Témoignages concernant les pertes d'asiminiers achetés en pépinière

greffer.net >> Asiminier

patrice a écrit le 19/11/2019 06:04 (ref msg # 65866 )
Suite à divers avis de personne pensant à un problème avec des plants d'asiminier achetés en pépinière, sans pouvoir déterminer précisément la cause (soit une erreur de culture de leur part, soit un problème sanitaire sous-jacent avec le plant ou son substrat, ou autre explication (méthode de greffage, ...)), un sujet dédié aux personnes qui le souhaitent visant à référencer ces problèmes et tenter de mieux comprendre l'origine du problème rencontré.

Merci de préciser à minima
- la variété
- la pépinière (selon les règles habituelles de témoignage de pépinière)
- le mode cultural du plant (bio ou pas, indication sur la possibilité de présence de parasites sur plant ou dans substrat)
- la description du problème et sa date de survenue approximative après achat
- le mode de culture du jardinier qui a subi la perte (climat (recherche de facteur de stress hydrique ou l'inverse, etc.))...

ben31 a écrit le 19/11/2019 23:36 (ref msg # 65875 )
Je vais faire une réponse générale sur les paramètres, j'ai trop d'arbre pour faire de manière individuelle.
- la variété: Cela ne semble pas un facteur prédominant d'après mes observations. Et ce n'est parce que une variété ne va pas fonctionnée une fois que l'on peut en tirer une conclusion. Rappahanock est cependant une variété pour laquelle il faudrait collecter des données. Elle ne semble pas réussir en climat continental.

- la pépinière: Les deux principaux producteurs Français sont Dubosc et Végétal 85. Beaucoup de site marchant revendent les plants qu'ils produisent.
Les pots de Végétal 85 fond 32cm. Ceux de Dubosc un peu mois. J'ai cependant une croissance similaire des plants.

- le mode cultural du plant: Culture avec des produits bio, purins, fumier et engrais pro depuis 2 ans fait à partir de viandes vu son odeur de croquette pour chien. Absence de parasite à la réception des plants. Les deux parasites rencontrés sont la cochenille à bouclier et le Xyleborinus saxesenii. Les deux sont présents chez moi en région Toulousaine. La cochenille semble attaquer les sujets les plus fragiles en priorité au printemps mais ils sont en faible nombre. Le Xyleborinus s'attaque seulement aux arbres en stress qui émettent de l'éthylène. Ceux en bonne santé ne sont semble-t-il pas impactés au vu de mon expérience et des témoignages que j'ai recueilli.
- la description du problème et sa date de survenue approximative après achat: Les seuls soucis à réception étaient des soucis racinaire. Le premier concernait deux Mango/Prolific achetés en Mars 2015 dans un mini sac plastique (provenance Italy). 20cm de pousse après 5 saisons de pousse pour celui planté dans la zone la plus sèche de mon terrain à proximité de chênes. L'autre est planté dans un terrain plus favorable depuis 2 ans et à fait 50 cm de pousse cette année. Il végétait lorsqu’il était en terrain sec. Ils ont tous deux connus le stress hydrique malgré des arrosages tous les 7 jours (voir plus) et c'est à mon avis le facteur clé qui explique le plus leur faible croissance.
L'autre était un Rappahanock de 2015, provenant de chez Zdneck, avec à l'époque un pot très haut mais un système racinaire observé très minimaliste et que j'ai enlevé cette année pour le remettre en pot car il était en train de crever. Il faisait 80cm de haut et les racines avaient pris que 10 cm avec toutes ces années. Encore une fois il était en zone sèche sur mon terrain. Depuis qu'il est en pot, il va beaucoup mieux et il a fait une très bonne seconde partie de saison (30cm de pousse).
Mon meilleur plant est un KSU Atwood greffé par Dubosc. Greffé en 2015 et planté en pleine terre en Mars 2017, il fait aujourd’hui 1.80m et 80 cm de large.
Mon terrain est en lisière de forêt, et c'est flagrant de voir que plus on s'éloigne de ces chênes qui pompent toute l'eau l'été, plus l'asiminier pousse bien.
Le stress hydrique est pour moi le facteur le plus important. Mes arbres ressemblent aux Daltons. Joe se trouve en lisière de forêt et Averel en est le plus éloigné. Malgré le recours à une mini pelle et l'apport de compost, terreau, terre de bruyère, perlite/vermiculite en grande quantité à la plantation, paillage au pied renouvelé tous les ans, la présence des chênes à très vite repris le dessus, avec une pousse annuelle en constante baisse années après années pour ceux qui sont proche des chênes.
Tout ce que je plante loin des chênes, n'a jamais rencontré de soucis.

Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 19/11/2019 23:37 par ben31
Dav de Mons a écrit le 20/11/2019 22:17 (ref msg # 65884 )
Merci pour ce grand retour d'expérience.
Paris a écrit le 21/11/2019 09:28 (ref msg # 65885 )
Bonjour Ben31
Est-tu certain que les produits vendus par les pépinières citées sont produits/greffés localemen? Je pose la question au vu du nombre des variétés proposées et des nouveautés. Cela suppose un nombre important de plantes mères capables de fournir des greffons, donc un verger de plantes adultes impressionnant. Bon, ils peuvent importer les greffons....
Si cela est possible, pourrais-tu nous donner une idée du nombre des plants achetés par pépinière, leur taille, ceux qui ont bien réussi, ceux qui végètent ou meurent.
Merci
Ps: je ferai de mon côté un historique de mon expérience avec les asiminiers.
patrice a écrit le 21/11/2019 10:44 (ref msg # 65886 )
"Paris" a écrit :

Est-tu certain que les produits vendus par les pépinières citées sont produits/greffés localemen?  


L’activité de pépinière (production de plants) est différente de l'activité de revente (tel le fait une jardinerie, elle achète en gros et revend au détail).

Soit demander au pépiniériste ce qu'il en est quant à la production du plant, ce qui semble être la première démarche en cas de doute, mais si on se nomme pépiniériste, par définition, on produit soi-même ses plants ; la pépinière c'est là où on "sème les pépins", on donne naissance à des plantes.
Sans l'avoir étudié dans le détail, l’étiquetage dans le cadre de "la simple fourniture par un détaillant, à des consommateurs et non à des professionnels, de plantes non certifiées" semble être soumis à des contraintes d'information (voir article 4 de https://www.legifrance.gouv.fr/affichTex...) donc l'étiquette ou la facture avant tout devrait vous dire ce qu'il en est.

Soit interroger par exemple des sites de registre des sociétés tel https://www.societe.com/ afin d'avoir des indications . Les activités de production de plantes se voient normalement attribuer un code NAF (un code qui indique quelle est l'activité de la société) 01.30Z : Reproduction de plantes ou un code APE 011D/Horticulture pépinière, ce qui peut donner une information sur l'activité déclarée de la société.
Certains professionnels combinent plusieurs activités, sous diverses structures.
Exemple d'illustration, les célèbres pépinières Rey,
La société de production de plantes, pépinière : https://www.societe.com/societe/pepinier... (code 0130Z reproduction de plantes)
et des boutiques de revente, mélangeant leur production et des produits réalisés par des tiers https://www.societe.com/societe/jardiner... ( code 4776Z Commerce de détail de fleurs, plantes, graines, engrais, )



Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 21/11/2019 10:51 par patrice
floyd a écrit le 21/11/2019 17:03 (ref msg # 65887 )
Merci Patrice pour cette synthèse utile.

Pour chaque espèce, le cercle est étroit des spécialistes, multiplicateurs qui diffusent un matériel varié issu bien souvent d'un long travail de sélection/obtention/importation.
On doit se tourner vers ces professionnels souvent passionnés … à condition d'être soi-même passionné et capable d'apporter "l'expertise de l'amateur".
Ainsi, se noue un rapport de confiance.

A l'inverse, faire perdre du temps et donner l'impression d'être un pilleur d'info; mais ce n'est pas le profil des gens du forum!
patrice a écrit le 22/11/2019 08:13 (ref msg # 65893 )
Je ne m'étendrais pas plus sur le sujet, l’étiquetage et la facturation doivent être de la vigilance et de l'exigence de l'acheteur pour la traçabilité et la qualité. Ceux qui souhaitent rebondir à ces propos le faire dans un sujet dédié, c'était un aparté sur la question quant à l'origine des asiminiers vendus ou revendus en France.
Paris a écrit le 23/11/2019 10:09 (ref msg # 65903 )
Ma question etait en rapport direct avec le sujet.
Il s' agissait de savoir si nos fournisseurs se "contentent" de revendre plus ou moins rapidement et en l'état des plants en pot fournis par un tiers ou si nos fournisseurs connaissent par la pratique les plantes vendues, depuis la création des portes greffes jusqu'à la culture des plants adultes fournisseurs des greffons, en passant par la greffe, évidemment. Ainsi, connaîtrais-ils les exigences de la plante, en pot et après la plantation en terre.
Mais moi aussi j'arrête la discussion sur ce point.
Ma recherche consiste à essayer de comprendre pourquoi/comment sur dix plants achetés, greffes, en pot, il en reste:
- un mango avec une bonne vitalité (1m80) mais dont je n'arrive pas à voir la cicatrice de greffe
- un prima qui est bien vivant mais qui n'a pas fait plus de 30 cm de pousse en trois ou quatre ans
- un belle qui ne bouge pas depuis deux ans. Le plant actuel remplace un autre de la même variété.
Les autres plants sont morts pour la partie aérienne plus ou moins rapidement. Et tous, sauf deux, sont repartis de la partie souterraine ou du pied, plus ou moins vigoureusement. L'un d'eux, est mort à nouveau plus tard en donnant origine à une multitude de rejets dont je compte greffer certains.
Pour agrémenter un peu le désastre, un des plants reparti du pied a été déplacé avec la mote et replanté dans une terre argileuse du Loir et Cher et a donné l'année dernière une belle charge de fruits, délicieux, il est donc autofertile.


floyd a écrit le 23/11/2019 15:16 (ref msg # 65908 )
La diversité des cas ne permet pas de tirer une conclusion générale.
Si on résume, il peut s'agir d'un problème racinaire, d'une compatibilité médiocre de la greffe, d'une fragilité de la variété.
Les conditions pédo-climatiques ajoutant bien évidemment des causes possibles, même si l'on exonère le jardinier et le pépiniériste.
Ceci dit la culture en pot et le chignonage qu'elle permet reste à mon avis l'aléa le plus courant.
Paris a écrit le 25/11/2019 19:14 (ref msg # 65936 )
Merci Floyd.
La liste est longue, en effet. Mais si l'on veut avancer dans la recherche et la solution du problème posé, qui est, il faut le rappeler, la perte d'un taux important de plants d'asiminier achetés, greffés, en pépinière, il faudra identifier la ou les deux ou trois causes qui produisent ce résultat.
Même si une relecture récente de textes des spécialistes de KSU, concernant les résultats d'installatios de vergers d'asiminiers, donne des chiffres peu encourageants: la réussite varie de 95 à 10%. Avec trois plants en vie sur dix plantés je suis au dessus des 10%. Il n'y a peut être pas de quoi se plaindre.
En attendant, il serait utile que d'autres planteurs d'asiminiers greffés nous fassent part de leurs expériences et résultats.
floyd a écrit le 27/11/2019 10:38 (ref msg # 65953 )
Les chiffres donnés pour les vergers commerciaux sont étonnants, allant de la réussite complète à la perte quasi complète. L'avantage c'est qu'il s'agit de "gros échantillons homogènes" et non de cette malheureuse dizaine de pots. (ce n'est pas une critique!!!)
S'agissant d'un investissement réalisé - à priori par des professionnels qualifiés - on peut donc penser que le choix des plants a été fait au mieux, climat, sol, technique de plantation, origine et homogénéité variétale et technique des plants. C'est bien comme ça qu'on explique une réussite complète.

Hélas la perte quasi complète n'est pas documentée, disons que nous n'avons pas les informations pour déterminer la ou les causes probables.
- En premier, on est conduit à suspecter une ou plusieurs variétés plus fragiles ou dont la compatibilité au greffage est incertaine. D'où l'intérêt d'obtenir des retours d'autres jardiniers, arboriculteurs pour connaitre si une liste se dessine.
- Accessoirement, de multiples raisons peuvent être avancées, mettant en cause principalement la responsabilité du planteur, mise en terre en sol gorgé d'eau, trop sec, gelé, etc… de plants longuement exposés aux intempéries avant mise en terre. Bref des pratiques fautives que le jardinier amateur ne saurait commettre.


ben31 a écrit le 01/12/2019 05:33 (ref msg # 66001 )
Pour essayer d’apporter de l’eau au moulin, je me rappelle avoir eu cette conversation avec KSU en 2018. KSU produit ses propres plants. Certains sont greffés certains sont des semis. Ils produisent en pots d’environ 35 cm de haut, en serre froide. Ils font le même cycle que nos pépiniéristes. A savoir 2 saisons de pousse avant de greffer et de planter au printemps suivant.
Ils ont donc décidé de replanter là où se trouvait auparavant le premier verger qui avait été planté dans les années 80. Quasiment tous les arbres sont mort dans les quelques mois après plantation.

Tout cela pour dire, que même eux qui sont assez pointu sur le sujet, ils se sont raté et ne savent pas vraiment l’expliquer.
Ceux qui ont cultivé et planté ces plants sont là depuis une quinzaine d'année environ et ont donc une bonne expérience de la culture de l'asiminier en verger. Je ne pense pas que la variété ou encore le porte greffe soient en cause. A ma connaissance, seule une variété d'asiminier semble être fragile avec certaines conditions climatiques.
Pour répondre à l’autre question, comme l’a rappelé Patrice, une pépinière produit ses propres plants. La réalité du terrain comporte cependant quelques nuances. Ils peuvent produire certaines variétés eux même, sous-traiter à des producteurs de faire pousser leurs plants ou encore d’acheter à d’autres pépinières.

Tu as par exemple le label Horticulteurs et Pépiniéristes de France, qui garantit qu’au moins 70% de la production est produite en direct. Cela permet de comprendre que le 100% n’est pas toujours atteignable lorsque l’on veut proposer une large gamme à ses clients. Par exemple, pour les agrumes, il est peu probable qu’un pépiniériste Belge produise lui-même ses plants. Il lui faudrait beaucoup plus de temps que dans le sud de l’Espagne pour produire des plants identique, et ces derniers seraient donc beaucoup trop cher pour bien se vendre.
Après ce n'est pas parce que l'on va sous traiter la culture de certains plants ou variétés, que le pépiniériste ne connait pas son produit.
Pour répondre à ta question, Dubosc et Végétal 85 sont les 2 plus gros producteurs d’asiminiers en France. Comme tous pépiniéristes, ils ont des plants mère mais achètent également les greffons des variétés nouvelles, afin de réaliser les greffes.
C’est par exemple le cas des variétés Petterson, dont les greffons viennent essentiellement des Etat-Unis.
Les plants que j’ai plantés ont toujours fait environ la même taille, entre 25 et 40 cm, quel que soit le pépiniériste. Ceux qui ont été décevant, ce sont ceux en sac plastique, qui étaient à l’époque produit en Italy.
Voici mes statistiques pour les plants achetés en pépinière :
DUBOSC : 6 variétés – Bonne reprise sur ceux produit en pot (3). Seul ceux en sac (venant d’Italy) ont mis du temps à rentrer en croissance. Je pense que maintenant ils sont tous produit en pot.
Vegetal 85 : 2 variétés. Bonne reprise.
Zdneck : 2 variétés : 1 mort et un qui végète toujours après 3 années.
Haeberli : 1 variété. Très bonne reprise.
Cliff England : 4 variétés. Très bonne reprise pour 3 variétés. Un quatrième avait eu sa racine pivot endommagée pendant le dédouanement. Elle n’a pas survécu.
Comme déjà évoqué, lorsque l’on reçoit un asiminier sains avec un bon système racinaire, lorsque cela ne marche pas, ce n’est généralement pas la faute du pépiniéristes. Les causes courantes sont la plantation sans y apporter d’importance, l’endommagement des racines, des erreurs d’arrosage, un PH trop élevé, un terrain très lourd, peu profond, sec ou encore caillouteux, non protection des rayons du soleil le premier été.
Le soleil influe grandement sur la croissance. Des plants avec beaucoup d’ombre sont très lents à pousser.

Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 01/12/2019 05:43 par ben31


greffer.net >> Asiminier