Bouturer un noisetier

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auxine
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#46 Message par auxine » 08 nov. 2010 19:36

Floyd,
Pour donner le terme exact, il faut en réalité parler de stade ontogénétique... j'ai un peu simplifié...
Pour être plus précis et peut être un peu plus concret, il faut voir les choses de la manière suivante :
Comme dans le règne animal, les végétaux "naissent", se développent, se reproduisent et meurent. L'échelle de développement n'est évidemment pas la même pour tous... Toutes les cellules d'une plante portent en elles le code génétique de ces dernières, par totipotence elles peuvent créer une plante entière. Si on se représente la vie de la plante comme une partition de musique, et si on prélève sur la plante une bouture a un moment T donné, la bouture va constituer une nouvelle plante (racine, tige, feuille et fleur) mais en continuant de lire la partition sans lire le début. Donc si la plante est en age de fleurir, l'explant prélevé sera lui aussi capable de fleurir.
En rejuvénélisant la plante mère par un recepage on va demander à la plante de relire la partition depuis le début (en réalité quelques mesurent après le véritable début...) avec comme différence une lecture beaucoup plus rapide. (dans un recepage, le volume de racine est beaucoup plus important que le système aérien et par voie de conséquence, le développement et la croissance est beaucoup plus rapide). Les étapes de développement vont très vites d'où l'importance de prélever les boutures dès l'apparition des jeunes pousses à la base du pied mère.
Dans ce contexte l'explant exécutera la partition presque au début, comme le ferai un plant issu de semis.
Cette notion est assez méconnue mais primordiale pour améliorer la multiplication de certaines plantes...
j'espère avoir répondu plus précisément à ta pertinente question...

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floyd
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#47 Message par floyd » 08 nov. 2010 22:15

Merci, mais je connais la musique! :D

Ton pseudo m'inciterait à croire que les régulations hormonales et la physiologie végétale n'ont pas de secret pour toi.

Je crois qu'il est plus simple de se référer à ces molécules (auxine, cytokinine, gibereline) et à leurs interactions pour expliquer l'intérêt de telle ou telle pratique horticole.

L'explant prélevé sur un sujet en âge de fleurir serait lui aussi capable de fleurir? Je n'en suis pas sûr. L'induction florale relève d'un autre processus et concerne le seul bourgeons floral.

Ceci dit nous sortons du sujet…

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claudeduvar
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#48 Message par claudeduvar » 09 nov. 2010 19:44

pour revenir sur un sujet plus proche des "racines du forum; quand je greffe un oeil prélevé sur une pousse de l'année, quel âge à mon écusson? celui de la pousse ou celui de l'arbre dont elle est issue, sachant que cet arbre est lui aussi le produit d'une greffe, non la je complique! donc restons à la première question?

ma réponse: l'âge de l'arbre et vous?

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floyd
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#49 Message par floyd » 09 nov. 2010 23:02

Curieuse question…
On se souvient que la division cellulaire intense qui a lieu dans le méristème apicale produit des cellules totipotentes.

La différenciation qui s'opère rapidement contribue à former différentes ébauches, tige, feuille, bourgeon etc. dont le développement immédiat ou différé est sous le contrôle des régulations hormonales.

Un bourgeon peut entrer en dormance sous l'effet d'une dominance apicale. Son développement sera figé, son âge chronologique ne sera plus son âge physiologique.

Un œil prélevé sur un rameau d'un an, a par contre le même âge chronologique et physiologique. Greffé il produit un rameau comme les bourgeons de même âge et de même physiologie restés sur le pied mère.

Pour tenter une réponse à la question de Claudeduvar, seul le patrimoine chromosomique cellulaire de la graine, a un âge. Il a été créé au moment de l'hybridation. L'instant t=0 est celui-là. La mise en culture et/ou le développement de la graine peut avoir commencé quelques années plus tard.

Toutes les cellules issues de la graine ont donc ce même "vieux" patrimoine… à quelques milliers (?) de duplications près.

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#50 Message par claudeduvar » 10 nov. 2010 20:05

un chromosome issue d'une cellule de l'écusson aura dans sa séquence toutes les modifications génétiques qui se sont produites depuis ... :?: la graine: les mutations principalement. Normalement il possède le "matériel" pour construire un nouvel arbre dans sa totalité, il faut que l' "ordre" soit donné , les dernières recherches en biologie moléculaire planchent sur et comment se décide l'organisation de la croissance d'un organisme, surprise c'est moins rigoureux et chimique que certains pensaient, l'environnement est important.sur un même arbre il y a plusieurs génotypes. parfois sur une branche apparaissent des caractères spécifiques que l'on peut reproduire par la greffe mais le caractère mise en fleur existe sur tous les rameaux, un greffon prélevait sur un gourmand se mettra à fleurir aussi vite que si il avait été pris sur une brindille, du moins c'est mon constat. :wink:

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floyd
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#51 Message par floyd » 10 nov. 2010 20:33

A coté de la règle il y a l'exception.
Il y a certainement plus de mutations qu'il n'en apparaît. Certaines de ces mutations ne perdurent pas, d'autres sont discrètes, seules celles qui modifient sensiblement le phénotype sont remarquées.
Lorsqu'elle présente un avantage pour la plante ou pour le jardinier, elles ont de l'avenir… dans les mains du greffeur.

Il est donc inévitable que plusieurs génotypes distincts puissent co-exister sur une même plante.

Plusieurs facteurs de l'environnement ont une grande importance; la température, la lumière, leurs variations, leurs extrêmes induisent des réactions de la plante: l'induction florale, la levée de dormance, par exemple…
Les régulations hormonales sont en quelque sorte, les "porteurs de messages", ordre ou contre-ordre selon les cas.

Nous en avions parlé… dans un autre hors sujet!

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Eric
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#52 Message par Eric » 09 déc. 2010 15:57

Je revient sur le sujet des noisetiers a un tronc.
J ai ete voir la personne qui les cultive en amateur.
Il m a explique la technique pour obtenir ces arbres .En fait
c est asse simple .La variete est sans importance.Il garde un
jet ,detriut les rejets et degage le tronc ainsi formé.
Pour ce qui est des boutures .Le resultat est asse aleatoire .
2 ou 3 reussites les bonnes annees .

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Re: Bouturer un noisetier

#53 Message par jpthor » 05 mars 2013 19:19

Bonjour,
bouturage du noisetier.
Lu dans un livret néerlandais envoyé avec les commandes d'hormones de bouturage par le fabricant : bouturer en juin, utiliser des hormones en poudre !
à essayer donc.
Sinon, tenter le bouturage comme pour les rosiers récalcitrants : à l'automne prélever les boutures, éliminer 3/4 des yeux du bas, enterrer entièrement la bouture dans du sable légèrement humide à L'ENVERS (tête en bas) pendant 3 semaines (pour faire remonter les auxines vers le pied de la bouture) puis planter normalement avec blessure et hormones...
J'ai essayé avec les rosiers difficiles, ça marche moyennement alors avec les noisetiers ? à tenter aussi.
Bonnes chances, j'expérimente dès juin prochain.
jpthor

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patrice
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Re: Bouturer un noisetier

#54 Message par patrice » 06 mars 2013 08:34

merci pour ce détail de mode de bouture (phase à l'envers), je ne le connaissais pas.

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Bruno
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Re: Bouturer un noisetier

#55 Message par Bruno » 24 avr. 2013 13:22

Cet hiver après avoir transplanté un petit amandier, j'avais piqué à coté une jeune tige de noisetier sans racine pour marquer l''emplacement. Ce printemps les yeux ont bourgeonné très peu en haut mais de façon importante vers le bas. Peut être qu'aucune racine ne s'est formée et que tout va dépérir. A suivre.
Fichiers joints
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Re: Bouturer un noisetier

#56 Message par Bruno » 27 mai 2013 22:50

Ma bouture de noisetier avait continuer à croitre, puis elle s'est fané. Je suppose qu'elle n'avait pas fait de racines. Donc échec.

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Re: Bouturer un noisetier

#57 Message par floyd » 27 mai 2013 23:03

Appelons ça l'effet verre d'eau…

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Re: Bouturer un noisetier

#58 Message par jpthor » 18 oct. 2013 20:49

J'avais signalé avoir lu sur une notice hollandaise d'emploi d'hormones qu'il fallait bouturer les noisetier en juin. J'ai fait. En caissette, à l"étouffé. Essai raté ! Pendant 2 semaines tout semblait bien se passer. Je devais m'absenter 5 jours : un traitement antifongique avant de partir et j'ai laissé une petite circulation d'air. Au retour, tout était moisi.
Le 15 août, 4 séries de 8 boutures (différentes : rameau latéral, terminal, à talon...) avec 4 hormones différentes, à l'étouffé. Aucune réussite. Pas n'attaque fongique mais, après 1 mois, les bourgeons tombent.
Fin septembre, 10 boutures (variées comme précédemment) avec hormones, cette fois en pleine terre à l'ombre. A ce jour pas de signe de changement, ni positif ni négatif....
à suivre...
jpthor

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Re: Bouturer un noisetier

#59 Message par jpthor » 23 nov. 2013 10:52

Bonjour,
est-ce un succès ?
En décembre dernier, j'avais fait 4 boutures de noisetier (fertile de coutard et longue d'espagne) en ne leur laissant qu'un seul bourgeon pensant ainsi pallier le plus possible à l'épuisement du fragment lors du débourrement ; prélevées sur jeunes plants d'un an, fines ( entre 2 et 3 mm de dia), longueur env. 15cm, blessure et hormones du commerce, enterrées jusqu'en dessous du bourgeon, en châssis froid, terreau léger (trop !); pas d'arrosage automatique (ceci signifie qu'elles ont parfois souffert). Les quatre ont végété toute l'année. Je viens de les vérifier : 3 ont des racines, seulement du côté de la blessure, la quatrième, pourtant encore en vie, n'a formé qu'un gros cal.
Leur pousse a été faible ( 7cm au mieux, 1 seule feuille pour celle au cal) mais ceci est pê dû à la faiblesse des rameaux d'origine et aux à-coup de végétation (terreau trop léger, trop drainant, pas d'amendement et arrosage irrégulier).
Je m'accorde généreusement un taux de réussite de 3/4 (mais sur 4 boutures seulement, un statisticien nous dirait que ce n'est pas significatif) mais je renouvelle l'expérience cet hiver avec plus de matériel pour vérifier.
à suivre
jpthor

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Re: Bouturer un noisetier

#60 Message par floyd » 23 nov. 2013 12:37

En mettant en œuvre cet ensemble de préconisations classiques, tu avais augmenté les chances de réussite. Je partage ton analyse des causes de non-succès.
Juste une petite question; combien de bourgeons sur la partie du rameau mis en terre dans le substrat?


Je reviens sur l'astuce évoquée plus haut: le repiquage transitoire, tête en bas, de la bouture.
Un jardinier précisait que ce préalable permet une meilleure cicatrisation de la coupe supérieure.

On peut en déduire qu'un masticage avec une spécialité cicatrisante pourrait s'avérer utile.
Je n'exclurais pas la possibilité de changements au niveau des équilibres hormonaux.
Ces changements pouvant être favorables à l'induction de la rhizogénèse.

Mais, l'apport massif par les poudres de bouturage des hormones de substitution, vient de toute façon modifier ces fragiles équilibres.

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