Habillage des portes-greffes

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Karmi3529 a écrit le 21/01/2017 21:58
Bonjour,
J'ai rencontré différentes pratiques par rapport à l'habillage qui consiste à couper les racines des portes-greffes en vue d'améliorer la reprise à la plantation.
Certaines personnes sont très "sévère" et coupent à quelques millimètre, d'autre laisse plusieurs cm ou se contentent "d'épointer". Quelle est selon vous le plus approprié ?
Si les racines contiennent des sucres utilisables par la plante (respiration au moment du débourrement par exemple), n'est-il pas dommage de les couper trop ras ?
floyd a écrit le 21/01/2017 22:20
Bonjour,
J'ai rencontré différentes pratiques par rapport à l'habillage qui consiste à couper les racines des portes-greffes en vue d'améliorer la reprise à la plantation.
Certaines personnes sont très "sévère" et coupent à quelques millimètre, d'autre laisse plusieurs cm ou se contentent "d'épointer". Quelle est selon vous le plus approprié ?
Si les racines contiennent des sucres utilisables par la plante (respiration au moment du débourrement par exemple), n'est-il pas dommage de les couper trop ras ?


Les habillages sévères des racines sont une ineptie parfois justifiée par une main d'œuvre peu qualifiée et payée à la pièce.
Bien évidemment pour espérer avoir une reprise, l'habillage de la partie aérienne devient également une triste nécessité.

Maintenant que l'on connait l'existence et le rôle des différents messagers hormonaux qui dirigent le fonctionnement d'un végétal ligneux, les vrais professionnels savent qu'il faut absolument préserver racines et bourgeon terminal.

Un pralinage des racines reste une pratique utile, mais l'important reste de préserver les racines du vent et du soleil.
Soltner a vulgarisé une formule bonne à conserver: "une heure au soleil, une année perdue".
satya a écrit le 21/01/2017 22:40
Je prend surtout grand soin de couper toutes racines qui s'enroulent entre elles, celles qui ont fait un tour sur elle même, celles qui ce croise et finiront un jour par s'étrangler.

Laisser un maximum de racines, mais il va falloir planter ces PGs, la saison de plantation peut être courte et si on a une belle quantité a planter on ne pourra pas prendre le temps de bien disposer les longues racines et radicelles.

Il vaut mieux couper court que de garder long et les plier lors de la plantation.

15cm de large pour autant de long a partir du collet me semble un bon compromit.

Je rabat toujours la partie aérienne, il n'est point question de garder le bourgeon terminal pour des Pgs qui ont vocation a être greffés donc rabattus lors du greffage.
Sinon je reconduit un axe après, mais c'est dommageable de ne pas réduire le feuillage alors que le système racinaire a était fortement réduit.

Karmi3529 a écrit le 22/01/2017 09:56
Voila des propos pleins de bon sens.
La raison d'un habillage sévère serait la suivante : Étant donné que les pg poussent souvent dans des terrains sableux, les racines qu'ils développent sont trop fines et mal adaptées à un sol limoneux ou argileux. Une taille à 1 cm permettrait aux racines de se renouveler de façon plus adaptée au terrain.
Mais la je me suis dits : "comment les renouveler, étant donnée qu'il n'y a pas de photosynthèse, à moins de puiser dans les réserves du collet, ce qui affaiblira la plante".
D'ailleurs si je me souviens bien de mes quelques cours de biologie végétale, je crois que cela entrainerai un phénomène non pas de respiration comme je l'avais dit précédemment (puisque stomates nécessaires) mais de fermentation des sucres pour créer l’énergie nécessaire au développement de nouvelles racines.
Cela étant dit, je n'ai pas le bagage en biologie pour bien saisir ces questions mais si quelqu'un s'y connait, ça m'intéresserais de mieux comprendre.
floyd a écrit le 22/01/2017 10:34
Les propos de satya, reprennent exactement les erreurs fondamentales que j'ai dénoncées.

- Si l'on évoque les racines qui font chignon, c'est que le plant a été trop longuement cultivé en conteneur.
Là encore c'est une erreur.
- Si le temps manque c'est souvent un défaut dans l'organisation pratique du chantier;
Là un bon professionnel fera tout pour ne pas se mettre dans cette situation déplorable.

Bref, on ne justifie pas des mauvaises pratiques par des erreurs techniques élémentaires.
Karmi3529 a écrit le 22/01/2017 10:52
Je crois que Satya n'évoque pas des chignons mais des racines de pg cultivées en terre sableuses qui ont tendance à être très nombreuses, longues et fines et par conséquent à se croiser voir faire des agglomérats qui peuvent être préjudiciable à la culture de ces pg. D'où l'intérêt comme Satya le propose de tailler les racines mais pas trop.

Je peux me tromper, mais je suppose qu'un habillage très léger (épointer) ne menace pas suffisamment l'équilibre p. racine/ p. aérienne pour que cela soit notable dans le développement des pg ?

Il est de toute façon conseillé d'épointer pour stimuler le développement cellulaire des radicelles.
satya a écrit le 22/01/2017 12:07
Pas de chignon mais bien les nombreuses racines qui se croisent.
Une radicelle deviendra une belle racine plus tard et il est difficile de bien repositionner toute ces petites racines lors de la plantation.

Quand a ma mise en situation déplorable, ben quand on a 5000 Pg a planter on fait au mieux.
Souvent on dispose d'une 10ene de jours de conditions favorable pour planter tout ça.

Merci Floyd pour tes remarques au langage savant mais sans aucun fondement, mis a part lecture scientifique mais ça ne respire pas l'expérience...


Je peux me tromper, mais je suppose qu'un habillage très léger (épointer) ne menace pas suffisamment l'équilibre p. racine/ p. aérienne pour que cela soit notable dans le développement des pg ?


J'ai tendance a rabattre même les scion d'un an que je déplace. Je reconduit un axe et j'ai une belle pousse de + ou - 2m.
L'arbre prend une dynamique vigoureuse qui est nécessaire dans sa jeunesse.
Si on plante sans rabattre l'arbre fera quelque pousse l'année de la plantation et risque de ne pas décoller, de rester dans cette vigueur molle....

J'ai fait plusieurs essais et maintenant je continue comme ça, surtout avec les espèces peu poussante chez moi (kaki, cognassier, ....)
François du Perche a écrit le 22/01/2017 12:38
un spécialiste de noyer conseillait de recéper systématiquement les noyers à la plantation, en conservant toutes les racines & en les étalant bien, et en décapitant le plant, même si la tige est très belle et que ça fait mal au coeur de mutiler ainsi une grande tige vigoureuse & saine, à 10cm au dessus de la greffe. On choisit durant la saison suivante le rejet le + vigoureux. Il expliquait que ça évitait la légère sclérose de la tige qui se produisait presque systématiquement avec le choc de la transplantation, cette légère sclérose peut handicaper le plant toute sa vie en freinant un peu le passage de la sève, problème qui n'existe pas avec une nouvelle tige bien saine. je ne sais pas si c'est vrai, mais ça semble plausible.
Karmi3529 a écrit le 22/01/2017 14:30
un spécialiste de noyer conseillait de recéper systématiquement les noyers à la plantation, en conservant toutes les racines & en les étalant bien, et en décapitant le plant, même si la tige est très belle et que ça fait mal au coeur de mutiler ainsi une grande tige vigoureuse & saine, à 10cm au dessus de la greffe. On choisit durant la saison suivante le rejet le + vigoureux. Il expliquait que ça évitait la légère sclérose de la tige qui se produisait presque systématiquement avec le choc de la transplantation, cette légère sclérose peut handicaper le plant toute sa vie en freinant un peu le passage de la sève, problème qui n'existe pas avec une nouvelle tige bien saine. je ne sais pas si c'est vrai, mais ça semble plausible.


Notre sujet concerne principalement la plantation des portes-greffes pas encore greffés ou ceux qui ont été fraichement greffé sur table puis plantés.
Il n'en reste pas moins que cette remarque est particulièrement intéressante pour appréhender la question de : "peut-on rabattre le pg habillé suite à sa plantation?".
Pour les greffes à rameaux, de tout façon le pg est rabattu donc la question ne se pose pas. Mais pour ceux qui greffent en chip-œil dormant en été, cela à son importance de savoir si le pg planté en janvier-février est rabattu ou non.
Personnellement j'aurai tendance à ne pas le rabattre pour éviter l'intrusion de pathogène car en cette fin d'hivers, une tel blessure pourrait être un foyer pour un chancre ou autre.
François du Perche a écrit le 22/01/2017 19:16
Pour un très jeune PG, il n'y a pas ou peu de risque de sclérose de la tige lors de la transplantation. C'est pour un arbre de 2 ou 3 ans que cette sclérose causée par la transplantation peut se produire.


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