semer les graine d'amandier

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rafik a écrit le 26/12/2014 18:22
Bonjour.
Est il vrais si on sème du graine d'amandier on obtient des fruits amères ?
Bruno a écrit le 26/12/2014 18:32
Non pas obligatoirement, mais c'est possible. J'ai obtenu des amandes douces par semi d'amandes douces. Mais la progéniture étant différente des parents, à priori on peut obtenir des amandes amères d'autant plus qu'il est possible que l'amandier à amandes douces ait été fécondé par une amandier à amandes amères.
tom a écrit le 30/12/2014 18:42
Faut-il casser la coquille avant de les semer ?
gavot a écrit le 30/12/2014 19:02
Casser ou pas la coque peut dépendre de la dureté de celle-ci, très variable : Chez certaines variétés anciennes, la coque ne se casse qu'au marteau ; chez des variétés récentes, elle se casse entre les doigts...
Dans tous les cas,il me semble que si l'on met les amandes intactes à stratifier dans du sable humide à l'ombre au nord pendant l'hiver, une bonne proportion des amandes germe vers mars en fendant la coque, il n'y a plus qu'à les repiquer .J'ai pratiqué ainsi dans la région niçoise, et aussi à Toulouse, avec des amandes de divers types.
Dans tous les cas, je pense qu'il faut greffer pour avoir à la fois une mise à fruit rapide et la certitude d' amandes douces : les fleurs d'amandier sont en effet très attractives pour les abeilles et autres butineurs-pollinisateurs, notamment parce qu'elles sont parmi les plus précoces fleurs à nectar: ainsi la fécondation croisée est-elle à même de se produire avec du pollen venant de plusieurs centaines de mètres, voire kilomètres, à partir d'arbres tout à fait inconnus...
floyd a écrit le 30/12/2014 21:33
La stratification est toujours recommandée, on peut aussi songer à user la coque par des moyens mécaniques, rapes, ponçages, pour favoriser l'arrivée de l'humidité jusqu'à l'amande, cotylédons et germe.
Et le greffage s'impose si l'on a la chance d'avoir plusieurs belles et bonnes variétés à propager.
gavot a écrit le 31/12/2014 12:36
User les coques dures me parait bien préférable à les casser, la coque assurant une protection de l'amande, cotylédons et germe, vis à vis de divers prédateurs, rongeurs ou(et) insectes, friands des réserves encore présentes dans l'amande. On peut éviter ainsi des traitements préventifs contre insectes ou rongeurs.
Ensuite à la transplantation en godet il faut faire attention au pivot racinaire, qui est fragile mais très précocement développé chez l'amandier, comme chez beaucoup d'espèces d'arbres originaires de milieux arides.
tom a écrit le 31/12/2014 14:56
Si l'on mettait la graine, à nu, à stratifier, le froid ne l'abîmerait-il pas ? Je pensais que la coque servait de protection dégradable à la graine contre le froid...
floyd a écrit le 31/12/2014 15:13
La coque est avant tout une protection mécanique et une assurance contre le dessèchement.

Les phénomènes physiologiques liés à la levée de la dormance de la graine sont complexes; le froid, l'humidité, puis l'oxygène et la température ont un rôle à jouer.
argos31 a écrit le 03/01/2015 14:46
Bonjour et bonnes greffes à tous en 2015.J'ai toujours mis les amandes à coque dure, amères dans un pot bas et large bords et troué. Telles -que , couvertes de 1 cm de sable dehors au mauvais temps . En début janvier....Fin mars dès que je vois du vert sur le pot je les met en place et fin Août écussonne les plus trapues :Toutes germent en même temps Aucun mal pour partager en deux la dure coquille . Si dépiautées ???
tom a écrit le 28/02/2015 18:43
Bonjour,

j'ai trois amandes qui germent ; j'ai regardé, et la coque s'était entrouverte, tandis qu'un germe vert pointait. Dois-je le la repiquer maintenant, ou a-t-telle encore besoin d'humidité pour s'enraciner dans un terreau compact ?

Merci !
gavot a écrit le 28/02/2015 19:26
Personnellement je repiquerais au plus tôt en substrat aéré dans un godet de forme assez haute. en effet le pivot se développe très vite beaucoup plus que la partie aérienne, et il est cassant pendant un certain temps. Donc repiquer en prenant soin du pivot. Ensuite éviter la continuité du fond du godet avec la terre, sinon l'amandier pourra avoir tendance à développer son système racinaire hors du godet dans le sol..
.Disposer le godet sur un support aéré, le pivot arrêtera sa croissance au fond du godet (auto-cernage)et se ramifiera convenablement tout seul...
tom a écrit le 01/03/2015 10:41
Merci beaucoup !

Mais, ne serait-il pas plus naturel de le repiquer dans un godet fort profond ; afin de lui laisser la possibilité d'enraciner son pivot le plus profondément possible ? Ou bien le pivot n'est qu'une manifestation physiologique sans importance ?
gavot a écrit le 01/03/2015 18:21
Oui c'est cela il faut repiquer dans un godet profond. Mais il ne faut pas perdre de vue que l'amandier est destiné à être planté dans un milieu fertilisé, arrosé en cas de besoin : il est préférable d'avoir un bon chevelu pour la plantation définitive. On peut l'obtenir en interrompant la croissance du pivot comme je l'ai expliqué, ce qui conduit celui-ci à se ramifier.
Dans les milieux naturels arides où poussent les oliviers sauvages (ou subspontanés) la croissance initiale la plus forte possible du pivot est indispensable pour accéder aux ressources profondes en eau et passer ainsi le premier été. Mais ce n'est en général pas une nécessité pour les oliviers cultivés.
tom a écrit le 01/03/2015 18:57
Je comprends mieux. J'avais toujours cru que le pivot servait à maintenir l'arbre en place face à un vent violent, par ex.

Je l'ai repiqué, mais je n'ai aucune expérience dans ce domaine ; je ne sais pas s'il faut humidifier la terre, ou plutôt la laisser aérée afin que le pivot y pénètre avec plus de facilité ; si le godet doit être mis au nord pour conserver une fraîcheur semblable à celle que connut l'amande en dormance, ou s'il peut être accoutumé à une température plus clémente ?

Merci beaucoup pour ces explications édifiantes !
Bruno a écrit le 01/03/2015 19:08
A partir du moment où l'amandier pousse, il faut que le substrat soit humide, le mettre plutôt à une température douce que froide et à la lumière pour que la photosynthèse se fasse.
tom a écrit le 01/03/2015 20:59
Pour le moment, il n'y a que le germe qui sort que j'ai déposé vers le sol ; mais je ferai comme tu dis.

Je me demande d'ailleurs comment la coque s'entrouvre ; est-ce l'amande qui gonfle, ou bien l'humidité qui amollit la coque jusqu'à entrebâillement ?
Bruno a écrit le 02/03/2015 19:13
Je pense que l'amande est hermétique pendant l'été pour protéger la graine et l'empêcher de germer trop tôt. Mais la stratification l'humidifie et une lyse du "ciment" entre les 2 valves se produit et bien sûr celles-ci s'écartent lors du gonflement. Mais peut-être que les ingénieurs agronomes du forum peuvent en dire plus.
tom a écrit le 02/03/2015 20:53
Merci bien, Bruno !

Je rebondis sur le pivot : pourquoi puisqu'il sera cultivé, laisser même un pivot de quelques centimètres ? pourquoi ne pas l'interrompre immédiatement, afin qu'il se ramifie le plus rapidement possible ?
Bruno a écrit le 03/03/2015 07:53
Je crois qu'il faut attendre qu'il y ait des divisions de la racine. On risque de couper la zone où il y a des poils absorbant sur le pivot. La plantule se retrouverait sans alimentation. De plus à l'extrémité du pivot il y a une zone où la division cellulaire est très importante (zone productive de cytokinine), la supprimer risque de donner un coup d'arrêt au développement de la plantule. Et puis même si le godet est profond, il ne l'est pas suffisamment pour que le pivot soit très enfoncé dans la terre une fois l'amandier planté. Il va arriver au fond du pot et changer de direction et se ramifier. Ce n'est pas comme s'il était en pleine terre. La nature est bien faite, la laisser faire.
floyd a écrit le 03/03/2015 19:35
Bien d'accord.


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