
Alex a écrit le 20/04/2007 08:30
J'ai essayé de greffer des ormes, pour récupérer exactement le plant très agé qu'il y a par ici (au cas où il ait une résistance particulière à la maladie), anglaise simple lorsque le PG commencait à débourrer, je n'ai pas eu de reprise.

Pourquoi ne pas tenter le bouturage ou de repiquer des drageons ?
patrice a écrit le 20/04/2007 09:28
Tout à fait, d'autant que l'orme se bouture en juillet
klakos a écrit le 20/04/2007 12:15
Une bouture serait effectivement avantageuse d'autant plus que la résistance à cette maladie doit être, là-encore au niveau du PG
autrevie a écrit le 20/04/2007 14:15
pour bouturer l'orme?
En Juillet donc
30cm+habillage de la tige,hormone+substrat drainant???
Merci...
JM a écrit le 20/04/2007 15:58
Bouturage à l'étouffée je présume ?
patrice a écrit le 20/04/2007 16:00
Oui, dès que c'est herbacé, pour une bouture d'arbre, l'étouffé s'impose.
autrevie a écrit le 28/04/2007 22:53
Merci
patrice a écrit le 14/02/2008 19:34
[quote="patrice"]Ici nous avons soit été un secteur qui n'a pas été touché par la graphiose, soit qui a des cultivars naturellement résistants, car nos bosquets sont remplis d'ormes champêtres, certains très âgés (genre 80 cm de diamètre).

Voilà typiquement le genre de sujets sauvages qu'il faut impérativement préserver, signaler et chouchouter !![/quote]

il vient d'etre rasé
floyd a écrit le 14/02/2008 20:52
Bonsoir,
Les bocages de l'Ouest étaient dominés jusque dans les années 80 par le chêne et l'orme. La graphiose et le remembrement ont rayé l'orme de ces paysages typiques.

Parmi les causes de cette catastrophe, l'utilisation fréquente des épareuses pour l'entretien des "haies plates". Ces machines ont pu contribuer à la propagation du champignon.

Des rejets sur souches ne sont pas rares. La maladie frappera dès que le diamètre s'accroit; le scolyte a besoin d'un lieu de ponte en "bonne santé" et d'un volume suffisant.

Après ce long préambule il faut souligner l'importance des recherches menées. Elles pourront donner des solutions durables pour réhabiliter les biotopes, les paysages et l'économie liés à l'orme.

Peu d'hybrides obtenus ont été mis sur le marché. Chaque obtention est multipliée de manière végétative et forme un clone. Les boutures ont toutes le même patrimoine, et donc les mêmes faiblesses. Un risque certain si la maladie elle-même évolue.

En Sarthe j'ai contribué à la plantation des premiers ormes résistants dans une commune: la bien nommée Saint Pierre des Ormes. Il y a bientôt 20 ans. Les 'sapporo gold 2' ont effectivement une vigueur incroyable: des pousses de 1,50m sont dans la moyenne sur des sols limoneux riches.

En 1994, j'ai acheté et planté des plants racinés d'un an autour de mon terrain en sol léger. La cépée la plus productive m'a donné déjà deux récoltes de buches, diamètre 0,15m à la base.

Le bouturage s'avère simple et facile à réussir. Sol préparé et baché. Pousse d'un an entière (1,00m avec bourgeon terminal) poudre AIB, plantation à noël. Arracher impérativement au bout d'un an! Après c'est mission impossible.

L'orme un arbre d'avenir…
TheChti a écrit le 11/03/2008 13:28
Toujours la fameuse course entre l'épée et le bouclier. Je suis persuadé que l'orme n'a besoin de personne pour résister à la graphiose. D'ailleurs stricto sensus il n'est pas tué mais en est réduit (d'après ce que j'ai compris) à ne survivre qu'avec des rejets. Je suis certain qu'avec le temps (le phénomène de résilience des arbres me surprend toujours) il se trouvera bien des ormes qui auront trouvé la parade et qui recommenceront à pousser normalement.

Le problème, ce sont les humains: quand on détecte un changement qui ne s'inverse pas dans le temps d'une vie humaine, on est tout de suite effarouché

Tout ça n'enlève rien au travail de l'INRA qui permettra de replanter des ormes en attendant que les taxons sauvages reprennent le dessus.

Dans le même ordre d'idée la mineuse du marronnier (Cameraria ohridella) est aussi un véritable fléau !
floyd a écrit le 11/03/2008 14:03
Bonjour,
… quand on détecte un changement qui ne s'inverse pas dans le temps d'une vie humaine, on est tout de suite effarouché …

Sans doute plus jeune que moi TheChti, tu n'as pas vu l'ampleur et la brutalité de la disparition des ormes du bocage durant les années 70/80.

En campagne les effets du remembrement ont accentué le phénomène.
En ville la place des Vosges à Paris s'est retrouvée privée de ses arbres.
La graphiose avait un impact planétaire.

L'idée de créer un hybride résistant s'est imposée à la fois à cause de l'urgence, mais aussi parce que cette possibilité était assez facilement accessible. Les traitements phyto s'étaient révélés difficiles, couteux, inéfficaces.


greffer.net >> Plantes ornementales