surgreffage très vieux poirier (+ de 100 ans)

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floyd a écrit le 01/12/2014 23:08 (ref msg # 46157 )
Merci François pour ces recherches d'écrits.
Qui hélas se ressemblent tous comme des copiés-collés des ouvrages du XIXe. (comme ceux évoqués dans mon MP)

Les compte-rendus d'expérimentations récentes sont bien rares.
Bruno a écrit le 02/12/2014 07:17 (ref msg # 46160 )
Mais y a-t-il des travaux modernes sur la comparaison de la grosseur et la saveur des poires entre les PG francs et cognassiers ?
François du Perche a écrit le 02/12/2014 09:45 (ref msg # 46163 )
c'est ce que nous cherchons. Il serait bien étonnant qu'un fruit aussi banal que la poire et deux PG très courants poiriers et cognassiers, n'aient pas été étudiés / comparés récemment avec rigueur. Surtout que le greffage sur cognassier existe depuis de nombreux siècles.
vgtx a écrit le 02/12/2014 17:29 (ref msg # 46169 )
Je n'ai plus les factures ni les passeports phyto, mais de mémoire, les plants avec lesquels je travaillais jusqu'au début des années deux mille étaient pour la plupart des sélections provenant de variétés fruitières, issues d'hybridation sur les fleurs de la variété, puis fixées par semis (et vraisemblablement multipliées in-vitro.)
Justement pour renforcer les caractères génotypiques du PG aux phénotypes de la variété cultivée, pour la résistance aux maladies, cheval de bataille de l'époque.

Sur 85 variétés de poires inscrites au catalogue, il y avait un choix de 16 PG dont deux étaient des cognassiers (des sélections d'Angers et de Provence, si mes souvenirs sont bons.)

Comme l'amélioration des espèces avait fait en sorte de nous fournir que des PG à racines traçantes avec de forts chevelus et de forts potentiels en excrétions racinaires, nous avions moins à nous préoccuper de l'assimilation des potasses, phosphates, azotes et sels minéraux par lesdites racines traçantes, en l'occurrence nécessaires quant au raisonnement sur le calibre et la saveur des fruits.
En cas de problèmes de ce côté, il devait être résolu par un programme de fertirrigation.
Et, sont apparus les plants mycorhizés ; ce qui était en plus un gain de temps (et d'argent,) car nous n'avions plus à rafraichir ni praliner les racines avant le repiquage.

Si la connaissance sur la transmission des savoir-faire empiriques est intéressante pour la reproduire chez soi, dans un jardin (Quoique je m'en méfie comme de la peste, car des maladies et bio-ravageurs non régulés sont capables de détruire des régions entières de production.)
Je ne pense pas qu'elle soit compatible avec la recherche agronomique actuelle, qui a d'autres objectifs.

Pour finir, s'il y a beaucoup de PG de cognassiers sur le marché, c'est peut-être aussi une question de prix ; je me souviens que les scions greffés sur cognassier, dont l'obtention appartenait au domaine public, ne devaient pas couter plus de deux francs HT (c'était pas des €, néanmoins c'était de l'argent) tandis que les plants INRA certifiés et protégés coutaient 6 à 8 francs HT
Et certains plus chers encore.

A raison de 600 à 3000 arbres à l'hectare selon les cultures (plein vent, 1/2 tige, basse tige, cordons, palmettes...etc.) et la fiscalisation sur la valeur marchande des stocks immobilisés...
Le choix des PG est à l'évidence vite fait quand il s'agit de pépinières qui travaillent pour de futures productions fruitières, soumises à des normes strictes et coûteuses pour l'agroalimentaire, ou d'autres pour l'élevage d'arbres de pépinière destinés à la vente aux paysagistes, jardineries et particuliers.
François du Perche a écrit le 05/04/2020 06:44 (ref msg # 66801 )
En 2018 et 2019, j'ai garni tout le haut de ce vieux poirier avec Delbard Gourmande greffée sur des jeunes gourmands très vigoureux (6 greffes en fente espacées de 60cm environ). Ceci dans le but de couvrir tout le haut du mur avec cette Delbard Gourmande exclusivement, en limitant la hauteur à ce que permet mon grand escabeau pour pouvoir les cueillir. J'en ai réalisé une septième il a 15 jours en prélevant directement le greffon (oubli de prélèvement cet hiver). Il a l'air de démarrer doucement. J'avais posté l'an dernier quelques photos (message du 14.8.2019 sur un autre sujet greffe pendule (poirier) https://www.greffer.net/discussion/viewt....
Certaines greffes de 2018 sont couvertes de fleurs, présage de fruits bien ensoleillés. Ce vieux poirier Louise Bonne donnera ainsi 3 variétés.


Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 05/04/2020 06:52 par François du Perche
François du Perche a écrit le 22/04/2020 18:54 (ref msg # 66991 )
Un mois après la greffe, le greffons a sorti ses feuilles en crevant le parafilm (préétiré). J'avais mis du parafilm car j'avais prélevé le greffon juste avant la greffe (anglaise simple). C'est bien parti. (Delbard Gourmande sur gourmand de Louise Bonne).

François du Perche a écrit le 24/06/2020 16:50 (ref msg # 67462 )
Trois branches verticales issues des greffons (Delbard Gourmande sur LouiseBonne) ont abondamment fructifié. Ce qui montre que la règle qui déconseille de greffer sur des gourmands n'est pas toujours vraie : ça ne part pas systématiquement en bois. En tout cas, ça prouve que ce vieux poirier n'est pas encore touché par la "descente de cime", le haut est encore bien irrigué en sève.




Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 24/06/2020 16:53 par François du Perche
floyd a écrit le 25/06/2020 10:12 (ref msg # 67466 )
à première vue aucune taille n'a perturbé le développement des pousses.
Aucune trace de chlorose, ce qui au pied d'un mur maçonné au mortier de chaux, m'étonne toujours un peu!

Je crois deviner une arcure volontaire ?
François du Perche a écrit le 25/06/2020 23:30 (ref msg # 67468 )
Les pousses ont toutes été raccourcies de 20cm environ car elles montaient trop haut, on le voit bien sur les photos du 5 avril. Elles devraient ramifier. Une pousse double a été arquée pour la séparer de sa soeur, elles portent toutes deux des fruits maintenant.
Quant au mur maçonné à la chaux, celle-ci est ancienne (chaux aérienne) donc entièrement carbonatée? De plus le sol est acide et argileux donc ça lui ferait du bien de recevoir un petit amendement calcaire.
Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 25/06/2020 23:35 par François du Perche
floyd a écrit le 26/06/2020 03:56 (ref msg # 67472 )
Ce n'est pas tant le greffage sur gourmand qui pose problème effectivement, que le réflexe habituel qui aurait conduit à pratiquer une taille trigemme inopportune. Elle aurait provoquer l'apparition de multiples et vigoureuses ramifications à bois .
Dans le cas présent, les deux pousses jumelles, laissées intactes dans un premier temps, se sont mises à fleurs spontanément, comme attendu.

La décapitation modérée d'avril 2020, n'a pas nuis à la nouaison, puis la perte des apex dominants a libéré quelques bourgeons à bois qui n'ont pas tardé à s'exprimer. D'où le petit houppier qui surplombe le tout.
Le greffage a donc permis de constituer/reconstituer une très belle coursonne. Certes elle est surdimensionnée, mais elle produit.

Reste à gérer cette belle mécanique: maintenir chaque année les bourgeons floraux nécessaires et provoquer l'apparition de beaux rameaux nouveaux, futurs remplacements.
Quelle stratégie penses-tu adopter?

Quant au calcium que ce vieux murs libère peu à peu, avouons que ce mortier fait très bien les choses lui aussi.
François du Perche a écrit le 26/06/2020 08:04 (ref msg # 67476 )
je voudrais faire autant de palmettes à la diable qu'il y a de greffons en arquant et palissant toutes les branches latérales. En limitant la hauteur à ce qu'elle est actuellement (hauteur maxi avec mon gd escabeau) et en coupant toutes les branches qui viennent d'en dessous pour n'avoir que cette variété Delbard Gourmande en haut qui tapisse tout le mur sur 6m de large environ. J'ai un peu raccourci après floraison de quelques cm (pas 20) et j'espérais que ça allait faire naître de nouvelles branches tout du long et pas une houppette tout en haut, que je devrai recouper. Visiblement, ma stratégie a échoué. Tes conseils seront les bienvenus car visiblement tu maîtrises mieux que moi toute cette science
floyd a écrit le 26/06/2020 10:14 (ref msg # 67479 )
L'arcure, comme tu le constates François, aura facilité la mise à fruit.
Si elle a été remise à la mode à la fin du XXe, (arcure Lepage et bien sûr Lespinasse et all.) l'arcure est une technique bien décrite dès le XIXe. Disons que l'invention du sécateur et de la taille trigemme l'auront fait oublier!

Dans l'immédiat tu n'as pas besoin de recouper les houpettes, leurs feuilles produisent par photosynthèse les sucres nécessaires aux fruits et aux bois, les fameux "puits de carbone". ( foin de la taille en vert)
Au sommet de la courbe de la branche arquée, les bourgeons moins dominés par les hormones de l'apex, vont donner naissance au prochain printemps, aux nouveaux rameaux que tu attends: plus ou moins vigoureux, plus ou moins nombreux mais de quoi faire un choix selon l'orientation et le développement voulus.

La coursonne issue du greffage va devenir ce que l'on pourra appeler une sous-charpentière, puisqu'elle portera a son tour de plus petites coursonnes fertiles.
Inévitablement elle devient branche rigide et procéder à l'arcure fait prendre quelques risques de rupture.
D'où l'idée que l'arcure naturelle et spontanée est "meilleure", puisque c'est le poids de la houpette et des fruits qui croissant progressivement, la provoque en douceur.

Science, oui, un peu, mais observation et mémoire…
François du Perche a écrit le 26/06/2020 15:32 (ref msg # 67483 )
L'arcure a été faite après la floraison, donc n'a pas contribué à la fructification. Je l'ai faite pour séparer les deux branches jumelles pour que les fruits ne soient pas à touche touche. Je continuerai les arcatures en faisant bien attention à ne pas être trop près du point de rupture, on arrive ainsi progressivement à donner l'orientation souhaitée. Merci de tes conseils.


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