Problème en France avec la cloque , Pourquoi?

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François du Perche a écrit le 14/07/2020 10:36 (ref msg # 67560 )
La piste des huiles essentielles comme traitement CURATIF contre la cloque n'a pas encore été évoquée ici. On trouve sur internet des recettes avec de l'huile de sarriette (30 gouttes pour 1l d'eau). Quelqu'un a essayé ?
Cette piste des HE fait l'objet de beaucoup de recherches et brevets et semble très prometteuse . Exemple : brevet EP 2533632A1 sur la combinaison d'huile de girofle et d'huile de menthe dont la combinaison serait + efficace que les produits chimiques actuellement utilisés pour empêcher la germination des pommes de terres et des oignons. Là, il y a une application industrielle qui peut rapporter de l'argent, mais pour éradiquer la cloque de nos pêchers, aucun laboratoire ne va dépenser de l'argent pour faire des recherches s'ils n'ont pas un produit exclusif à vendre et si possible une nouvelle molécule.
patrice a écrit le 14/07/2020 13:04 (ref msg # 67561 )
L'HE de sariette a un champ d'action large, et pour ce qui rentre dans le cadre d'application à une plante :
- antifongique, effectivement,
mais aussi
- antiseptique
- microbicide

Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 14/07/2020 13:04 par patrice
patrice a écrit le 14/07/2020 13:09 (ref msg # 67562 )
Dans "Soigner les plantes par les huiles essentielles et les huiles végétales minérales", E Petiot indique la sarriette des montagnes parmi l'arsenal contre la cloque du pêcher, et indiquant celle des jardins "redoutable".

Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 14/07/2020 13:09 par patrice
floyd a écrit le 14/07/2020 20:02 (ref msg # 67565 )
http://itab.asso.fr/downloads/com-intran...
Ce travail, est à ma connaissance, ce que l'on a de plus sérieux sur la question des HE.
sachant que l'Institut Technique pour l'Agriculture Biologique, se doit de partager des informations fiables et sourcées.
Les recettes de Petiot, toutes plus séduisantes les unes que les autres, n'ont pas été passées au crible des essais officiels nécessaires pour obtenir une amm.
A vos risques et périls…
patrice a écrit le 14/07/2020 22:28 (ref msg # 67568 )
La première citation quant au champ d'application vaste relevait d'un ouvrage d’aromathérapie à usage humain.
Quant aux travaux de Petiot, je les prends aussi avec une certaine réserve tant que je n'ai pu les expérimenter par moi-même, ayant essuyé certaines déceptions avec les recettes de purins. A noter que dans son cas, il préconise l'H.E. de sarriette en perfusion et non usage de pulvérisation foliaire.
De manière générale, dans son ouvrage sur les HE pour les plantes, c'est le regrettable problème des associations, par exemple en foliaire il préconise en général mélange d'huile essentielle, d'huile minérale et de tensio-actif. On sait déjà l'impact de l'huile minérale seule sur certains ravageurs est conventionnellement usité avec succès. C'est l'éternel problème d'associations et non de dissociations quant à l'évaluation de l'efficacité d'un prétendu remède (on retrouve cela souvent avec l'homéopathie souvent associée à un autre remède... laissant penser que ça marche... alors que dissocié... ).
patrice a écrit le 14/07/2020 22:32 (ref msg # 67569 )
"patrice" a écrit :

C'est l'éternel problème d'associations et non de dissociations quant à l'évaluation de l'efficacité d'un prétendu remède (on retrouve cela souvent avec l'homéopathie souvent associée à un autre remède... laissant penser que ça marche... alors que dissocié... ).

On peut faire la même remarque pour le document de l'itab proposé, lorsqu'on regarde les mouillants/adjuvants utilisés :
le lait a des propriétés anti-fongiques, le savon noir contre les petits insectes, huiles végétales, alcools etc. Tout cela à eux seuls ont déjà une action, y compris dilué.

De plus, dans les conclusions du document de l'itab, là encore il est indiqué que c'est en association, avec du cuivre, des purins...

L'efficacité se démontre avec l'utilisation de la substance seule en exclusion de toute association ou autre paramètre environnemental pouvant influencer.

floyd a écrit le 15/07/2020 02:36 (ref msg # 67572 )
Le document cité rend effectivement compte de l'état de l'art, du moins des pratiques de quelques audacieux pionniers.
Heureusement ceux-ci ne sont pas du genre à mettre tout leurs œufs dans le même panier!
Comme ligne de conduite, ils tentent de combiner les techniques à leur portée. Ce qui rappelle la règle pratique classique qui suggère d'alterner molécules ou techniques pour éviter les risques d'accoutumance et les trous dans la raquette.
On aura remarqué, que la coquille d'œuf n'est pas dans la liste !
patrice a écrit le 15/07/2020 08:31 (ref msg # 67582 )
"patrice" a écrit :

L'efficacité se démontre avec l'utilisation de la substance seule en exclusion de toute association ou autre paramètre environnemental pouvant influencer.


Il peut y avoir des associations décuplant l'effet d'une substance par le mariage avec une autre, mais ce n'est pas ainsi qu'est considérée me semble-t-il l'HE de sarriette.
François du Perche a écrit le 15/07/2020 09:09 (ref msg # 67584 )
La synergie entre deux HE (girofle et menthe) est clairement démontrée dans le brevet sur l'anti germinatif des pommes de terre & oignons. Chacune des HE a un effet moindre que le produit chimique utilisé. En combinaison, l'action est nettement supérieure au produit chimique, c'est une découverte "inattendue" comme le souligne le rédacteur du brevet. https://www.google.com/url?sa=t&rct=...
ça rend les essais bien + compliqués, car il y a des milliers de combinaisons.
Pourquoi Eric Petiot n'a pas préconisé la pulvérisation d'huile de sarriette (ou de serpolet) pour le traitement contre la cloque alors qu'il dit qu'elle a des effets "redoutables", sans doute parce qu'il a constaté que ça ne marchait pas si on l'utilisait seule. L'association avec de l'huile minérale ou végétale et du savon noir est incontournable semble-t-il car c'est le seul moyen pour rendre l'HE hydrosoluble et pouvoir la pulvériser à des doses presque homéopathiques (page 82, il recommande 10 ml pour 1,5 litre soit 0,66 pour mille.)

Message modifié 6 fois ; la dernière fois le 15/07/2020 10:49 par François du Perche
floyd a écrit le 15/07/2020 09:36 (ref msg # 67585 )
Exactement.
Les adjuvants, les mouillants ( = surfactant ) ne sont pas à priori des molécules actives… car elles seraient étudiées comme telles.
Par contre on évoque parfois les conséquences néfastes et non désirés de "l'effet cocktail", notamment en matière de santé humaine et qui apparaitraient du fait de la présence (sinon de l'emploi) simultanée de plusieurs matières actives.
Mais effets néfastes ou effets favorables pour la santé du végétale, la validation du phénomène et les ajustements nécessaires pour le rendre parfaitement utile, ressortent d'une complexité incroyable.
Même la très connue et très employée bouillie bordelaise exige encore des ajustements de dose.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bouillie_b...

floyd a écrit le 15/07/2020 11:31 (ref msg # 67586 )
Petit problème de chronologie dans l'apparition des messages à l'écran.
Je découvre la contribution de François, après coup. Rien de grave!

J'ajouterai cependant, que la matière active diluée n'est pas la dose appliquée à l'hectare.
Cette valeur technique indispensable à connaitre fait souvent défaut dans les "livres de recettes".
Pourtant l'efficacité d'un traitement est directement liée au nombre de molécules réellement distribuées sur un hectare de culture, et donc un volume de feuillage à protéger. (les "doses homéopathiques" ne sont qu'une façon de parler…)
François du Perche a écrit le 15/07/2020 12:56 (ref msg # 67587 )
La valeur à appliquer à l'hectare rend souvent perplexe l'amateur qui n'a que quelques plantes ou arbustes à traiter. C'est pourquoi le % de dilution est bien utile et applicable directement surtout si on ne fait que 2 ou 3 litres de pulvérisation. Mais ce % de dilution n'est pas toujours indiqué, ce qui engendre parfois des prises de tête assez irritantes.
Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 15/07/2020 12:57 par François du Perche
floyd a écrit le 15/07/2020 13:13 (ref msg # 67588 )
Perplexe, oui sans doute… mais et c'est là aussi un grave problème, l'amateur tendra toujours à épandre plus qu'il ne suffirait.
Il a été maintes fois souligné que les vergers et les potagers particuliers étaient hors normes, quand jadis ils étaient traités.

La règle de trois permet toutefois de diviser la dose par hectare pour l'appliquer à la dizaine de mètres carrés d'arbustes à traiter.
Ainsi on ne gaspillera ni la bouillie bordelaise ni les autres préparations naturelles peu préoccupantes.
patrice a écrit le 15/07/2020 13:34 (ref msg # 67589 )
"François du Perche" a écrit :

. L'association avec de l'huile minérale ou végétale et du savon noir est incontournable semble-t-il car c'est le seul moyen pour rendre l'HE hydrosoluble et pouvoir la pulvériser à des doses presque homéopathiques

L'huile minérale et savon noir étant avant tout utilisés contre les insectes, je ne pense pas que cela puisse fausser l'évaluation de l'efficacité de l'HE. Le problème est lorsque d'adjuvant est dans le même champ d'action que le produit testé.
floyd a écrit le 15/07/2020 16:55 (ref msg # 67591 )
Il est intéressant de se souvenir que dans la lutte contre un ravageur, l'HE est plutôt répulsive, et le savon sert à "décaper" l'épicuticule qui protège la bestiole, il est donc aussi la matière active.
Contre un champignon, le savon est comme l'a dit François, un adjuvant qui favorise la dispersion de l'HE. Je pense que le savon conserve sa capacité à "décaper" l'épiderme de la plante. En soi, l'adjuvant peut devenir un problème…
François du Perche a écrit le 22/07/2020 12:47 (ref msg # 67628 )
report d'un message qui était présent à la rubrique hors sujet "soustraction végétative" :
J'ai commandé de l'HE sarriette et serpolet, j'essaierai la combinaison des deux sur des pêchers cloqués, en pulvérisation, car il semble bien que ces HE marchent mieux en symbiose que seuls. Peut-être que cet essai n'a pas été fait par Eric Petiot. Et pourquoi pas aussi combiné à du vinaigre dilué mais avec le risque de tout griller. Avec 1 pour mille d'HE girofle + basilic ça grille les feuilles des mauvaises herbes en quelques heures donc il faudra faire des essais préalables sur d'autres feuillus pour ne pas griller les pêchers. On cherche un remède curatif, donc à une étape où le pêcher a ses feuilles et donc aussi de petits fruits. Toute fausse manip. peut entraîner la perte de la récolte annuelle. Le remède peut s'avérer pire que le mal. C'était l'intérêt des produits systémiques maintenant interdits, on pouvait pulvériser partiellement en évitant les fruits.
Si le vinaigre seul marchait, ça se saurait.
patrice a écrit le 23/07/2020 05:59 (ref msg # 67634 )
"François du Perche" a écrit :

report d'un message qui était présent à la rubrique hors sujet "soustraction végétative" :
...
Si le vinaigre seul marchait, ça se saurait.

Faisait suite à une réaction de ma part (ayant mal lu que ce n'était pas dans le sujet des cloques où un essai HE était aussi tenté), indiquant que le vinaigre à lui seul ayant la réputation de lutter contre les moisissures, il serait bien de l'essayer séparément hors HE pour comparer. Quant à la dilution pour ne pas nuire à la plante, je n'ai pas d'idée.
floyd a écrit le 23/07/2020 10:05 (ref msg # 67638 )
Quelque soit le traitement, n'oublions pas qu'il n'est qu'un accessoire. La conduite du houppier et la taille, qui visent à éclairer et ventiler le feuillage restent des priorités.
Se souvenir également que le mycélium est présent tout l'hiver et qu'il est opportun de traiter la ramure tôt en saison pour éviter son extension sur le feuillage.
Mais bien évidemment, si l'on veut expérimenter un traitement, il faut disposer de plusieurs arbres potentiellement à sacrifier, sur lesquels on fera d'abord tout pour que la maladie bien installée puisse pleinement se déployer. Tout, c'est à dire, aucune taille.
Et n'oublions pas les groupes témoins, l'un sans aucun traitement et l'autre avec la pratique standard.
François du Perche a écrit le 23/07/2020 12:19 (ref msg # 67639 )
Ce que tu dis Floyd est exact mais ce n'est pas à la portée d'un amateur qui n'a que quelques pêchers. Mais quand ce sont de vieux pêchers qui chaque année ont la cloque, on peut quand même voir si cela apporte une amélioration, c'est déjà ça et c'est mieux que rien quand on n'y arrive pas avec la BB.
Avec HE de sarriette, de serpollet et d'ail, ça donne déjà pas mal de possibilités, en restant dans la limite préconisée par Eric Petiot, càd 0,66 pour mille, et comme les mélanges ne se feront que sur quelques litres, la balance au 1/10 de g n'est pas suffisante, il faut compter en gouttes.
J'ai pesé 30 gouttes qui faisaient 0,3 g soit 0,01g par goutte. A défaut d'être très précis, c'est un chiffre bien rond facile à utiliser.
floyd a écrit le 23/07/2020 13:16 (ref msg # 67640 )
La pesée n'est effectivement pas le moyen commode. Il faut en passer par la dilution d'une solution mère étalonnée, ce que permettent de simples seringues graduées en millilitres.
On entre de plain- pied dans les techniques de labo. Mais elles sont indispensables pour maitriser sur et sous-dosages.
Je ne reviens pas sur la nécessaire maitrise des volumes pulvérisés, là encore il faut étalonner l'applicateur et son pulvérisateur.
Cette complexité et cette exigence de précision, ne transparaissent jamais dans les ouvrages de vulgarisation. D'où la tendance à croire que tout est facile et sans risque!


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