Histoire des comices agricoles

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patrice a écrit le 12/02/2021 12:16 (ref msg # 68758 )
Je n'ai pas trouvé à première vue alors je tente néanmoins ici.

Existe-t-il un ouvrage dédié à l'histoire des comices agricoles ?
J'ai trouvé seulement quelques articles.

Il furent très actifs dans la rigueur des sélections fruitières, à en lire certains compte-rendus de leurs activités, lancer une nouvelle variété sur le marché demandait déjà beaucoup de recul sur sa culture (sur certains compte rendu on pouvait lire qu'avant de proposer au comice, le pépiniériste obtenteur avançait une expérience de dix ans de culture), l'avis d'une consultation collégiale sur le bénéfice du fruit, etc. Dans la recherche de l'excellence et de l'intérêt agronomique.



Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 12/02/2021 12:18 par patrice
floyd a écrit le 12/02/2021 17:10 (ref msg # 68760 )
Les comices, de ce que j'en sais, avaient pour but de stimuler la mise en pratique des progrès dans tous les domaines agricoles, horticoles, arboricoles, viticoles, sans oublier l'élevage, les engrais et amendements, les pesticides, les machines, l'outillage et le bâtis.
Les revues nombreuses et documentées publiées chaque année rendent compte des avancées et signalent les lauréats de ce qui est avant tout un concours cantonal, et/ou départemental.
L'esprit perdure, et le salon de l'agriculture de Paris reste pour de nombreux producteurs le lieu où faire valoir le meilleur de leurs métiers.

On peut aussi se souvenir des Sociétés d'agriculture sciences et arts, souvent très anciennes (royale, impériale et après).
Elles ont certainement publié, certaines continuent de le faire, souvent en lien avec l'Université et les érudits locaux. La diffusion reste très … confinée.
Mais elles sont toujours aujourd'hui une porte d'entrée pour mieux connaitre la dimension historique du progrès.

En ce qui concerne la pomologie, la lecture des publications du congrès pomologique permet de se rendre compte d'où viennent nos variétés qu'elles soient dites anciennes ou de premier choix…. 1862 !
https://bibliotheques.mnhn.fr/medias/det...
patrice a écrit le 13/02/2021 06:43 (ref msg # 68762 )
A défaut, voici quelques articles de vulgarisation historique pour les curieux (souvent traitant d'un comice local) en complément de compte-rendus plus techniques

http://histoireducomice.unblog.fr/2012/1...
http://histoire-agriculture-touraine.ove...
https://www.jaimemonpatrimoine.fr/fr/mod...
http://bcd.bzh/becedia/fr/l-age-d-or-des...
https://journals.openedition.org/ruralia...
https://viva.villeurbanne.fr/histoire/20...

Comices, infiltration et influence politique
http://bcd.bzh/becedia/fr/le-comice-asso...

Il y a telle matière pour un ouvrage d'histoire que je suis étonné de ne pas arriver à en trouver un.
Message modifié 2 fois ; la dernière fois le 13/02/2021 06:45 par patrice
floyd a écrit le 13/02/2021 07:37 (ref msg # 68763 )
Merci Patrice pour ces liens.

Pour avoir été proche de quelques une des sociétés savantes locales et d'universitaires, je confirme que la matière ne manque pas.
Rien que l'histoire rurale du XVIIIe ou du XIXe d'un notable ou d'une technique suscite un ouvrage documenté fruit du travail de plusieurs professeurs et de leurs étudiants, durant plusieurs décennies, toute une carrière en fait.
Les sujets et les angles d'approche ne manquent pas non plus. L'intérêt pour l'histoire des comices pourrait susciter un travail en profondeur, à mesure que les initiatives prises ici ou là atteignent une "masse critique" pour intéresser un auteur.
Ou alors il faut l'entêtement d'une petite association pour se lancer dans l'aventure; pour exemple le "traité du cormier", publié après des années de recherche et d'inventaires menés par des dizaines de bénévoles, rédigé grâce à l'enthousiasme des auteurs… et financé.
patrice a écrit le 13/02/2021 07:41 (ref msg # 68764 )
Je pensais, au regard de l'importance du domaine agricole dans l'histoire des civilisations et la portée et influences de ces activités de comices, de l'imposante bibliographie à étudier, cela réalisé par un travail d'historien et donc publication donc universitaire (PUF, thèse...) .
floyd a écrit le 13/02/2021 07:58 (ref msg # 68765 )
Oui c'est la marche la plus "normale". Mais devenir historien, ethnologue, documentaliste, pour en vivre, ne suscite pas non plus beaucoup de vocation d'étudiants.
Dans le monde associatif, l'impression est forte qu'après eux, âgés, il n'y aura pas de relève.
Heureusement le XIXe laisse des archives propres, éditées et consultables.
Quelques érudits se penchent sur le XXe, ses guerres, ses révolutions technologiques… en recherchant et en exploitant des archives de premières mains.
La publication et la mise à disposition gratuite sur internet, posent la question comme tu le sais, Patrice, de la pérennité des informations mises en ligne…
patrice a écrit le 14/02/2021 06:49 (ref msg # 68774 )
Quand bien même quelques rares professionnels eurent à leur époque produit des œuvres remarquables de toute une vie (Leroy...), les budgets consacrés à la recherche sont là pour donner la durée d'investigation nécessaire et les moyens techniques dont ne disposent pas les autres.
Même pour l'amateur souhaitant aller au delà de conseils basiques, les ouvrages ou publications issus de la recherche sont quand même autre chose que les publications associatives (sans généraliser bien sûr) ou de jardimarketing.

Compulser les anales agricoles, compte-rendus de comices, journaux agricoles de l'époque, relève d'un travail relativement conséquent en vue de déboucher sur une histoire des comices.
floyd a écrit le 14/02/2021 12:31 (ref msg # 68775 )
Yann Lagadec, Agrégé et docteur en histoire, maître de conférences en histoire moderne à l'université Rennes 2, dont tu cites, Patrice, une page fort intéressante, est certainement un universitaire qui aurait connaissance de ses collègues, à travers la France, qui mènent les travaux que tu souhaites. (ou les publications si elles existent).

Il souligne avec raison que c'est l'impulsion donnée par Napoléon III, ses ministres, son épouse même, qui a permis découvertes et perfectionnements dans tous les arts et industries.

Aujourd'hui, on trouve déjà avec difficultés des fonds pour la recherche actuelle, et même si l'histoire peut nourrir de faits passionnants les jeunes esprits, il semble bien que la priorité des budgets ne soit pas là!
patrice a écrit le 15/02/2021 09:47 (ref msg # 68781 )
La recherche universitaire, de par ses règles de publication, a l'avantage, d'imposer une approbation, vérification, contradiction du travail effectué par ses pères, confrères.
Je n'irais pas jusqu'à considérer les travaux associatifs à de la recherche privée, quoique certaines structures sont dirigées par des personnes issues de la recherche et la qualité et rigueur du travail s'y retrouve alors se démarquant d'autres structures identiques, mais plutôt de travaux amateurs souvent de compilation tel nous faisons ici. Hélas, dans le milieu associatif, souvent, c'est aller pêcher la subvention, et adapter ses travaux et publications en fonction de là où le flux financier coule. Certes sans doute le cas tel indiqué dans le milieu de la recherche, mais ce n'est plus alors dans le même contexte de publication.

Exemple ce qui se fait avec la permaculture. Principe inventé dans les soixante-dix alors qu'à mon sens n'invente rien du tout, ne fait que mettre un nouveau nom et un concept marketing dessus. Le jardin ouvrier de par sa petite surface et sa culture étagée relèverait de fait du principe conceptuel de la permaculture et existe depuis bien avant. De même que le "design" des jardins de curé médiévaux dans les structures architecturales pour avoir à première proximité officinales et aromatiques. Je ne pense pas que, bien que cela se réfère à des principes anciens éprouvés dans le cadre d'une petite production, le principe permaculturel survive en tant que concept innovant dans un cadre soumis à la critique... Pourtant il y a tout un courant de publications, de formations à ce sujet.

Un travail de recherche sur les comices relève de compétences dans le domaine agricole, économique, sociétal, politique, historique.
floyd a écrit le 15/02/2021 11:05 (ref msg # 68783 )
Tout à fait d'accord avec ces remarques et cette analyse.
Toutefois, on ne peux se passer des bonnes volontés, qu'elles revisitent les savoirs anciens, les pratiques contemporaines ou les avancées prometteuses.
Si cette bonne volonté va de pair avec un bagage culturel et technique et un savoir-faire méthodologique, alors du très bon peut sortir de ces travaux et réflexions.
Si, à l'inverse, et la remarque n'est pas nouvelle, il y a du dogmatisme à la base des publications et des enseignements, alors il faut bien du courage pour apporter une juste contradiction.

Une chose est sûre, il faut sans cesse repasser tout ce qui a été publié au crible des connaissances les plus actuelles.


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