Besoin de conseils pour châtaigniers Nord de la France

greffer.net >> Chataignier

eric54 a écrit le 20/10/2015 19:40 (ref msg # 49731 )
bonjour,je réside dans le Nord Est de la France ; ici la terre est argileuse calcaire et de plus aucun châtaignier ne pousse à l’état sauvage .Donc si je souhaite planter un châtaignier il ne me reste plus qu'a le greffer sur chêne. les différentes variétés sont elles toutes compatible avec le chêne comme porte greffe ?
floyd a écrit le 20/10/2015 19:46 (ref msg # 49732 )
"eric54" a écrit :
bonjour,je réside dans le Nord Est de la France ; ici la terre est argileuse calcaire et de plus aucun châtaignier ne pousse à l’état sauvage .Donc si je souhaite planter un châtaignier il ne me reste plus qu'a le greffer sur chêne. les différentes variétés sont elles toutes compatible avec le chêne comme porte greffe ?

Cette question prête à sourire…
… la réponse hélas n'existe pas de manière sure et définitive.
La longueur du topic consacré à ce greffage interspécifique en montre bien la complexité.
eric54 a écrit le 20/10/2015 20:00 (ref msg # 49733 )
Effectivement , le taux de réussite de la greffe sur chêne est des plus bas et même très très bas!!! (suite à la lecture des articles du site ).Mais je ne connais aucun châtaignier comme porte greffe qui accepterait un sol calcaire..
François du Perche a écrit le 21/10/2015 10:38 (ref msg # 49740 )
L'expérimentation de greffe de châtaignier sur chêne, stimulée par une motivation forte, a plus de chance d'aboutir que des expériences un peu gratuites. S'inspirant de ce qui a été expérimenté en Turquie et en Israel, sur des terres calcaires, il faudrait d'abord trouver localement des petits chênes (5 ou 6 ?) issus de vieux chênes bien vigoureux. C'est bientôt la Ste Catherine, moment idéal pour récupérer des petits plants dans la nature environnante. Le chêne n'aime pas beaucoup être transplanté, donc il faut prendre des petits plants (20 à 40cm de haut) en faisant attention à ne pas casser le pivot.
Quant au choix de variété, il n'y a pas de documentation à ce sujet, donc il faudrait essayer avec une variété courante genre "dorée de Lyon" (c'est celle qui se plait le mieux ici d'après ce que je constate, mais ce n'est pas scientifique du tout car ça ne repose que sur une comparaison basée sur un individu de chaque espèce. De +, le terrain est plutôt acide, de nombreux châtaigniers sauvages très vigoureux poussent naturellement.
TheChti a écrit le 22/10/2015 10:08 (ref msg # 49754 )
La question de la survie du châtaignier en zone calcaire est plus complexe qu'il n'y paraît. A l'époque où nous ne faisions pas très attention à la nature du sol pour le bien-être des arbres, nous avions, mes parents et moi, planté un chataignier acheté en pépinière. Il a assez vite périclité et en dépit des soins apportés, la chlorose avait fait son oeuvre. J'avais pourtant pourvu son pied de brouettes de compost recouvert de BRF en veux-tu en voilà.

Ce qu'il est intéressant de noter, c'est qu'à la même époque, un petit cousin habitant dans l'Oise nous a donné 4 châtaigniers sauvages issus de la forêt se trouvant juste derrière chez lui. L'un a été croqué par les lapins et est rapidement passé de vie à trépas, l'autre, croqué lui aussi est seulement en train de reprendre vie après avoir vu son tronc s'orienter de toutes les façons possibles, le troisième poussait bien jusqu'à mesurer 2 mètres, puis le tronc a séché. Il rejette depuis la souche mais au plus ces rejets grandissent, au plus les feuilles montrent des signes de chlorose. J'ai assez peu d'espoir le concernant, mais il est toujours là. Le quatrième arbre par contre fait plusieurs mètres de hauteur et semble tout à fait sain. Pourtant je vous assure qu'à 70 cm de profondeur, c'est de la craie.

Que penser ? S'agit-il d'une adaptation permise par un brassage génétique ? J'aimerais que ce soit le cas, mais je pense qu'il faudra encore attendre quelques années pour s'assurer de sa survie. Cela étant il est en place depuis de nombreuses années ...
floyd a écrit le 22/10/2015 18:23 (ref msg # 49760 )
Ce cas "unique" est évidemment surprenant.
Mais il est impossible de proposer une véritable explication.
Par contre des greffons issus de cet exemplaire pourraient faire d'excellents cobayes pour des greffages sur chêne.
François du Perche a écrit le 22/10/2015 19:57 (ref msg # 49763 )
....Cela étant il est en place depuis de nombreuses années ...

Combien d'années environ ?
TheChti a écrit le 23/10/2015 18:53 (ref msg # 49767 )
Je suis allé prendre quelques photos de ce châtaignier avant la chute complète des feuilles, vous pourrez me dire ce que vous en pensez. Le périmètre du tronc fait 44 cm à 20 cm environ du sol.













Je n'ai pas eu le temps de prendre en photos les autres châtaigniers, j'ai été interrompu: deux jeunes filles se sont embourbées avec leur Audi noir dans le chemin agricole juste derrière. 2 petites demoiselles en habits du dimanche et d'une beauté à tomber par terre qui ne pouvaient pas s'en sortir toutes seules. Je les ai sorties de l'ornière et j'ai eu droit à un "vous être notre héros".

Dans ces conditions, vous pensez bien que les autres photos pouvaient attendre
TheChti a écrit le 23/10/2015 19:38 (ref msg # 49768 )
Le lieu exact de plantation de cette arbre est le suivant sur Google maps (faire un copier coller):
50.325764, 2.578633

On peut voir l'arbre entre les peupliers qui bordent le chemin mais il est bien sûr un peu plus petit que sur les photos transmises plus haut.

Si vous avancez sur le chemin (une route de campagne mais goudronnée tout de même), vous verrez sur la gauche au bord de la voie que le champs est bourré de calcaire. Après discussion avec mon père, il m'a indiqué qu'en haut du terrain (2 Ha) le calcaire est moins profond que vers le bas de la route: la roche s'enfonce plus vite que la pente du sol. Cependant tout est relatif, quand je parle de 70 cm à cet endroit, mon paternel penche plus pour 60 cm. Il faut aussi noter que c'est une terre qui n'a pas été travaillée depuis au moins 30 ans. Quand j'étais petit mes grands-parents y mettaient leurs vaches.

J'attends vos impressions.

Pour ce qui est des greffons, ça ne posera aucun souci d'en envoyer à ceux qui le souhaiteront, mais je ne vois pas, a priori, le rapport entre le fait de résister au calcaire et le fait d'avoir une affinité avec le chêne ... il y a un lien possible ?
floyd a écrit le 23/10/2015 20:14 (ref msg # 49769 )
"TheChti" a écrit :
…je ne vois pas, a priori, le rapport entre le fait de résister au calcaire et le fait d'avoir une affinité avec le chêne ... il y a un lien possible ?

L'idée c'est que le calcium du sol où est planté le chêne passe sans doute dans la sève, pour parvenir probablement à concentration plus faible vers un greffon un peu moins sensible à la chlorose.
Pure spéculation… mais c'est pour valider ou pas .
Effectivement ce n'est pas l'affinité PG/greffon que l'on peut tester ainsi.
… toutefois on ne peut exclure que les effets de la chlorose puissent nuire à la soudure du greffon.
permachti a écrit le 27/10/2015 17:59 (ref msg # 49810 )
Bonsoir,
Quand j'ai posté ce sujet l'année dernière, je n’étais pas sure si planter un châtaignier dans mon jardin, dans le nord, était une si bonne idée.
Et bien, après quelques mois, dans ma terre argileuse et humide, je peux dire que ça pousse bien, mais lentement.

Par contre, je viens de goûter pour la 1er fois une petite châtaigne de mon doré de lyon...Je peux vous dire que c'est assez fadasse..
Même en attendant quelques jours avant dégustation. Les bogues sont restées sur l'arbre, elles ont éclatées, avec pratiquement que des châtaignes vides.

Comparé au gout des châtaignes douces et sucrées d'un vieux châtaignier que j'ai goûté dans un parc, prés de chez moi en Belgique...

Ma question est: Est ce que le gout s'améliore avec le temps avec les jeunes châtaigniers, vu que c'est les 1er châtaignes?
Sinon, il faudra envisager la greffe..c'est le bon forum
Merci d'avance
TheChti a écrit le 28/10/2015 10:56 (ref msg # 49815 )
Au passage et pour les spécialistes qui ont vu les photos plus haut de mon châtaignier, celui-ci n'a pas encore donné de châtaignes ... est-ce normal ? Quel est le temps moyen après semis ?
JM a écrit le 08/11/2015 18:36 (ref msg # 49932 )
"TheChti" a écrit :
Je suis allé prendre quelques photos de ce châtaignier avant la chute complète des feuilles, vous pourrez me dire ce que vous en pensez. Le périmètre du tronc fait 44 cm à 20 cm environ du sol.

Je n'ai pas eu le temps de prendre en photos les autres châtaigniers, j'ai été interrompu: deux jeunes filles se sont embourbées avec leur Audi noir dans le chemin agricole juste derrière. 2 petites demoiselles en habits du dimanche et d'une beauté à tomber par terre qui ne pouvaient pas s'en sortir toutes seules. Je les ai sorties de l'ornière et j'ai eu droit à un "vous être notre héros".

Dans ces conditions, vous pensez bien que les autres photos pouvaient attendre

Mais fallait garder l'appareil photo !

On peut avoir plusieurs explications possibles :
-La couche calcaire n'est pas à la même profondeur pour les deux châtaigniers.
-Le taux de calcaire actif n'est pas homogène sur tout le terrain.
-Le dessèchement d'un des châtaigniers peut être du à une attaque d'endothia (dessèchement + rejets au pied) y a t il un chancre sur le tronc ?
JM a écrit le 08/11/2015 19:03 (ref msg # 49933 )
"floyd" a écrit :
[quote="TheChti"]…je ne vois pas, a priori, le rapport entre le fait de résister au calcaire et le fait d'avoir une affinité avec le chêne ... il y a un lien possible ?

L'idée c'est que le calcium du sol où est planté le chêne passe sans doute dans la sève, pour parvenir probablement à concentration plus faible vers un greffon un peu moins sensible à la chlorose.
Pure spéculation… mais c'est pour valider ou pas .
Effectivement ce n'est pas l'affinité PG/greffon que l'on peut tester ainsi.
… toutefois on ne peut exclure que les effets de la chlorose puissent nuire à la soudure du greffon.[/quote]
Le principal problème de l'excès de calcium dans le sol c'est l'augmentation du pH qui maintient les oligo-éléments sous une forme non-assimilable. Il y a aussi la compétition pour l'absorption des cations Mg et K. Ça rend les problèmes dus à la circulation du calcium plus secondaires.
Un PG calcicole a les capacités d'absorber les éléments indispensables à son métabolisme.

On a un exemple inverse connu : vitis vinifera qui supporte le calcaire s'est mise à chloroser quand on l'a greffée sur des vignes américaines calcifuges.


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