Greffe de Cèdre pleureur bleu de l'Atlas.

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Anthony a écrit le 27/01/2018 12:19 (ref msg # 61765 )
Bonjour à tous. Je suis un nouveau membre sur votre forum car je pense trouver des informations que je cherche . Alors voilà, je voudrais greffer un cèdre bleu de l'Atlas pour qu'il devient un cèdre pleureur. Je me suis renseigné sur la hauteur du pied mère (minimum 2 mètres de hauteur). Je voudrais l'avoir afin d'en faire don pour un parc d'un village voisin pour que cet arbre soit plus connu mais je connais absolument pas le nom de la greffe ni la technique de greffe. Pouvez-vous m'aider ? Merci d'avance.
François du Perche a écrit le 05/02/2018 10:29 (ref msg # 61945 )
greffer sur un cèdre de 2m de haut, en tête, pourquoi pas à titre d'expérimentation, il faut essayer. Mais un cèdre greffé aura certainement une vie + courte que le même non greffé, donc pour un parc il vaut mieux planter un arbre franc de pied.
Bruno a écrit le 05/02/2018 15:50 (ref msg # 61952 )
Pourquoi ?
François du Perche a écrit le 05/02/2018 16:03 (ref msg # 61954 )
c'est ce que j'ai toujours entendu dire par les gens qui font de la sylviculture. Maintenant, je doute qu'un test comparatif ait été fait de façon rigoureuse sur ces arbres qui peuvent vivre 3 siècles et plus. ça doit être assez vexant de voir son arbre crever au bout de 100 ans et d'avoir un revenu zéro voire négatif, après avoir payé 3 fois les frais de succession + 100 ans d'impôts fonciers + les dégagements et autres. Le principe de précaution s'impose. Par contre, pour des cycles courts de 50 ans par exemple, pourquoi pas, mais pas avec un cèdre pour un parc alors que le cèdre pleureur sur ses propres racines est très courant.
Bruno a écrit le 07/02/2018 08:47 (ref msg # 61981 )
Pour cette durée de vie plus courte, ne s'agirait-il pas de greffe de cèdre sur mélèze ? Je sais que c'est une greffe qui peut se faire, mais tout de même c'est 2 espèces différentes et la durée de vie n'est peut-être pas la même que cèdre sur cèdre.
François du Perche a écrit le 07/02/2018 13:36 (ref msg # 61982 )
je ne crois pas qu'il y ait eu en sylviculture d'essais systématiques de greffes d'une variété sur l'autre. Les plants greffés seraient beaucoup trop chers par rapport aux semis.
Pourtant ce serait intéressant, par exemple greffer du Douglas sur des sitkas ou des cyprès chauves pour les terrains très humides, ou des Douglas sur les Grandis (sapin de Vancouver) qui poussent à toute allure, ou les maladies ou insectes qui affectent une partie seulement de l'arbre (partie aérienne ou racines, etc
François du Perche a écrit le 08/02/2018 09:29 (ref msg # 61991 )
En cherchant un peu, on voit qu'il y a eu des essais de grande ampleur de greffes de résineux en sylviculture.
https://books.google.fr/books?id=WZIZAAA...
greffes herbacées de la p.394 à 397 où il est dit (p.395) qu'en 1844, il y avait 120.000 pins Laricio greffés en forêt de Fontainebleau. il y a des croquis qui montrent comment se fait la greffe et le type de greffons à prélever : bourgeons aux extrémités des branches.
Les frais de main d'oeuvre n'ont fait qu'augmenter depuis cette époque, les résineux greffés le sont surtout pour des arbres ornementaux vendus à la pièce.
Mais concernant la longévité, ça demanderait un suivi très long, supérieur à un siècle.
gavot a écrit le 08/02/2018 09:54 (ref msg # 61993 )
Effectivement il y a eu des essaais de greffe dans le cadre de la sylviculture. Des pins laricios greffés sur pin sylvestre étaient encore visibles il y a plusieurs dizaines d'années. Je ne me souviens plus où en avoir vu, peut être à Fontainebleau.
Ensuite la sylviculture (ou plutôt la foresterie en général, sylviculture désignant précisément la conduite d'un peuplement forestier et non la plantation) s'est orientée vers la sélection génétique "empirique" en reproduisant les arbres les mieux conformés, ou (et) en introduisant des espèces a priori intéressantes d'autres contionents, ou encore en pratiquant des métissages contrôlés dans les vergers à graines (exemple : mélèze d'Europe x mélèze du Japon).

Une tendance plus récente est de considérer que ce qu'il y a de mieux est ce qui pousse spontanément quelque part, vision un peu déstabilisée maintenant par le changement climatique.

Pour en revenir à la greffe, elle présente en outre la caractéristique d'induire un changement d'aspect du bois au niveau du point de greffe, assez peu visible en fait chez les résineux où les bois se ressemblent beaucoup entre eux .

La greffe des résineux semble être surtout pratiquée maintenant pour les conifères ornementaux (bleus, pleureurs...) et sur des espèces fruitières (Torreya...)
François du Perche a écrit le 08/02/2018 10:10 (ref msg # 61994 )

Pour en revenir à la greffe, elle présente en outre la caractéristique d'induire un changement d'aspect du bois au niveau du point de greffe, assez peu visible en fait chez les résineux où les bois se ressemblent beaucoup entre eux .

Mais les propriétés mécaniques des différents résineux sont parfois très différentes, pour une greffe au collet, ce ne serait pas gênant mais pour une greffe en tête à 1m50 de haut par exemple, ça créerait des discontinuités de résistance mécanique dans le bois qui pourraient être dangereuses pour certaines utilisations.
François du Perche a écrit le 08/02/2018 14:01 (ref msg # 61996 )
Cette technique de greffe des résineux semble être pratiquée à très grande échelle pour les vergers à graines, en clonant quelques individus remarquables qui serviront de reproducteurs. Ci-dessous exemple des mélèzes hybrides (P.50 du document). On notera que la greffe a été faite sur un jeune plant à une dizaine de cm de haut, il reste du parafilm, mais pas de détail sur cette greffe (fente, anglaise, en tête ou en décapitant le plant ?).
https://books.google.fr/books?id=lWo9reW...
claudeduvar a écrit le 09/02/2018 08:43 (ref msg # 62006 )
en général sur les résineux c'est approche ou en fente terminale sous cloche.
François du Perche a écrit le 09/02/2018 09:44 (ref msg # 62010 )
pour avoir un tronc bien valorisé à l'état adulte, il faudrait pouvoir faire une greffe au collet (+ facile que sur racine), type pendule ou fente latérale, en gardant le tire sève un certain temps, ou faire une fente très près du sol. Est-ce qu'il y a des expériences réussies. ça permettrait de faire les greffes sur des plants vigoureux de 1m50 de haut par exemple.
gavot a écrit le 09/02/2018 10:39 (ref msg # 62011 )
Je retiens la préconisation de Claudeduvar de la greffe en fente terminale, sous cloche,pour mes (futures!) torreya nucifera...
Anthony a écrit le 09/02/2018 21:19 (ref msg # 62023 )
Du coup j'ai acheté 2 cèdres vert de l'atlas (2 ans) pour les greffer avec un des greffons d'un pied mère de cedre pleureur bleu de l'Atlas. Mon prof de reconnaissance m'à dit qu'il fallait le même diamètre entre le porte greffe et le greffon
JM a écrit le 10/02/2018 18:57 (ref msg # 62036 )
Je n’ai pas greffé de cèdre, mais des pins si !

[URL=http://img110.xooimage.com/views/d/7/d/30d27490-41da-44...8bf3629-53efdec.jpeg/] http://img110.xooimage.com/files/d/7/d/30d27490-41da-44...8bf3629-53efdec.jpeg
[/URL]

Récolte des greffons en ce moment (mi hiver) et greffage en placage de côté en mai.
gavot a écrit le 10/02/2018 19:07 (ref msg # 62038 )
Beau résultat!
De quelles espèces s'agit-il ?
-PG ?
-Greffon : D'après la photo il pourrait y avoir du laricio, mais peut-être plusieurs espèces?
JM a écrit le 10/02/2018 19:13 (ref msg # 62039 )
Pinus ponderosa et pinus coulteri sur pinus taeda (pour son système racinaire important)
gavot a écrit le 10/02/2018 19:48 (ref msg # 62040 )
ça marche donc entre pins de sous-sections différentes. As-tu grefffé encore d'autres espèces sur taeda?


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