Impact négatif de la greffe de morus

greffer.net >> Autres fruits

patrice a écrit le 03/08/2010 15:14 (ref msg # 27853 )
Bonjour.

Les anciens traités sur la greffe du murier (18è siècle) semblent affirmer la chose suivante :
Les vers à soie, nourris à partir de feuilles d'un murier non greffé (marcotte, semis... ), feront de la soie de meilleure qualité (résistance...) que ceux nourris à partir d'un murier greffé.

Est-ce que cela a pu être expliqué et vérifié par la suite?

De façon générale, toutes espèces confondues, pas seulement le morus, y a t-il eu des analyses comparatives de fruits provenant d'un arbre greffé et d'un arbre marcotté par exemple.
nouvel azertien a écrit le 30/05/2019 19:45 (ref msg # 65063 )
colombasse et colombassette voir :

https://books.google.fr/books?id=nq9PAAA...


mûrier blanc :
https://books.google.fr/books?id=YSOytBO...



Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 30/05/2019 19:48 par nouvel azertien
nouvel azertien a écrit le 30/05/2019 19:54 (ref msg # 65064 )
Greffe et qualité de la soie :

https://books.google.fr/books?id=YSOytBO...
Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 30/05/2019 20:02 par nouvel azertien
nouvel azertien a écrit le 30/05/2019 20:17 (ref msg # 65065 )
Ressource utile : Le morus japonica = morus alba

https://books.google.fr/books?id=j-QdC1D...
Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 30/05/2019 20:31 par nouvel azertien
patrice a écrit le 31/05/2019 05:55 (ref msg # 65068 )
"nouvel azertien" a écrit :

Greffe et qualité de la soie :

Merci pour cette ressource documentaire, même si elle reste dans la période ancienne évoquée dans ma question initiale, elle profitera à ceux qui n'avaient pu en prendre connaissance de textes sur l'impact négatif sur les vers et la soie de la consommation de feuilles de mûriers greffés par rapport aux feuilles d'arbres francs.

L'intérêt d'une vérification contemporaine serait de déterminer si ce sont les sélections qu'ils greffaient à l'époque qui avaient ces impacts négatifs là (tout comme elles auraient pu en provoquer en ayant été cultivées non greffées) ou si c'est la greffe qui induit cet impact négatif quelquesoit le cv greffé.
Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 31/05/2019 06:36 par patrice
patrice a écrit le 31/05/2019 11:23 (ref msg # 65070 )
Cela est qualifié à terme d' "errement de l'Europe" dans la publication de l'Académie de sciences de Paris à laquelle fait référence le précédent document , compte-rendu que l'on retrouve ici :
https://fr.wikisource.org/w/index.php?ti...
L’appellation de "mûriers greffés" est toujours aussi ambiguë dans cette publication, ne laissant pas bien comprendre si c'est la technique de multiplication (un sauvage ayant de bonnes qualités qui se verrait multiplié par greffage présenterait aussi ce défaut) ou bien des cultivars multipliés par greffage, nommés en abrégé sous l’appellation "mûrier greffés", mettant ainsi en discrédit toutes les sélections effectuées au fil du temps, qui même affranchies de leur point de greffe auraient un impact négatif sur le produit final.





nouvel azertien a écrit le 31/05/2019 17:28 (ref msg # 65071 )
Pour ses vers à soie, l'auteur utilisait des boutures de morus japonica (mûrier blanc) qui semblaient lui convenir parfaitement (voir le lien ci-dessus).
Il faut également préciser que l'auteur gérait lui-même une entreprise qui vendait des plants de mûriers bouturés (donc non greffés).
De là à penser qu'il donnait ses conseils dans un but lucratif et non scientifique, il n'y a qu'un pas.
Message modifié 2 fois ; la dernière fois le 31/05/2019 17:55 par nouvel azertien
nouvel azertien a écrit le 31/05/2019 18:17 (ref msg # 65072 )
J'avais vu une émission à la télé sur les vers à soie. Il existe encore ici et là des présentations d'élevage de vers à soie qui ne sont en fait que des attractions touristiques qui évoquent une époque révolue.
La production de soie française ne peut rivaliser avec des pays comme la Chine ou l'Inde. Il ne nous reste donc qu'à cultiver le mûrier noir pour en faire des confitures maison en évitant de le planter trop près de votre doux logis car ses racines abîment les fondations.
Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 31/05/2019 18:41 par nouvel azertien
patrice a écrit le 31/05/2019 18:24 (ref msg # 65073 )
D'un point de vue industriel, il est incontestable que l'activité n'est plus très locale. L'interrogation portait sur l'aspect évoqué de l'impact des mûriers greffés sur le bien-être du ver et la qualité de la soie.
nouvel azertien a écrit le 31/05/2019 21:38 (ref msg # 65074 )
Un internaute précise que son arbre fait des rejets dans un rayon de 10 mètres.
Adieu confitures maison...
Si vous le plantez toutefois, vous assurez une production de confitures (mûrier noir) pour au moins 120 ans (longévité de l'arbre).
Message modifié 4 fois ; la dernière fois le 31/05/2019 22:41 par nouvel azertien
patrice a écrit le 01/06/2019 06:56 (ref msg # 65076 )
"nouvel azertien" a écrit :

Il faut également préciser que l'auteur gérait lui-même une entreprise qui vendait des plants de mûriers bouturés (donc non greffés).
De là à penser qu'il donnait ses conseils dans un but lucratif et non scientifique, il n'y a qu'un pas.


J'ai bien noté son intérêt commercial dans le premier document, mais on retrouve ces remarques quant à faire retour arrière pour en revenir aux sauvageons dans diverses publications de l'époque, louant les méthodes culturales Turques de l'époque.
Sans compter que la bouture, éclat de drageon, semis rend encore plus facile la multiplication sans passer par l'achat en pépinière pour celui qui ne sait pas greffer (La greffe du morus était pratiquée depuis assez anciennement. On la retrouve citée par Olivier de Serres).
nouvel azertien a écrit le 01/06/2019 18:54 (ref msg # 65081 )
La question concernant l'utilisation de mûriers greffés (ennoblis) ou de sauvageons date de 1787. voir :
https://books.google.fr/books?id=ogFGAQA...


patrice a écrit le 01/06/2019 21:11 (ref msg # 65083 )
Merci.

On n'en sait hélas toujours guère plus de ce qu'il en est précisément des "mûriers greffés".

Hâter la mise à fruit par greffage n'a pas d'intérêt dans un tel cas car c'est la feuille qui est recherchée, donc un semis ou une bouture, éclat, fait des feuilles dès la première année, sauf à ce que l'acte de greffage entraîne une stimulation de croissance ou autre altération positive, ce que je n'ai pas remarqué dans la pratique, mais mes greffes de morus restent marginales.

Ces divers documents laisseraient plutôt présumer l'existence de sélections, mais autant c'est une greffe de mûrier blanc quelconque sur noir ou inversement.

Dans "La cueillette de la soye par la nourriture des vers qui la font : Serres, Olivier de" , rapidement survolé en lecture pour l'instant, datant de 1599,
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9...

Page 20 "Un ouvrier robuste et laborieux peut cueillir, dans une journée, 2 ou 3 quintaux métriques de feuille sur les mûriers greffés, quand la feuille a pris tout son développement, et la moitié à peu près de cette quantité sur les mûriers sauvageons "

Page 24 "La cueillette et la greffe concourent à abréger la vie du mûrier, "

Page 32 "La greffe y produirait des feuilles trop succulentes, qui seraient plus nuisibles que profitables aux vers(...)La feuille du mûrier sauvage , d'ailleurs plus précoce et plus tendre, doit être préférée, pour les jeunes vers, à celle du mûrier greffé"

(page 65, on note un démenti de la comptabilité inter-générique mûrier/orme évoquée dans des anciens écrits)

Ressource documentaire citée page 34 sur les avantages et les inconvénients du mûrier greffé et du mûrier sauvage, le mémoire de M. Bonafous publié, en 1829, par ordre de la Société royale d'agriculture de Lyon, sous le titre de Mémoire sur la feuille du mûrier greffé, comparée à celle du mûrier sauvage, relativement au ver à soie incitant lui aussi à préférer le sauvage sur les "mûriers greffés".

Message modifié 4 fois ; la dernière fois le 01/06/2019 21:23 par patrice
patrice a écrit le 01/06/2019 21:21 (ref msg # 65084 )
Au sujet du précédent ouvrage, faire attention que certains extraits sont issus d'annotations de la version de 1843, l'édition originale datant de 1599, O. de Serres décédé en 1619, et donc non attribuables à O. de Serres directement ; étant interpellé que la ressource citée - M. Bonafous - date de 1829/1841.
patrice a écrit le 09/06/2019 07:54 (ref msg # 65102 )
Dans "La châtaigne, la vigne, la soie : une trilogie" Ardèche patrimoine(s),
il est fait état des Jacquemet-Bonnefont : horticulteurs, pépiniéristes, affiliés aux sociétés d'horticulture de Lyon et Paris.
Sources citées : 1811 - "Catalogue de graines potagères et fourrages", 1816 - "catalogue alphabétique des arbres, arbrisseaux, arbustes et plantes cultivés dans les pépinières Jacquemet-Bonnefont".
Il est rapporté qu'ils ne cultivent que du Morus alba. Les plants étaient commercialisés francs, greffés, de graines. Il est fait état de sélections : "Rose de Lombardie" (à feuille de rose) donné comme le meilleur, "Langue de boeuf", "Mûrier de Calabre", "Grosse reine", "Petit blanquette", "Grosse blanquette", "Moreti". Le mûrier multicaule est indiqué introduit en France dans les années 1820 mais déconseillé.
patrice a écrit le 09/06/2019 14:35 (ref msg # 65106 )
Dans "Des fruits et des graines comestibles du monde entier" (Nicole Tonelli/François Gallouin - Lavoisier éditions), au sujet de Morus alba, indique qu'à l'époque de la sériciculture française, il existait des dizaines de variétés.
patrice a écrit le 09/06/2019 15:49 (ref msg # 65107 )
Dans "Traité de la culture du mûrier" (Edouard Perris) de nombreuses informations sur la culture du Morus (mi 19è siècle) : semis, greffe (et ses controverses, qui en lieu d'obtenir des arbres avec une feuille petite et découpée, clone des sélections à feuilles larges et non découpées )
https://books.google.fr/books?id=P5MaAAA...
Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 09/06/2019 15:51 par patrice
patrice a écrit le 11/07/2019 19:27 (ref msg # 65285 )
"patrice" a écrit :

Dans "La châtaigne, la vigne, la soie : une trilogie" Ardèche patrimoine(s),
il est fait état des Jacquemet-Bonnefont : horticulteurs, pépiniéristes, affiliés aux sociétés d'horticulture de Lyon et Paris.
Sources citées : ... "catalogue alphabétique des arbres, arbrisseaux, arbustes et plantes cultivés dans les pépinières Jacquemet-Bonnefont".


Voici la maigre ressource que contient le catalogue au sujet des morus, avec en petit bonus, les conseils aux néophytes que l'on ne retrouve guère avec le marketing fruitier actuel...


















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