Châtaignes minuscules...

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domino48 a écrit le 19/10/2020 15:41 (ref msg # 68116 )
Il y a peut-être 20 ans (?) j'ai planté une très grosse châtaigne qui a donné un bel arbre. Il doit bien faire 15m de haut?

Il est malheureusement au nord d'un mur de maison de 10m (surélevé peu après la plantation...) mais sa tête dépasse, est au soleil. Il fleurit magnifiquement.
Le sol: sableux en surface , probablement argileux en profondeur (ancien lit de la Loire... ). Plus un grand nombre d'ardoises: ancien bâtiment en ruine.

Il a donné parfois, il y a quelques années, des châtaignes petites mais consommables.
Mais depuis des années, elles sont minuscules dans leur très petite bogue, immangeables de ce fait.

Je me demande quel est la raison.
Pas de chance?
Est-ce que l'absence de pollinisateur croisé peut provoquer ce phénomène? Une mauvaise pollinisation peut-elle donner de petits fruits? Je ne connais pas d'autre châtaigner dans l'environnement immédiat, à moins de quelques km. Mais il donne quand même des bogues!
Et dans ce cas un autre châtaigner résoudrait-il le problème?
L'emplacement, bien que le sommet soit au soleil?
Autre raison possible?

Solutions? Je suppose qu'une greffe, si on pouvait l'imaginer, est impossible à ce stade?


patrice a écrit le 20/10/2020 07:05 (ref msg # 68118 )
Bonjour.

Qu'un semis donne un résultat non conforme au pied-mère sont est issus la semence, c'est normal pour un chatâignier.

Quant au sur-greffage du châtaignier adulte, il se réalise, mais il faudrait préciser les dimensions en circonférence (tronc, charpentières, sous-charpentières).
Cela risque de faire du vilain point de greffe. Il est courant de plutôt utiliser pour des gros sujets une décapitation de l'arbre, provoquer des rejets de racine, et greffer sur ces rejets.
floyd a écrit le 20/10/2020 12:32 (ref msg # 68122 )
Un arbre d'une hauteur de 15 mètres, ne se prête pas à aucun surgreffage. (à mon avis)
Il y a pollinisation puisque des fruits se forment.
Reste la question agronomique à 1000 euros; est-ce que le sol permet à l'arbre de nourrir ses fruits?
S'il produit encore des pousses assez vigoureuses, la réponse est certainement positive.
Sinon, sable, ardoise, nappe phréatique… peuvent expliquer une certaine faiblesse.
gavot a écrit le 23/10/2020 19:28 (ref msg # 68133 )
Bonsoir,
Il me semble que l'absence de pollinisation croisée puisse jouer un rôle dans la petite taille des fruits. Un palliatif serait alors de planter à proximité un châtaigner greffé à mise à fruit rapide, afin d' obtenir rapidement du pollen.
Message modifié 2 fois ; la dernière fois le 23/10/2020 19:30 par gavot
patrice a écrit le 26/10/2020 05:34 (ref msg # 68140 )
"gavot" a écrit :

Il me semble que l'absence de pollinisation croisée puisse jouer un rôle dans la petite taille des fruits. Un palliatif serait alors de planter à proximité un châtaigner greffé à mise à fruit rapide, afin d' obtenir rapidement du pollen.

Ou surgreffer une charpentière mais serait-il possible de connaître la source de cette information ? Dans les forêts de châtaigniers francs, la majorité sont de petit calibre malgré la diversité.
gavot a écrit le 27/10/2020 09:33 (ref msg # 68148 )
Ce n'est qu'une hypothèse de ma part, non validée par des éléments incontestables.
L'indigénat du châtaignier dans l'hexagone n'est pas certain : les peuplements monospécifiques de francs "sauvages" de l'Isère, ou du Limousin entre autres résultent de plantations anciennes de châtaigniers à fruit, ou peut être même à bois. Ces peuplements ont souvent été installés à la place de forêts naturelles de chêne sessile qui a sensiblement les mêmes exigences écologiques. A l'état naturel, le châtaignier est une espèce disséminée, dont la présence sur le territoire français actuel après les glaciations n'est pas certaine (des restes fossiles de châtaignier , d'époque Tertiaire, semblables à notre espèce actuelle, se trouvent notamment en Ardèche).
La culture de variétés à gros fruits s'est progressivement limitée aux régions méridionales du sud du massif Central, plus marginalement des Pyrénées, Alpes, Maures, où ces variétés ont été maintenues par greffage. La reproduction par semis semble ainsi conduire rapidement à des francs à petits fruits , avec bien sûr une certaine variabilité.

Par ailleurs, la châtaigne, comme la noix ou l'amande, correspond aux cotylédons de la plantule, donc génétiquement issue pour moitié du parent mâle (pollen), contrairement au péricarpe (pulpe des pommes, et des fruits en général) qui est génétiquement maternel, même si son développement est souvent induit par la fécondation. Bien que la forme, la taille et le goût de ces fruits semblent largement déterminés par l'arbre mère qui les porte et les nourrit, on ne peut rejeter une influence paternelle, donc un effet du mâle pollinisateur sur un fruit comme la châtaigne.


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