greffe du buis (suffruticosa sur sempervirens)

greffer.net >> Plantes ornementales

François du Perche a écrit le 15/02/2011 11:46 (ref msg # 29536 )
Quelqu'un a-t-il déjà pratiqué des greffes sur du buis (buxus sempervirens). Type de greffe - période ?
Le but serait de faire des topiaires avec la variété suffruticosa qui est beaucoup plus belle, qui garde sa couleur vert tendre tout l'été mais qui est désespérément lente à pousser et qui stagne à 50cm de haut car elle a un système racinaire très superficiel qui lui confère une moins bonne résistance aux maladies cryptogamiques que les autres variétés. On pourrait greffer sur des tiges de sempervirens ou de rotondifolia qui eux ont des racines dignes de ce nom et qui poussent (relativement) assez vite et sont bien plus résistants aux maladies.
On trouve encore dans quelques vieux jardins potagers dans les campagnes normandes, cette variété suffruticosa poussée en arbuste de 1m de haut, et taillée au carré, peut-être étaient-ils greffés car beaucoup de gens des campagnes savaient faire à l'époque, ou bien sont-ils simplement très très vieux.
floyd a écrit le 15/02/2011 22:15 (ref msg # 29544 )
Source inépuisable de rameaux pour la fête religieuse du même nom, les buis de toutes espèces sont utilisés à cette fin.

Un Buxus suffruticosa, d'une hauteur d'un mètre, est bien le maximum que j'ai pu observer dans les vieux parcs ou les jardins que je suis amené à visiter.

En principe il sert à dessiner bordures et broderies décoratives, limitées en hauteur par la taille. Il était habituel de renouveler ce décor par arrachage de la bordure, séparation d'éclats racinés ou non, et replantation à l'identique. Le surplus faisait un bénéfice pour le jardinier de ville qui pouvait ainsi proposer ailleurs de quoi dessiner un nouveau parterre.

De greffage, jamais entendu parlé. Sans doute possible, tout en redoutant les rejets nombreux et vigoureux du PG et la difficulté de la découpe d'un bois assez nerveux. Pas sûr de réussir à le fendre proprement.

Michard indique époque et pratique pour plusieurs persistants; houx, fusain, phyllaria… en gros de février à avril, sous verre, un peu toutes les greffes.
Rien sur le buis!
François du Perche a écrit le 16/02/2011 10:31 (ref msg # 29548 )
merci Floyd d'avoir répondu si vite. Sur des sites de bonzaïs, j'ai trouvé pour les greffes de persistants : greffe en plaquage de côté en janvier-février avant période végétative mais il faut ensuite conserver hors gel. Sur un site anglais dont je n'arrive pas à copier le lien (google : boxwood grafting - 1er résultat, site eHow), pour le buis, ils font également un plaquage de côté mais ils ne disent pas quand et le §5 est un peu décourageant (Water the plant daily. Feed it weekly. Add fertilizer around the roots of the boxwood monthly. Replace the baling twine every three months for four to five years or until the wood is completely healed. = arroser quotidiennement le plant, nourrissez le toutes les semaines, ajouter de l'engrais autour des racines tous les mois, remplacer la ficelle de ligature tous les trois mois pendant quatre ou cinq ans ou jusqu'à ce que le bois soit complètement cicatrisé).
Il faut avoir des gènes de flegme britannique pour se lancer dans une telle opération. Plus simplement, en m'inspirant de l'exemple de Michel Alpes avec le houx, autre persistant, je vais essayer d'ici la fin du mois sur des tiges de sempervirens de 1m à 1m30 de haut, monotiges bien droites provenant de semis, de greffer en fente, en fente de coté ou en fente sur bifurcation avec un rameau de suffruticosa dépouillé de ses feuilles + raphia + mastic + attelle anti-moineau et on verra. Si ça ne marche pas, il sera toujours possible de recommencer en août comme recommandé par greffer.net
floyd a écrit le 16/02/2011 13:04 (ref msg # 29549 )
Yes, indeed…
L'idée du rameau effeuillé me parait bonne pour limiter le déssèchement.

Les infos recueillies encouragent à des pratiques très assidues, soigneuses et probablement éloignées des savoir-faire courants du monde rural.

Sur un fort PG, il va falloir se battre contre les repousses.
François du Perche a écrit le 16/02/2011 15:19 (ref msg # 29552 )
L'effeuillage du rameau à greffer avec conservation de son bourgeon terminal, c'est ce qu'a fait avec succès Michel Alpes avec le houx.
J'essaierai les deux options
1)décapiter le PG pour faire anglaise simple ou fente
2)avec le plaquage de côté ou la fente sur bifurcation conserver la tête du PG jusqu'à la reprise nette du greffon
J'ai une bonne trentaine de PG de plus d'1m de haut donc il y a de quoi faire.
Quant à la réaction du PG, des ciseauxl'attendent de pied ferme. L'avantage avec le(s) buis, c'est qu'on a toujours le temps de réagir, les réactions sont assez lentes. Je ne crains pas de drageonnage depuis la base, car les tiges individuelles sont bien élancées et bien régulières, les rameaux sont taillées sur environ 5cm de long pour faire un cylindre vert vertical de 10 à 15cm de diamètre, façon concombre ou cactus. On dispense le Dr Freud de ses commentaires...Le changement de couleur à plus d'un mètre de haut devrait être assez décoratif, et si ça marche, on peut par la suite envisager de dégarnir le tronc en hélice sur la partie au dessous de la greffe, ou faire des bandes parallèles tronc/feuilles, horizontales ou verticales, etc... si la greffe daigne prendre dans des délais raisonnables et daigne bien se développer.
floyd a écrit le 16/02/2011 23:13 (ref msg # 29556 )
De toute façon tout l'art du Dr Freud ne pourrait rien contre cette folie douce.
Nous patienterons… en attendant les premiers clichés.
François du Perche a écrit le 17/02/2011 09:45 (ref msg # 29558 )
incroyable prémonition, c'est exactement ce que m'a dit ma femme hier soir !
François du Perche a écrit le 21/02/2011 19:21 (ref msg # 29591 )
premiers essais ce w.e. Pas évident car le bois est très très dur, et le PG pas assez rigide pour taper au marteau. Risque de coupure grave si ça dérape. Les greffons sont trop fins et leur bois très dur aussi. Il faudrait travailler avec une loupe. Photos de gros plans pas évidentes non plus.
Enfin 4 essais : une fente simple, 2 fentes sur bifurcation (ce qui se fait sans trop forcer) et une anglaise.
Ci-joint une photo (un peu floue) avant mise en place du mastic.
Les pousses de l'année(2010) du suffruticosa sont très fines, 2 ou 3mm donc il faut prendre du bois plus ancien, pas sur que ce soit très orthodoxe. La grande tige centrale effeuillée qui monte, c'est le greffon, les deux rameaux du PG, à droite et à gauche ont été rabattus.




Je retenterai façon bonzaï sur d'autres plans en insérant des mini tiges de l'an dernier de 2 - 3mm de diamètre, effeuillées, dans des trous faits à la perceuse avec précision. On verra bien.
floyd a écrit le 21/02/2011 22:33 (ref msg # 29595 )
Nos anciens s'ils parvenaient à bouger des montagnes, savaient également renoncer à tout ce qui faisait perdre du temps sans nourrir son homme…
Greffer du buis est probablement à ranger dans cette catégorie.
Sinon, bravo pour ces tentatives.
François du Perche a écrit le 22/02/2011 10:15 (ref msg # 29597 )
C'est vrai que l'obstination de certains à faire subir aux mouches les derniers outrages est parfois irritante et que ".......perseverare diabolicum" .Mais les buis qui étaient complètement ringards il y a 20 ans, sont redevenus très populaires, on trouve des cônes, des boules, etc dans toutes les gdes surfaces de jardinerie. Des boules sur tige ou demi-tiges, panachées, avec la couleur vert tendre des suffruticosa seraient très décoratives et originales.
L'insertion de petits rameaux effeuillés par perçage du tronc semble très simple, elle est bien décrite dans le lien suivant, avec de belles photos & croquis :
http://www.parlonsbonsai.com/forums/inde...
C'est vrai qu'ils le font avec un petit rameau encore alimenté et qu'ils attendent que ça ait pris pour sevrer, mais on fait deux greffes d'un coup, ça gagne du temps (temps relatif, selon la théorie d'Einstein).
ça pourrait être réalisé en conservant le suffruticosa dans un pot sur un support en hauteur si ça ne marche pas avec des rameaux détachés et sans doute appliqué à d'autres plantes qui ont des rameaux trop fins pour être traitées de façon habituelle.
François du Perche a écrit le 28/02/2011 11:45 (ref msg # 29638 )
derniers essais sur 4 PG (3 décapités à 20cm au dessus, 1 non décapité) avec des rameaux de 2010 effeuillés mais non étêtés d'environ 1,8mm de diamètre (pied à coulisse numérique à court de pile), forcés par leur + grosse extrémité dans des trous diamétraux de 1,5mm (on n'est plus très loin du diamètre du rectum des mouches). Les greffons de suffruticosa sont encore semi-herbacés apparemment, mais le coeur est déjà très dur.
Réalisation très facile et très rapide de 4 "micro-charpentières" disposées à 90°, et très solidement ancrées (soit 16 greffes au total). Si ça marche, il serait intéressant de voir si les 4 extrémités les + courtes, où les bourgeons sont à l'envers par rapport au PG, arrivent aussi à débourrer, ça ferait 32 branches. A suivre



floyd a écrit le 28/02/2011 21:47 (ref msg # 29651 )
Tout ça me parait fort bien.
Sauf que… je n'ai pas saisi quelle préparation subissait le greffon. Que lui fais-tu pour assurer un bon contact entre les cambium?
François du Perche a écrit le 01/03/2011 09:46 (ref msg # 29657 )
Absolument aucun. Compte tenu de la finesse du greffon, il faudrait dégarnir l'écorce avec des lunettes de bijoutier, sans être bien sûr de la limite exacte de la pénétration en force. Donc j'ai fait trois hypothèses :
1) le forçage dans le trou diam.1,5mm percé dans un bois très dur dégarnit automatiquement la très fine écorce donc on devrait avoir un contact entre les cambium à l'arrière (c.à.d à la sortie du trou)
2) à l'avant, c'est pareil, sauf qu'il y a en plus une sorte de bouillie de cambium et d'écorce refoulée lors du forçage qui pourrait aider.
3) on voit bien sur la photo que le greffon est encore semi-herbacé et que l'écorce est très très fine. Le PG étant décapité à 15cm au dessus des trous pour garder un tire-sève au dessus des greffes, cela devrait lui donner de la vigueur au niveau des perçages quand il va redémarrer d'ici peu et pourrait permettre d'enserrer encore plus le greffon en écrasant son écorce et permettant la liaison. On constate quand on taille les buis que les rameaux mettent plusieurs mois avant de se dessécher, donc avec un peu de chance le greffon restera vert suffisamment longtemps pour qu'un miracle se produise.
J'avais pensé interposer une microrondelle de scotch d'électricien pour éviter que le mastic ne pénètre à la liaison, et éventuellement emballer avec un sac plastique la zone de greffe pour maintenir l'humidité mais c'est trop difficile à réaliser compte tenu des microdimensions et du vent. On verra...
patrice a écrit le 01/03/2011 18:45 (ref msg # 29664 )
https://www.greffer.net/?p=252 (non testé)

D'autre part, greffage plante persistante = protection anti déshydratation... le truc classique (paraffinage ou autre). Réflexe à avoir..
François du Perche a écrit le 02/03/2011 10:14 (ref msg # 29677 )
merci Patrice pour le conseil. Je suis débutant et j'ai craint que le vent ne secoue le plastique et ne fasse bouger les greffons en permanence, ce qui aurait faire pire que mieux comme on dit. Existe-t-il des sprays ou des badigeons qui permettraient de créer une peau étanche microporeuse directement sur les surfaces à étancher et qui éviteraient d'emmailloter comme une momie tout l'ensemble et de créer une prise au vent.
Quelques idées : spray d'huile de paraffine ou, plus simple, badigeon avec un mélange de bentonite+latex dilué, en prenant la précaution de protéger ponctuellement préalablement les zones de contact greffon-PG avec du mastic ou une pâte spécifique.
Il sera peut-être encore temps de faire qquechose dans 15 jours quand j'y retournerai.
J'ai peut-être misé avec trop d'optimisme sur une hypothèse de débourrement dans 8 semaines qui nous amène à la période du dimanche des Rameaux et du dimanche de Pâques, vraiment le créneau propice pour les miracles !
Si tout foire, je peux recommencer au mois d'août en suivant la recommandation de greffer.net, le 15 est également favorable pour les miracles.
patrice a écrit le 02/03/2011 10:32 (ref msg # 29678 )
Utiliser des produits tel buddy tape... (idéal pour le travail en champ)
ou alors aller sur place avec un petit réchaud camping gaz, casserole de parafine... courber le plant (ou se débrouiller avec une cuillère) et paraffiner la greffe...
Moins conventionnel : y aller avec une bougie et avec patience, recouvrir le tout de gouttelettes de paraffine. (là on ne maitrise pas la température de chauffe, mais ayant testé par curiosité, cela marche).

au mois d'août en suivant la recommandation de greffer.net

ce n'est pas issus de mon expérience, mais le peu de documentation qui évoque la greffe du buis va en ce sens...

Rien n'empêche de tester hors période recommandée.
(on a pu voir dans la pratique par exemple pour les agrumes que la greffe marche bien hors des recommandations traditionnelles).
Faire des tentatives aussi hors champ, avec PG en pot, et un greffon... parafinage sur table...
François du Perche a écrit le 19/07/2011 11:14 (ref msg # 31050 )
conseil de Patrice :
greffage plante persistante = protection anti déshydratation... le truc classique (paraffinage ou autre). Réflexe à avoir..

et "rien n'empêche de tester hors période recommandée"

Fort de ces conseils, réessai à mi juin sur jeunes pousses de suffruticosa de l'année, déjà semi-herbacées (4 anglaises avec parafilm) au sommet de tiges de sempervirens de 1m de ht. Les + gros diamètres des greffons font moins de 2mm donc le contact se fait un peu au "feeling" du bout des doigts. Enlèvement des parafilms il y a 2 jours (mais conservés au droit de la greffe). Deux réussites (probables, car les feuilles sont restées bien vertes), 2 échecs (feuilles moitié desséchées - dernière photo pour comparer). Nouveaux essais à tenter ces jours ci avec des greffons + gros et parafilm.






patrice a écrit le 19/07/2011 11:49 (ref msg # 31051 )
Cool

Vu le développement du greffon, il ne faudrait pas songer à supprimer les pousses du porte-greffe?...
François du Perche a écrit le 19/07/2011 12:46 (ref msg # 31052 )
La photo (d'hier) est peut-être trompeuse car le greffon ne s'est pas du tout développé depuis la greffe, je l'ai prélevé avec toutes ses feuilles qui sont restées 1 mois sous leur voile intégral de Parafilm.
Comme sur 2 des greffons, traités de façon identique & pareillement exposés , les feuilles se sont flétries, j'en conclus que sur les 2 bien verts, la soudure s'est faite, mais je prends peut-être mes désirs pour des réalités. Il faudra attendre que le greffon émette de nouvelles pousses pour être sur que c'est réussi.
J'ai retaillé sur toute la hauteur du sempervirens les minibranches à env. 2cm du tronc, afin de supprimer tous les bourgeons terminaux (et que ce soit celui du greffon qui prenne les commandes) et pour créer un cylindre vert, genre concombre ou cactus, pour supporter la boule (à venir) de suffruticosa. Je ne veux pas le dégarnir complètement jusqu'au tronc car je suis déjà suffisamment équipé en balais de chiottes.
Ensuite, il devrait être assez facile, en adjoignant 2 hautes tiges et en les soudant par approche, de faire des personnages avec 2 jambes 2 bras et une tête vert clair, genre martien, en supprimant le bas de la tige centrale & sa racine lorsque la soudure sera opérationnelle, mais c'est une autre histoire...
En tout cas, merci pour tous les conseils, ce site est vraiment formidable
floyd a écrit le 20/07/2011 21:49 (ref msg # 31069 )
"François du Perche" a écrit :
… déjà suffisamment équipé en balais de chiottes.

Voilà un humour décapant…
Bon ceci dit, ça m'a l'air bien parti; pour autant le buis à une belle aptitude à résister au sec, qui impose encore de la patience.
Si tu as prévu une bonne série de ces greffes, tu pourrais en sacrifier une… pour la science, aux fins d'examen de la soudure.


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