greffer bignones sur tige catalpa

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François du Perche a écrit le 28/01/2011 11:17
bonjour,
Quelqu'un a-t-il l'expérience de greffe de bignones en tête d'une tige de catalpa dans le but de faire un arbre à fleurs rustique qui fleurit tout l'été (longévité de la greffe ?) avec possibilité de greffer plusieurs variétés sur le même arbre. La bignone requiert 10 ans pour être formée en arbre avec sa ou ses propres tiges, cette méthode permettrait d'aller beaucoup plus vite et d'obtenir un beau tronc droit très solide. Cette possibilité est citée dans les Annales de la Sté d'horticulture de Paris de 1829 , 4e tome books.google.fr/books?id=oyBOAAAAYAAJ pages 332-333-334 qui rappelle que le catalpa est une bignoniacée.
Si c'est possible, c'est étonnant qu'aucun pépiniériste ne le propose, car ce serait une solution simple et économique.
Merci pour vos réponses.
fduperche
François du Perche a écrit le 03/02/2011 17:53
Désolé, le lien n'est pas bon et je n'arrive pas à le copier/coller;
il faut aller sur google, demander "annales société horticulture 1829", c'est la 2e réponse ; elle commence par "Jardins de France...."
En l'ouvrant, on a accès aux 5 tomes de ce livre, il faut aller vers la fin, pages 333 et 334 du 4e tome.
La bignone grandiflora se plairait très bien sur le catalpa et fleurirait abondamment, ça doit donc être possible avec Mme Gallen et les autres.
vomito a écrit le 03/02/2011 21:01
http://books.google.fr/books?id=oyBOAAAA...
François du Perche a écrit le 04/02/2011 10:37
merci Vomito, il faut que je potasse (d'Alsace) "internet pour les nuls".
S'il n'y a pas eu de réponse depuis un mois, c'est que personne n'a dû faire cet assemblage. Je vais donc essayer sur quelques extrémités de branches de mon catalpa pour voir (sans le mutiler, il a 25 ans et j'y tiens) et mettre à grandir quelques jeunes plants pour les greffer en tête les prochaines années.
Les greffons ne manquent pas, j'ai des kms de rameaux de la taille du petit doigt que je taille chaque année au printemps, il suffit de les prendre un peu plus tôt avant qu'ils ne débourrent.
floyd a écrit le 04/02/2011 12:14
C'est bien ça je crains… pas d'info sur le sujet donc en attente des retours que tu voudras bien nous faire.
Je sais que mon ordi plante avant d'accéder au type de lien que tu proposes. Une courte citation du texte est sans doute possible???
François du Perche a écrit le 04/02/2011 14:06
Le lien que Vomito a eu la gentillesse de mettre en ligne est bien le bon (merci) et il marche bien avec mon ordi. Pour faire des copier-coller sur les documents de google-book, il faut être surdoué. Il faudrait demander au petit Kerviel. Il y a 3 pages...un peu fastidieux à recopier.
Si ça plante, on peut y aller par goût-gueule, voir ci-dessus.
vomito a écrit le 04/02/2011 14:10
Version intégrale du texte :

Greffe du Bignonia radîcans sur le B. Catalpa.

Notre confrère, M. Marcellin Vétillart, du Mans, dan» sa lettre du 26 août 1828, nous engageait à greffer le Bignonia radicans sur le Catalpa; il en avait vu de fort beaux résultats, et le Bignonia radicans ainsi greffé donnait graine dans le Midi.

Ayant écrit à ce sujet à MM. Audibert frères, à Tonellc, près Tarascon , nous en avons obtenu la réponse suivante :

« Nous avons examiné des Bignonia ou Tecoma ra~ dicans greffés rez terre, et nous avons vu que les Catalpa sur lesquels cet arbrisseau sarmenteux avait été greffé avaient péri, ainsi que cela arrive pour une infinité d'espèces, telles que Padus sur Cerasus avium ; Cerasus lusitanica, Lauro-Cerasus sur l'espèce précédente; Juglans fraxinifolia sur J. regia, etc. Lorsque nous avons greffé à haute tige des Tecoma sur des Catalpa, les greffes n'ont duré qu'une année, pendant laquelle les tiges greffées ont abondamment fleuri et presque toujours fructifié; nous n'avions même jamais eu jusqu'alors des fruits sur les individus francs de pied. Mais, depuis , sur une allée pavec qui avoiâine la maison du Recteur de l'Université, «lans le Jardin des Plantes à Montpellier, nous avons remarqué une très grande quantité de siliques mûres; nous en avons aussi un pied qui nous a donné des fruits I<i même année, qui n'est point greffé, mais auquel on a supprimé les rejetons au fur et à mesure qu'ils poussaient ; il est probable, d'après cette observation, qu'en supprimant les stolones et drageons au fur et à mesure qu'ils poussent, la sève qui les alimente sert à la tige-mère à nourrir ses fruits ; un sol pavé qui ne permet point aux rejetons de se montrer offre le même résultat. A cette occasion, nous avons remarqué que des u4lpinia mitans ( Globba), des Heliconia. etc., ne fleurissaient point lorsqu'il part de leur souche un grand nombre de tiges, mais qu'en réduisant celles-ci à une ou deux, leur floraison était toujours, ou à peu près, certaine.

» Nous cultivons en pleine terre le Tecoma grandiflora, il y fleurit abondamment; mais ses tiges meurent tous les ans ; il en pousse de nouvelles au printemps, qui atteignent 8 à 10 pieds de longueur : ainsi, cet arbrisseau grimpant est par nous traité comme une plante vivace. Nous en avons aussi plusieurs dans le même cas, et le Brugmansia candida est de ce nombre. Un pied de Phytolacca diuïca (arborea) a atteint plus de 20 pieds de hauteur dans un an ; sa tige, vers sa base, a pràs d'un pied de diamètre. Il est en pleine terre, et une couverture de paille lui a été donnée pendant les neiges et le verglas qui nous ont effrayés cet hiver, mais qui heureusement n'ont fait que peu de mal.

» Lorsque sur un grand Catalpa l'on voyait descendre les tiges sarmentcuses du Tecoma, nous donnions à résoudre comme problème d'où venaient ces tiges ? »

Soulasge Bodin.

Après cotte communication en séance, il a été donné connaissance à la Société que MM. Godefroy, de Villed'Avray, et Transon-Gombault, d'Orléans, ont aussi greffé le Bignonia grandiflora en tète et à haute tige sur le B. catalpa, et ont obtenu un résultat très heureux. Greffé sur ce sujet, il acquiert plus de rusticité, végète avec force et fleurit abondamment. Cet arbrisseau, encore nouveau, rare, est surtout remarquable par son élégance lorsqu'il est greffé à très haute tige sur le Bignonia Catalpa, et M. Godefroy pense que quand il sera connu, îl sera bien préféré au B. radicans. Ce pépiniériste est maintenant, ainsi que M. Transon-Gombault, en mesure d'en fournir aux amateurs.
vomito a écrit le 04/02/2011 14:15
Quant à cette greffe étrange... pourquoi pas, ces deux genres font partie des Bignoniaceae.

Il faut tester !

(astuce pour goût-gueule bouc : cliquer sur "texte brut" pour récupérer le contenu sur traitement de texte)
François du Perche a écrit le 04/02/2011 14:46
merci Vomito pour cette astuce, ça marche du 1er coup. La greffe (Alsacienne simple) sur document Word prend bien.
floyd a écrit le 04/02/2011 19:02
Le nom latin de la bignone de Virginie, la plus commune est de nos jours 'Campis radicans'. 'Campsis grandiflora' existe également.

Le catalpa utilisé comme PG a pour nom ' Catalpa bignonioides'
cette petite mise au point pour qu'il n'y ait pas de doute.
La lecture du texte de 1829 sera plus commode.

Campsis est une liane, Catalpa un arbre à floraison estivale blanche.
François du Perche a écrit le 07/02/2011 11:05
merci pour ces précisions. J'ai prélevé et mis en jauge ce week-end pas mal de tiges de l'année dernière de campsis radicans Mme Gallen (cultivar à grosses fleurs orange soutenu) et de campsis Grandiflora (très grosses fleurs orange très pâle, un peu "japonisant"), qui ont tous deux plus de 20 ans et ferai le maximum d'essais, et à différents stades après le démarrage du catalpa (qui démarre, comme les bignones, bien après tout le monde).
Début février, il faut des bonnes lunettes pour voir les futurs bourgeons. J'utiliserai aussi des greffes prélevées bien plus tard, à l'apparition des bourgeons.
Le fait qu'aucun pépinièriste ne propose ce jour cet assemblage peut vouloir dire que la greffe ne tient pas éternellement et qu'il y a eu des déboires dans le passé.
L'incidence sur la précocité des fleurs serait un gros atout au Nord de la Loire et permettrait peut-être de développer les autres cultivars jaunes et roses (trop fragiles) s'ils sont "boostés" par cet assemblage.
Sur des hautes tiges, on pourrait laisser au sommet un petit bouquet de feuilles de catalpa, bien contrôlé, qui serait décoratif et absorberait un peu de vigueur, au cas où.
Ce serait intéressant de pouvoir recouper les expériences.
François du Perche a écrit le 28/03/2011 12:56
quelques photos de greffes de "Mme Gallen" (greffons beige clair) et de "grandiflora" (greffons marron) en mélange sur 2 tiges de catalpa de 2m20 de haut ce w.e pour essayer de faire des "Bignalpas". Greffes anglaises ou fente selon diam. Ligaturage au Parafilm (très pratique quand on est en haut d'une échelle & on peut ajuster après le 1e tour -comme aux élections- car on voit bien à travers) + scotch électrique pour protéger des u.v si nécessaire. Mastic uniquement aux extrémités et dans le creux des fentes.
Autre essai dans 1 mois (je ne peux pas avant) sur vieil arbre existant (encore en repos végétatif actuellement, comme les 2 tiges PG)











patrice a écrit le 28/03/2011 16:09
Bonjour.
Je n'ai pas compris l'intéret du parafilm, vu qu'il est recouvert d'un scotch.
Le parafilm a une utilité pour éviter la déshydratation du greffon (donc on enroule tout le greffon, y compris l'extrémité, ce qui évite au passage le mastic).
Et generalement, on met l'adhésif en premier (en vue de faire une ligature), et parafilm par dessus.
François du Perche a écrit le 28/03/2011 17:05
bonjour, je l'ai utilisé parceque j'ai trouvé que c'était bien pratique, avec une petite bandelette de 1cm x 10cm, de pouvoir ligaturer délicatement et maintenir le greffon sur le PG, en ayant la possibilité de le rebouger si nécessaire (on voit à travers) pour bien aligner les cambium avant de faire 3 ou 4 tours qui font une ligature assez solide, ce qui pourrait éviter la corvée d'avoir à enlever des raphias imprégnés de mastic où on risque, du haut de son échelle, de faire des catastrophes.
Je venais juste de recevoir ce Parafilm M et j'ai trouvé que c'était un produit formidable, ultra-léger, souple et solide, qui ne se tortille pas et ne s'autocolle pas comme le scotch d'emballage ,10 fois plus facile à utiliser que du téflon ou du scotch d'électricien. J'ai mis le scotch jaune pour mieux repérer ces greffes et pour protéger des u.v, comme c'est le cas quand on recouvre tout de mastic & où la zône de contact est protégée de la lumière.
nota : je n'ai pas pu faire de greffe "sur table", ce qui aurait été + facile, car ces deux jeunes plants sont arrivés en mon absence et ont été plantés il y a 15j par un voisin serviable.
François du Perche a écrit le 26/04/2011 14:12
Après quatre semaines de canicule (sans pluie), les greffons se sont un peu rabougris & desséchés sans que le moindre bourgeon ne sorte. Peut-être fallait-il greffer sur un PG bien en sève, comme pour les chataîgniers.
Réessai sur un arbre de 25 ans, sur des rejets de branches de 1 an. Environ 10 anglaises. Les feuilles du PG sont maintenant écloses et le greffon encore bien vert quand on le coupe.



André a écrit le 03/05/2011 14:20
La bignone ou trompette de Virginie (Campsis radicans) étant une liane ayant besoin d'un support, je serai curieux de voir le résultat de cette greffe




L'avantage certain étant que le semis de catalpa donne de bien meilleurs résultats que le semis de bignone.
François du Perche a écrit le 03/05/2011 15:30
Les bignones ont forcément besoin de support dans leurs 1ères années, mais on peut les conduire en arbre, soit avec une seule tige, soit avec plusieurs entrelacées. Il faut, paraît-il, environ 10 ans pour obtenir un tel plant (introuvable dans le commerce). On peut également les conduire en arbuste décoratif qui l'hiver, ressemble à s'y tromper à un vieux cep de vigne. L'avantage avec le catalpa, c'est que ça irait beaucoup plus vite et qu'on n'aurait aucun mal à faire un tronc de bonne hauteur, robuste et droit. De plus, les expériences passées ont montré que cela conférait une gde vigueur et une floraison (+) abondante à cette liane. Savoir si les cultivars modernes (Mme Gallen, Dancing flames, yellow trumpet, etc) sont compatibles avec le catalpa, that is the question.
Pas de photos pour le moment, essais de mars : 100% d'échec, peut-être à cause de la canicule, essais d'avril : quelques frémissements sur certains greffons, mais c'est encore bien timide. Si tout foire, il restera pour cette année les greffes d'oeil (écusson ou chip) mais ça limite les chances d'une floraison dès cette année. et les chances de bien passer l'hiver, car ce sera moins aoûté qu'une greffe de rameau de printemps.
François du Perche a écrit le 17/05/2011 11:14
Toutes les greffes ont séché, pas la moindre trace de début de soudure ni d'émergence d'un oeil. Cette liane est naturellement assez sèche et aurait peut être nécessité humidification + protection anti-déshydratation = impossible à faire en place. Ou peut-être prélèvement + tardif des greffons lorsque les yeux font gonfler l'écorce.
Nouvel essai avec greffons herbacés sur les jeunes repousses bien vertes de catalpa (pleines de sève), façon greffe (anglaise) des tomates.








floyd a écrit le 17/05/2011 14:12
Une fois encore surprenant!
A la réflexion, ces tentatives peuvent réussir si l'aseptie s'avère suffisante pour ces tissus tendres et sous cet habile emballage à la façon du célèbre artiste Christo…
François du Perche a écrit le 17/05/2011 15:31
si l'aseptie s'avère suffisante pour ces tissus tendres


En trempant le greffon dans une solution très diluée d'eau de javel, cela aurait sans doute limité les risques d'enfermer un germe sous le parafilm.
Mais il faut faire très vite car après la coupe biaise, les deux sèves s'oxydent à la vitesse gd V en changeant de couleur.
L'avantage avec les greffons herbacés, c'est qu'on n'a + le problème de moelle dans les tiges de catalpa & que c'est "marche ou crève", on doit être vite fixé sur le résultat et on peut recommencer autant de fois que l'on veut tout au long de la saison.
Si ça ne marche pas, il restera le chip.


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