Greffer sur les rejets de racines d'un vieux merisier abatu

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Bibifox a écrit le 05/02/2019 01:36 (ref msg # 64488 )
Bonjour,

L'année passé en défrichant un terrain à l'abandon, j'ai abattu un vieux merisier et les racines ont rejeté sur une très grande superficie !
Les rejets font un mètre de hauteur et il y en a plus d'une centaine éparpillés un peu partout.

Est-ce que leur greffage (greffon de cerisier) pourrait être viable (il faudra les déterrer ensuite et je suppose qu'il sont sur de grosses racines) ?
… si quelqu'un a un retour d'expérience (avant que je leur consacre des greffons) ?

merci
floyd a écrit le 05/02/2019 09:30 (ref msg # 64489 )
J'ai été confronté également à cette chance!
Chance, parce que ces rejet font de bons PG pour les cerisiers.
Confronté, parce que ces merisiers sont particulièrement prolifiques et que limiter leur apparition devient rapidement un soucis.

J'ai greffé en place, ça marche et greffé sur table avec un peu moins de succès, 50%.
Il me parait préférable de replanter en pépinière les sujets PG les plus intéressants, soit très jeunes, soit déjà formés en tige.
Dans tous les cas il faut privilégier les plants qui présentent un bon début d'enracinement. Car parfois apparus sur une grosse racine traçante, il leur manque un peu de chevelu pour s'enraciner convenablement.

Bonne chance!

Bibifox a écrit le 06/02/2019 12:11 (ref msg # 64491 )
Merci Pink,

Je vais essayer de les greffer (mars); et seulement l'année prochaine, déterrer (essayer d'avoir un maximum de racines) et replanter...
floyd a écrit le 06/02/2019 12:19 (ref msg # 64492 )


On peut faire comme ça, en sachant que la transplantation peut rater et gâcher une greffe réussie.
Mais tout se passera bien !!!
François du Perche a écrit le 06/02/2019 16:26 (ref msg # 64497 )
c'est bien d'être optimiste, mais comme disait Floyd :
"......Car parfois apparus sur une grosse racine traçante, il leur manque un peu de chevelu pour s'enraciner convenablement."
Ce sera difficile, lors de la greffe de détecter ces PG qui crèveront très certainement lors de la transplantation.
floyd a écrit le 06/02/2019 16:58 (ref msg # 64498 )
Alors on peut tenter un "cernage" qui consiste à laisser le plant en place, puis à l'aide d'une bêche bien coupante et propre à réaliser à 20 cm du tronc environ, une découpe circulaire du sol.
Ainsi on coupe les grosse racines traçantes, mais on préserve les autres. On provoque dans le meilleur des cas l'apparition de nouvelles petites racines, comme si on avait fait la transplantation.

A terme d'un an ou deux, tu auras au moment de la transplantation une motte de racines plus dense et donc des chances d'une réussite totale.
Bibifox a écrit le 07/02/2019 19:19 (ref msg # 64510 )
- on est donc "limite" bouturage : un peu d'hormones pour "booster" l'enracinement ?
- l'étape la plus délicate est donc la transplantation; il faut trouver l'équilibre entre le nombre de racines "disponibles" et les bougeons qui vont "tirer" la sève minérale qui leur sera fournie...
floyd a écrit le 07/02/2019 20:22 (ref msg # 64511 )
Le terme n'est pas employé, mais effectivement c'est un peu l'idée; provoquer l'apparition de racines mais à partir des racines sectionnées.
Les auxines dont sont composées les poudres de bouturage, sont analogues à celles émises par les bourgeons apicaux. Elles sont si je me souviens bien des messagers qui induisent la rhizogénèse.
wiki: " La rhizogenèse peut être favorisée par application d'auxine. Les cytokinines sont antagonistes de la rhizogénèse, c'est-à-dire qu'ils inhibent le développement des racines." et "Les cytokinines sont synthétisées au niveau de l'apex racinaire."

L'habillage des branches et en particulier de l'extrémité de l'axe principal, quand il existe, n'est plus recommandé.
On a longtemps et paradoxalement recommandé des habillages très rigoureux des végétaux avant plantation dans les livres et vu pratiqué dans les pépinières.
Pratique inadéquate pour la partie aérienne, pratique utile sur les extrémités des racines.
… les extrémités! on n'a aucune raison de réduire les racines même si cela parait tellement plus pratique pour limiter le volume du trou de plantation !

Bibifox a écrit le 10/02/2019 05:31 (ref msg # 64527 )
Merci pour toutes ces précisions

Une dernière question :
Est-ce que les champignons ne vont-ils pas envahir tout le réseau de racines par le tronc coupé (qui est très grand : d=70 cm) et infecter le porte-greffe (et le greffon) ?
floyd a écrit le 10/02/2019 09:20 (ref msg # 64529 )
Il est naturel de craindre la contamination des bois, surtout quand on a constaté combien un champignon dégrade rapidement le bois.
Cependant, les tissus végétaux vivants ont la capacité de s'opposer à la progression des mycélium. Se souvenir des travaux du Pr. Shigo.

Par ailleurs un champignon capable de dégrader le bois mort n'est pas nécessairement capable de vivre au contact de bois vivant.
Voilà deux bonnes raisons d'espérer!


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