le prunellier, PG passe-partout?

greffer.net >> Prunier

François du Perche a écrit le 09/03/2019 15:58 (ref msg # 64699 )
La greffe sur prunelliers de mirabelles, prunes et pêches est déjà bien documentée par des exemples précis & photos dans le présent sujet, mais pour les cerises, il n'y a pas (encore) de réussite à long terme, ni dans la littérature, ni dans les expériences des membres de ce site.
nouvel azertien a écrit le 10/03/2019 18:55 (ref msg # 64703 )
Le cerisier greffé sur le prunellier ne semble pas impossible : voir

https://books.google.fr/books?id=Pzsa8qr...
François du Perche a écrit le 13/03/2019 19:04 (ref msg # 64712 )
Ce livre ancien est un traité assez général sur l'économie & l'agriculture belges, il est effectivement fait état de la cerise "grosse abbesse" qu'on pourrait greffer sur prunellier. Mais ça semble étonnant, alors qu'on recherche et qu'on a mis au point à grand peine des PG nanifiants assez chers, qu'on ait pas essayé le prunellier. A-t-on d'autres sources ?
Il préconise par exemple de remplacer les bruyères par de la vigne, est-ce bien crédible sachant que ça ne pousse pas du tout sur les mêmes terrains ?
floyd a écrit le 13/03/2019 22:25 (ref msg # 64715 )
Le monde horticole, arboriculture et pépinière, n'aime pas les espèces qui drageonne à l'excès et qui portent, jeunes, de terribles épines.
Le prunellier est une essence de broussaille, qui trouve comme l'aubépine son intérêt dans la haie plessée, pratique moyenâgeuse très chronophage mais efficace alternative au fil barbelé.
Par chance certains sujets produisent également des prunelles… bonnes pour et dans l'alcool.

Comme PG, sincèrement, il n'est pas difficile de trouver mieux aujourd'hui.
François du Perche a écrit le 13/03/2019 22:42 (ref msg # 64716 )
Il a quand même l'avantage de s'adapter à des terrains très difficiles, ce qui n'est pas le cas des PG nanifiants de cerisiers, Maxma, Giséla, Damil, Inmil, etc.
S'il est avéré qu'il puisse recevoir et bien faire prospérer des greffons de cerise, c'est un avantage incontestable, mais on a déjà parlé de cette possibilité et rien n'est prouvé :
https://www.greffer.net/discussion/viewt...
Quant aux problèmes de drageonnement, j'en ai greffé 4 ou 5 et n'ai pas rencontré ce problème, mais ce sont peut-être des prunelliers particuliers.
Les épines sur le tronc, il suffit de les enlever une fois pour toutes.
Message modifié 2 fois ; la dernière fois le 14/03/2019 14:53 par François du Perche
legot a écrit le 05/04/2019 06:53 (ref msg # 64836 )
greffe du 14 février de reine claude dorée en chip en bas et anglaise en haut
ca a bien poussé en presque deux mois
pas de drageon en vue pour le moment
d'autres tests sont en cours



Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 05/04/2019 07:22 par legot
François du Perche a écrit le 05/04/2019 09:39 (ref msg # 64837 )
Bravo, l'anglaise est magnifique, ce sera intéressant de voir s'il se forme un bourrelet de greffe qui pourrait compromettre la tenue au vent ou si la greffe deviendra invisible, signe de compatibilité parfaite.
Quant au chip près du sol, si le haut donne satisfaction, il faudra peut-être enlever le bas.
Bibifox a écrit le 05/04/2019 12:40 (ref msg # 64838 )
Voici quelques unes de me greffes sur prunelliers :









Je confirme l'effet "nanifiant" malgré que le tronc est plus épais qu'un prunellier non greffé : peut-être parce que la greffe apporte plus de sève au prunellier porte-greffe ?
Je coupe systématiquement toute tentative de formation de picots ...
François du Perche a écrit le 05/04/2019 16:07 (ref msg # 64839 )
Bravo, ça prouve donc que ça marche bien en haute tige. Quelles sont les variétés de prunier qui ont été greffées sur ce prunellier ? et est-ce que tu as essayé les greffes de cerisiers ?
Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 05/04/2019 17:51 par François du Perche
Bibifox a écrit le 05/04/2019 16:19 (ref msg # 64840 )
Les variétés de prunes que j'ai greffées sur prunellier sont :
- Wignon
- Altesse (simple);
- Belle de Thuin (c'est "chaud" avec leur poids !);
- Sainte Catherine;
- Nôberte (prince ?), calibre idéal;
- Bleue de Belgique;
- Mirabelle et Belle de Louvain (en cours…).

Je fais des essais de taille de prunelliers en "très" haute tige (3 m avant greffe) qui ont un diamètre d'environ 10 cm mais ils ont tendance à plier (photos à suivre…).

Pas fait de cerisier sur prunellier tant j'ai des merisiers à ma disposition mais l'inverse oui (prunier sur merisier).
L'année prochaine, je tente des pêchers sur prunellier ...
Message modifié 2 fois ; la dernière fois le 05/04/2019 16:24 par Bibifox
François du Perche a écrit le 05/04/2019 16:36 (ref msg # 64841 )
Il faut un sacré escabeau pour faire des greffes en tête à 3m de haut, est-ce pour protéger le feuillage & les fruits des girafes ou des kangourous ? car même les bovins n'atteignent pas ces hauteurs.
Merci pour ce témoignage encourageant qui démontre que la compatibilité est très bonne. Quel âge ont les + vieilles greffes ?
Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 05/04/2019 16:38 par François du Perche
Bibifox a écrit le 05/04/2019 20:03 (ref msg # 64845 )
Non; les prunelliers à troncs droits de 3 m sont destinés à être coupés pour un ébéniste qui réalisera, au tour, des manches à saurpia (courbet)… pas de girafe en vue
Ma plus vieille greffe sur prunellier a 7 ans et a été transplantée chez un voisin qui la laissé tourner à "rien" : elle est redevenue un buisson épineux qui a repris le "dessus" sur le greffon (qui a fini par dépérir !).
Certaines, dans mon verger, ont 5 ans environ : il faut leur faire chaque année un "toilettage" sinon les épines ressurgissent un peu partout sur le tronc et au niveau du point de greffe (on le voit sur une de mes photos, ci-dessus) mais je n'ai pas constaté de rejets au niveau du collet (je ne sais pas comment se développe le réseau racinaire).
La cicatrice du point de greffe (oméga) s'estompe et on ne distingue les deux parties que par le feuillage fort différent (si on laisse une partie "prunelle").
Je pense que la compatibilité est très bonne malgré la croissance assez faible du prunellier greffé (effet nanifiant).

Combien de temps vit un prunellier ?
François du Perche a écrit le 08/04/2019 11:13 (ref msg # 64850 )
https://www.google.com/url?sa=t&rct=...
Il est dit dans ce document (p.8) que le prunellier, selon les sources citées vivrait "+ de 50 ans" ou "de 40 à 80 ans".
Nous voilà rassurés.
Mais si on regarde à la p.10 qui concerne l'aubépine, on voit que cette dernière peut vivre 500 ans. Un spécimen en Mayenne aurait de 1600 à 1700 ans.
Ce qui rend la longévité du prunellier plus modeste !
Message modifié 2 fois ; la dernière fois le 08/04/2019 15:21 par François du Perche
legot a écrit le 08/04/2019 21:22 (ref msg # 64852 )
@ bibifox
as tu déjà eu des fruits de ces pruneliers greffés
un retour ?
Bibifox a écrit le 18/04/2019 23:53 (ref msg # 64905 )
… oui bien sur et pas d'altération du goût !

Voici un prunellier conduit en HT à plus de 3m :



Il plie un peu et doit être toiletté une fois par an; tout rejet est taillé à la débroussailleuse jusqu'à plus de deux mètres autour !

Un autre greffé en fleur cette année :



Aucune incompatibilité avec les pruniers que j'ai greffés
François du Perche a écrit le 16/08/2019 16:58 (ref msg # 65461 )
Il semble bien d'après tout ce qui précède que la compatibilité du prunellier est assez bonne avec pas mal de variétés, mais qu'en est-il de l'enracinement ? Les pruniers sont très sollicités par le poids des fruits, il arrive fréquemment que des branches cassent si aucun étayage n'est fait.
J'ai par exemple un prunellier greffé à 1m de haut avec mirabelle de Nancy, la greffe s'est beaucoup développée et j'ai retrouvé l'arbre incliné à 45° après de fortes bourrasques de vent, il n'y avait qu'une seule mirabelle, c'est le volume du feuillage qui a fait prise au vent. J'ai dû le redresser et le tuteurer sérieusement. J'en ai un autre greffé à 1m50 avec reine Claude dorée (1 branche) + mirabelles et il est solidement tuteuré mais à terme, il faudra bien que ces arbres se débrouillent tout seuls.
Je me demande si ce PG n'a pas été écarté par les générations précédentes à cause de ce problème.
C'est vexant de perdre un arbre qui produit bien parce que son enracinement n'est pas adapté aux conditions extrêmes.
nb : je n'ai aucun problème de drageonnement



Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 16/08/2019 16:59 par François du Perche
Bibifox a écrit le 17/08/2019 09:11 (ref msg # 65468 )
Oui, effectivement, ils plient à partir d'une certaine hauteur même quand ils ne sont pas chargés (en fruits).
Dans ce cas peut-être faut-il les conduire en basse tige car leur enracinement n'est pas stabilisant (pas de racine pivot ?).
Il faut quand même leur reconnaitre une bonne adaptation aux terres "incultes" ...
François du Perche a écrit le 17/08/2019 09:57 (ref msg # 65470 )
En basse-tige, ça pose des problèmes pour passer la tondeuse ou la débroussailleuse, le prunier peut prendre pas mal d'envergure. Mais l'étayage des branches est + facile. Ce problème de fragilité de l'enracinement est une hypothèse, pas une certitude. Les porte greffe de pommiers M9 ont aussi un enracinement médiocre, et pourtant ça marche bien parce que c'est nanisant. Il faut voir quelle envergure prennent les pruniers sur le prunellier, est-ce vraiment nanisant ? Si oui, pas de problème, si non, il peut y avoir un risque.
Je vois que mon mirabellier greffé sur prunellier se développe très (trop) vite , c'est pourquoi j'ai cette crainte.
Mais ça ne veut pas dire qu'il faut abandonner ce PG très prometteur, il faut trouver une bonne méthode pour former l'arbre pour remédier à cet inconvénient.
Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 17/08/2019 10:01 par François du Perche
floyd a écrit le 17/08/2019 13:42 (ref msg # 65471 )
Je crois qu'on a pu le dire déjà; mais quand une espèce ancienne et bien connue semble "prometteuse"… on doit toujours se demander si ses qualités supposées dépassent ses défauts. C'est bien comme cela que les anciens, paysans ou arboriculteurs ont fait leurs choix.

Bref si le prunellier n'est pas très présent dans les listes des PG de premier choix, c'est que son bilan technique est insuffisant.
Ceci dit, un pis-aller commode, pas cher et prometteur peut satisfaire les plus audacieux d'entre-nous!
François du Perche a écrit le 18/08/2019 08:28 (ref msg # 65472 )
D'après tes nombreux messages sur ce sujet, il apparaît que tu as une dent contre le prunellier, peut-être t'es-tu piqué sévèrement avec ses redoutables épines quand tu étais + jeune, il paraît même que ça peut s'infecter.
Plus sérieusement, les anciens, paysans & arboriculteurs ne sont pas infaillibles, ils ont pu passer à côté d'options intéressantes et simples, les exemples ne doivent pas manquer. Le tronc du prunellier est moins droit que la plupart des autres pg, c'est peut-être ce qui l'a handicapé.
Le prunellier peut se développer dans des sols très médiocres et très humides, là où les autres pg dépérissent, c'est un atout majeur, combiné avec une très large compatibilité. Il faut voir ce que ça donne à long terme et on manque sérieusement de sources, d'où l'intérêt de ce topic. Si tu trouves un "bilan technique" bien documenté, ça intéresserait tout le monde. Malheureusement, je crains qu'il n'existe pas.
Un "pis-aller" bon marché, ce n'est pas du tout le genre de la maison, on a les moyens de s'acheter des pg performants.
Message modifié 1 fois ; la dernière fois le 18/08/2019 08:33 par François du Perche


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