Boutures d'olivier sauvage ou de franc

greffer.net >> Olivier

Pistole a écrit le 02/01/2015 23:02
Bonjour et bonne année,

J'ai mis quelques dizaines noyaux d'olives cultivées à stratifier mais ce n'est pas facile de trouver des olives cette année et les quelques survivantes de la mouche ne sont pas en super forme.

Du coup j'ai pensé à faire des boutures d'olivier sauvage ou de franc d'olivier. J'ai repéré des petits arbrisseaux d'oliviers assez isolés dans la colline, certainement des semis d'oiseaux.

Je compte essayer quelques boutures afin d'avoir de bons portes greffes pour les variétés qui ne se prêtent pas bien au bouturage comme la Salonenque.

Est-ce que c'est une bonne idée?

Merci d'avance
Bruno a écrit le 03/01/2015 08:46
Bonne année à tous.

Bonjour voisin.
Les oliviers pris dans la colline auront au moins la qualité de bien résister à la sécheresse.
Peut-être que les noyaux d'olives qui germeront donneront de bonnes olives. De même pour ceux pris dans la colline. Chez moi il y a sur mon terrain plusieurs oliviers qui donnent de grosses olives qui sont plantés séparément les uns des autres, qui ne font pas les mêmes olives. Je ne sais pas s'il ont été plantés par l'homme. Je suis un peu étonné pour la mouche car je n'en ai pas eu chez moi et on est dans le même coin.
Pistole a écrit le 03/01/2015 20:58
Bonjour Bruno,
Oui j'espère que les noyaux germeront et donneront quand même de beaux plants.
C'est moi qui suis étonné que tes oliviers n'ont pas été touchés par la mouche parce que c'est toute la filière oléicole française qui a subit de lourdes pertes cette année http://www.olive-info.eu/news/france-une.... L'Afidol propose même une "Séance d'information sur les stratégies de lutte contre la mouche de l'olive" le 9 janvier à Nyon http://www.afidol.info/images/stories/20....
Pour info il parait qu'il ne faut pas labourer la terre au pied des oliviers (et dans le diamètre de la houppe), les nymphes de la mouche (pupes ellipsoïdales) s'y enterrent et résiste mieux au froid de l'hiver alors qu'elles gèlent si elles restent à la surface du sol et que les gelées sont assez rigoureuses.
Tu as peut être la Belgentiéroise comme variété car c'est une grosse olive originaire de la vallée du Gapeau (utilisé pour l'huile et pour la table).
Faudrait essayer de se voir en janvier ou février pour discuter du greffage et des variétés fruitières anciennes de Provence, je ne connais pas grand monde à part mon grand père pour en discuter (contact en mp si ça t'intéresse).
gavot a écrit le 03/01/2015 21:46
Bonjour et bonne année,

Le semis d'oliviers donne des résultats aléatoires parce qu'il y a fécondation croisée, généralement entre oliviers très différents (variétés locales anciennes, sujets "sauvages" ayant cru dans la garrigue à partir de semis anciens, et de plus en plus, du moins à proximité des zones d'habitation, oliviers ornementaux plantés âgés, provenant généralement d'Espagne, de variétés différentes des nôtres... De plus la mise à fruit est relativement tardive (10 ans ?)pour un résultat aléatoire.

La bouture peut se pratiquer même avec un tronçon de quelques dizaines de cm de bois vert, de diamètre disons entre 2 et 7cm, installée complètement enterrée verticalement(dans le bon sens!) dans un terrain épierré, fumé et arrosé pendant les premiers étés..Il faut être patient, cela peut ne pas démarrer avant la 2e année. pour l'amateur la bouture la plus efficace est probablement le rejet de pied d'un vieil olivier, prélevé avec un éclat de bois et d'écorce de la souche.
L'avantage de la bouture est une mise à fruit rapide, si le sujet est correctement fertilisé, arrosé les premières années, et pioché autour du pied.

La greffe en couronne est facile et cicatrise bien(ligature serrée et mastic) à pratiquer en avril mai. Cette greffe est intéressante pour changer de variété en greffant les charpentières (récolte au bout de 3 ans), et de même pour transformer un sujet sauvage, même âgé, en olivier productif. Dans différentes régions du bassin méditerranéen, des peuplements entiers d'"oléastres" ou oliviers sauvages, ont été dans un passé plus ou moins lointain transformés en oliveraies productives, avec une mise en production rapide...
Pistole a écrit le 04/01/2015 19:38
Merci pour toutes ces infos très utiles!
gavot a écrit le 04/01/2015 19:59
Bonnes greffes 2015 donc !

J'ajouterais sur la greffe de l'olivier que celle ci est particulièrement intéressante pour "transformer" un olivier en place en condition difficile, issu de semis, qui possédera toujours un enracinement de meilleure qualité qu'un sujet planté.

En couronne sur les charpentières on peut mettre de 3 à 6 ou 7 greffons suivant le diamètre de la charpentière, qui sont des rameaux de 1 an portant 2*(2ou 3 yeux) On peut tout rabattre sans laisser de tire sève car il n'y a pas de risque de noyade des greffons par la sève. Par contre il faut ensuite éliminer les nombreux gourmands issus de bourgeons dormants qui vont apparaître partout sur le porte greffe. Ces gourmands sont au départ plus vigoureux que les greffons et conduisent les greffons à s'étioler et mourir si on ne les enlève pas, plusieurs fois la première année. Ensuite aux premières tailles de formation on ne laissera que les 2 ou 3 greffons les plus vigoureux sur chaque charpentière. Transformer un olivier déjà grand c'est possible en 3 ans pour une première récolte mais du travail et du suivi !

Enfin Les petits diamètres de la taille d'un crayon se greffent bien en anglaise ou chip budding
claudeduvar a écrit le 04/01/2015 22:56
il est difficile de faire germer des noyaux d'olives, une année alors que je faisais des tests pour mycorhizer des plants adultes j'ai prélever sous un olivier abandonné dans les bois de la litière qui se trouvait à son pied, 2 ans plus tard j'avais un max de jeunes oliviers qui sortaient. ça peut être un bon moyen pour faire des PG.
gavot a écrit le 05/01/2015 19:06
As tu essayé l'abrasion de la paroi du noyau d'olive (à la meule, sur deux faces opposées) ? Cela réussit bien sur des coques dures diverses : amandes, noix de macadamia, graines de baobab... L'abrasion permet une entrée plus rapide de l'humidité ce qui tend à accélérer la germination , tout en conservant la protection mécanique assurée par la coque.
louvigne a écrit le 06/01/2015 16:53
salut a tous et bonne année de greffe !!
voila si cela vous intéresse une petite vidéo
cette greffe va très bien pour les petits diametres egalement
https://www.youtube.com/watch?v=ouJTHTOr...
gavot a écrit le 06/01/2015 18:13
très intéressant cette greffe en plaquage !
Personnellement je n'en ai jamais réussi, peut être parce que j'essayais de greffer sur du bois trop vieux.
J'aurais greffé un PG de ce diamètre (2cm environ) en couronne ou maintenant en pendule, avec 2 greffons, rameaux à 2 ou 4 yeux chacun ..
louvigne a écrit le 06/01/2015 18:29
il faut attendre que le bois soit bien en sève (fin avril début mai)
il m'est arrivé de faire des plaques avec 4 yeux
perso réussite quasi totale
patrice a écrit le 06/01/2015 20:31
Bonsoir,

il est difficile de faire germer des noyaux d'olives, ...


Pensez, tel l'indique gavot, à la scarification des graines, effectivement un semis sans scarification donne assez peu de levées.

Le sujet avait été abordé ici, avec la présentation d'un petit outil :

https://www.greffer.net/discussion/viewt...
gavot a écrit le 06/01/2015 21:01
Très intéressant la scarification des noyaux pratiquée en 1916 ! Apparemment avec beaucoup de succès.
L'article présente aussi la greffe en couronne (ou en fente?) d'un greffon assez gros sur un PG sectionné au ras du sol. J'ai vu par ailleurs que cette technique est actuellement pratiquée en Grèce.Elle est de nature à faciliter l'élimination des gourmands.
claudeduvar a écrit le 07/01/2015 19:08
je ne sais pas si vous avez fait des essais? mais perso j'ai mis en oeuvre pas mal de techniques dont celle citée sans grand succès, c'est l'huile qui altère la germination, j'ai donc prélevé des noyaux dans des olives où la transformation en huile n'avait pas encore commencée, mais au final pas mal de boulot pour un maigre résultat, c'est pour ça que je relatais mon expérience, sur 1m2 on peut espérer 50 plants, il faut mettre une litière de 5cm.
gavot a écrit le 08/01/2015 09:43
Pourquoi Claudeduvar ne fais-tu pas de boutures, du moins pour les variétés (les plus nombreuses) qui se bouturent facilement ? Les semis, sauf si l'on cherche à créer des variétés nouvelles, doivent nécessairement être greffés ensuite, . Le seul intérêt pratique des semis me parait être la qualité de l'enracinement, et cette propriété n'est totalement conservée que si le sujet n'est pas transplanté ensuite.
Pour une variété qui bouture mal, on peut toujours greffer sur une bouture d'autre variété. La compatibilité entre oliviers étant généralement très bonne.
claudeduvar a écrit le 09/01/2015 20:05
tu as donné tous les arguments, enracinement avec un pivot même si avec le temps les racines d'une bouture finissent par plonger, un repiquage d'un plant de semi n'est pas néfaste dans la mesure où il favorise aussi un enracinement plus en surface;mais maintenant que j'ai des vergers adultes d'oliviers bouturés je commence à percevoir les différences, pour certaines variétés les boutures sont plus sensibles; pour les variétés qui se bouturent mal bien sûr; avec les semis il y a du déchet également et il faut trier. Je ne sais pas si vous avez vu des photos ou des pépinières qui pratiquaient le semi mais c'est des " tonnes" de noyau pour une levée clairsemée. Je sais que dans certains pays on y revient un peu.
gavot a écrit le 09/01/2015 22:19
Je pense tout de même, sans preuve, que les sujets issus de semis, même repiqués, sont plus résistants en conditions difficiles (sols secs non irrigués) que les sujets issus de boutures.
Concernant les semis, cela vaudrait la peine d'essayer le décalottage d'une partie de la coque comme le présente le document ancien apporté par Patrice ; ou encore l'abrasion.
claudeduvar a écrit le 10/01/2015 22:28
pour se procurer du noyau cette année c'est pas top par ici vu la récolte, je connais un seul moulin dans mon département qui sépare le noyau de la pulpe pour faire l'huile. sinon comment faites vous? vu le % de levée suite à un semis pour faire des tests ça va pas être simple.
gavot a écrit le 11/01/2015 09:12
Je peux peut être trouver maintenant quelques dizaines (voire plus) de noyaux provenant d'oliviers non récoltés, en ramassant au sol. Dans la région niçoise.
Ces oliviers sont issus eux mêmes de semis , probablement d'olives niçoises , ou "cailletier".Ils sont peut être métissés d'oléastre, l'authentique olivier sauvage indigène de France métropolitaine, qui ne se trouve à l'état naturel qu'entre Nice et Menton, et en Corse.

Cela vous intéresse t'il ? Je peux alors vous en faire parvenir. vous pouvez me répondre en message privé.


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